‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 318 sur 489 · M. OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE. LO · texte numérisé non relu

M. OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE. LO

» heureux de commencer le premier discours que je fais

» dans celte église par les premières paroles du premier commença l'étaice et celui de là

» sermon que Jésus-CHrisr notre Seigneur adressa à son » Eglise, en la personne des disciples réunis autour de lui :

nt partageï avec ipart de ses ecclématin, de Vaugi-

» Beati pauperes spiritu,quoniam ipsorum est regnum » cœlorum. C'est une prophétie de mon Seigneur Jésus, | È » qui se vérifie puissamment en ce jour , où nous voyons (1) Mémoires

que M. Olier ul » élevée dans les cieux celle qui était la plus humble sur Pie ho | Le les désirs du père » terre (1)+.» ; ati De 76, | | | } à de son clergé, à « Notre-Seigneur , continue-t-il, prit plaisir, dans cette XXVI. nt L chacun admira le » solennité, à réparer les abaissements prétendus dans poule ea pat ngélique qi AO » lesquels j'étais entré pour son service : comme si notre que les grands Ps | ce grand jour , de » sainte maîtresse eûl voulu rendre toute sa maison par- poires Fu) y à neuf ans ; pour ticipante de sa gloire et de son honneur. Je ne sais "lier. 1 4 ornée d'un tableau » comment il se fait que tous les grands s’humilient devant (2) Wém. au. I { M DOM de Notre » nous (2). M. de Chavigny (ministre d’État) , qui se es a 2 | 4 | HE: 30" NG-0PO/S PIS » trouva ce jour-là à mon sermon, vint me faire offre de …, | L ‘à ll Anais ous duesque » ses services (3). Comme il est maintenant beaucoup me 1 ul ètre faite d'avance » dans la piété, et qu'il est un des plus considérables de st Ju Ha ADP us { notre famille, il témoigne partout que je lui appartiens, ï L

. pendun Rene È et approuve lui seul ma conduite ; ce qui est plus avan-

La june ï » tageux à nos desseins,que l'approbation de tous mes

que j'appréhendais » proches, et pourra servir à les autoriser parmi messieurs | ff ia

», tant il me pertt

Il me semblait que ence, saisissait telle e défaillir. Je n'avais nsée de la très-saintt

» de la paroisse, qui ne s’y opposeront peut-être pas si ai-

» sémen!. Je vois que ce dessein ira à donner à l'Église

» beaucoup de bons sujets, que le Roi et monseigneur le

» cardinal (de Richelieu), imbus de nos procédés et de " » notre façon de vivre, tireront de notre maison. Je pense |

RENAN SE “ » qu'à l'avenir on viendra les choisir chez nous, et que, urs consumantes. Ji eur daigna me melti » à notre peuple (1:

Bienheureux le

RAM DT Te

+ M. Baudrand, Mémoires pag. 20. suppose que les paroles Ego sum

paster bonus, servirent de texte à M. Olier ; c'est ce qu'on lit aussi

ï dans les Remarques hist. sur la paroisse de Saint-Sulpice; tom. 1.p 283. royaume des cielt}

es ànes : Je m'estint

— I faut dire plutôt que M. Oflicr les commenta dans ce sermon. Vie de M. Olier par M. de Bretonvilliers. &. L. pag. 456. 437.

(1) Mém. aut.

de M.Olier,\. ur.

9\ Ibid. pag.

(3) Ibid, pag.

Marques d'approbation que M. Olier reçoit publiquement

d’un grand nombre de docteurs.

h02 PARTIE F. LIV. IX. — 16/42,

» pour cela, Dieu prend plaisir à inspirer dès ce commen- » cement de l'estime pour le séminaire (1). Ce qui sur- » prend ma famille, c’est de voir que je fuis l'honneur de » {out mon cœur , et que, néanmoins , les grands , entre » autres madame la princesse de Condé, madame la

» duchesse d’Aiguillon, me témoignent une affection sin- » gulière, et s

emploient à me servir en tout ce qu'ils » croient m'obliger. Hier, comme je désirais, pour un petit » service, le concours de quelqu'un de mes parents , tou- » jours fort en colère contre moi, j'appris, au momeni » même où j'en avais besoin , que le principal d'entre eux » était tout changé et converti de sa mauvaise humeur , » allant jusqu'à pleurer de tendresse en entendant parler » le moi et du succès que là bonté de Dieu donnait à nos » catreprises. Notre bon maître nous donne tous les jours » «les marques de son amour si évidentes, que j'ai aussitôt » {out ce que je désire. Hier encore , j'avais besoin d'une » personne pour faire une charité , et aussitôt elle arriva » Gt fit ce que je désirais (2). Cet après-midi, étant obiige » de rendre visite aux plus grands du royaume , j'en ai » reçu toute sorte de caresses et de témoignages d'estime, » surtout de la part d'un des principaux de l'État, qui, de- » puis plusieurs années, où Dieu prenait plaisir à me tenir » dans le mépris et le rebut de tout le monde , était le pre- » mier à me dédaigner et à se railler de moi. Ce qui me » surprend le plus, c'estque ce même seigneur, qui, pour » Ta couduite de sa conscience avait une parfaite confiance » dans uti ecclésiastique, lequel, par la permission de Dirt » prévenait contre moi tout fe monde , ce seigneur, dis-je, » à quitté l’ecclésiastique dont je parle , et semble avoir » {ourné maintenant toute son affection vers nous. Je ne » puis assez admirer la providence de Dreu, qui humilie et » qui élève, qui mortifie et quivivifie, quand il lui plait).

« Le jour de la translation de Saint-Sulpice , 27 août, » il plut à la bonté de mon maitre d'inspirer là mème es

dès ce commen- L). Ce qui suris l'honneur de grands , entre é, madame la ne affection sin- 1 tont ce qu'ils is, pour un petit es parents , Lou- "is , Au moment cipal d'entre eux uvaise humeur , entendant parler su donnait à nos ne tous les jours , que j'ai aussitôt vais besoin d'une issitôt elle arriva idi, étant obiigc royaume , j'en ai gnages d'estime, e l'État, qui, deplaisir à me tenir nde , était le pre- * moi. Ce qui me igneur , qui, pour arfaite confiance rmission de Dir seigneur, dis-je, , et semble avoir vers nous. Je ne EU, qui humilie et and il lui plait»).

sulpice , 27 août ,

pirer la mème es

M. OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE. h03

time à quantité de docteurs de Sorbonne, et d’autres

ecclésiastiques qui se trouvaient dans l'église, attirés

» par la solennité du jour. * Considérant que, par ma con-

dition de curé , j'étais devenu l'époux de tontes les » âmes del: paroisse, et que je devais porter, comme » nes propres maux, leurs iafirmités et leurs misères : » je voulus me préparer pour prêcher ce jour-là ; » j'étais accablé par toutes ces pensées, et je parlai » sur la grandeur des fonctions sacerdotales et de la » charge que Dieu imposail aux pasteurs. Tous ces doc- » teurs, et ce nombre extraordinaire d'ecclésiastiques » qui m'écoutaient, témoignaient être extrêmement sa- » tisfaits de ma prédication. Je ne sais pas pourtant d’où » venait le contentement qu'ils faisaient paraître. Il me » semble que je n'ai point encore prêché dans la pleine » lumière de Dieu , et dans là vigueur de sa pure parole, » comme par la miséricorde de Dreu, je lai fait autrefois. » J'espère que Jésus-Curistr , mon maître, me fera un » jour cette grâce ; j'en ai la confiance (1). »

M. Olier nous a conservé, dans ses Mémoires, les principaux traits de ce discours. Nous n'en rapportons ici que le suivant, pour ne pas interrompre le fil de l'histoire. « Les anges ne sont obligés de rendre leurs devoirs à « Dieu que pour leurs propres personnes, au lieu que » les prêtres et les pasteurs sont obligés encore pour » toutes les mes qui leur sont confiées ; et c’est ce qui fait » trembler les anges à la vue de ce fardeau , dit le grand » saint Bernard : Onus ipsis angelis formidandum. » Ah! si le prêtre peut suflire à peine pour lui-même, » que sera-ce de se voir chargé de tant d'obligations et

ve tant de devoirs. Esprits célestes , secourez-moi ;

auges saints, qui tremblez à l'aspect de ma charge,

» prètez-moi votre force. Ange, qui que tu sois, qui es

venu conforier JÉSUS-CHrisr accablé sous le poids de la

» Justice de son Père, de ce Père irrité contre lui, par

(4) Mém. aut.

de M. Olier, t.

tr. p. 117.118.

nes

A LE D ns gg ons o

(1) Mém. aut.

de M. Olicr. p.

h04 PARTIE 1. LIV. IX. — 16/2,

cela seul qu’il le voyait chargé des péchés des hommes ; » Ange saint, aie. compassion de moi qui porte aussi ce » fardeau,.….et qui n'ai point toutefois la divinité pour me soutenir, comme l'avait Jésus-CurisT. Antés religieuses, qui faites l’ornement de cette église, qui la soutenez » par vos prières, levez vos mains pour moi. Cher peuple, » qui nous voyez chargé de vos devoirs, et accablé sous » le faix de vos obligations, secourez-nous auprès de Dieu; » levez les mains au ciel pour nous et pour vous tout en- * semble. Seigneur Jésus , notre unique force dans nos » (ravaux , c'est en vous seul qu'est établie notre con- » fiance (1). »

VD dus dm mmmmn 25

rien que seig C'ét de 1

man

sicu dl mèn d'hu de t enct des fure exet collé nité, que aux | Mea donr fut j

; des hommies ; porte aussi ce vinité pour me és religieuses, qui la soutenez ji. Cher peuple, et accablé sous auprès de Dieu; ir vous tout enforce dans nos blie notre con-

NOTE 1. — Plusieurs historiens attribuent l'établissement des séminaires les uns aux Oratoriens, les autres à M. Bourdoiïse ; d'autrés enfin aux prêtres de la Mission,où même à divers évêques; néanmoins l'étude des monuments de cette époque ne nous laisse pas lieu de douter que le séminaire de Vaugirard n'ait été le premier établi dans le royaume. Pour justifier ici la vérité de cette assertion , il est ee

(1) Histoire de

l'Eglise, 1. xx.p\ 283:

nécessaire d'entrer dans quelques détails :

40 Bérault-Bercastel (4) suppose que, dès leur origine, les Oratoriens eurent la direction des séminaires. Il faut cependant remarquer que ces séminaires n'étaient, au fond, que des colléges , où l'on enseignait, outre les belles-lettres , la philosophie et la théologie:

C'était ce que ces pères pratiquaient encore en 1636, dans plusieurs EUR

i Sa ndttenahe à Gi os Lis 2) Gall.Chres:

de leurs maisons : Eruditioni incumbunt in collegiis, in quibus;præter hu- Pi per quaduor tomos, elc:

maniores litteras, philosophian et theologiam profitentur (2). De à plu- 4 iv p. os,

sicurs de ces séminaires sont appelés séminaires=colléges ; tél que celui dé Luçon, qui fut uni à l'Oratoire en 1616. Celui de Mâcon était de

\ , p i : , irio rai U Ù je d mème naturé, puisqué les Oratoriens devaient y entretenir un régent (3, Journal de

d'humanités,un régent de rhétorique;un professeur de philosophie et un la maison Saint-

Honoré, iu-folio.

de théologie. En 1624, ils prirent la conduite dé celui du Mans,qui est A BARS 16.0: 17. 1624,

encore appelé collége-séminaire du Mans, et s'obligèrent à yentretenir (4) {bid. année

: x . : ü 1629.— Actes des

des régents pour les lettrés humaines (3). Or , jamais ces colléges ne fondations afin

; A2 SR T ‘ es Mission, t. u. Lol.

furent considérés comme des séminaires proprement dits. Ainsi, par Gi.— Vies des é»

AT x : véques du Mans

exemple, malgré l'établissement des Oratoriens, connu sous le nom de per D. Bondon=

. in: 10, iBt, collége-séminaire du Mans, où,en 1651, on enseignait encore les huma- D OŒR 70H Vie de M, Bourdoise, Me. in-folio. !iv.

à de cette villa f & <éminaire en 1645.et 6 a |: i 1. Chap. 1. que de cette ville fonda son séminaire en 1645,et en donna la conduite &) Histoire de l'église de : Meaux, par Du- Meaux, établit aussi son séminaité diocésain, quoique, en 1657,on eût pless s, ie t. Lp.272.— ANNGdonné à l'Oratoire , et pour la mème fin, l'abbaye de Juilly, qui ne les de la Congrégalion de l'Oraoire, AN. 1639,

nités, la philosophie et la théologie, M. Emery Marc-la-Ferté, évè-

aux prêtres de la Mission (#4). La même année, M. Séguier, évèque de

fut jamais qu'un simple collége (8):

Le séminaire établi d'abord à Paris par le cardinal Francois de Joyeuse, pour vingt-deux où vingt-quatre jeunes clercs, sous la

(1) Annales de conduite des Oratoriens, transféré en 1614 au collége de Dieppe la maison Suint- ke | Honoré, p.7.— que ces Pères dirigeaient, puis à Rouen, ne produisit aucun résultat Histoire du car- ; STE | dinal de Bérulle, Sans doute parce qu'il avait été établi pourdes enfants. A peine voit-on par Tabaraud,t. à ECTS TE " 1 a 1 pe oi .— dlis- » unseul de ces jeunes cleres qui réussisse,» écrivait, en 1656, saint Vin ire 8 arCne— + A n 1 N , ,

A dei cent de Paul. « Ce pieux dessein n'ayant pas été tout à fait exécuté, in-folio, p. 631,— Recueil des let Un es » pour nourrir trente pauvres écoliers » qu'on appelait dans cos der-

» dit l'historien des archevèques de Rouen, la fondation fut destinée

niers temps les Joyeuses, du nom de leur fondateur (1). Le séminaire de Reims, établi par le cardinal de Lorraine, à son retour du concile de Trente, ne s'était soutenu qu'environ Vingt ans, quoiqu'on semble dire le contraire dans le Gallia Christiana, L'ancien historien de M. Bourdoise ajoute : « Au bout de vingt ans, il dégénéra si fort, que » les ecelésiastiques qu'on y éle vait ne servaient plus que de laquais

(2) Vie de M. » à MM. les chanoines, pour leur porter la queue, lorsqu'ils allaient

Bourdoise, in-%o Su x ; , iv p. ver. div. » au chœur, d'où ils prirent le nom de caudataires. » On avait es-

Vo p.osn, — Vie h A : OC À ER sd TA ü i

du même, Ms. Saÿé de rétablir ce séminaire en 1625 ; mais il était entièrement déin-folio. liv. 1v. ch. 1.—Mémoires

ni fs Fer- {res à l'archevèché de Reims. Celui de Bordeaux, malgré le zèle du rs pP. on

chu,lorsque, en 1641,M.de Valencé fut transféré de l'évêché de Char-

cardinal de Sourdis, n'avait pas non plus réussi (2), n'étant également qu'un séminaire-college. Hfaut en dire autant des autres séminaires institués jusqu'alors dans le royaume. Nous ne pouvons entrer dans la discussion des faits, qui ‘erait la matière d'un ouvrage considérable; mais, pour nous borner à ceux qui concernent l'Oratoire, uous ferons observer que le séminaire que M. Tabaraud suppose avoir été fondé à Lyon, par le cardinal de Marquemont, dans la

(3: Vie du car- maison destinée à l'éducation des jeunes Oratoriens, ne fut point un dinaldeB‘rulle, | ; ;

pur Tabaraud, Séminaire proprement dit, mais seulement une maison dont les AV, I noce... 1 n ñ + : Lciacts p. 149.— Vies Ms, Cours de théologie pouvaient étre ouverts aux ecclésiastiques du dede Grande, t.1. à ne x s à He > M ur hors, comme ceux des universités, El parait mème qu'il n’y avait point event, p. 201.— Notice sur M. de ha rt a M. Olier, lorsque M. Hurtevent ÿ établit celui de Saint-Hrénée, (5, LL Le .

: (4) Annales de .

l’Orataire, ann. ment de leur séminaire à Lyon (4)

encure, à Lyon, de verilable séminaire, deux ans après la mort de

quoique les Annales des Oratoriens fixent à l'année 1655 l'établisse-

2 Nous remarquerons aussi, en passant, que les réunions dec clésiastiques, formées par M. Bourdoise à Arles, à Laon , à Chalonssur-Marne, Senlis , Angoulème , Cahors, Coutances, Séez, Noyon,

Nantes, Lyon, Bourges, et que l'auteur de sa Vie appelle du non de

sé) lés mi sig pa pas sén mo étal por M.

HUE le St autr déjà ville Rich des ML « que ferai Ces (l

ceclé

prôtre

dinal François de ws clercs, Sous la collège de Dieppe, isit aucun résultat, nts.« À peine voit-où 1 1656, saint Vinut à fait exécuté, dation fut destinée elait dans ces derw (1). Le séminaire retour du concile de , quoiqu'on semble ncien historien de égénéra si fort, que plus que de laquais à, lorsqu'ils allaient ires, » On avait esait entièrement déle l'évèché de Charx, malgré le zèle du i 2), n'étant égaledes autres Séminaiue pouvons entrer d'un ouvrage consimeernent l'Oratoire, . Fabaraud suppose arquemont, dans la iens, ne fut point un ie maison dont Îles eclésiastiques du deequ'il n'y avait point aus après la mort de à Saint-lrénée, (51,

hée 1653 l'établisse-

w les réunions dec- , à Baon , à Chalonsances , Séez, Noyon,

e appelle du non dh

DU NEUVIÈME LIVRE, 107 séminaires, ne furent que des communautés de paroisse, ou des col= léges de jeunes écoliers. M, Bourdoise donnait môme le nom de «:minaires aux petites écoles, et nous verrons qu'elles sont en effet dé signées sous ce nom dans le projet d'établissement de Montréal, 1 parait que M. Collet a été induit en erreur par cet écrivain : « Saint Vincent de Paul, dit-il, voyant que ces séminaires ne réussissaient pas, y ajouta quelque chose, en établissant avec M. Bourdoise des séminaires sur le même pied où ils sont encore aujourd'hui. » Du (1)ÿie de saint moins il est inexact , S'il veut parler ici de ceux que M. Bourdoise Re Adi établit avant 1642 (1). Au reste, l'historien de ce dernier rape * ! P: a. porte que ce qu'il appelle le Séminaire de Chilons-sur-Marne , auquel M. Bourdoise avait essayé de donner commencement en 1624, ne réussit pas, et que ee ne fut qu'en 1642 que M. Félix Vialar forma (2) Vie Ms, de le séminaire de son diocèse (2); on doit en dire autant de toutes les nd SE autres réunions d'ecclésiastiques formées par M. Bourdoise.

50 I est vrai qu'avant cette année les prêtres de la Mission avaient déjà introduit l'usage de la retraite pour les ordinands dans plusieurs villes où ils étaient établis, comme à Anneci, à Saintes, à Alet, à

(3) Actes des fondations de la

spires . nt ÿ | | ; : Mission, L. 1. fol.

des séminaires : car celui d'Anneci ne fut fondé qu'en 1663 , par go, verso, v1t.

M. d'Aranthon d'Alex (5); celui de Saintes, en 1644, à condition PEIA

Richelieu, à Troyes, à Créci; mais sans y avoir formé pour cela

que les prètres de la Mission y entretiendraient deux clercs, et y 4) Hbid un. fol feraient faire les exercices de dix jours à tous ceux du diocèse (4), 55°

Ces exercices avaient été établis à Richelieu, en 1638, en faveur des ceclésiastiques du diocèse de Poitiers; et ce ne fut qu'en 16$1 que M. de la Hoguette fonda le séminaire de ce diocèse, dont il donna (5) Ibid. t. ur. la conduite aux prètres de la Mission (5), El faut dire la mème chose rot Use

(6) Hbid. & 1 Se ; ; ce s , , fol, 251.—4fistoiuninairoe de Mo: “t: à ,: atre ans aorès ‘ L

du séminaire de Meaux, établi en 1645, quatre ans après la fondation 39" des Evèques

des exercices des ordinands à Gréci, pour lescleres de ce diocèse (6). É Meaux, À. 1.

Enfin l'évèque de Troyes, en fondant le sien, en 1662, déciare ex-

pressément que les exercices des ordinands, établis en 1658, par

ss Fe | . | (7) Actes des

M. de Breslay, son prédécesseur, étaient insuflisants pour former ses fondations de la

Mission, L. 1. fol.

ecclésiastiques ( Un écrivain Italien dit cependant que le séminaire d'Anueci est

le premier qui ait été établi au-delà des Alpes, pour les personnes {g) Vie de S.

déjà un peu avancées en âge. I me semble, ajoute avec raison M. Col- D

let , que ce point souffre difficulté (8). Nous lisons, en effet, dans les ae P-5°5:5:0-€/ noie.

tes originaux, que le commandeur de Sillery, après avoir fondé les

prêtres de Ja Mission dans cette ville, en 1639 , les obligea, l'année

h08 NOTES

suivante, à employer le surplus de leur revenu à recevoir et à in- pré struire les ordinands du divcèse de Genève, en tel nombre qué la somme MB le pourrait porter ; maison n'y reçut guère que les retraitants. En 1647, tait lorsqu'il existait déjà plusieurs séminaires en France , les prêtres de ILex la Mission d'Anneci, au rapport de saint Vincent, n'avaient encore syp que huit sujets, et M. de Maupas,en 1660, appelait leur établissement: faisa po) Énrar le un séminaire pour l'examen des ordinands, ce qui semble montrer que ce visite dis sue n'était point alors un séminaire proprement dit; puisque, d'ailleurs, le de c H i verso. —Oraison sé ñ a Ù ci à nc Ô 0 l': di te trois ans inc EEE funèbre à la mé: minaire d'Anneci ne fut fondé, comme on l'a dit, que trois ans dinat | UV que UT, pee pl: tard par M. d'Aranthon, qui mème l'établit dans la muison des en 1 ji. incent dePaul, os À : SU | P. 37. rrétres de la Mission, et leur en donna à perpétuité la conduite (1). quif RC On lit encore que, en 1638, M. Alain de Solminihac, évêque de diocè dE E Cahors, institua, dans son premier synode, un séminaire pour de l'état | M : jeunes clercs, conformément au décret du saint Concile de Trente, totius 11 Mais contraint d'abandonner ce dessein, par défaut de prètres ca- que ? | pables de le conduire, il en chargea, en 1643, ceux de la Mission ; sun À LE el encore ne les obligeasæil qu'à faire la retraite de dix jours octo € (2) Actes des , | are 14 fondations de la aux aspirants aux ordres sacrés, et à garder avec eux trois sé- dun y Fe Mission, 1.1. fol, , ; 255, 253. minaristes (2), : M EP PT sAnatnnts d h = ( L © ie de M. On a écrit aussi que le séminaire de Valence , fondé en 1639, o! E à ’Anthier, par bar Jane sv à vi \ » emier à Borelly. Vie qu Var Jacques de Leberon, évêque de celte ville, fut le premier L dore Nues liv: grand séminaire , proprement dit, établi dans le royaume (5). Outre N $ (4 Archivesdu que cette assertion d'un auteur beaucoup trop récent est démentie , deme ÿ département de ÿ LA : :

la pros : livre Comme on l’a vu , par des témoignages contemporains, les renseigne dispe contenant les ñ i rentes... du #6- Menls qu'on nous a donnés à Valence même (4), semblent supposer qui da minaireel collé: É ÉLUS , Û iminaire=colléne . 0 à ge de Valence, ‘ue ce séminaire ne fut d’abord qu'un séminaire-collége ,; comnu au clel

étaient alors ceux que dirigeaient les Oratoriens ; du moins le col- nom. lége de Valence , ayant étè établi en 1643, fut annexé à perpétuité prètr

‘4 au séminaire, et fixé dans la même maison, par acte consulaire du et du 44 octobre, Il est encore à remarquer que les directeurs du sémi- Paris

naire étaient appelés du nom de régents : ce qui avait lieu dans les Plusic séminaires-colléges. Îls conservèrent ce titre jusqu'à la révolution. condi dans

prètre

Là SUR LES EXERCICES DES ORDINANDS;

diants|

cons ,

k NOTE 2.—Les exercices de dix jours avant l'ordination étaient tout sionn ce qu'on attendait des évêques les plus pieux et les plus zélés. Le trait dit l'h

suivant en fournit une preuve sans réplique. L'un des plus vertueux ment ;

à recevoir et à in-

re qué la somme

traitants. En 1647,

ce, les prôtres de

n'avaient encore

eur établissement:

ble montrer que ce sque, d'ailleurs, le dit, que trois ans dans la muison des ité la conduite (1).

ninihac, évêque de séminaire pour de joncile de Trente.

aut de prètres caeux de la Mission ; raite de dix jours

avec eux trois sé

cé, fondè en 1639, le, fut le premier royaume (3). Outre cent est démentie , ains, les rénseigne- . semblent supposer hire-collége , comme s; du moins le colannexé à perpétuité acte consulaire du directeurs du sémiii avait lieu dans les ‘à la révolution.

NDS:

dination étaient tout s plus zélés. Le trait n des plus vertuenix

prélats de ce temps, et dont la vie édifiante a été donpée au public, M.Barthélemi de Donnalieu de Griet, évèque de Comminges, appor=

tait des soins éxtrèmes, dit son historien, à bien choisir les ordinands. ILexigeait qu'ils cussent l'après-midi de la veille de l'ordination, pour s'y préparer par une confession générale ; vers trois heures, il leur

faisait faire une eéxhortation commume , et, le soir, il envoyait des

tot ; , ! int ’ ; 1) Vi visiteurs pour parcourir les lieux où les ordinands étaient logés , afin mA de mn

de connaitre ceux qui s'y comportaient mal, et de les rayer de d'or- rh HD 1 où .(2) Loysait, Vies 18,4, 11, — en 1659, son ouvrage sur les Égercices de dix jours, le premier, dit-on, Catalog. des aw- ; + u , teurs de la Conqui parut en France /2 , onjura les évèques de les établir dans leurs grégation, p.uss.

dination pour cette fois (1). Aussi le père Bourgoing, lorsqu'il publia,

diocèses , se servant mème de ces expressions, qui montrent assez l'état déplorable de la coutume à cet égard : Quod w1 possim impotrare, totius vitæ@ meæ sacrificia, vota, precesqu: non dubitanter offero; ipsos-

» reverendi: s, el piissinos sule ris nibus , € À pos ; ; que reverendissimos , et pissimos præsules, flexis genibus , et qui pos LS) Inatttuio sun humilitate iterum obsecrare non vereber , ut ordinandos..….. decem vel spirilualis ordinan lorum, auc=

tore Francisco Bourgoiny, in- 12. 1659. præ/fat.

octo ad minus diebus Deo pis exercitiis vacare ‘compellant, , atque..… nul-

dun iprorsus ab lege sancita quovis prætertu eximant (5). ORIGINE DU SÉMINAIRE DE SAINT-NICOLAS DU CHARDONNET.

NOTE 5.— La petite société de M. Bourdoise , long-temps sans demeure fixe, et si pauvre qu'elle manquait des meubles les plus in

(4) Vie de X, Bourdoise in- 4, qui la garantissaient du froid pendant la nuit (4, fut enfin incorporée P- 101. 088.

dispensables , jasqu'à se servir pour tables , durant le jour, des volets

au clergé de Saint-Nicola1s-du-Ciardonnet, dont elle porta depais le nom. Le cardinal de Retz l'avait chargée d'enseigner aax nouveanx prètres les cérémonies de la messe , avec les rubriques du bréviaire Te 1t d'axaminar les , Atye à arriva F de

et du missel, et d'examiner les prêtres étrangers qui arrivaient À (5) Abrégé de Voriginc de la Communauté et Plusieurs , pour se former aux fonctions du saïnt ministère , ‘ou à la FH Ets S. s ! 1."

conduite des petites écoles , venaient même demenrer en pension Archives duRoy- , 4 Ce aume, sect. hist.

dans cette communauté (5). En 1627, quoique la société de ces 4s. 595, in-folio.

aris. Elle reçut de la sorte un grand nombre d'ecclésiastiques.

prêtres fût composée de dix membres, un seul avait le soin des étu-

, ; | | Bourdoise , liv.

cons , et les autres aux divers emplois de la paroisse (6). Les pen- an, p, 252.

diants, tandis que trois étaient occupés aux petites écoles des gar-

sionnaires étaient trois ou quatre fois plus nombreux : On en recevuit ,

dit l'historien de M. Bourdoise , autant qu’on pouvait en loger honnète- (7)Vie du méme, Ms. in-40. p.

ment; celle communauté étant ambulante (7). En 1633, l'on en comptait :0.

nn omtie ET UT NE

te

(4) Vie imp t-

méc,p. un.

(2, düid, pas,

el suit, an, 242,

ti

(3) Abrégé de

‘origine de la

ommunauté, à id,

(4)Gall. Chris ana, L. VU, col,

3013. — Vie im -

Pp

rimée ÿ p.309

(5) Mémoires

aut. de M. Olier, LOU p, 16%. :69,

Gi Hbid. 1. p.

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h10 NOTES

de quarante à cinquante , tant prètres que cleres (4). Un plus grand nombre encore s'y rendaient pour assister aux offices de la paroisse où aux entretièns, M, Bourdoise fut même chargé , par les évêques de Beauvais et dé Laon, de veiller sur la conduite des clercs de leurs diocèses , résidants à Paris (2). Mais la maison de Saint-Nicolas , érigée en communauté en 1651, n'était, en 1642, qu'une simple communauté de prètres de paroisse (5),

Los réglements qu'on y avait suivis jusqu'alors, ne permettaient pas, en effet, qu'elle fût autre ehose ; car M, Bourdoise voulait que sa communauté dépendit entièrement, non-seulement du curé, mais encore des nrarguilliers de la paroisse , afin qu'on pût en renvoyer plus aisément les prètres, s'ils manquaient à leur devoir, Ge fut mème l'occasion de l'espèee de rupture qui ent lieu entre M, Bourdoise et ses confrères, lorsque ceux-ci, profitant de son absence, s'adressèrent à l'archevèque de Paris, qui les érigea en communauté et séminaire, le 20 avril 1644 , et les soumit à sa juridiction, L'acte même d'érection de cette communauté en séminaire montre assez ce qu'elle avait été au commmencent, On y déclare que la société se propose trois fins : la première, est la sanctification particulière de ses propres membres ; la seconde, le service des paroisses, et parti culicrement l'instruction des jeunes garçons dans les petites écoles ; enfin, la dernière, la formation des ecclésiastiques dans ee séimi-

naive, sous la dépendance de Farchevèque de Paris (4).

NOTE 4.— « Dans l'établissement de l'Eglise, ce grand œuvre de » Sa puissance, Dicu, dit M. Olier, s'est servi de la petitesse en la per- » sonne de Jésus-Curisr, pour l'eptreprendre, afin qu'on vit ouver- » tement qui avait élevé ce grand ouvrage. [s'est servi de l'extérieur » humble et petit de Jésus-Cmuisr, son Fils, de ses petites prédica- » tions , de ses persécutions, de sa croix, et ensuite de Ha folie de » ses maximes, de la faiblesse de ses apôtres, de leur ignorance, » pour abattre le morsle, et renverser l'orgueil et la sagesse de » Satan. C'est le dessein de Dieu, de vouloir paraitre en tout Faute » de son ouvrage, et de ne souilrir que personne, pas mème son » Fils, cet instrument si parfait, si divin,lui dérobe rien de sa gloire. » Ainsi DiEU prend plaisir à employer pour ses œuvres ce qu'il y à » de plus abject et de plus indigne (5), et S'il se sert de moi dans les » petits emplois de la compagnie, c’est que je suis le plus iper-

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(4). Un plus grand fices de la paroisse “, par les évêques e des clercs de leurs n de Saint-Nicolas , 642, qu'une simple

ne permettaient pas, doise voulait que sa nent du curé, mais ‘on pût en renvoyer leur devoir. Ge fut lieu entre M, Bourant de son absence, igea en communauté sa juridiction. L'acte ninaire montre assez re que la société se sation particulière de ; paroisses, et parlius les petites écoles ; iques dans ee sémi-

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», ce grand œuvre de la petitesse en la perafin qu'on vit ouverst servi de l'extérieur » ses petites prédicansuite de ba folie de , de leur ignorance, juil et la sagesse de raitre en tout lautet ne , pas MÈME SUN obe rien de sa gloire.

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, suis le plus iniper-

DU NEUVIÈME LIVRE. fn ABANDON DE SOI-MÊME A L'ESPRIT DE NOTRHE-SRHIOGNEUR,

NOTE 5, — 0 Diet na fit Ponnaitre, par le changement qui

» s'est opéré en moi, dit M, Olier, nn stratagème de Famour

\ propre ! c'est de nons appliquer Lonjours à os considérer nous

»mômes, sous le beau prétexte de peanrder notre misère pour

) nous on corriger : et c'est, cn effet,le moten de n'en sortir jamais: | |

» car nous he faisons alors que nous décourager et pérdie le temps,

» m'étant pas capables de nous élever au-dessus de nous-mètics

y Le moyen qui m'a beaucoupraidé, et qui en à aidé beaucoup d'ant-

‘tres, à qui je lai proposé, c'est qu'étant , comme je le suppose ,

» dans la grâce qui rend le Saint-Esprit présent en nous, el ayant

» la volonté sincère de nous corriger de nos défauts : au lieu de les

\ éplucher +, il faut nous donner fréquemment au Saint-Esprit, afin qu'il nous élève au-dessus de nous-mêmes, et nous fasse agir

y par lui, C'est done à cet Esprit qu'il faut nous abandonner ; nos

» âmes s'étant égarées , dévices et aveuglées , il nous a été donné

» pour les redresser, les diriger , les éclairer, G'est lui qui est notre » principal directeur , comme il Fétait de notre Seigneur JÉésus-

Cunisr, de qui il est dit : Ductus à Spirit in desertum ; rediit in

» Spirit , et autres paroles semblables, Aussi, une âme vraiment

chrétienne n'est-elle appelée spirituelle, que parce qu'elle est

conduite par le Saint-Esprit, O! quel trésor que celui - là!

quel incompréhensible bienfait ! Gombien de chrétiens laissent le Saint-Esprit impuissant en eux-mêmes, pour ne pas vou

» loir consentir à son opération divine ! Quel prodige que eet Esprit,

» tout-puissant hors de nous, se tempère tellement avec nous, que

nous pouvons empêcher ses desseins, et lui résister si nous

voulons ! Tous les Eomines ensemble ne seraient pas capables

d'arrèler le mouvement d'une planète, qui n'a cependant pour

* principe que la force d'un esprit céleste ++, etun homme, quoi-

+ M Olier ne veut pas exclure ici les examens de conscience, mais seu lement ces retours inquiets et euricux sur soi-même, qui sont ordinairement le fruit de l'amour-propre, Sa doctrine, en cette matière, est analogue à celle de saint François de Sales. Introduction à la vie dévote, part. iv. chapitre 1x. — Traité de l'amour de Daicu, iv. vus, chap, xiv,

++ C'est le sentiment des anciens sur le mouvement des astres. $. Thom, 1. p. quæst. 10. art. in, Natura corporalis nala est moveri immediatè à natua spiritali secundim locum : unde philosophi posuerunt suprema cor-

(1) Mémoires aul. de M. Ulier, LU p, 129. 156,

h12 NOTES

» queseul, peut, par sa liberté, s'opposer aux mouvements de l'Esprit

» . mn . .

».créaleur, qui attend son consentement pour faire agir sa puis- » sance divine ‘1),

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