‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 349 sur 489 · SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN

et de libertins (1), Cette paroisse fut la premiere en France où les Huguenots commencèrent à établir une église ; et, depuis ce moment, elle devint un lieu de refuge pour les ministres, jusqu'alors sans asile, et quelquefois sans ressources (2); et, pour le parti, un lieu de ralliement, où il lui était permis de tout oser, Ce fut, en effet, sur cette paroisse, qu'on vit jusqu'à quatre mille personnes , la plupart illustres, entre autres Antoine de Bourbop, roi de Navarre, et Jeanne d'Albret sa femme, se rendre en plein jour, et comme en procession au Pré aux Cleres, et y chanter les Psaumes de Marot., La publicité des préches y excita quelquefois des rixes, dans lesquelles les Protestants , la plupart gentilshommes ou puissants, eurent facilement Pavantage (3). Ceux qui venaient de Genève ou d'Allemagne à Paris, y trouvaient un asile assuré, Enfin les Huguenots y avaient un cimetière particulier ; is x étaient en si grand nombre, et y vivaient avec tant de liberté , que le faubourg Saint: Germain était communément appelé la petite Genère (h).

L'esprit de prosélvtisme dont ces hérétiques faisaient alors profession, leurs discours, et les écrits qu'ils répandaient, affaiblirent considérablement la foi dans un grand nombre de catholiques, leur inspirérent de Ja haine pour les ecelésiastiques, du mépris pour tous les religieux, een precipitérentméme plusieurs dans le gouffre affreux de Fahéisme, Ces athées affectaient en France le nom de Poliliques (5) +, comme les impies du siècle dernier, se ea-

chaient sous celui de Phi/osophes ; et ee qu'ils à de bien

les Haguenots,un tiers parti sous le nom de Politiques 4, Ce parti qui

n'avait point, comme les deux autres, la religion pour prétexte,

Mais la réformation des abus , fit ensuite cause commune avec le:

ï Sous les derniers Valois, il s'était formé, entre les catholiques et

1) Vie Ms, de AL. Olier, par M, Leschassier,

(2) Tablean de Paris, pars, Victor, Lu, tre part, p. 29,

(5) Ibid. pag, 28. 71. — Histoire de Paris, par Fclibien, 1 Han, 1559, p.

(4) Ibid, pag.

(5) Mersenne, Questionesin(enesbm, 1625, Epist.dedie, etc. pe IN5T. 1852,

(1) Srint Vicdor, Lun. 2e part.

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2) bide p. 7.

Calvinistes contre les Catholiques ou les Eigueurs, et donna nais- Félibien, Un. p

sance à une multitude d'athées (2).

diste HAT HIT

50 PARTIE If, LIV, M, PAROISSE, — 1643,

surprenant, c'est la parfaite identité de langage des uns et des autres : en sorte que nos impies modernes semblent n'avoir été que les simples échos de ces athées ou politiques dont nous parlons. Îls ne reconnaissaient, en effet, d'autre Dieu que la raison, et regardaient toute religion comme une inveution destinée à conteuir le peuple dans le devoir. Hs niaient l'immortalité de l'âme, l'existence de l'enfer et des démons, le bonheur des saints, et les récompenses éternelles, Enfin, considérant avec une cupidité jalouse les richesses employées aux ornements des

* note 1. autels et à la décoration des églises, ils s'affligeaient de (1) Mersenne.

ÆEpist. dedic, et p. 1852. luxe et à leur vanité * (4), Mais nulle part, dans Paris,

cette exécrable secte n’était aussi répandue que dans la

ne les avoir pas en leur main pour servir d’aliment à leur

paroisse de Saint-Sulpice. « Elle était, dit Abelly , la sen- » tine non-seulement de Paris , mais presque de toute |: » France, et servait de retraite à tous les libertins, athées, (2) 4belly, GX. , et autres personnes qui vivaient dans l'impiété et le dés-

Ji, ch, 11, sect.

av. » ordre (2). »

LLLR Comme il n’y a pas ordinairement de peuple plus super- La magie et le libertinage règnent dansle de paroisse à Paris où la magie et la superstition fussent faubourg Saint- re , Ke ne, | Germain. plus accréditées. « La dépravation y était si horrible, que, (5) Probablement le curé de Saint - Landry, » ait e : spore Girv (3 ‘endait i ie M, Doll, \ it en 1687 le père Giry G), on vendait MANN ment, Ms. par M. Les- » à une des portes de Saint-Sulpice, des caractères de

chassier,p.16.9. ‘ , ‘ e . à (4) Partie r, ” Magie, et d'autres inventions superstitieuses el din-

stitieux qu'un peuple devenu impie, il n’y avait point aussi

» selon le témoignage d’use personne qui vil encore, écri-

chap. XIV. » boliques (4).» L'historien de M.Bourdoise,atteste que,en

j (e Vs-info- 1642, on y étalait encore publiquement des livres de sorti

10, HV. IV. Ch. ° PRES

1Y. léges (5) ; etun autre nous apprend que c'était à une des (6) Vie Ms. par

M. Leschassier ,

p. 16. 9. trafic impie avait lieu (6). Ces détails, et d'autres que nous

portes voisines de la chapelle de ja sainte Vierge, que ce omettonsicif, expliquent comment le père de Condren erul

+ Peu de temps après que M. Olier eut été mis en possession de

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