‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 360 sur 489 · CULTE DIVIN · texte numérisé non relu

CULTE DIVIN

» les hymnes et les cantiques des bienheureux. C'est le » devoir des prêtres, qui ne vaquent point aux fonctions » du zèle, de louer Dieu pour suppléer au peuple qui » n'en à pas le loisir, quoiqu'il dû le faire , s'ille pou- » vait (1). » Dans cette vue, M. Olier recommandait à ses ecclésiastiques de se rappeler, qu'en récitant l'office divin ils agissaient au nom de l'Eglise, ou plutôt au nom de Jésus-Curisr, qui voulait se servir de leurs bouches et de leurs cœurs, comme d'autant d'instruments , afin de louer par son Esprit, répandu en eux, la majesté de son Père. Pour leur rendre sensible cette dévotion, à laquelle l'Eglise elle-même invite tous les ecclésiastiques +, il fit graver sur les dessins de le Brun, une estampe devenue fort rare aujourd'hui, Sous la figure de David, on y voit représenté JÉsUs - Curisr, sur lequel l'Espiit-Saint semble se répandre en plénitude ; il chante les louanges de Dieu sur sa harpe, et invite à s'unir à ses chants, deux chœurs d’ecclésiastiques placés au-dessous ; chantant aussi su des harpes, et s’unissant de concert aux accords et à la voix de Jésus-Cnrisr , l'unique louange de la divine majesté (1).

Pour mettre ce bel ordre dans son Eglise, il fat puissamment secondé par M. de Bassancourt, maitre des cérémonies du séminaire. « La principale grace de cet ecclésias- » tique, dit M. Amelote, dans l'éloge qu'il a laissé de lui, » était l'amour du culte de Dieu. Le séminaire de Saint- » Sulpice, tjoute-t-il, qui lui doit le travail très-assidu de » sept années, pendant lesquelies if à beaucoup contribué » à asseoir les fondements de la grâce, et de tout l'édifice

+ C'est ce que l'Eglise exprime par la prière : Domine Jesu, in unione illius divinæ intentionis, quà ipse interris laudes Deo persolvisti, has tibi horas persolvo ; et ce que d'ailleurs elle suppose toujours, en terminant chacune de ses oraisons par la conclusion ordinaire : Per Dominun nostrum Jesun Christum.

2° part. ol

(1) Remarques histuriques,t.ur, p. 614.

(2) Vie de M, Olier, par M, de Bretenvilliers.

XXHIT.

Zèle de M.

de Bassancourt pour le culte divin.

n7h PARTIE IE, LIV, I PAROISSE, — 1643,

» Spirituel de cette communauté , peut rendre témoi- !

* gnage avec quelle étendue et quelle perfection il a

» possédé la vertu de religion, Elle lui inspirait un zèle (1) Viedupère * ardent pour tout ce qui appartient au culte de Drew, et | Nr DU » où pouvait lui appliquer , à juste titre, ces paroles du chap. xxiv. n, » prophète : Seigneur j'ai aime la beauté de votre 9, 10,

» maison et le lieu où habite votre gloire (À). » Comme personne ne prenait un plus vif intérêt que M. Bourdoise +, aux heureuses réformes de la paroisse de Saint-Sulpice ,

M. de BDassancourt lui en écrivait en ces termes, le À j h février 1643. « On vous à déjà mandé quelque chose de | » nos affaires; mais voici ce qui est tout-à-fait assuré . » l'office et toutes nos cérémonies sont réglées et prati- ( » quées assez exactement, excepté que le peuple nous ; » accable, et que nous sommes contraints de lui donner » entrée partout, à cause de la petitesse du lieu. Notre sa- b » cristie 6st propre, nette et assez bien accommodée , gar- I

» hic de sa piscine, et de tout ce qui est nécessaire ; tous

» les prêtres s'y habillent, et nous l'avons rendue com-

» une, On a Ôté toutes les cloches des chapelles, au lieu

» desquelles il n'y en à qu'une à l'entrée de la sacristie,

» que l'on sonne à x sortie de chaque prêtre qui va eélé-

» brer : de facon que, depuis six heures du matin jusqu'à

» midi, de quart d'heure en quart d'heure, il part un pré-

» tre de la sacristie. On à même supprimé un honnête ca-

baret, qui était dans les charniers, où, après avoir com-

munié, chacun allait boire un petit coup, et imangeait un

“M. Bourdoise, dit son historien , nageait dans la joie de voir

M, Olier entrer si volontiers dans tous les besoins de Son tronpea,

avec les inélinations et le zèle d'un véritable pasteur ; et il pre-

nait un tel soin de la paroisse et du séminaire de Saint-Sulpice,

que , quand il était resté quelque temps sans aller voir comment

toutes choses se passaient, il ne manquait pas d'y envoyer, pour

(1) Ms. in-40, pe

en avoir des nouveiles (1).

1643, t rendre témoi- » perfection il à iuspirait un zèle ‘ule de Drew, et », ces paroles du beauté de votre ère (4). » Comme te M. Bourdoise +, de Saint-Sulpice, 1 ces termes, le quelque chose de put-à-fait assuré t réglées et pratiwe le peuple nous ints de lui donner du lieu. Notre saaccommodée , garst nécessaire ; tous vons rendue Comchapelles , au lieu fe de la sacrislie, ètre qui va célés du matin jusqu'à re, i part un prémé un honnète ca- , après avoir CoMip, et inangeail ti

it dans la joie de voir oius de son troupe, ‘ pasteur ; et il preire de Saint-Sulpice,

S aller voir comment

as d'y envoyer, pour

PRÉDICATIONS DE M. OLIER, 75 » petit morceau de pain béni, par grande dévotion. fl » y a tout plein de petits réglements établis, et beaucoup » de mauvaises coutumes abolies ; on travaille à clore le » cimetière, Nous avons aussi beaucoup gagné sur six » confréries qui nous chargeaient d'oflices ; nous les avons ,,,,; LC MOanus= R : À | ; » retranchés ; mais ce que je u'ouve de meilleur, c'est que nd UE FA bi. 2 à 2 : doise, in-folio. » la piété prend racine dans les cœurs, et je vois que Cha- lis. sv chap. v. » cun s'excite à bien faire (1), » 1n-49.p. 518, + Ü \ U , . . * r En effet, le zèle que déployaient les prêtres de M. Olier, er ;

. . A , fe 2 “xhortations occasionna bientôt un ébranlement général dans tout de M. Olier à le faubourg. Les moyens de sanctification y étaient si ‘97 Peuple.

o L (2) Annce Do- . . . LE] . CR .

abondans et si multipliés (2), qu'ils ressemblaient aux ménicaine. (5) Remarques

exercices d’une mission continuelle (3) : ce qui était cause niveriques tout.

que plusieurs personnes prenaient ces ecclésiastiques pour ir des prêtres de la congrégation de la Mission, M. Olier, Due An, instrument principal des miséricordes de Dieu sur cette 147 paroisse, préchait fréquemment et toujours avec un succés mA is extraordinaire (4). Sa pratique était de n’apporter d'autre p.629. préparation à ses discours, qu’une oraison humble et fervente , qu'il faisait à genoux en présence du très-saint

Sacrement ; et de s'unir durant la prédication à Jésus-

Canisr , la vraie lumière du moude, pour recevoir de lui

ce qu'il devait donner à ses auditeurs. La vue de tant de

: désordres dont il était environné , l'indifférence de tant de

lâches chrétiens, l'obstination d'une multitude d’autres, pénétraient son âme de la plus vive douleur. Îl aurait voulu, dans les élans de son zèle, ouvrir les yeux à tous ces aveugles , les désabuser de leurs illusions , briser les chaines dans lesquelles le démon les tenait captifs : c'était le sujet continuel de ses gémissements devant Dieu ; et, par-

laut un jour à son peuple, il débuta par ces paroles de

l'Apôtre, qui lui fournirent la matière de son exode :

« Continuus dolor cordi meo : C'est une douleur conti-

» puelle à inon cœur de voir le peu d'estime qu'on fait des » biens véritables. Hélas! le monde court après de vains

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