XX VIE
M. Olier travaille à réformer les confréries.
(2) Vie de M Olier, par le père Giry, partie 1re.
ch. xv. Riemarques historiques, t. 1. p. 58.
la curiosité des autres , que tout le peuple attroupé autour du bouffon l'abandonne bientôt. Ce ne fut pas sans beaucoup de confusion et de dépit que le ministre de Satan vit tous ses admirateurs le déserter et le laisser seul; mais sa confusion lui devint salutaire par la pénitence où elle le conduisit; à la scène scandaleuse qui venait d’être interrompue par l'homme de Dieu, succède un prodige de la grâce : le baladin lui-même s'approche de M. Olier, l’écoute else convertit (1).
Outre les moyens généraux de salut offerts à tous les habitants de sa paroisse, M. Olier, qui en avait fourni de particuliers à différentes classes, comme aux enfants, aux vieillards, aux laquais et à d’autres, eut la pensée d'en procurer aussi à toutes les confréries qui étaient en grand nombre dans le faubourg Saint-Germain. La plupart d’entre elles se composaient des divers corps de métiers, reconnus alors par les lois, comme des corporations qui avaient leurs statuts, leurs priviléges et leurs coutumes. Ces confréries, si louables dans l'origine , puisqu'elles avaient pour but de lier ensemble, par des motifs de religion et de charité, les hommes d’une même profession, naturellement jaloux les uns des autres, étaient bien dégénérées de leur esprit primitif. Elles semblaient ne se perpétuer , que pour autoriser publiquement une multitude de superstitions et de désordres, surtout à l’occasion de leurs fêtes patronales, qui étaient moins de pieuses solennités que des jours de débauche et de dissolution. Le moyen de réforme que Dre u inspira à son serviteur , fut de rassembler les différentes confréries avant la fête du patron, de les instruire sur la manière de la sanctifier , et surtout de les préparer à s'approcher des Sacrements (2). « Priant pour un corps de » métier de la paroisse qui me paraissait disposé à faire » son devoir, écrivait-il, Dieu m'a donné la vue de l'ordre
» qu'il fallait apporter pour la réforme des familles : cest
» d’assembler les corps de métiers, qui sont en confréries,
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RÉFORME DES CORPS DE MÉTIERS. h79
» et de les préparer à la confession générale : ce qu'ils » témoignent agréer, Un autre moyen, c’est de leur don- » ner des pratiques chrétiennes pour vivre saintement » dans leurs ménages. Le confesseur de la communauté, » qui est chargé de les instruire et de les servir dans » leurs besoins, sera soigneux d'y tenir la main, en les » visitant de temps en temps, pour voir s'ils pratiquent » ce qui leur a été enseigné; il les visitera encore dans » leurs maladies, les consolera dans leurs afflictions, et » aura l'œil à maintenir la paix dans les familles. Il » veillera à ce que le père et la mère fassent la prière en » commun le soir , et s’il se peut aussi le matin, et que les » enfants et les serviteurs y assistent tous ensemble (1). » M. Olier faisait souvent ces visites en personne, prenant surtout plaisir à aller jusque dans les chaumières des habitants de la paroisse , les plus pauvres et les plus éloignées; car elle s'étendait alors assez loin dans la campagne. Rien n’était plus touchant que l'affection avec laquelle il leur parlait. C'était un père qui portait la nourriture spirituelle à ses enfants , etqui mettait son plus doux plaisir à les entretenir des choses de Dieu. Aussi parvintilen peu de temps à faire renaître la piété dans les familles, et à abolir les superstitions qui régnaient depuis si longtemps dans les corps de métiers (2). Un grand nombre de confrères, qui y étaient fortement attachés, y renoncérent solennellement, et, non contents de les avoir bannies de leurs maisons, ils travaillèrent efficacement à en purger beaucoup d'autres où elles s'étaient introduites. Pour donner plus d'autorité à la proscription
bonne, une déclaration qui la confirmait ; il la fit imprimer, el s'empressa d'en distribuer des exemplaires à tous
les notaires, et sut leur inspirer un si grand désir de leur perfection, qu'ils prirent tous un engagement par
(DRemarques historiques, tn, p. 653.—Copie des Mémoires de M, Olier, 1, p.
2292, — ie de M, Olicr, par M.
de Bretonvilliers, LL p. 491.492,
(2) .innée Do-
ninicaine.
de ces abus, M. Olier obtint même, des docteurs de Sor- lisboriques, L 4
p.177. LE p.
634. C55.— Vie de M. Olier, par M, de Bretonvilles membres des diverses confréries (3). Il réunit aussi diers, Le 1. p.494.
(t)Remarques écrit, signé de chacun d'eux, de ne jamais passer d'acte historiques, À. 1, , dé A A p. 38. sans nécessité les dimanches ou les fêtes (1). XXVIIL Tous ces moyens de sanctification produisirent bientôt 6 “e prêtres de si heureux effets dans la paroisse de Saint-Sulpice , de la paroisse ; ea | ne peuvent suf- qu'il fallut, avant la fin de la première année, y augmenter îre pour enten- d tn dé :
dre les confes le nombre des confesseurs. Ils y étaient occupés les disions. manches et les fêtes, depuis cinq heures du matin jusqu'à une heure, et, l'après midi, jusqu’à la fin du jour : ce qui (2) Ibid. 1. mx, CONtinuail encore , après les grandes solennités, plusicurs v.627.628. jours de suite (2). Dès le premier Carême, celui de 1643, M. Olier se vit contraint d'inviter un certain nombre de . docteurs de Sorbonne à venir l'aider durant la quinzaine (3)1bid.t.1. q p. 647.— Vie de de Pàques, et d'engager encore les supérieurs des commu- M. Olier, par M. bé maltataiéan ' . à lui prêter d ARR de Bretonvilliers, MaUtéS religieuses de la paroisse à lui prêter du secours. t.1.p-508.506. Chacune de ces maisons lui fournit deux confesseurs (3). Mais craignant que tant de religicux de divers ordres, et (4) Mémoires F pe :
de M. du Ferrier, VOUS CES docteurs de Sorbonne ne suivissent pas les mêmes P. (1 principes de morale, et que cette diversité n’eüût de fà- 5) La gloire : ; PNR ga Là du tiers-ordre de Cheux résultats , il les réunit pendant trois jours, et leur
saint François, ‘ 5 . PR : d an: hp. ; par Hilarion de CXPOSa les principes et les instructions de saint Charles :
ue 2e parts ce qui produisit de grands biens (4). Parles témoignages p. 265. — lie- ‘ LR Ds . | marques histori- d'estime, de respect et de charité sincère qu'il donnait ques,t. p. 173.
à tous les religieux (5) , il s'était acquis d'abord leur confiance, et les avait disposés à cette uniformité de conduite, qui fut pour lui le sujet d’une vive satisfaction. « Ces » bons religieux qui s'unissent à nous, écrivait-il, sont » entrés tous ensemble dans nos vues et nos sentiments » pour agir sur les peuples. Il n’y à plus de distinction » dans fa conduite, entre les prêtres et les religieux : » tous ne font qu'une même chose; tous ont les mêmes » maximes, les mêmes sentiments, et quoique l'extérieur » Soit différent entre eux, les dispositions des cœurs sont » parfaitement les mêmes. Dieu a choisi ces saintes âmes » pour élre notre secours et notre supplément dans ce »* Lemps de désolation. Hélas! il n’y a qu'à procéder avec
mais passer d'acte 8 (1).
roduisirent bientôt : de Saint-Sulpice , nnée, y augmenter nt occupés les dis du matin jusqu'à fin du jour : ce qui olennités , plusieurs e , celui de 1643, °ertain nombre de lurant la quinzaine érieurs des commuprêter du secours.
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AFFLUENCE AUX OFFICES. LS1 » charité, avec simplicité et humilité, on gagne par-là » tout le monde, et rien ne peut résister à l'esprit de » Dieu qui unit tout en lui. Ces bons religieux me sont » entièrement dévoués , ils paraissent n'être , en quelque » sorte , qu'une même chose avec moi, et sembleraient (4) Mém. au » vouloir entrer en moi, pour que nous fussions tous Con- de M, Olier.t. 1. » sumés dans la charité de notre commun maître (1). » ?” Li M. Olier chérissait sincèrement tous ces ordres; mais particulièrement les deux maisons de noviciat des Dominicains et des Jésuites , où la doctrine était aussi pure que la piété était florissante; et on l’entendit même répéter plus d’une fois, que si la divine miséricorde répandait tant de grâces sur sa paroisse, et y faisait tous les jours ; UE ‘ di (2)Remarques de nouvelles conversions , c'était le fruit des prières de ces pistoriques, t. 1. deux saintes communautés (2). D 179.
L'affluence était si grande aux offices et aux prédica- nas tions, que bientôt l'église ne put suffire à un empresse- fluence aux ofment si général (3); en sorte que, quelques mois après Me avoir pris possession de la cure de Saint-Sulpice, M. Olier ne de M. crut devoir exposer, dans une assemblée de fabriciens , la (3) Vie de M.
Olier, par M. de Bretonrilliers, 1.
plus spacieux. Mais comme un pareil dessein ne pouvait LE p. 486. 477. être exécuté de long-temps , et que , les jours de dimanches, les paroissiens n'arrivaient que difficilement à l'église, dont les avenues étaient fort resserrées , on fit démolir plusieurs maisons pour la commodité publique.
nécessité où l'or se voyait réduit de construire un vaisseau
Cette précaution n’empêcha pas pourtant, que, pendant
le Carêéme, la reine régente, Anne d'Autriche, ne füt
contrainte , un jour qu’elle venait à l'église de Saint-Sulpice,
de demeurer plus d’un demi-quari d'heure, près la rue
de l'Aveugle, aujourd'hui du Petit- Bourbon, au milieu ia de Ja foule où son carrosse était arrêté (4). Cette prin- p. 154.
cesse avait déjà conça pour M. Olier une estime très-
particulière , et elle aimait à se trouver à ses prédications. Dans une de ces rencontres, Dieu voulut montrer à son
h82 PARTIE II. LIV. Il, PAROISSE. — 1643.
serviteur combien il était jaloux de le voir s’abandonner à son esprit, par un entier renoncement à ses lumières propres. Comme c'était en présence de la Reine qu'il devait prêcher, et devant une assemblée considérable par la qualité des auditeurs, autant que par leur nombre, il crut que l'honneur du ministère qu'il allait remplir l'obligeait de prendre un soin particulier de préparer son discours, au lieu de suivre sa méthode ordinaire; mais il éprouva en chaire la plus grande stérilité de pensées et de sentiments, avec une difficulté extrême de s'énoncer, ne parlant qu'avec beaucoup de contrainte , depuis l'exorde jusqu'à la fin. Il regarda cette conduite de la Providence Par (1) Vie de M. Comme une grâce , et protesta qu'il ne s'éloignerait jamais rain Fous } % plus de sa pratique ordinaire , qu'il savait être , de sa part, aa 1. p. 287. 288. Ja seule agréable à Dieu (1). yr théi con iml dès d'E nale lam etc la poli
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le voir s'abandonner ment à ses lumières e la Reine qu'il devait considérable par la " leur nombre, il crut it remplir l'obligeait ‘parer son discours, ire; mais il éprouva pensées et de sentie de s'énoncer, ne inte , depuis l'exorde iite de la Providence > s'éloignerait jamais vait être , de sa part,
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