‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 373 sur 489 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

Confrérie du

» travail ; et, quand ils seront cassés de vicillesse, il faudr » qu'ils viennent se reposer en adorant le très-saint Sacremeut, et consumant leurs jours auprès de lui (3).»

) : : très-S. Sacreout" : Je] d'OS % loles à: ‘CL SU 107 Pour apprendre aux fidèles à honorer Dieu meut Huntilité ant ainsi Jésus-Cnrisr, et leur rendre cet exercice fani- de la princesse ET a de Condé.

lier, 1 fitgraver, par le cétèbre Melland, une estampe * xote 2. très-propre à éclairer el : min louv nidté ouvioc In (4) Remarques

| l : pre à éclairer et à nourrir leur piété envers la historiques tu. tres-Sainte Eucharistie, et la répandit daus tout le fau- p:659.— Vie de boure 7 ni ; Re : DL. Olier, par M.

ourg * (4). Un autre fruit de son zèle fut l'établisse- de Breonvitliers,

A . , AU | ® + . . { L ment où plutôt l'accroissement d’une confrérie qui sus t107488

en visi-

(4) Calendrier historique, VTT, pe 59. — licm, hist. L, 1, p, 96,

(2) Hbid.tnr.

p.658— Vie,par M. de Bretonvilliers, tr. p.497,

(3)1bid. p.498 Remarques, ibid,

h99 PARTIE I, LIV, HIT. PAROISSE, — 1644,

siste encore, et dont l'objet est de rendre assidüment à Notre-Seigneur , réellement présent sur nos autels, les hommages de l'esprit et du cœur, qui sont dus à son immense charité envers les hommes, Par les soins de M. Olier, celte confrérie prit un nouveau lustre (1). Grand nombre de paroissiens se firent un devoir d'y entrer, même les plus considérables , qui ne dédaignaient pas de se confondre avec le menu peuple, et de venir à leur tour, chaque semaine, faire leurs heures d'adoratiun, au temps de l'après-midi, qui leur avait été assigné (2). Pour alimenter cette ferveur naissante, M. Olier réunissait les membres de la confrérie, le jeudi, dans l'église de Saint- Sulpice, et leur adressait une vive et touchante exhortation (3). Ayant une fois remarqué que plusieurs personnes, surtout parmi les grands,n'étaient point fidèles à venir visiter Jésus-Curisr, il se plaignit publiquement de cette négligence, montrant combien il était indécent que ce souverain Scigneur ne fût point environné de ses vassaux aux jours et aux heures où il voulait bien les admettre en sa présence, La princesse de Condé, Charlotte-Margucrite, fille du Connétable Henri de Montmorenci,et mère du grand Condé, qui était dans lPauditoire, avait elleméme donné tout récemment l'exemple de cette omission. Voulant sans doute en prévenir les suites, qui pouvaient être considérables à cause de son rang, elle se leva, et dit tout haut avec une simplicité et une humilité bien touchante : Monsieur, j'y ai manqué samedi, étant allée faire ma cour à la Reine. M. Olier, qui n'avait jamais égard ni au rang, ni à la naissance dans l'exercice de ses fonctions, reprit incontinent : Vous en seriez plus louabie, madame, si vous fussiez venue ici faire votre cour an Roi des rois. La princesse avait néanmoins une excuse bien légitime : Louis XELE était mort depuis peu, et la Reine, obligée pendant les quarante premiers jours de son deuil de demeurer renfermée dans ses appartements,

‘e assidûment à nos autels, les it dus à son imoins de M.Olier, ,. Grand nombre urer, méme Îles pas de se coniv à leur tour, AIG, AU LCMPS é (2). Pour alier réunissait les ‘église de Saintuchante exhortasieurs personnes, dèles à venir visiment de cette nécent que ce SOU- ‘ de ses vassaux ien les admettre , Charlotte-Maritmorenci,et mére itoire, avait ellee de celte omis-

s suites, qui pourang, elle se leva, une humilité bien imedi, étant allée qui n'avait jamais 1 l'exercice de ses seriez plus louabie, votre cour an Roi s une excuse bien ; peu, et la Reine, iers jours de son

ses appartements ,

continuellement éclairés aux flambeaux,avait désiré qu'elle vint la prendre dans un de ses carrosses, et la conduisit incognito à la promenade, A peine la princesse de Condé eût-elle fait connaître ce motif, que M. Olier voulant lui offrir une sorte de réparation en présence de toute sa

paroisse, changea en compliment la correction qu'il avait voulut lui faire : il Joua la piété et l'humilité avec lesquelles une si grande princesse voulait paraître sans aucune distinction dans cette nombreuse assemblée, se plaçant, dit-il, sur une petite chaise de paille, comme les personnes du commun (1). Une humilité si rare était sans doute le fruit des conseils que cette princesse recevait de M. Olier, son directeur, à qui elle avait, en effet, donné toute sa confiance , et qui, de son côté, ne négligeait rien pour la sanctifier dans sa condition *. Il se servit de ses heureuses dispositions et de ses exemples, pour mettre la piété en honneur parmi les dames de la paroisse, et, en particulier, pour leur faire embrasser la dévotion envers le très-saint Sacrement.

Une autre dame des plus illustres de la cour, la duchesse d’Aiguillon n’y contribua pas moins par ses pieuses largesses. Ce fut elle qui assigna des fonds pour perpétuer plusieurs saluts solennels , déjà établis par M. Olier depuis son entrée dans la cure de Saint-Sulpice (2). L'usage des saluts, hors le temps de l'octave de la Fête-Dieu, était encore fort peu répandu en France (3), el bien des personnes ne les approuvaient pas à cause de leur nouveauté, et aussi parce qu'ils leur semblaient être contraires au respect dù à Notre-Seigneur dans ce mystère (4). Ces considérations ne parurent pas suflisanles à M. Olier pour priver la piété de ses paroissiens de cette cérémonie, la plus auguste de la religion , après le saint sacrifice, On fonda done à Saint-Sulpice vingtquatre saluts, qui devaient être célébrés les premiers dimanches et jeudis de chaque mois (5), avec procession

(1) Atestations autographes, p.

M. Olier introduit l'usage des saluts dans sa paroisse.

(2) Remarques historiques, t. x, p.175.—Calendrier historique, 1774. p. xAix.

AN. em, 1778.

(5) Vie de M, Bourdoise,in-40.

ümprim. p. 478.

(4) Ibid, pag.

(5) Vie de DT.

Olier , par M. de Bretonvilliers, t, 1. p. 489.

RS

Vs Motifs de l'institution des sa luts de Saint - Sulpice.

(1) Archives du Royaume, section histor, Confrérie du saint Sacre ment, L. 1117.

(1) Remarques historiques, L 1, .174— Vie, par M. de Bretonvildiers, L. 1. p. 490.

h9û PARTIE 11, LIV, HI, PAROISSE. — 1644,

et exposition; et les premiers jeudis il devait y avoir en outre Messe solennelle et procession le matin, Ce furent les premiers saluts de cette paroisse ; car on ne commença que plus tard à en établir sucessivement, pour les grandes solennités *, Mais de peur que cette pratique ne portàt préjudice à la dévotion qu'on se proposait d'accroltre, et ne diminuât dans l'esprit des faibles la religion envers le très-saint Sacrement, à cause du peu de pompe qui accompagnerait ces saluts , M. Olier ne consentit à eur fondation, qu'à condition qu'ils seraient célébres à perpétuité avec le plus d'honneur , de respect et de solennite qu'il se pourrait. +. W exigea donc qu'on annoncerait ce salut trois fois par le son des cloches; que le très-saint Sacrement y serait porté sous un dais, et précédé de deux thuriféraires qui l'encenseraient continuellement ; qu'il y aurait toujours au moins trentehuit ecclésiastiques , dont quatre porteraient le dais , quatre autres seraient revêtus de chapes ou de tuniques , et les autres tiendraient à la main des cierges allumés.

L'acte que nous avons sous les yeux, exprime, pour motif de cette fondation , le désir « soit d'honorer la très-grande + bonté de Notre-Seigneur JÉsus-Cnrisr de s'être donné » aux honimes par l'institution du très-saint Sacrement de » l'autel ; soit de réparer , autant que faire se peut , les ir- » révérences et les péchés qui se commettent dans le » monde contre cet auguste mystère * (1). » M. de Bas-

‘+ Une personne de grande considération ayant voulu fonder une grand-Messe du saint Sacrement et un salut pour tous les jeudis de l'année, M. Olier ne voulut jamais y consentir, craignant que cet usage fréquent d'exposer le très-saint Sacrement n'attiédit la dévotion des lidéles (1). Exemple qui apprend à régler par la prudence les meilleures institutions , et à se précautionner contre tout ce qui peut les faire dégénérer en abus.

devait y avoir en » matin. Ce furent von ne commença \t, pour les grancette pratique ne proposait d'accrotles la religion endu peu de pompe ier ne consentit à

seraient célébres pur , de respect -. I exigea donc ar le son des cloait porté sous un qui l'encenseraient sS au moins trenteaient le dais, quaou de tuniques , des cicrges allu-

xprime, pour motif orer la très-grande sr de s'être donné saint Sacrement de re se peut, les irmmettent dans le (1). M. de Bas-

ant voulu fonder une our tous les jeudis de r, craignant que cet nent n'attiédit la déégler par la prudence ner contre tout ce qui

sancourt écrivant à M. Bourdoise , peu porté d'abord pour les saluts et Les expositions du très-saint Sacrement , lui disait : « Ce que je wrouve le plus avantageux , c'est que la » sainte Encharistie ét honorée de plus en plus dans la pa- » r'oisse, ce dont nous attétidons beaucoup de bénédictions, * Car encore que vela se fasse contre l'ancien usage de l'E- » glise, néanmoins comme la grâce change, et que Dieu fait » triompher ses mystères après qu'ils ont été long-temps » combattus; comme celui du très-saint Sacrement a été le » plus déshonoré dans ce siècle, il semble que, en répara- » tion de tant d'affronts et d'humiliations que lui ont faits » les hérétiques, il faut l'honorer et le faire honorer plus * que jamais. C’est pourquoi nous en souffrons l'exposi- » tion et les processions plus souvent, et les dames de » la paroisse viennent tous les après-diners l'adorer , ren- » fermé dans son tabernacle. Enfin, je crois que, en ce ° Noïs 6.

» temps, et le saint Sacrement,ecles prêtres quien sontles (1) Vie de M. ardiens e à le consacre loivent être beauc n Bourdoise ; Ms. » gardiens et qui le consacrent, doivent être beaucoup r'e- jf, iv! iv. » levés, Priez, s'il vous plait, Notre-Seigneur qu'il donne Chap: 1. » sa bénédiction à ces petits commencements * (1). VL. din L ( ) Re M. Olier éta- Dueu les bénit en effet, et les grâces que cette dévotion blit les quaranalttira & PTT Er CR a te Heures dans attira sur son peuple engagèrent M. Olier à ajouter de :, paroisse. Dinouvelles pratiques aux premières, et à perfectionner ou verses pe \ D : ; : ques en l'honà étendre celles qui étaient susceptibles d'accroissement. neur du très-S. Sacrement,.

(2) Calendrier midi, le fut encore pour la matinée , et même, plus tard, hisorique, 1178. | : ; : , À p. 99. — Vie de pour la nuit aussi bien que pour le jour. Afin d'arrêter M. Bourdoise,in- , A : , 40, (imprimée. ) les désordres qui se commettaient chaque année aux jé, 5, p.15, fêtes de l'Epiphanie (2 aint Martin (3), il insti- (5) /bid. pag. e l'Epiphanie (2), et de saint arte 1( )s Fe VAR ee tua, pour ces deux jours, l'exposition du très-saint Sacre- ques historiques, : . da se . » A t.1. p. 17.

ment, qui fut bientôt suivie de diverses fondations, en- (a) Toid, pag. tre autre de celle des quarante Heures, pendant les trois ! 13.— Vie de M. A . , ; Olier, par M. de jours qui précèdent le Carême (4). Dès son entrée dans Bretonvilliers, t.

“tan . A r à Am E. p. 489.

la cure , M. Olier avait commencé à les célébrer avec beaucoup de solennité, quoiqu'il n’y eût point encore de

L'adoration perpétuelle, établie d'abord pour l'après-

qi

fondation. Mais une famille de la paroisse, animée par

l'exemple de ce religieux pasteur , assigna des fonds pour

assurer à perpétuité la continuation de cette bonne œuvre.

» C'est, disent les pieux fondateurs , afin de rendre au

» très-saint Sacrement tout l'honneur possible, à l'imita-

» tion du très-digne curé et pasteur de celte église, qui,

PP pour retenir l’effrénée licence et débauche du peu- Royaume. Ibid, » ple, dans un temps où l’on doit se préparer à la pé-

L, 4117,p. 37 de avant

— Remarq, his= * Nitence, pour mieux passer la sainte Quarantaine , à, D. 681, : ju. » depuis qu'il est curé , institué l’oraison des quarante . Loi.—UCalen-

drier historique, » Heures, le dimanche de la Quinquagésime et les deux

1778. p.109, jours suivants (1). »

Pour inspirer à tous ses paroissiens plus de respect envers la divine Eucharistie , il ordonna que ce füt toujours un prêtre qui portât la clochette lorsqu'on irait adminisrer le saint Viaiique aux malades. L'office de ce prêtre l'obligeait à faire honorer JÉsus-Curisr sur son passage ; et si quelques-uns ne s'arrêtaient pas, ou négligeaient

de fléchir le genou , il devait les en avertir : règle qui fut depuis constamment observée, jusqu'au commencement de la révolution. Ne pouvant se consumer lui-même dans te les flammes de l'aunvur, devant Notre-Seigneur présent au p. 638. t. £. p. Saint tabernacle, et étant obligé, par sa charge , de se ré-

174.— Vie de M, Pres Olier, par M, de Pandre de toutes parts, il faisait brüler continuellement,

re t: aux deux côtés de l'autel, deux cierges pour le représen- . D. d.

3) Ibid. pag. ter (2); et il voulut en outre fournir encore à ses dépens 408. — Roma . — hemar- : ë is ,… No . PE “Purlianterts ques, ibid, tu, es Mambeaux qu'il fit porter devant la sainte Eucharistie P. AY ue lorsqu'on allait l’administer aux malades (3). Toutes les fois de “ ; LEO . \ . . . .

p. 658. — Vie, qu'il Sortait du presbytère , il ne manquait jamais d’enibid.—Espril de trer à !'églis : rat NotrosSoi ur . et de choisir M. Olier, tu, Wer à «église pour adorer Notre-Seigneur , et de choisi me ensuite les rues, où , sans s'écarter beaucoup de son

Les parois- chemin, il devait rencontrer plus d'églises ; et, avant de siens offrent

sept lampes TN pour être phi- Rien ne montre micux les progrès de cette dévotion cées devant le ; k | maître autel. parmi les fidèles, que le don , offert par eux , de sept lam-

trer à la maison, ille visitait de nouveau (4).

PA An

en

isse, animée par a des fonds pour te bonne œuvre.

fin de rendre au ssible, à l'imitacette église, qui, bauche du peuréparer à la pé- Quarantaine , a, son des quarante isime et les deux

lus de respect en-

ne ce füt toujours

on irait adminisice de ce prêtre

sur son passage ; , où négligeuient vertir : règle qui

Lu commencement

er lui-même dans

cigneur présent au charge , de se récontinuellement, pour le représencore à ses dépens sainte Eucharistie (3). Toutes les fois juait jamais d'eneur , et de choisir beaucoup de son lises ; et, avant de veau (4).

de cette dévotion * eux , de sept lam-

pes d'argent , pour demeurer toujours allumées devant le (1) Vie, ibid, grand autel de leur église (4). Voici quelle en fut l'ocea- !: 1 P: 496. sion. [n'y avait dans cette église qu'une seule lampe,

quoique le très-saint Sacrement reposät toujours à l'autel

principal et à celui de la chapelle de la sainte Vierge, située

derrière le chœur. Un ecclésiastique de cette paruisse

ayant un jour insinué dans son ‘prône qu'il était à désirer

qu'il y eût une lampe devant chacun de ces autels , ce jour-

là même , un pieux paroissien en offrit une d'argent du

prix de soixante éeus ; et un autre, touché de cet exem-

ple, donna deux lampes de même matière, et du prix de

six cents écus chacune. Toutes trois furent placées de-

vant le maître autel. M. Olier, dans une exhortation aux

dames de la paroisse, en prit occasion de leur dire que ,

puisqu'il y avait sept lampes allumées devant l'arche ne d'alliance, et sept esprits devant le trône de Dreu (2), il P: 285. et suiv. serai À souhaiter qu'il y eüt aussi sept lampes qui brulâs- (3) Esprit de sent jour et nuit devant le trône qu'il s'était choisi dans D. Olier, tar. celte église. À peine l'exhortation fut-elle terminée, que ces Less Mémoires de M. Baudrand, pe 74.—Vie,par pléter ce nombre. La princesse de Condé en offrit une He de de mille écus ; trois autres dames se réunirent pour en — Remarq. his— donner deux de six cents écus chacune , et M. Olier vou- D cb FRS lut en donner une de même valeur (4). « Lorsqu'on les 1: p.174.

» vit brûler devant le maître-autel, chacun, dit M. du

dames resolurent (3) d'ajouter quatre lampes pour com-

» Ferrier, honora la religion des bienfaiteurs et leur » maghificence. Le vertueux paroissien qui avait offert la » première, considérant la disproportion de la sienne ,

» mission de la relirer , el d'en mettre une de six cents de. du Ferrier, ibid.

» et pressé d’un mouvement de piété, demanda permis-

» écus à la place de celle, qui, semblable au grain de sé- » nevé, où au pelit levain de l'Evangile , avait produit tou- VIIL. M. Olier exhorte ses pa- La conduite de la Providence ne paraît jamais plus roissiens à la ‘ " Se : . communion admirable , que lorsqu'on la considère opposant le bien fréquente.

» Les les autres * (4). »

(4) Vie de la vénérable Eugenie de Fontaine , in-12. p. 115.

el suiv.

au mal, et préparant déjà des remèdes ou des préservatifs, à mesure que l'ennemi de tout bien compose, en secret, ses poisons afin de perdre les âmes. Tandis que M. Olier, pour rallumer la piété dans sa paroisse, s’efforçait d'y mettre en honneur le culte du très-saint Sacrement, et surtout d'attirer les fidèles à la communion fréquente , le démon, de son côté, concertait sourdement les moyens de les en éloigner. Il se servit, pour y réussir, de celte nouvelle secte dont le père de Condren, avant sa mort, avait prédit la naissance, et qui, dès son apparition , s’étudia à inspirer de l'éloignement pour l'Eucharistie,en exagérant les dispositions nécessaires pour s’en approcher avec fruit. Arnauld, le premier écrivain du parti, recueillit, dans un énorme volume, tout ce qu'il put trouver , dans les monuments de la tradition , de plus propre à effrayer les âmes, afin de tarir ainsi pour elles la source de la sanctification et de la piété. Et ce qui décèle le caractère de cette hérésie astucieuse , ce recueil fut publié sous le titre spécieux De la fréquente Communion. « Les Jansénistes, disait la mère Eugé- » nie de Fontaine , sont comme les mauvais droguistes qui » mettent le nom des sirops sur les poisons , et qui, » voulant persuader la rare communion, intitulent leur » livre De la fréquente. Is en ont fait de même sur » la dévotion à la sainte Vierge (4). » M. Olier , voulant donc préserver ses paroissiens d’un mal si funeste, déploya un nouveau zèle pour les attirer à la fréquente réception de l'Eucharistie, sans qu'on pût l'accuser de s’écarter en ce point des règles de la prudence et de l'esprit de l'Eglise. Le moyen le plus efficace qu'il employa, fut de leur inspirer , dès l'enfance, les sentiments de la religion la plus sincère et la plus tendre envers JÉsus-Curisr résidant dans l'adorable Sacrement de nos autels, et de les bien instruire des dispositions que demande ce véritable pain de vie. Il

des ou des préserbien compose, en âmes. Tandis que ns sa paroisse, s'efte du très-saint Saes à la communion concertait sourde- Il se servit, pour nt le père de Conissance, et qui, dès l'éloignement pour ns nécessaires pour e premier écrivain volume, tout ce qu'il a tradition , de plus arir ainsi pour elles a piété. Et ce qui astucieuse , ce rex De la fréquente sait la mère Eugéuvais droguistes qui s poisons , €t qui, ion, intitulent leur fait de même sur .» M.Olier , voul’un mal si funeste, , attirer à Ja fréans qu'on püt l'acrègles de la pru- Le moyen le plus pirer , dès l'enfance, s sincère et la plus nt dans l'adorable bien instruire des ble pain de vie. Il

voulut que les catéchistes , chargés de disposer les en- IX.

: Û : : M. Olicr étafants à leur première communion , apportassent à un ji les commuministère si important tout le soin et le zèle dont ils vions du mois. étaient capables ; et, afin de faire contracter aux enfants

la sainte pratique de la communion fréquente, il éta- | kb |

blit pour eux des communions générales, connues en- LU

core aujourd’hui sous le nom Communivns du mois , et

qui furent , pour toute la paroisse, une source très-abon- |

dante de grâces. Le soin avec lequel on a préparé, de- fi

puis ce temps, les enfants à la première communion , et fl

aux communions de chaque mois , a été effectivement re- | |

gardé comme une des principales sources des bénédictions

répandues sur la paroisse de Saint-Sulpice ; et c’est , en y

joignant la dévotion très-particulière envers la sainte

Vierge, la raison qu’on aime à donner ordinairement de la

piété qui s’y est toujours soutenue depuis que M. Olier l’a rate | gouvernée (1). Le culte envers le très-saint Sacrement de Sulpice. \ l'autel , et la piété envers Marie, les deux dévotions que | 1 l'hérésie de: Jansénius a le plus attaquées, quoique d’une [ULE manière indirecte ,. furent: celles que M. Olier :s’efforça | jusqu'à sa mort d'étendre et de propager; et elles sont le plus précieux héritage qu'il pût laisser à ses succes- 1 seurs , soit pour leurs troupeaux , soit pour eux-mêmes.

Aussi l’illustre archevêque de Cambrai , qui les: avait AU puisées au séminaire de Sain!-Sulpice , écrivait à M. Les- | chassier, troisième successeur de M. Olier : « La-solide » piété pour le saint Sacrement et pour la sainte Vierge, : » qui s’affaiblit et qui se dessèche tous les jours par la - e 2) OEuvres de » critique des novateurs , doit être le véritable héritage Fénelon- Gorres- LA

pondance, t. V.

» de votre maison * (2). p. 228. Leu. 48.

Pour inspirer aux enfants cette piété solide envers l’au- X.

* k . a: M. Olier conguste Mère de Mrieu, M. Olier les accoutumait de bonne ocre les en-

heure à recourir à elle avec confiance, à la considérer comme fants de sa paroisse à latrès-

leur tendre mère, et à se conduire à son égard comme des sainte Vierge. Hi} enfants pleins de respect et d'amour. Lorsqu'il prit posses-

500 PARTIE If. LIV. III. PAROISSE. — 16/44.

sion de sa paroisse, il la consacra solennellement à Ma-

rie; evil fut alors réglé que, à l'avenir , on porterait aux

ae { processions la bannière de la sainte Vierge avec celle de p. 170. Saint-Sulpice (2). I voulut de plus que ; chaque mois, les fa) Hd ve enfants se consacrassent à elle; 6, dans ce dessein, il 401. 58. t. ar, fonda une Messe et une procession, qui avaient lieu le Em premier samedi du mois, et auxquelles assistaient tous 1778. p.92 Iles enfants qu’on instruisait sur la paroisse (2). Mais c'était le jour de leur première communion, qu'il aimait sur-

tout à les consacrer à Marie. Depuis long-temps, dès qu'il

avait quelque chose dé beau ou de rare, il éprouvait une

sorte de besoin de lui en faire hommage, comme à sa sou-

veraine ; et, dans ce jour heureux, il s'empressait de lui

consacrer ces jeunes cœurs que Jésus-Cnrisr avait dai-

gné remplir de son esprit et de sa grâce , persuadé qu'il

n’y avait pas d’instant dans Ia vie, où ils fussent plus di-

gnes de lui être offerts. On conserve, au séminaire de Saint-Sulpice, un ancien tableau où il est représenté con-

sacrant à la très-sainte Vierge, le jour de la première

Gr ei Le communion , le jeune Anne-Auger Granry, âgé de douze Bretonvilliers, 1, ans, el qui était alors page de la chambre du due d'Ornées te 1 0 28 HAE oncle du roi Louis XIV. Cet enfant, d'une figure su très-agréable (3), avait su conserver son innocence an milieu des piéges de la cour ; et voulant persévérer dans

cet heureux état jusqu’au dernier soupir de sa vie, il vint,

âgé de quinze ans, faire une retraite au séminaire. Son

el res dessein était d'y demander à Dreu de mourir, s’il prede äl. de Bre- voyait qu'il dût l’offenser jamais mortellement en retour-

tonvilliers.—Ré- s ; i gistres des sépul- Nant à la cour, ou en rentrant dans le monde ; et à peine

tures du sémi— commencait-il se retraite, qu'il tomba malade en effet et naire , fol. 2. ?

* NOTE 9. mourut au bout de quelques jours * (4).

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