SUITE DE LA RÉFORME DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN
De tous les moyens que M. 6lier employa pour réformer sa paroisse, et lui communiquer l'esprit de piété, les principaux furent la dévotion au très-saint Sacrement de l'autel, et le cu:te envers l’auguste Mère de Dieu. On a vu combien le père de Condren l'avait puissamment exhorté à propager, toute sa vie, le respect et l'amour de la sainte Eucharistie. Ce saint personnage était en effet persuadé que le renouvellement de la piété, dans l'Eglise, ne s’opèrerait qu'en ranimant partout cette dévotion. « Ce n'est ni » un dessein nouveau, disait-il, ni un moyen particulier, » niune voie singulière. JÉsus-Cnrisr l’a établie dès le » commencement, pour unir son Eglise et la faire vivre en » sainteté (1). » M. Olier développe ainsi la même pensée dans ses Mémoires. « Dieu veut renouveler la piété, non » par des prédications on des miracles, qui sont plutôt » les moyens dont il se sert pour établir la religion ; mais » par la dévotion au très-saint Sacrement de l'autel. Le » dessein du Fils de Dreu, en venant sur la terre , a été de » COMmMuniquer aux hommes sa vie divine, afin de les » rendre semblables à lui; il commence cette transforma- » tion par le Baptème , il l'augmente par la Confirmation; » mais il l’achève et la perfectionne par la très-sainte Eu- » charistie, l'aliment divin qui nous donne réellement sa » propre vie el ses sentiments, qui nous met en partici- » pation de son intérieur adorable, et nous fait une même » chose avec lui : qui manducat meam carnem , in me » manet et ego ineo. I s’est mis au très-saint Sacrement, » pour continuer ainsi sa mission jusqu'à la fin du monde,
2° part. 32
La dévotionau très-S, Sacrement , moyen de renouvellelement pour une paroisse,
(1) Lettres aut.
du père de Condren.
(1) Mémoires aut. de M Olier.
M. Olier met en honneur dans sa paroisse, les visites au très-S, Sa-
crement,
(2) Année Dominic. 12 septembre, p. 425.
L90 PARTIE II, LIV, II. PAROISSE, — 164h,
» et aller, par ce moyen, dans tous les coins de la terre, for-
» mer à son Père des adorateurs qui publient sa gloire, et
» l'adorent en esprit et en verile. C'est là qu'il est source
» de vie divine, qu'ilest ce vase immense, et cel océan sans » fond, de la plénitude duquel nous sommes tous sanctifiés.
» Par le très-saint Sacrement, il veut remplir les prêtres de
» son esprit et de sa grâce, et convertir les âmes par eux.
» C'est ce qui me fait défaillir et tomber en langueur , tant » sont vifs et véhéments les désirs que je ressens de voir le » très-saint Sacrement révéré par les prêtres. Le prêtre » qui est assidu à l'honorer , à l’invoquer, et à le supplier » pour les peuples, obtiendra tôt ou tard leur conversion. » [l'est impossible qu'étant assidu à la prière, et demeurant » ainsi devant le très-saint Sacrement de lautel, il ne » communie aux sentiments , à la ferveur , à l'efficace de » Notre-Seigneur , pour toucher, éclairer et convertir ses » peuples. Car la vertu de JÉsus-Curisr ressuscité, qui » habite maintenant dans l'Eglise, avec un zèle tout em- » brasé pour la gloire de son Père, doit produire de tels » effets. Hélas, Seigneur , si vous vouliez me multiplier en » autant d'endroits qu'il y à d’hosties dans le monde, pour » y vivre el y mourir, pour y consumer mes jours el ma » vie, que je serais heureux ! Je meurs de douleur, de » voir que Notre-Seigneur ne soit point honoré au très- » Saint Sacrement, ni par les prêtres, ni par les peu- » ples (1). »
Quand M. Olier écrivait ces paroles, tout annonçait en effet, dans sa paroisse , le dépérissement de la piété chrétienne , qui trouve son plus délicieux aliment à la table sainte , et ses plus douces consolations au pied des autels. La communion n’était point fréquentée , et l'on ne connaissait presque plus la pratique si salutaire de l'adoration de Jésus-Cnrisr, présent dans nos saints tabernacles. Il rétablit l’un et l'autre par ses exhortations (2), qui n'étaient jamais si pathétiques que lorsqu'il
s de la terre, forlient sa gloire,et à qu'il est source 1 COL OCÉAN sans s tous sanctifiés.
lirles prêtres de s âmes par eux.
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traitait cette matière. L’assiduité du clergé au pied des saints autels, lui parut, de tous les moyens , le plus efi- ‘ace pour accréditer bientôt cette dévotion parmi les fidèles. Ce fut peut-être dans ce dessein , qu'il ne sollicita jamais des supérieurs ecclésiastiques, la faculté de conserver le très-saint Sacrement dans la chapelle du séminaire , où il ne commença à reposer qu'après plus de cin-
* PCT quante ans ” NOTE {.
. Tous ses ecclésiastiques allaient chacun à son rang, l’adorer à l'église de la paroisse ; et ils nn cOntinuèrent encore cette pratique lorsqu'ils eurent obtenu A Pa la faculté de le posséder dans leur maison (1). « C'est une P: °7:
» des dévotions qu'il nous a laissée, dit M. de Bretonvil-
» licrs, et qui se continue toujours avec fidélité et béné-
» diction, que depuis le matin jusqu’au soir, il y ait tou-
» jours devant le très-saint Sacrement , quelques ecclé-
» siastiques de la maison, qui l'honorent au nom de toute Done » la communauté (2). » M. Olier aurait voulu que cet P: 71: exercice servit de délassement à ses prêtres après leurs
fatigues, et d'unique occupation aux vieillards, « El m'a
» semblé, écrivait-il, que les personnes qui se destinent
» particulicrement à servir JÉsus-Curisr au très-saint
» Sacrement de l'autel , il désigne ses ecclésiastiques,
» doivent apporter grande assiduité à l’adorer , et à y (8) Exprit de » passer le plus de temps qu'il leur sera possible, pour M. Olier, t. n. » être fortifiés au service de Notre-Seigneur, apres Île AS nr père Giry, partie LL. chap. v.