PATIENCE DE M. OLIER DANS LES MAUVAIS TRAITEMENTS
NOTE 2. — Une personne du peuple et d'un naturel extrèmement violent, abusant un jour de la douceur et de la charité dont M. Olier lui avait donné à elle-même les preuves les plus touchantes, l'outragea de paroles dans une grande assemblée, et avec tant d'emportement, qu'il n'y eut personne qui n’en témoignât son indignation. M. Olier seul ne perdit rien du calme habituel de son âme, et ne se souvint des mépris qu'il venait de recevoir que pour rendre à cet ‘ homme,en retour, toutes sortes de bons offices. Le premier fut de s'em- | ployer peu de temps après pour le délivrer des poursuites de la jus-
tice ; et il fit tant par ses sollicitations et ses instances, qu'il obtint
enfin sa liberté.
Un jour que, dans une compagnie , on avait chargé l'homme de
Daeu de la calomnie la plans flétrissante, une personne qui le con-
naissait à fond, lui dit de faire connaitre la vérité comme il le pouvait
facilement, « Oh, non, répondit M. Olier, buvons le calice de JÉésus-
» CurisT, tel qu'il lui plait de nous le donner ; faisons un saint
» usage de la croix , et n’en descendons point, jusqu'à ce que Jésus-
» Cuünisr lui-mème nous en détache. » Il demeura ainsi dans le si-
lence, sans vouloir dire une seule parole pour sa justification. Par
amour pour les mépris, il découvrait mème avec sincérité et sans af-
fectation tout ce qu'il jugeait être blâmabie dans sa conduite. On
l'a vu s'accuser de ses fautes de la manière la plus humiliante ; et
quoique ces fautes prétendues pussent passer pour Ges verius dans
un autre , il avait l'adresse de leur donner un tour qui lui procurait
toujours à lui-même quelque confusion.