SOUVENT
Le gentilhomme qui rapporte ce Lait, fait cette réflexion
parlant de lui-même. « Dès le commencement que j'eus
‘e compliment,qu ils furent entrés, den fit autant de rs qu'il voulait se ige près de lui , et sion, [lles récita ne s'aperçut pas te qu'ils entrèrent * du monde la plus incroyable, Pour ion, j'attendais cet d'entre les mains, nent il demeurait ‘ù Laut de peine à er pleinement sasuis celui-ci, rem- ‘ssion si inopince, de ce grand reavait refusé de me ait M. Olier. {me soupir; puis, avec il me dit : « Je n'aue confession, et in confessé de ma conslances que je ième aussi étonne het l'autre; et, à
empécher de rarit beaucoup du 'e du confesseur.
d'etre ui Coup de
ur, me la répété
fait cette réflexion
cement que j'eus
PORTRAIT DE M, OLIER, 603 » l'honneur de connaître M, l'abbé Olier, je remarquai en lui une grâce extraordinaire pour attirer à Du les hom-
» mes de notre profession, Lui en ayant amené plusieurs . dans diverses circonstances, ils sont Loujours sortis d'au-
» près de lui extraordinairement touchés, entre autres » l'un de mes amis, qui s'est acquis beaucoup de mérite À
» l'armée et à la cour, et qui conçut une très-profonde es- » Lime pour ce grand serviteur de Dieu (1). » En effet,nous pouvons remarquer ici, que, voulant se servir de M. Olier pour attirer les grands à son service, Dir ne l'avait pas seulement pourvu des dons surnaturels nécessaires pour éclairer el toucher les âmes; il lui avait douné, comme pour préparer les voies à la grâce , les qualités ex. tcrieures les plus propres à gagner les cœurs, M. Baudrand, son quatrième successeur dans la cure de Saint- Sulpice, nous à tracé son portrait en ces termes : « Il était » d'une taille médiocre, avait le port libre, dégagé, avan- » Lageux ; Sa Ccomplexion était sanguine, délicate , quoique * forte et robuste, s'il ne l'eût altérée par ses jeûnes, ses * longues veilles et ses rigoureuses pénitences. Son teint » était blanc, mêlé de vermeil, son visage plein, son nez aquilin, son front large et serein. Favait les yeux » vifs, remplis d’un feu doux et engageant, la physiono- » nie fine, la bouche d’une grandeur médiocre, les lèvres » vermeilles , la voix belle, argentine , flexible ; la pronon- » ciation libre, insinuante ; le geste naturel et dévot, sou- » (enu d'une éloquence mâle , élevée, et si heureuse que, » Sur-le-champ,sans étude, ilravissait les espritset entevait » les cœurs. Enfin ilavait le visage beau, agréable et bien » proportionné, accompagné d'un air rempli de tant de » gràce, de majesté et de modestie, qu'il était impossi- » ble de l'approcher, sans en concevoir de l'estime et du respect, et sans en être élevé à Dreu (2) +. »
+ < M. Olicr, ajoute ME. Baudrand, avait l'esprit vif, bouillant, pé-
(1) Attetations aut, touchant AT, Olier, p. 149,
(2) Mémoir. de M. P'audrand,p, 10. 71.
RE re nn ES + =
M. Olier expose à ces gentilshommes les moyens de se perfectionner au milieu du monde.
(1)Mémoir. de
M. Baudrand,p..
Dans les réunions de ces pieux gentilshommes , il parlait à chacun avec l'affection d'un père et la confiance d’un ami; répondait à leurs questions, éclaircissait leurs doutes , et inspirait à tous un zèle courageux pour la pra-
tique des maximes de la perfection chrétienne, Un jour
qu'il les exhortait à ne considérer jamais que Dieu en tout, l'un d'eux, prenant la parole, lui dit, que la pratique constante de cette maxime était bien difficile au milieu du commerce du monde, Comme M. Olier eut répondu qu'on pouvait, à l'imitation des premiers chrétiens, vivre dans le monde sans affection pour le monde , le gentilbomme lui objecta que cette conduite était presque imprati- ‘able , à cause des exemples et de la conversation des méchants,au milieu desquels on estobligé de demeurer, « C'est »* pour cela même, reprit M. Olier, que ceux qui vivent » dans le monde ont plus d'obligation d'être unis à Dreu, » afin qu'ils trouvent en lui la pureté et la sainteté, néces- » res aux chrétiens, et qu'étant rendus participants de * son être divin, toujours parfaitement saint au milieu des »* pécheurs , ils ne contractent eux-mêmes aucune tache,
ni aucune souillure , parmi les vices et les impiétés des
méchants. Et d'ailleurs, ajouta-t-il, ce n’est pas la pré-
sence du Corps qui nous unit au monde, mais bien l’at-
tache et l'affection à ses misérables vanités ; deman-
nétrant, prompt à concevoir , et d'une étendue fort vaste pour les sciences. Les vues que la lumière divine lui communiquait dans l'oraison , étaient bien d'une autre élevation que celles qu'il avait * acquises par son travail. I semblait, en l'entendant parler, que ce n'était plus un homme sur la terre,qui s'enonçât sur les mystères les plus relevés de notre religion ; mais que était un saint Paul dans le ciel, où un saint Jean l'Evangéliste dans son désert, Ses con ceptious étaient hautes, etil avait le don de les exprimer avec » tant de lumière, de netteté et de grâce, qu'on ÿ reconnaissait
quelque chose de plus qu'humain (1). »
shommes , il par-
la confiance d'un claircissait leurs eux pour la praétienne, Un jour ais que Dieu en U, que la pratique difficile au milieu lier eut répondu s chrétiens, vivre monde , le gentilt presque imprativersation des médemeurer. « C'est e ceux qui vivent être unis à Dreu, la sainteté, nécesis participants de saint au milieu des es aucune lache, tles impiétés des » m'est pas la prée, mais bien l’atvanités ; deman-
ie fort vaste pour les i commiuniquait dans que celles qu'il avait ndant parler, que ce tsur les mystères les it un saint Paul dans on désert, Ses con- : les exprimer avec
u'on y reconnaissait
» dons sans cesse à Dieu qu'il nous en inspire le mé- » pris (D), »
Les princes et les personnes du plus haut rang éprouvèrent aussi le zèle et la charité de ce bon pasteur, La haute opinion de sa sainteté les porta souvent à recourir à ses conseils ; et, dans toutes ces occasions , il s'eforça de leur inspirer les vrais sentiments que le christianisme exige des grands du monde, On voit parmi ses écrits plusieurs lettres adressées à des princesses, où il leur trace les règles de conduite les plus parfaites. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail; mais ce ne sera pas nous éloigner de notre but, que de rappeler quelques traits de su belle instruction à la princesse de Condé, sa pénitente. Après l+ mort du prince Henri de Bourbon son mari, arrivée le 26 décembre 1646 +, elle désira que M. Olier lui traçàt une règle de conduite , qui lui apprit à sanctifier sa condition par la pratique parfaite des vertus. Il répondit à ses désirs en lui envoyant, sur l'usage de la grandeur, une très-ample instruction, qui est une belle exposition des devoirs des princesses chrétiennes. Pour lui faire connaître l'excellence de cette condition, il lui rappelle qu'en créant l'homme, Dieu avait eu dessein d'exprimer en lui une image de sa grandeur; et qu'après le péché, qui réduisit les enfants d'Adam à une misère extrême , il avait conservé quelque chose de cette première splendeur dans la personne des grands : révélant par eux sa puissance aux yeux grossiers et terrestres, aussi bien que par le spectacle de Punivers; qu'enfin Jrsus-Curisr venant tout réparer , avait sanctifié ces deux états : celui de la misère, commune
à la plupart des hommes, par sa vie pauvre et souffrante ;
+ Ce prince donna, per son testament, 6,000 livres pour le bâtiment de l'église Saint-Sulpice. Archives du royaume, section historique, Nécrologe di Saint-Sulpice. L. 1112, p. 85.
(1) L'Esprit de M, Olier,
Zile de M.
Olier pour la sanctification de la princesse
de Condé,
ET nm A
NS
(1) Lettres spi- et celui de la grandeur, par sa vie glorieuse, étant, depuis
riluelles de M, Olier, lettre ct.
(2) Lettre aut, Pièce détachée.
sa résurrection,le roi des piine:s ct des rois de la terre (1,
« Je ne suis pas, Madame , tui dit-il, de l'opinion de ceux » qui, mal fondés sur la parole de Notre-Scigieur, pre- » tendent que la condition des grands est en abomination devant Dieu. Ilest vrai que l'abus d'un état si auguste eLsi saint en lui-même,devientune abomination aux yeux de Dieu, lorsque des hommes osent bien attirer à eux la gloire et l'honneur, se faire passer pour les dieux de la terre ; el que, comme d'autres Nabuchodonosor , ils voudraient un coup de trompette faire fléchir le genou à toute créature, et être adorés commes des idoles (2), Dans ce sens, la condition des grands est une abemination; el c'est ainsi qu'Esther parlait de sa couronne, parce qu'elle là partagent avec Assuérus, véritable suppôt du démon, qui se faisait rendre des honneurs divins, et tenait la place d’une idole , dans le temple du monde, Mais à considérer là grandeur en elle-même, surtout depuis qu'elle a été réparée en Jésus-Cnrisr, je ne trouve rien de plus beau, de plus aimable, ni de plus saint; car si les chrétiens doivent contempler, dans les grands, la grandeur etla royauté de J'ésus-Curisr, et lhonorer eu leurs personnes ; les grands doivent être revétus de sainteté, de douceur, de bonté, et de toutes les perfections de Dreu, dont ils expriment la grandeur par leur état, Souvenez-vous donc, Madame, que vous êtes sur la terre une participation de la divinité, qui prend plaisir d'habiter en vous, non seulement pour faire paraître sa majesté aux yeux des hommes, mais pour recevoir leurs hommages et les combler de ses bienfaits. Je vous supplie donc de ne jamais rien recevoir qu'au nom de Dur, »* et pour Dieu que vous représentez; et de vouloir, où contraire,que tout ce qu'on sous offre de respeel passe à » Jui, sans s'arrêter à vous. L'image de Dieu dans le ten- » ple ne reçoit rien pour elle-même, nrais seulement pour
euse, élant, depuis rois de la terre (1, e l'opinion de ceux tre-Seigiüeur , préest en abomination lun état si auguste omination aux yeux bien attirer à eux r pour les dieux de abuchodonosor , ils faire féchir le gemmes des idoles (2), ls est une abemina- Lt de sa couronne, érus, véritable suples honneurs divins, e temple du monde.
elle-même, surtout ÉSUS-ChRIST, je ne aimable , ni de plus ontempler, dans les Ésus-Curisr, et lhodoiventétre revêtu de toutes les perfeca grandeur par leu *, que vous êtes sur té, qui prend plaisir ur faire paraitre sa pour recevoir leurs faits. Je vous supqu'au nom de Dar, ,: et de vouloir , 14 e de respect passe à * Dieu dans le tem-
ais seulement pour
, Dieu qu'elle figure ; ainsi en doit-il être des honneurs
qu'on vous rend (1).
» Faites-en de même lorsque vous donnez : ne désirez point qu'on vous regarde dans vos présents ; mais souhaitez que Dieu seul soit reconnu comme lorigine de vos dons. Ainsi Dieu fait souvent des miracles par les
images ; mais elles ne prétendent pas qu'on leur en ait
la moindre obligation, Au contraire, si celles étaient douées de sentiment , elles s’estimeraient trop heureuses , au lieu d'avoir été brülées, comme un bois commun à ouappliquées à quelque usage profane, de se voir élevées à cet honneur, et d'être fes instruments par lesquels Dreu opère des merveilles (2). Quand vous verrez votre COUr qui Vous environne, SOUVENCZ-VOUS Que vous devez être en cela l'image de DrEu , environné de ses anges et de ses saints. Dites souvent à Daeu : C'est à cause de vous, Seioncur, et de ce que j'ai de vous , que ce monde m'honoïre ; et comme je ne puis sans larcin prendre quelque chose de ces honneurs, que toute cette cour fasse
> hommage à votre grandeur etque votre pauvre créature
S'anéantisse (3). Votre train doit être l'image de la ma-
» jesté de la gloire de Dreu. faut le vouloir en Dreu et pour
Dieu, étnon en vous-même ni pour la vanité (4). Si vous allez visiterle Roïou la Reine, faites-le dans l'intention des prineipautés du ciel, qui rendent hommage de leur gran-
» deur à lamajesté de Dreu, etle reconnaissent pour sonve-
, rain, Si vous visitez quelque grandeur inférieure à la vôtre, honorez-y toujours là participation de là grandeur de Dieu, qui désire être honoré en elle ; et lorsque vous » visitez des personnes de moindre condition, allez-y dans » la disposition de Dieu même visitant les petits, et des-
cendant avec bonté, douceur et charité, dans le des-
sein de les aider, de les consoler et de les servir. Rece-
» cevez adors pour Drec Fhonneur qu'ils vous rendront,
afin que, lui rapportant ce qu'ils ne pensent pas à lui
(1) Lettres spirituelles, ibid. p.
(2) Ibid. pag.
(5) Ibid, pag.
(4) Ibid. pag d15.
EEE ARTS
(1) Leures spi- + donner, vous fassiez votre devoir et le leur tout ensemriluelles, p. 514.
s ble (4). »
Fo pie Jamais peut-être personne n'honora plus sincèrement M. ONer tait honorer Dieu Îles grands que ne le fit M. Olier ; jamais aussi on ne vit ar les grands. A à Ù Le plus de vrai zèle pour faire honorer Dreu par les grands du monde. Dans les cérémonies ecclésiastiques, telles que l’adoration de la croix, la distribution des cierges bénits x F' AUX : Éol: » tous les me nc Jeroé (2) Vie Ms. de ou des rameaux , il régla que tous les membres du clergc A1. Olier, par M. auraient le pas sur les paroissiens, de quelque rang qu'ils de Bretonvilliers. , x : y mn ne fussent, même sur les princes du sang (2). Tous applau- (S)Remarques | | : ; k historiques, &. 1. dirent à ce réglement, et les princes eux-mêmes furent les p. 224. A NET : . : | Ù premiers à l'appuyer de leur suffrage (3). On aurait peine à concevoir le grand ascendant que sa vertu lui donnait sur eux. Un jour que le duc d'Orléans assistait aux vépres, M. Olier, par un motif que nous ignorons, n'alla point l'encenser, contre la pratique commune, qui déférait cet honneur aux princes. Il se rendit néanmoins chez le duc pour lui porter des excuses ; mais celui-ci, le voyant enter , lui dit avec l'expression de la bienveillance la plus respectueuse : « Je n'ai point de satisfaction à recevoir, » puisque c'est vous, Monsieur, qui en avez usé de la S "16 : ù L] à » n] L 1 , ç ç KL ir — (4)Auestations ” S0! te; »et, en même temps, il commanda qu'on lui re que gens mit une somme d'argent, en le priant de laccepter pour Olier, p. 199. Cie les pauvres de sa paroisse (4).
Z£èle de M.
Olier pour us saints mystères , on se mit à genoux sur des chaises ou sur respecter Île : | ‘ — lieu saint. des bancs. Dans ses prônes, il parlait quelquefois contre
cel usage, qu'il regardait comme une irrévérence ; sou -
M. Olier ne souffrait pas que, dans la célébration des
vent il parcourait en personne toute l'Eglise, pour s'assu-
rer de la modestie des fidèles. Il chargea même quelques-
(5) Calendrier ne , : SR RE
historique, 1778, US de ses prêtres d'examiner, pendant les saints oflices, si
p. 35. 56.—fe- Jos assistants avaient un maintien religieux, et de contenir marques histori— : | a : .
ques, LA. p.223. dans le devoir ceux qui ne gerderaient pas le silence (5).
Les dames de qualité avaient alors la soue vanité de faire
porter les longues queues de leurs robes, même dans l'é-
> leur tout cnsem-
plus sincèrement is aussi on ne vit EU par les grands ésiastiques, telles des cicrges bénits nembres du clergé uclque rang qu'ils (2). Tous applau- -mêmes furent les ). On aurait peine vertu lui donnait sistail aux vêpres, rons, h'alla point *, qui déférait cet moins chez le duc -Ci, le voyant eniveillance la plus iction à recevoir, n avez usé de la unda qu'on lui re-
le l'accepter pour
a célébration des des chaises ou sur quelquefois contre rrévérence ; SOU xlise, pour s’assu- \ méme quelques- :s saints oflices, si x, etde contenir as le silence (5).
te vanité de faire
, même dans l'é-