‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 449 sur 489 · GRAVURES · texte numérisé non relu

GRAVURES

Le portrait de M. Olier se place en tête du prenier volume.

Le Saint Sacrifice de la Messe en regard de la p.290 brs, du tome second , et se plie en trois.

Les autres gravures et les fae smile, se placent suivant les indications marquées par le graveur.

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(1) Vie par M.

de Bretonvilliers.

—Giry. part.

chap. 1v.

Le Parlement ordonne que M. Olier soit remis en possession de sa cure.

(2) Mém. au.

de M.Olier,t. v.

(3) Histoire de Paris, par Felibion,t. v. p.122.

et suiv.—Reyistres duConseil du Parlement, Ms.

Bibl, Suinte-Geneviève, L. XX.

—Archives judiciaires, Consvil secret,régistre B, — Journal du Parlement, 15.

de la Bibl, R.— Régistre du Conseil, Bibl. de la ville de Paris,

ses parties adverses, qui ne cessaient de le calomnier, « Dites, répondit-il, que ce sont des personnes à qui » j'ai de très-grandes obligations. » L'autre insista, sans que M. Olier voulût lui dire autre chose. Enfin, voyant que la personne refusait de porter une telle réponse qu’elle savait être contraire à la vérité des faits : « Oui » certainement , ajouta M. Olier, je leur ai de très- » grandes obligations , car ils me servent à gagner le » paradis (4). »

Sa confiance ne fut point vaine. Le Parlement chargé de l'affaire , le 9 juin, s’assembla le lendemain. Heureusement pour M. Olier , l’un des juges qui lui était le plus opposé , et dont l'avis aurait pu entrainer celui d'un grand nombre de ses confrères , alla le jour même à la canpagne, espérant qu'il l'y suivrait, pour essayer de le fléchir par des prières et de pressantes sollicitations (2), Cette petite politique, qui devait contribuer à humilier M. Olier, ne servit qu'à faire triompher sa cause ; car l'absence de ce magistrat assura au serviteur de Dreu tous les suffrages que sa présence aurait pu lui enlever. Le samedi 10 juin, à la requête du Procureur-général, M. Méliand, le Parlement ordonna que M. de Fiesque comparaîtrait en personne , et qu'on tàcherait de se saisir des principaux auteurs de la sédition , pour les mettre dans les prisons de la conciergerie. L'arrêt du Parlement désigne quatre individus , dont le premier était ecclésiastique, et attaché à la paroisse ; il ordonne ensuite que , sans préjudicier aux droits de personne , les choses soient remises dans le même état où elles étaient avant la sédition ; qu'en conséquence M. Olier soit rétabli dans la maison curiale, et qu'on oblige ceux qui s'en étaient emparés, de l'évacuer sur Le champ (3).

À peine cet arrêt eüt-il été rendu, que les conseillers Payen et Lenain, accompagnés de l'un des substituts

du procureur-général, se transportèrent sur les lieux,

ent de le calomnier, des personnes à qui L'autre insista, sans chose. Enfin, voyant r une telle réponse irité des faits : « Oui je leur ai de trèsservent à gagner le

Le Parlement charge lendemain. Heureus qui lui était le plus ner celui d'un grand our même à la can- , pour essayer de le ntes sollicitations (2).

ontribuer à humilier mpher sa cause ; car serviteur de Dieu tous it pu lui enlever. Le Procureur-général , à que M. de Fiesque u'on tàcherait de se a sédition , pour les ciergerie. L'arrêt du , dont le premier était se ; il ordonne ensuite : personne , les choses ù elles étaient avant Olier soit rétabli dans ceux qui s’en étuienl » (3), 1, que les conseillers e l’un des substituts Hèrent sur les lieux,

et remirent publiquement M. Olier et ses prêtres en

possession de la maison curiale et de l'église. Ils exé- noue AE cutèrent cette commission avec une véritable joie (1), Bretonvilliers, 1. et prirent les mesures qu'ils jugèrent convenables pour HER procurer la tranquilité publique, et assurer à M. Olier

la possession paisible de sa maison. Mais cet acte d'autorité, qui fit renaître l’allégresse parmi les gens

de bien, irrita étrangement les factieux, surtout lors-

qu'ils apprirent que le Parlement avait ordonné de

saisir les coupables , et, s'ils ne paraissaient point

dans l’espace de trois jours, de séquestrer leurs biens,

jusqu'à ce qu’ils eussent obéi. Aussi M. Olier était à

peine rentré au presbytère, que la sédition recommença.

Une nouvelle troupe, ramassée de la lie du peuple par XIX.

Dès que M.

ier est réla-

en armes à la maison curiale, pour chasser de force et tabli,la sédition : " : se . ‘ recommence.

destituer de fait celui qu'ils ne voyaient qu'avec une M. Olier est

n. . NT ‘ so ectnne heureusement

sorte de rage rétabli publiquement par les ministres délivré.

de la justice. Sans respect pour le jugement des ma-

gistrats , ni pour les personnes laissées au presbytère,

afin d’en assurer l'exécution, les séditieux investissent

de nouveau la maison , dont on ferme aussitôt les portes.

Is s'efforcent de les renverser ; mais ne pouvant y réussir,

les principaux auteurs de la première émeute , vint ;}

à cause de la résistance qu'on faisait du dedans, ils es- {2 /bid. pag. saient d'y mettre le feu; et ce moyen étant encore rendu NS Sins inefficace (2); ils s'efforcent enfin quoique sans succès , 2"*?/e5, p.164. d’escalader le mur du jardin, qui avoisinait la maison. On reconnut alors que, dans leur première émeute, Dieu ne leur avait permis de se livrer à toute leur fureur, que pour protéger, par ce moyen, celui dont ils avaient juré la perte. En effet, comme le jeudi précédent ils avaient muré , ainsi qu'on l’a dit, les deux ouvertures que M. Olier avait fait pratiquer à ce mur même, et qu'ils ne pouvaient plus pénétrer que très-difficilement dans l'intérieur du presbytère : une sorte de combat s'enga-

(A)Vie,parM. gea alors entre ceux qui gardaient la maison , et les deBretonvilliers, eue. . dt. m de teur. p.132. séditieux qui en formaient le siége (1). Sur-le-champ,

des personnes dévouées à M. Olier vont en toute

(2) Attestations hà infor » leg macistri d’ Holati ae autographes, p. hâte, informer les magistrats d'une violation si ma- 164. nifeste de leurs ordres (2). M. Picoté court au Pa-

(3) Mémoires i RUE st ; ; de M, Bandrand, lais-Royal , où résidait la Reine, pour l'avertir du p. 21.—hemar— Ganger ; sitôt cette princesse envoie S COM- Dos toriquer, d ingel ; el aus a celte p e env quelques com t 1. p. 40. — pagnies du régiment des gardes, qui arrivent au mo- Année Dominic. à è ARTE ;

32 septembre, Ment même où ce peuple irrité, et transporté de fureur, p. 424. allait mettre le feu à la maison (3). Ce secours ne pouvait venir plus à propos; car ceux qui soutenaient le siége, épuisés par une résistance de trois heures, étaient sur le point de succomber. Pendant tout ce tumulte, M. Olier n'eut d'autre défense , et ne permit pas que ses ecclésiastiques employassent d’autres armes que la prière. Il ne

(4) Vie, par le fut pas toutefois nécessaire de répandre le sang pour père Giry, partie qiécinar lPér à es né PA PU des dre, chap. XVI. dissiper l’émeute : à peine commença-t-on à entendr — Vie, par M. de [Je bruit des tambours , que tous les factieux prirent |: Bretonvilliers,i= .. ous .

bid. p.133. fuite (4). Au plus fort de cette sédition, le lieutenant

civil et le lieutenant criminel de la Prévôté de Paris, s'étant rendus en grande hâte au Parlement, informèrent la cour de ce qui se passait au faubourg Saint-Germain, au mépris de l'arrêt rendu le jour même. Le Parlement s’assembla extraordinairement, et ordonna aux officier de la justice de se transporter sur les lieux, pour procéder contre ceux qu'ils trouveraient assemblés et at troupés. Cet arrêt fut Lu et publié dans tous les carre-

o , AT 3 aricç af » NUS à a il

(5) Histoire de fours et faubourgs de Paris, afin que personne n'en pi

Paris, L. v. Ibid. prétexter ignorance (5) ; et enfin, pour assurer la vie de M. Olier et celle de ses ecclésiastiques, on établit, | dans le presbytère même, un détichement de soldats. XX Ù ier ù— °° . , Fo ne Au milieu d’un si grand tumulte, M. Olier était aus

1] ù e LV Le main, Apostro- paisible que s'il eût joui dans sa paroisse de la plus parphe que lui a- eo. OT A PR ER ES PT ET ; :

dresse une de faite tranquillité. Malgré sa vivacité et sa promptituik ses paroissien- naturelle , il fut toujours d’une humeur égale, et jam nes.

| la maison , et les (1). Sur-le-champ , lier vont en toute ne violation si majcoté court au Pa- , pour lavertir du nvoie quelques Conqui arrivent au Motransporté de fureur, Ce secours ne pouvail i soutenaient le siége, is heures, étaient sur uw ce tumulte, M. Olier | pas que Ses ecclésiass que la prière. Il ne épandre le sang pour mença-t-on à entendre les factieux prirent la sédition, le lieutenant , Ja Prévôté de Paris, Parlement , informérent wuboury Saint-Germain, w mème. Le Parlement 4 ordonna aux officiers ur les lieux, pour pro” raient assemblés et at lié dans tous les earrt 1 que personne n'en pii fin, pour assurer la vie Jésiastiques , On établit, tachement de soldats.

te, M. Olier était aus \ paroisse de la plus pircité et sa promptitik humeur égale, et jannis

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 559 on ne remarqua en lui la moindre altération , tant il était maître de tous ses mouvements! « La croix, disait-il, ne doit jamais nous faire perdre la paix, puisqu’au contraire c'est elle seule qui nous la procure : c'est la croix qui a donné la paix au monde, c’est elle qui doit la porter » dans nos cœurs (1). » Le lendemair , qui était le jour de la Trinité, il monta en chaire , et parla à son peuple , avec autant de dignité que d'affection et de zèle. À voir la paix et la présence d'esprit qui se faisaient remarquer dans tout son extérieur , on eût dit qu’il ne lui était rien arrivé ; et commentant ces paroles de l'Evangile du jour : Toute puissance m'a été donnee, dans le ciel et sur la terre;

il s'exprima avec tant de force et d'éloquence, que, quoiqu'il ravit ses auditeurs dans tous ses prônes , il sembla se surpasser lui-même dans celui-ci. Ii arriva néanmoins dans cette occasion un incident que nous rapporterons ici, et dont la singularité ne servira qu’à faire mieux connaître jusqu'où le serviteur de Dieu savait posséder son âme dans la patience. Depuis plusieurs années , l’usage de la paroisse était de faire la bénédiction de l'eau, à la première grand'messe du dimanche, afin qu'après le prône on pit commencer plus tôt la seconde, qui #vait paru trop retardée à un grand nombre, et qu'il ne restàl plus alors que laspersion à faire. M. Olier l'avait réglé ainsi, d'après l'avis des paroissiens les plus sages , el de concert avec tout son clergé. Comme il était en chaire, et qu'il faisait le prône, une femme courbée de vieillesse, enhardie par les scènes qui venaient d’avoir

lieu, se leva du milieu de Pauditoire , et prenant

parole, lui fit d’une voix tremblante de vives plaintes sur ce qu'il avait, disait-elle , ôté l'eau bénite à ses paroissiens, Elle ajouta , qu'il eût beaucoup mieux fait de laisser l'ancienne coutume, et de n’y rien changer. Toute cassée qu'était la voix de cette femme, M. Olier ne perdit rien de l'apostrophe qu'elle lui adressa. Encouragée par le silence

(1) Esprit de M. Olier, t. ut

de toute l'assemblée qu'elle le prit pour une approbation elle ne se tut qu'après avoir déchargé tout ce qu'elle avait sur le cœur ; puis, regardant à droite et à gauche , comme pour s’applaudir et recevoir les applaudissements de l'auditoire, elle se remit sur son siége, fort satisfaite de la leçon qu’elle avait bien osé faire publiquement à son pasteur. Celui-ci édifia autant qui étouna tous les assistants , par sa douceur et sa modestie, à | la laissa parler jusqu’au bout, sans témoigner en aucune manière son mécontentement; et ayant attendu qu'elle se füt assise, il se coutenta de lui répondre tranquillement : /Ze' bien, ma bonne amie, on y pensera. Puis il reprit son discours, comme S'il n’eût point été à | interrompu. Plus les gens de bien furent surpris d’une scène si extraordinaire , plus ils admirèrent le grand fo empire que M. Olier avait acquis sur lui-même; et la ere douceur qu'il fit paraître en cette circonstance , aug- Bretonrilliers. t. menta encore la haute opinion qu'ils avaient conçue de % tu. p.133.154. sa vertu (4).

4 XXI. . | toc et innité oléciact |. Ja Ra!

À! Malgré l'ivri- Voyant les esprits si irrités , les ecclésiastiques de Sainiù | er AUS Sulpice supplièrent M. Olier de ne point se montrer tn EL its, M. Olier : D |

2 | ne néglige au- dehors, pour ne pas mettre sa vie en péril; mais leurs | & cun des devoirs

instances ne purent enchaîner son zèle. Quoiqu'il fût si

1 de sa charge, { sage et si prudent en toute sa conduite, il ne voulut

rien omettre , dans cette circonstance , des fonctions de sa charge; etle trait que nous allons rapporter montre | évidemment que cette résolution lui était inspirée d'en haut. On vint l'avertir qu’une jeune personne , logée dans : | une maison qui s'était déclarée contre lui, était malade à l'extrémité. Il y voie aussitôt, sans prévenir ses con- Li frères, que son absence jette dans les plus vives appré- # |! hensions. La malade, consumée par une fièvre ardente, était sans connaissance quand il entra; néanmoins , jugeant à propos de l’administrer , il envoya quelqu'un

à l’église pour avertir d'apporter, sans délai, le très-

it pour une appro-

ir déchargé tout ce ardant à droite et à recevoir les applau- ‘emit sur son siége, ait bien osé faire puïi édifia autant qu'il uceur el sa modestie.

ns témoigner en au- L; et ayant attendu le lui répondre tranunie, on y penseru.

e s'il n’eûl point été furent surpris d’une admirèrent le grand sur lui-même; et la circonstance , aug-

ls avaient conçue de

clésiastiques de Sainipoint se montrer au en péril; mais leurs zèle. Quoiqu'il fût si pnduite, il ne voulut ce, des fonctions de ns rapporter montre ui était inspirée d'en personne , logée dans tre lui, était malade ns prévenir ses Conles plus vives appréw une fièvre ardente, entra ; néanmoins , , il envoya quelqu'un sans délai, le très-

saint Sacrement, Les parents de la jeune personne voulaient l'en dissuader, lui représentant que, dans son

délire, elle n'était point en état de communier. I insiste Au a ’ x [4h |

d'une manière ferme et assurée ; et lorsque le prêtre (! est arrivé avec le saint Viatique, prenant alors entre |;

ses mains le corps de Notre-Seigneur, et se tournant [A Î

vers la malade, il commande à la fièvre, avec l'accent | | W

de la foi la plus vive, et par la puissance de JÉsus-Cnrisr

réellement présent, de se retirer , ou de lui laisser assez L) de liberté d'esprit pour recevoir la sainte Eucharistie. (il

Ensuite il s'adresse à la malade elle-même, et lui de- ji) mande si elle ne désire pas de communier. Chacun fut ||

surpris d'entendre sa réponse , el de voir qu'à l'instant mème elle avait repris sa liberté d'esprit. M. Olier la

communia ; et la visite de ce zélé pasteur, dans ces cir-

Î constances , füt si agréable à Dieu, qu'elle sembla avoir |. À ! |

mérité la guérison de la malade, car elle recouvra (4)4nestations aul, p. 162.

pleinement la santé (4).

| Cependant les femmes de mauvaise vie, qui restaient XXIT. ji Les femmes

encore sur la paroisse, craignant de ne pouvoir y sub- de mauvaise vie LA: ister si | RSR NS PE EE : snneorra. demandent sa ii] sister si M. Olier en reprenait là conduite, concertè- ÿitution. et il rent, avec la plupart de celles qu'il en avait chassées , vont remplir de il ; Ses ; leurs clameurs |} un dernier effort pour demander son éloignement. Elles ja salle du Pa- il: eurent la bardiesse de s’assembler, au nombre d'environ ss | 4 trois cents, de se parer magnifiquement, et de se rendre h ainsi au palais du Luxembourg, occupé par la maison hi! , . pt d'Orléans, pour y porter leurs plaintes contre leur 1 Hé:

pasteur. Elles demandèrent avec instance son change- 1] I ment, parce que, disaient-elles, il devenait tous les (A jours plus incommode aux paroissiens, par ses véxa- pl

tions , et troublait, lui seul, tous les habitants du faubourg.

En se revétant de ce qu'elles avaient de plus précieux,

elles espéraient qu'on les prendrait pour des personnes des plus considérables de la paroisse, et qu'on aurait

égard à leurs désirs. Mais , comme la vertu à des carac-

mr.)

LE ns du en 6 peter g de og

ee rm en

PER gens À id

(1) Vie, para.

de Bretonvilliers, 11, 1459. 156,

(2)Régistre du Conseil du Parlement, an 1645.

t. XX, Bibl. Ste- Geneviève.

XXE

Arrêt duParlement qui dis sipe celte 6 meute, Procession de la Fôte- Dieu escortée par des gardes,

tres distinctifs, qui la font reconnaitre, le vice a aussi les siens; et cette démarche insensée eut tout le résultat qu'on devait en attendre (1). Cependant, toute mal concertée qu'elle était, elle fit connaître que M. Oficr avait grand nombre d'ennemis dans sa paroisse, et que la fermentation y était extrême.

Cette troupe méprisable, quoique repoussée avec indignation, ne fut pas pour cela déconcertée. Elle ne put se porter le jour même au Parlement, qui ne s’'assem- Dlait pas le dimanche ; mais le lendemain , 12 juin, il se forma de grand matin, dans la salle du palais, et au mépris de l'arrêt rendu le samedi soir, un rassemblement de femmes et d'autres personnes, qui, ne pouvant obtenir par la ruse l'éloignement de M. Olier, crurent y mieux réussir en employant l'audace. C'était le jour même où tous les membres du Parlement devaient aller à Notre-Dame, avec le Roi et les princes, pour assister au Ze Deum, à l'occasion de la prise de Roses, en Espagne, par le comte du Plessis-Praslin (2). À l'entrée des magistrats , elles remplirent la salle de leurs clameurs et de leurs menaces, se flattant d'intimider ainsi la cour. Ce n'était pas le moyen de se la rendre favorable. Ke voyant insuliée dans le sanctuaire même de la justice, elle rendit sur-le-champ un arrêt qui fut publié dans la ville et les faubourgs, et dont la sévérité était capable de contenir dans le devoir les plus audacieux de cette troupe. JL y cut ordre d'informer à l'instant même contre les auteurs de cette nouvelle sédition , et défense, sous peine de la vie, à toute personne de s'attrouper, sous quelques prétextes que ce fût; comme aussi, défense aux parties intéressées , et également sons peine de la vie, de venir au Parlement en plus grand nombre que quatre. La cour commanda encore, sous li même peine, à toutes les femmes et autres personnes qui les assistaient , de se retirer à l'heure même dans leurs

tre, le vice a aussi sée eut tout le ré- ‘pendant, toute mal naître que M. Oiicr sa paroisse, et que

repoussée avec inicertée, Elle ne put nt, qui ne s’assemnain , 12 juin, il se le du palais, et au oir, un rassemble- , qui, ne pouvant M. Olier, crurent ace. C'était le jour ment devaient aller nces, pour assister de Roses, en Espa- (2). À l'entrée des de leurs clameurs mider ainsi la cour.

pdre favorable. Se ême de la justice , fut publié dans In rérité était capable audacieux de cette

instant même conition , et défense, nne de s'attrouper, comme aussi, délement sous peine plus grand nombre re, sous fa même personnes qui les

même dans leurs

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 563 maisons, déclarant qu'on allait procéder sans aucune forme de justice contre les contrevenants , comme perturbateurs du repos publie. Tous les officiers de la justice, le Lieutenant civil , le Lieutenant criminel, le Prévôt de l'île , le Prévôt des marchands , le Prévôt des archers, et les commissaires du Châtelet, reçurent ordre de procurer l'exécution de cet arrêt, el de saisir tous ceux qui tiendraient des discours tendant à provoquer quelque sédition (1).

La rigueur de ces arrêts , et la sévérité avec laquelle on devait y tenir la main, intimidèrent les ennemis de M. Olicr. Ils n'osaient plus se montrer le jour ; mais, plus d'une fois , ils tentèrent, durant Ja nuit, de se venger sur sa personne, et ce fut alors qu'on prit le parti de laisser nuit et jour les gardes au presbytère, jusqu'à ce qu'il n'y eût plus pour lui et pour les siens aucune apparence de danger. Cependant la Fête-Dieu approchait : l'agitation des esprits étant encore très-vive, M. Olier, dans la crainte de quelque grand scandale, résolut de ne point porter le saint sacrement à la procession ; et, du consentement de la Reine, il fit prier l'archevêque d’Athènes, M. Bagni, nonce apostolique en France, de présider pour lui à cette cérémonie. Ce prélat, plein d'estime et d'amitié pour le serviteur de Drau, dont il avait pris hautement la défeuse dans cette persécution (2) , se rendit volontiers à sa demande (3); et M. Olier se contenta d'assister à la procession, qui fut pourtant escortée d’un certain nombre de soldats (4).

Ses ennemis ne laissaient pas d'agir encore, pour l'obliger de se démettre de sa cure, persuadés que, par leurs vexations continuelles, ils le forceraient enfin à

(4) Histoire de

Paris, t. v.ibid.

(2 Lettres antographes de A, Olier, p. 2.

(5) Vie de DT.

Olicr, par M. de Bretonvilliers, À.

(#) Remarques historiques, &. 1x.

p.650.—Délibérations de Saint- Sulpice, Bibl. R,.

Ms. fol. 6.

M. Olier est moqué à la cour d'un prince. Sa charité envers

l'abandonner. On ne lui épargna pas surtout les mépris M, de Fiesque.

et les moqueries ; et ce qui est bien étrange, à l'occasion de ces troubles, ayant été obligé de paraître à la cour d’un prince, celui-ci prit plaisir à en faire un

Mn

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(4) Lettres spiruuelles de M. O-

dier, p. 198.

(2) Esprit de A1. Olier ,t. nn.

(5) Mémoires aut. de M. Olier, tv. p. 151. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. 11.

sujet de risée. M. Olier reçut cette humiliation, comme on devait l'attendre de sa part, c'est-à-dire, avec les sentiments de la plus vive reconnaissance pour celui qui en était l'auteur, et en s’unissant, durant ce temps, aux dispositions intérieures du Sauveur, moqué devant la cour d'Hérode. « Je n'eusse jamais désiré un si grand » honneur, écrivait-il; je bénis et je louc Dieu, de tout » mon cœur, d'une telle grâce. Quant à la personne que » VOUS Savez, je ne pouvais pas lui avoir plus d'obliga- » lion , que de m'avoir servi dans cette précieuse ren- » contre. J'en porterai toujours la reconnaissance dans » mon cœur, et je promets à Dieu que je prierai pour »* elle tous les jours de ma vie (4). » M. Olier éprouvait les mêmes sentiments, à l'égard de tous ceux qui lui fournissaient quelque occasion de souffrir (2), surtout envers M. de Fiesque, qui le traita d'une manière si injurieuse et si révoltante, que les ennemis de M. Olier ne purent s'empécher d'en témoigner eux-mêmes de létonnement. Il en écrivait en ces termes, le 28 de juin : « Dieu m'a » fait traiter avec furie par là personne de M. de Fies- » que, que je devais honorer comme Dieu lui-même » irrité contre moi. Aussi la bonté divine n'a jamais per- » mis que j'aie éprouvé contre lui le moindre ressenti- » ment intérieur. Au contraire, lorsqu'on vint me dire » qu'on le menait en prison , ce qui, toutefois, n’arriva pas » entièrement, les larmes m'en vinrent aux yeux, tant » j'en sentais de chagrin et d'afMiction dans mon âme. » Je ne fus pas moins affligé, que si le traitement qu'il » essuya fût arrivé à la personne du monde que j'aimais » le plus ; et, en effet, je le considérais comme celui que » je devais honorer davantage, me tenant la place de Dreu » armé contre moi (3). » M. Olier rappelle ici ce qui arriva peu de jours après la sédition dont on vient de parler. M. de Fiesque , ayant offensé une personne de condition du faubourg, celle-ci obtint contre lui un décret de

humiliation, comme st-à-dire, avec les aissance pour celui L, durant ce temps, ‘eur, moqué devant s désiré un si grand e loue Dieu, de tout it à la personne que avoir plus d’obligatelte précieuse ren- ‘econnaissance dans que je prierai pour » ML. Olier éprouvait us ceux qui lui four- (2), surtout envers anière si injurieuse M. Olier ne purent es de létonnement.

de juin : « Dieu m'a nne de M. de Fiesme Dieu lui-même vine n'a jamais per- : moindre ressentisqu'on vint me dire utefois , D'arriva pas rent aux yeux, tant on dans mon âme.

i le traitement qu'il monde que j'aimais is comme celui que ant la place de Dieu ppelle ici ce qui aront on vient de pare personne de conatre lui un décret de

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 35 prise de corps. Mais dès que M. Olier eut appris que sa maison était investie par les archers, dans le dessein de se saisir de lui, ilse transporta, à l'instant, chez la personne offensée, et lui fit tant d'instances , qu'il obtint enfin que M. de Fiesque fût épargné. sc

ar $on arrêt du 10 juin, le Parlement avait ordonné M Olier solde mettre dans les prisons de la conciergerie lous ceux Hd EL des perturbateurs que M. Olier désignerait; mais, loin vaient été mis de poursuivre l'arrestation des coupables, le serviteur rt ts de Dieu cherchait, au contraire, à faire mettre en liberté tous ceux qui étaient déjà détenus à cause de lui, Une personne voulant lui persuader qu'au lieu de les protéger de la sorte, il devait plutôt user de son crédit pour les faire châtier , il lui répondit ces paroles , bien dignes d'un pasteur des àmes : « Je dois les aimer, et prier pour eux, » à l'exemple de JÉsus-Cunisr, qui a prié pour ceux qui » le mettaient à mort. [ls n’en sont pas venus si avant, » par la miséricorde de Drew; ce qu'ils m'ont fait n’est » rien; et puis, quoiqu'ils aient témoigné quelque mau- » vaise volonté contre moi, ne sont-ils pas toujours mes » enfants? Dieu me les à donnés ; je tâcherai, avec le se- » cours de sa grâce, de conserver pour eux un cœur de » père, David ne voulut jamais qu'on fit aucun mal à son » fils Absalon, quoiqu'il cherchàt sa vie et son royaume; » pourquoi ne l'imiterais-je pas? [Ils n'ont jamais eu la » volonté de me faire un si grand mal. Ah! si leur salut re » dépendait de ma vie et de mon sang , et si Dieu me con- ee l'ie » servait le désir qu'il m'a donné de leur procurer ce et ms » grand bien, ils seraient tous assurés du paradis (4). » P- 120. 122, Ayant appris qu'on avait conduit en prison un homme qui s'était montré l’un des plus ardents pendant l'émeute, ce charitable pasteur s'empressa d'aller le visiter ; et, quoiqu'il en fñ reçu avec des paroles insolentes, accompagnées d’injures et de moqueries , il ne laissa pas de lui témoigner une tendresse et une douceur excessives, en

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