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sorte qu'à le voir, on eût cru que ce prisonnier était son meilleur ami, [n'en demeura pas là : il saisit toutes les occasions pour demander sa grâce à la Reine. Cette princesse se moutra d'abord inflexible, répondant qu'il était détenu pour des raisons d'Etat, Mais, à la fin, se voyant si importunée par le serviteur de Dieu, et pur les personnes puissantes qu'il faisait encore agir, elle accorda la liberté du coupable, M. Olier en eut depuis toute sorte de soins , jusqu'à ce que, ne pouvant plus lui continuer lui-même ses bons offices, à cause de ses infirmités, il en chargea M. de Bretonvilliers, son successeur, Une autre personne , qui lui avait fait aussi tout le mal qu'elle avait pu, étant tombée malade à l'extrémité, il se pré-
senta pour l'assister à la mort, ravi de trouver cette oc-
asion, de lui témoigner sa charité, et il la disposa à mourir saintement, Enfin, il donna constamment, surtout à l'occasion de cette sédition, des marques si éclatantes et si publiques de son amour envers ses ennemis, qu'on
(1) Espric a disait, dans le faubourg, qu'un moyen d'en recevoir cere L l de . oi nu , . . nn + V4 M, Olier. {ainement des bienfaits, c'était de lui faire du mal (4). XXVI. [Il était convaincu que la reconnaissance, aussi bien I considère que la charité, l'obligeaient à se conduire de la sorte cette persécu- D CR A | | tion comme envers (ous ceux qui lui faisaient quelque mauvais traitel'occasion de la bénédiction de Dieu sur li et in divine sur lui. « Si le graiu de froment ne pourrit,disaitsur le séminai- . ne À A 1e. » il, il ne saurait fructilier. Pour gagner des âmes à Notre-
ment , les regardant comme les instruments de la bénédic-
» Seigneur, il est nécessaire d'être comme jeté en terre par les rebuts, enfoni par les humiliations, pourri par les mépris. On est alors en état de porter quelque fruit. [ faut acheter Le bien par les souffrices. Dieu se plait à le tirer de ce qui paraît y être le plus contraire; et, dans ces rencontres, nous devons nous remettre à ses créres, avec d'autant plus d'affection, qu'il n'a en
» cela d'autre dessein que d'éprouver notre fidélité et
» notre amour, » écrivait, le 8 juillet 1645 , et pendant
prisonnier était son |: il saisit toutes les à Reine, Cette prinépondant qu'il était à la fin, se voyant EU, et pur les peragir, elle accorda Lt depuis toute sorte t plus lui continuer de ses infirmités, il on successeur. Une si tout le mal qu'elle xtrémité, il se préde trouver cette oc- , et il la disposa à nstamment, surtout arques si éclatantes s ses ennemis, qu'on n d'en recevoir ceraire du mal (1).
issance, aussi bien ‘onduire de la sorte Ique mauvais traiteiments de la bénédicent ne pourrit,disaiter des âmes à Notre- ‘omme jeté en terre iliations, pourri par porter quelque fruit.
‘“uices. Dieu se plait e plus contraire; et, nous remettre à ses ‘etuon, qu'il n'a ei er notre fidélité et illet 1645 , et pendant
PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M, OLIER. 567 que les hostilités intentées par M. de Fiesque et sa faction , duraient encore : « J'étais beaucoup afligé de voir deux » personnes, d'ailleurs capables de servir Dieu, traver- » ser néanmoins ses desseins les plus visibles, et s'effor- » cer de ruiner l'œuvre qu'il nous a confiée. Alors notre » bon maître me fit voir en esprit un lis au milieu d'épi- » nes, et me dit qu'il fallait que je conservasse mon » cœur aussi pur que ce lis, au milieu des calomnies et » des persécutions que j'avais à souflrir. Une autre fois, » sa bonté me faisait voir que je devais être comme » un arbre, dont le pied serait environné de fumier , et » qui, néanmoins, n'en porterait que plus de fruits. Que, * dans ce dessein , il permettait que l'une de ces personnes » part mal de moi en mon absence , et dit beaucoup de » choses humiliantes , qui me remplissaient de confusion » dans l'esprit des grands de la paroisse; et que l'autre, * au contraire, me dit à moi-même mille choses facheuses » ets’efforçàt de me piquer et de me harceler ouverte- » ment; l’un servant à me procurer l'humiliation, l'au- » tre à me faire pratiquer la pureté de cœur et la pa- » tience (14). »
Quoique le plus fort de la tempête fût apaisé, plusieurs amis de M. Olier, effrayés des suites que pouvait avoir jà scène affreuse qui venait de se passer, et des mouvements que faisaient encore les partisans de M. de Fiesque, voulurent l’engager à lui remettre sa cure. Hs lui représentaient les difficultés insurmontables qu'il rencontrerait dans l'établissement de son séminaire, so ità cause de l'autorité de ceux qui étaient contraires à ce dessein, soil à cause de l'opposition de plusieurs anciens prêtres, et du grand nombre de personnes qui le com- Dattaient ouvertement, « Jamais nous ne de vons aban-- » donner les œuvres de Dieu pour les oppositions qui »s'y rencontrent, leur répondait-il; au contraire , ces op- » positions doivent augmenter notre courage. Si l'on
(1) Hénivires aut, de M. Oliver,
XXVIHI.
Où conscille à M. Olicr d'abandonner sa cure et d'accepter l'évèché de Rodez.
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» avait égard aux contradictions , on ne ferait jamais rien » pour Dreu. La croix n'est-elle pas l'apanage des œuvres » dont il est l'auteur? Elles ne se font jamais sans elle, » JÉésus-Curisr n’a pas fondé autrement son Eglise; et il » ne faut pas espérer de tien faire pu d’autres voies, » Laissons le monde et le diable s’irriter. JÉsus-Curisr, » qui les à autrefois vaincus, Re peut-il pas en triompher » encore? Je n'ai embrassé cet emploi que pour sa gloire, ne Poe » je nele quitterai que lorsque je saurai que c'est sa voliers. » Jonté (1).» Cependant la Reine ayantentendu dire que l'on (2) Mémoires ConseiHait M. Olier de renoncer à sa cure, voulut d'abord nn qu'il la consesvät (2), et donna ordre à saint Vincent de ’aul de terminer le différend entre l'ancien er le nouveau
euré de Saint-Sulpice. Mais malgré son extrême douceur, (5) Aémoires de M. du l'errier, :
. LA p- 149. Fiesque (3).
(!) Vie Ms. de TE Lie ; RL | M. Olier, par M. L'affaire paraissait désespérée, lorsque M. de Cor-
CU * P* neillan (4), évêque de Rodez, envoya son neveu, en poste,
saint Vincent ne put rien gagner sur l'esprit de M. de
Le
à Paris, pour proposer à M. Olier d'accepter son siége, dont ilenvoyait la démission en sa faveur. EE y avait plus d'un an que ce prélat avait résolu de le choisir pour son successeur, el toutes les cireonstances semblaient se reuvir pour déterminer M. Olier à accepter ses offres : Fopposition générale qu'il rencontrait dans sa paroisse, les instances de plusieurs de ses amis, l'invitation d'un évêque qui n'avait en vue que à gloire de Dieu, enfin approbation el même le désir bien prononcé de Ki Reine régente. Car celte princesse, dès qu'elle connut le dessein ve de M. de Corneillan, ne se contenta pas de Fapprouver: (5) Fie, par Re Ne Le père Giry, par- elle daigna encore témoigner à M. Olier qu'elle désirai RER beaucoup de le voir accepter ee siège (5), afin de li procurer le ealme et le repos, dont il ne paraissait pas
qu'il püt jamais jouir dans le faubourg Saint-Germain. XXVOT. Ses amis redoublèrent alors leurs instances, et lui r-
Réponse de AE. ; k É h il à Olcr, présentérent toutes les fatigues qu'il aurait à endurer.
ne ferait jamais rien l'apanage des œuvres font jamais sans elle, ment son Eglise; et il e pu d’autres voies.
rriter, JÉSUS-CHRisr, ut-il pas en triompher loi que pour sa gloire, aurai que c'est Sa Vontentendu dire que l'on a cure, voulus d'abord dre à saint Vincent de l’ancien et le nouveau son extrême douceur, sur l'esprit de M. de
lorsque M. de Corja son neveu, en Pose, d'accepter son siége, faveur, El y avait plus à de le choisir pour son ces semblaient se retaccepter ses offres :
Wait dans sù paroisse, amis, Pinvitation d'un gloire de Dieu, entin
h prononcé de Ki Reine
ju'elle connut le dessein ia pas de l'approuver:
Olier qu'elle désirail . siege (5), afin del
ont il ne paraissait pis
ourg Saint-Germain.
rs instances, el lui requ'il aurait à endurcr.
« Ces fatigues et ces croix , leur répondait-il, seraient, au » contraire, pour moi,un nouveau motif de demeurer at- » taché à cette église. Quand nous considérons JÉsus- » Curisr en croix, abattu sous le faix de ses souffrances , » couvert de mépris et de confusions, qui ne se peuvent » exprimer, il semble que toutes les nôtres doivent pa- » raître douces et aimables. Si le Fils de Dieu n'avait con » sidéré que soi, il n'aurait p?5 embrassé les peines qu'il » a endurées ; mais le désir de la gloire de son Père et du » salut du monde lui à fait oublier ses propres intérêts ; » c'est pourquoi l'Ecriture nous dit que jamais il ne s’est » recherché ni satisfait en rien. Il faut suivre l'exemple » qu'il nous a donné, et chérir les peines qui sont atta- » chées à l'emploi dont il a plu à la bonté divine de nous » charger. Quand on s’y consomme, c’est une mort glo- » rieuse, puisqu'on meurt dans l’accomplissement des » volontés de Dreu sur nous (1). »
Comme les amis de M. Olier lui représentaient , pour ébranler sa résistance , que s’il était placé à la tête d’un diocèse, il procurerait bien plus efficacement la gloire de Dieu que dans une cure, illeur répondit : « Le service
» du prochain, ni l'excellence des œuvres, ni même la » vue du fruit que nous pourrions faire dans l'Eglise, ne » doivent point être la règle de notre conduite; mais bien » Ja seule volonté de Dieu, à laquelle nous devons être » attachés uniquement el invariablement. Quand je serais » assuré de faire des miracles, quand je verrais à ma dis- » position le moyen d'entreprendre les plus grandes œu- » vres dans l'Eglise, et la facilité pour y réussir; quand » même en les faisant, je me rendrais le plus grand de » tous les saints, je ne les entreprendrais jamais qu’au- » Lant que ce serait la volonté de Dieu. Et si j'étais cer- » Lain de sa volonté, je ne m'y porterais pas dans la vue » de la grandeur de ces œuvres, ou de la gloire du ciel, » qui ne soat pas Les règles les plus parfaites de notre 2° part. 37
Olier, par A. de Bretonvilliers, t, Lu. p. 139.