‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 451 sur 489 · XLV. p · texte numérisé non relu

XLV. p

570 PARTIE II. LIV. IV. PAROISSE, — 1645, » conduite, mais parce que ce serait la volonté de mou » maître , que je veux exécuter invariablement (1). »

Se voyant cependant pressé de toutes parts, M. Olier crut devoir examiner si Dieu n'aurait pas suggéré luimême à M. de Corneillan la pensée de quitter son siége en sa faveur ; et si ce n'était pas un moyen ménagé par la Providence , pour aw’il renonçat à la cure de Saint-Sulpice (2). En balançant ainsi sur le parti qu’il avait à prendre , il ne doutait pas d'avoir exécuté les ordres de Drev dans l'établissement du séminaire déjà commencé : Dieu l'avaitassez assuré par lui-même,et par le conseil de directeurs très-expérimentés , de sa volonté à cet égard. Mais sa régle invariable avait toujours été de soumettre à ses supérieurs les lumières qu'il recevait de Dieu, et d’exécuter ponctuellement leurs ordres , quoiqu’ils pussent être entièrement opposés aux lumières d’en-haut, qui lui paraissent les plus assurées (3). Il résolut donc, dans ces circonstances , de s’en rapporter à la décision pure et simple de l'abbé de Saint-Germain , son supérieur naturel. Il alla en conséquence lui faire part de ses dispositions, l’assurant que, si ses services lui étaient agréables, il continuerait de les employer pour le salut du troupeau dont il était chargé , et ne penserait nullement à l'évêché de Rodez; que si, au contraire, il ne le jugeait pas propre à gouverner la paroisse de Saint-Sulpice , il s'en retirerail aussitôt, n'ayant rien plus à cœur que de se conforer aux ordres de la Providence, qu'il reconnaîtrait dans les siens. Quoique Fabbé de Saint-Germain eût été opposé jusqu'alors aux desseins de M. Olier, un langage si désintéressé lui inspira la plus grande estime pour si personne. FE admira son humilité, lui témoigna la plus grande joie de le voir curé du faubourg, le pria de ne point penser à un changement, l'assura de sa protection pour l'établissement du séminaire, et lui promit de là manière la plus expresse de seconder cette œuvre, l'assu-

ait la volonté de mou iablement (1). »

outes parts , M. Olier rait pas suggéré luie de quitter son siége moyen ménagé par la la cure de Saint-Sularti qu’il avait À prenté les ordres de Drev déjà commencé : Dieu at Le conseil de direcntéà cet égard. Mais té de soumettre à ses ait de Dieu, et d’extquoiqu’ils pussent être s d’en-haut, qui lui IL résolut donc, dans r à la décision pure et ), son supérieur naire part de ses dispos lui étaient agréables, rle salut du troupeau t nullement à l'évêche e le jugeait pas propre ulpice , il s'en retire- —eur que de se conforqu'il reconnaitrait dans -Germain eût été op- . Olier , un langage si ande estime pour si , lui témoigna la plus bourg, le pria de ne ssura de sa protection , @t lui promit de er celte œuvre, l'assu-

rant même qu'il lui tardait d'en accélérer l'exécution (1). {1)Vie, par. ë Fe . | de Bretonvilliers. Un dénouement si inattendu surpril tout le monde ; et les — pie du même,

A RTE ; JA ee | part. fre, chap.

celte même persécution, qui paraissait faite pour ruiner le XvL.— Remar- à minai tai EDR . ‘ ques historiques, j séminaire, était devenue le principe auquel il devrait son à LP. A ou fl,

amis du serviteur Ge Dieu eurent lieu d'admirer comment "4 père Giry, |+à 1H

existence. « Ce petit corps, disait dans la suite M. Olier, » été engendré dans la persécution et au milieu des tra- (2)Leures aut. Hi] » verses du démon et du siècle (2). » De plus, pendant #47 lier, p.2. li] que l'abbé de Saint-Germain s'en déclarait le protecteur,

on parvint à apaiser et à satisfaire M. de Fiesque. II est Lt]

vrai que ce ne fut pas sans beaucoup de peine : tout le

temps que durèrent les négociations, les gardes étaient | : : , Per (3) Vie, par toujours aux portes du presbytère ; et ce ne fut qu'aprés pr. de Bretonvitquarante jours, que les hostilités de la part des parents tie |

et des amis de l’ancien curé cessèrent entièrement , Giry, part. re, ‘ ‘ ‘ , Le , Ch. XVII. —1{n- {à moins toutefois par la voie de l'autorité, que par la gé- ne Dominicaine. ni ait ovrac EE : an : : » In — Vie de D. ihll nérosité avec laquelle M. Olier rendit le bien pour le ie, ds. He. Î

mal (3). in-40. M. de Fiesque voulut avant tout qu'il reprit le prieuré XXX.

gs Se x à Générosité de Fil de Clisson (4), puis il exigea non plus une pension de 15. Olier et de

mille écus, comme en 1642, mais une rente de dix mille S5 ms, pour 1 ‘ : satisfaire M. de | livres, en dédommagement de la prétendue injustice dont Fiesque. |

. . ; . NE (4) Attestations fil il se plaignait. Les amis du séminaire firent tous leurs qu. p. 257. \

efforts pour dissuader M. Olier d’un accommodement si di-

spendieux, et qui, en effet, devait attribuer à M. de Fiesque | le revenu annuel de la cure. Il leur fit cette réponse : «Si | » Jésus-Curisr veut que nous donnions notre tunique à 1 | » celui qui nous demande notre manteau, pourquoi ne nous IN

je

» dépouillerions-nous pas de quelque chose en faveur de » celui qui nous demande trop el sans raison ? Comment se- » rions-nous prêts de donner notre vie pour l'amour de (3) Vie, par » Notre-Seigneur , si nous appréhendons de nous défaire D nd » de choses qui nous touchent beaucoup moins (5)? D'ail- 140 \ » leurs, l'argent doit être regardé comme rien, quand il s'agit des intérêts de Jésus-Curisr; et ses véritables |

» serviteurs n'ont jamais plus de joie, que lorsqu'ils en (1) Esprit de ” Sacrifient davantage pour son service. À quoi peut-on M. Olier, LME. , mieux employer tout ce qu'on possède, qu’à procurer p. 769. er » la gloire d’un si grand Seigneur (1)? » Il souscrivit donc à cet engagement avec sa générosité accoutumée, dans la persuasion oùilétait, que Dreu voulait consommer l'œuvre du séminaire par le moyen de la cure de Saint-Sulpice. Il trouva de grandes diflicultés à tenir sa promesse ; mais la Providence vint à son secours.

L M. de Fiesque, en exigeant dix mille livres de revenus,

} provenant de bénéfices simples, était si difficile dans le EL choix de ces bénéfice: , qu'il paraissait presque impossible

L de le contenter. Malgré la loyauté que firent paraître Le (2) Actes de

Marreau, notaire MM.Picoté et Houmain, et M. Félix Vialar, évêque deChàone “it lons + (2) , en se dépouillant en sa faveur de divers bénéfices , on ne serait point parvenu à le satisfaire , si M. Bar-

rault, neveu de l'archevêque d'Arles de ce nom, et disciple

du père de Condren, n’eût fait un acte de générosité, qui

mérite de trouver place dans cette vie. « La Reine, dit

» M. du Ferrier, ayant obligé M. Vincent à terminer ce

» différend , celui-ci voulut que je l’assistasse. Après avoir » beaucoup travaillé assez inutilement, sans pouvoir con- | * tenter M. de Fiesque , je m’avisai de lui dire : Voulez- » vous le prieuré de Saint-Gondon, si on vous le donne’

» Lui, qui connaissait ce bénéfice honorable et riche, situé | »* sur la Loire, l’accepta aussitôt, et l'affaire fut terminée. | » M. Vincent me dit, le voyant satisfait : Mais avons-nous » ce prieuré que vous avez promis? — Ilest, dis-je, à

» M. Barrault , qui ne me le refusera point ; et ensuite j'at- » Jai le voir pour le disposer; d’abord il me demanda des » nouvelles de cette affaire. — Elle est, dis-je, comme

+ On lit dans les Remarques historiques sur la paroisse de Saint- (1) Ten p. 253. Sulpice, que M. l'abbé de Sève se démit aussi d'un bénéfice pour

apaiser ce grand différend (1).

que lorsqu'ils en . À quoi peut-on de, qu'à procurer » Il souscrivit donc accoutumée, dans it consommer l'œucure de Saint-Sultenir sa promesse ;

livres de revenus,

si difficile dans le presque impossible que firent paraître alar, évêque deChàeur de divers bénéatisfaire , si M. Bare ce nom, et disciple > de générosité, qui ie. « La Reine, dit ncent à terminer ce sistasse. Après avoir L, sans pouvoir Cone lui dire : Voulezsi on vous le donne!

rorable et riche, situé l'affaire fut terminée.

ait : Mais avons-nous 9— Ilest, dis-je, à point ; et ensuite j'ald'il me demanda des est, dis-je, comme

sur la paroisse de Saintaussi d’un bénéfice pour

» terminée, si vous agréez ce que j'ai avancé. — Vous sa- » YeZ, répliqua-t-il, comment je suis vos sentiments en » tout. — C’est que j'ai promis votre prieuré de Saint-Gon- » don , pour terminer ce grand désordre : je ne sais ce » que vous en direz ? Il vint se jeter à mon cou,et, m'em- » brassant, voilà , dit-il, la plus obligeante et la plus véri- » table marque d'amitié que vous m'ayez jamais donnée : » car elle me témoigne que vous me croyez, comme je le » suis parfaitement, votre ami; et sur l'heure il fit sa dé- des » mission, qui donua autant d’admiration que de joie à tous de Ar. du Ferrier, » les gens de bien (4) » +. nF148 Toutes les difficultés étant ainsi aplanies du côté de ones ” M. de Fiesque , et l'abbé de Saint-Germain étant tout dis- dation de la soposé à ériger le séminaire en communauté, M. Olier ne ie Tr s'occupa plus que des moyens de consommer celte œuvre. Pour ne pas s’écarter des formes ordinaires, il jugea nécessaire , avant tout, de passer avec quelques-uns de ses prêtres, un acte d'association qui servit de base à tout le reste , et qui fit connaître la fin de la société. Il choisit pour cela ceux mêmes qui avaient acquis conjointement avec lui la maison Méliand, MM. de Poussé et Damien ; et, le mercredi 6 septembre, ils signèrent cet acte dans le presbytère , en présence de deux notaires publics, selon l'usage de ce temps. En voici les dispositions principales : Ils y déclarent que , reconnaissant les effets visibles des

+ Outre ce concordat, conclu Je 20 juillet 1645, il fallut que,deux ans après, M. Olier en vint à un nouvel accommodement avec M.de Fies-

que; et ce fut alors que M. de Lantages se dépouilla spontanément (1)4ctes deMarnt ‘ ’ , : st : reau, nolaire à

de son prieuré de Saint-Simphorien de Romilly, ainsi qu'on le lit dans Paris, a blem pt , , PRET : , bre 1645, — 17

sa Vie. M.Olicr, touché de ce désintéressement, lui donna, en dédom juillet 1647, — 2

magement, la jouissance de sa terre seigneuriale de Fontenelle, située nee DU [LE

près Saint-Martin-du-Tertre , à sept lieues de Paris (1); et comme De tanIGgen IV: M. de Lantages refusa apparemment un bienfait de cette nature, Mémoires de M. , ire | Le ; Baudrand, p.2s.

M. Olier lui assigna une pension sur le prieuré de Clisson, que M. de mA res au. a: n . e M, Olter,i, \.

Fiesque lui avait rendu (2). Pois.

bénédictions qu'il a plu à la bonté divine de répandre sur le dessein qu'ils ont déjà conçu de l'établissement d'un séminaire , el voyant que, de toutes parts, des personnes signalées en doctrine eten vertu se joignent à eux pour concourir à une si bonne œuvre ; ils ont jugé que si ce séminaire était érigé en corps de communauté, avec toutes les approbations convenables, il augmenterait de jour en jour, et produirait les fruits, que l'Eglise, les conciles, les ordonnances royales , et les assemblées du clergé ont attendu de cette sorte d'établissement : qu’en conséquence, estimant ne devoir pas retarder davantage l'exécution de ce dessein, qui a pour objet la gloire de Drew et l'honneur de son Eglise, sous la direction et disposition de nosseigneurs les évêques, dans la juridiction desquels se Fi feront de semblables établissements ; après avoir invoqué l'assistance du Saint-Esprit, ils promettent de faire un corps de communauté pour vaquer à toutes les fonctions d’un séminaire , aux termes et selon l'esprit des canons : le tout sous les articles, statuts et réglements qui seroni

convenus entre eux, et ceux qui s’uniront à eux pour con-

poser tous ensemble le corps du séminaire. fls entendent

n'être aucunement à charge à nosseigneurs les évêques,

chapitres, abbés, dans les diocèse ou juridiction des- , , quels ils feront de tels établissements; mais seulement \ PAP contribuer de leur chef , et par les libéralités purement vo- , »

Se ee à lontaires, de ceux qui désireraient concourir à cette bonne Royaume,seaion œuvre, lorsque le séminaire sera rendu capable d'acqué- Mae ‘art rir, À cette fin, ils chargent M. Olier de se pourvoir par de- XXXIL vant l’évêque de Metz, abbé de Saint-Germain, pour sus ne obtenir de lui l'autorisation du présent concordat ; auprès , prouve l'éa- qu Pape, pour en obtenir une bulle de confirmation, et blissement de Dos D VER 2 | la société et du du Roi Très-Chrétien pour des lettres patentes (1). rer deS. L'abbé de Saint-Germain autorisa en effet cette associamu on tion, le 23 octobre 1645, et l’érigea en communauté ecclé- L | D: 45. 46. siastique (2). « Comme nous désirons de tout notre pou-

e de répandre sur ‘établissement d'un iris, des personnes joignent à eux pour S ont jugé que si ce munauté, avec Louugmenterail de jour Eglise, les conciles, nblées du clergé ont : qu'en conséquence, ntage l’exécution de re de Dieu et l’honon et disposition de ridiction desquels se après avoir invoqué mettent de faire un à toutes les fonctions l'esprit des canons :

iglements qui seron ront à eux pour comnaire. Ils entendent igneurs les évéques, ou juridiction des- 3 Mais seulement \ iralités purement vocourir à cette bonne du capable d’acquéle se pourvoir par deaint-Germain, pour IL concordat ; auprès de confirmation, et patentes (1).

n effet celte associacommunauté eccléde tout notre pou-

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 575 » voir, dit-il dans ses lettres, contribuer au progrès et à » l'avancement d'un si pieux et si louable dessein, espé- » rant que la miséricorde divine y continuera ses grâces » et ses bénédictions , pour le faire réussir à sa gloire, à » l'honneur de son Eglise, à l'édification du public et la con- » solation des âmes chrétiennes; pleinement informés » d'ailleurs de la vertu, du mérite, et des autres bonnes et » recommandables qualités des sieurs Olier, Raguier (de » Poussé ) et Damien, dont la piété, la doctrine et la vie » exemplaires ne peuvent qu'attirer et convier beaucoup » d’autres personnes, portées du même zèle pour se joindre » avec eux, et concourir à leurs bonnes et saintes inten- » tions : nous, par l'avis de notre conseil, avons approuvé, » loué et ratifié leur association; permeltant, à cet effet, » audit sieur abbé et à ses associés de s'établir dans l’em- » placement par eux acquis, d'y construire tous les bâti- » ments convenables pour leur communauté, et d'y avoir » une chapelle. Leur donnant pouvoir de faire entre eux » {ous statuts et réglements, qu'ils jugeront convenables et » nécessaires, pour la direction , la police et la subsistance » deleur communauté... Le tout, néanmoins, sous la con- » duite et supériorité dudit sieur abbé Olier, duquel, » comme nous avons dit, le grand zèle pour le service de » Dreu, la piété, la doctrine et la capacité nous sont plei- (1)trchives du

Royaume , ibid.

— Gallia Chris= » pareillement sous la direction et supériorité de celui du ana, édit.1656.

nos . , à ne ne t.1v. p. 988.— » séminaire qui sera élu par le corps du même séminaire, ho dues

“ . , . ! i CS ‘4 » ss » à la puralité des voix, dont sera dressé acte en leur “7% de Paris, par Sauval, LT,

» assemblée (1). » p. 455.

Enfin la Reine régente, qui avait pris si hautement la XXXI. défense de M. Olier dans la sédition , s'empressa , pour lui et Roi donner une nouvelle marque de son estime, de joindre Jen les lettres patentes du Roi à l'autorisation de l'abbé de Ofier. Saint-Germain, ct de faire jouir le séminaire de Saint-

Sulpice de tous les priviléges que la protection du mo-

» nement connus; et, après son décès ou sa démission,

(DRemarques historiques, LH

(2) Archives du

Royaume, ibid.

narque accordait aux communautés du royaume (1). Ces lettres sont un monument trop honorable à la piété du souverain , et à celle de la Régente , pour n'en pas donner ici un aperçu. Le Roi y rappelle que M. Olier et ses ecclésiastiques lui ont exposé le dessein que la bonté divine leur avait inspiré de se réunir en communauté, et d'employer leurs biens, leurs soins et leurs travaux à l'instruction des jeunes gens qui aspirent aux ordres sacrés, ou qui y sont déjà parvenus, afin de les former au culte divin , au chant et aux cérémonies de l'Eglise , à l'administration des sacrements , et à la prédication de la parole de Dreu. rappelle pareillement les services qu'ilsavaient rendus en quelques diocèses, spécialement dans celui de Paris, à Vaugirard, et au faubourg Saint-Germain. « Étant bien » informé, dit-il, en quelle recommandation les rois nos » prédécesseurs ont eu ces établissements , qui tendent à » Ja gloire de Dieu, et à l'avancement de son service; età » quoi nous oblige le glorieux titre de protecteur de l'E- » glise; sachant d'ailleurs avec quel zèle, quelle sagesse » et quelle affection particulière , la Reine régente , notre » dame et mère très-honorée, à maintenu et favorisé » M.Olier et les autres exposants : voulant aussi, de notre » part, contribuer aux fruits que nous nous promettons » d’un si louable établissement, faisons savoir que nous, » de l'avis de la Reine régente, notre dame et mère, de » notre pleine puissance et autorité royale, confirmons » et approuvons l'association desdits exposants, pour eux » et pour ceux qui, dans la suite , voudront se joindre à » Jeur compagnie, avec pouvoir d'accepter legs, fonda- » tions et donations , aiusi que les autres corps et com- » munautés reçus dans notre royaume ; aux conditions » de prier Dieu pour nous, pour notre dame el mère , nos » successeurs rois, et pour la paix et tranquillité de l'É- » glise et de notre Etat (2). » Ces lettres furent expédiées Paris, vers la fin de l’année 1645 * , et signées par le

ee, A

royaume (1), Ces able à la piété du w n'en pas donner I. Olier et ses ecque la bonté divine imunauté, et d'emrs travaux à l'inaux ordres sacrés, les former au culte Eglise , à l'administion de la parole de esqu'ilsavaient rendans celui de Paris, rmain, « Étant bien ndation les rois nos ients , qui tendent à de son service ; et à e protecteur de l'Ezèle , quelle sagesse eine régente , notre aintenu et favorisé ant aussi, de notre US ROUS pr'omeltons NS SAVOIF que nous, : dame et mère, de royale, confirmons *XpOsants , pOur eux oudront se joindre à cepter legs, fonda- Les COrps el comne ; aux conditions e dame et mère , nos Luranquillité de l'Eres furent expédices ", et signées par le

jeune Roi , alors âgé de sept ans, en présence de la Reine

régente. L'année suivante , elles furent enregistrées au

grand Conseil, et celles de l'abbé de Saint-Germain, à lof otalité de c abbav (4) Archives du

licialité de cette abbaye (1). Pa A

C'est ainsi que, contre toutes les apparences humaines, XXXIV.

L'établisse ment du sémi= tout s'enre , le séminaire et la compagnie de Saint-Sulpice maire de S. Sul : : u : . |. pice ne peut à+

furent établis (2). « Ne nous appuyons qu'en Drew, disait tre attribué d'a Du seul, (2) Remarques » vine, ol ne nous confions qu’en lui seul, pour le succès sa es “4 , PE : : p.47.— Vie, par » de l'œuvre dont il nous à confié l'établissement. Ne re- /e P. Giry, part. L Chap. XVI. — L'Année Domini- » au milieu de toutes les tempêtes. Plus elles auront été cine. - Piganiot : , , de da force, À.

» violentes , plus elles feront éclater sa sagesse, sa puis- vie. p. 552. — Hurtant et Ma gny , À IV, Pe

» SehL jamais davantage, que lorsque les œuvres qu'il a 621: J SC»

et au milieu des contradictions et des persécutions de

» M. Olier, après un acte si éclatant de la protection di- Ÿ

» gardons jamais que lui, et il nous conduira sûremeut

» Sance et son amour, Ses aimables perfections ne parais-

» commencées réussissent malgré la rage de l'enfer, et » la persécution de l'homme. Abandonnons-lui toutes » choses , et demeurons tranquilles dans l'attente de son » Secours. Quand nous verrions tout le monde soulevé » Contre nous, jamais il ne faudrait quitter l'œuvre où il

- » nous appelle, puisqu'il peut, en un moment, dissiper tous

» ces nuages , et faire de nes plus grands persécuteurs , » nos plus fidèles amis. O! qu'il faut peu se fier aux » grands, et aux enfants des hommes. H fallait que je » visse ce que j'ai expérimenté, pour être confirmé dans » celle vérité, autant que je dois l'être. Qu'il est doux de » faire l'œuvre de Dieu en son Fils, et par les voies de » l'esprit d'humilité, de pauvreté et de simplicité, Notre » Seigneur m'a appris une bonne fois, comment il voulait » que je me retirasse des grands , et que je prisse garde » d'établir ma confiance en leur crédit, La jalousie de »° Dieu, pour l'œuvre qu'ilm'a commise, à paru en ce qu'il » à toujours écarté les grands , et qu'il les à rebutés toutes les fois qu'ils se sont présentés pour y prendre part ;

ana e mre ere emn, iso

(1) Lettres spirituelles de AE, Olier, p. 50.

Dieu venge M.Olieren chàtiant plusieurs de ses persécuteurs,

(2)Ps. 104. v.

(3) Vie de M, Olier, par le père Giry, partie tre, chap. XVIE.

» afin que lui seul füt reconnu pour l'auteur de cet ou- » vrage , qui serait attribué aux hommes, s'il y avaient » donné leur protection (4). »

Après la conclusion de cette grande affaire, M. Olicr ne pensa plus qu'à solliciter la grâce des coupables dont on poursuivait la punition. Pendant qu'il disposait en leur faveur les juges de la terre, il priait ardemment le souverain Juge de changer la disposition de leurs cœurs, C'était là toute la vengeance qu'il tirait de leurs excès. Mais Dieu, qui frappe souvent dès cette vie ceux qui l'outragent dans la personne de ses ministres, au mépris de cette défense : Gardez-vous de toucher à mes oints (?), vengea son serviteur d'une manière éclatante, par les chàtiments qu'il exerça sur plusieurs (3). Je n'en rapporterai qu'un exemple, dit M. de Bretonvilliers, pour ne pas rappeler ici le souvenir de plusieurs personnes qui ont éprouvé visiblement les rigueurs de la justice divine. Un an, jour pour jour , après l'horrible scène qu'on à rapportée, comme un de ceux qui avaient montré le plus d'acharnement contre le saint prêtre entrait dans une maison de la paroisse , un chien, qui n'avait jamais blessé personne, se jeta sur lui avec fureur, sans avoir été irrité, et le déchira si cruellement, que cet homme eu fu malade à l'extrémité. Le danger devint en peu de jours de telle nature, qu'on lui administra les derniers sacrements. M. Olier le visita souvent dans sa maladie, le traita avec la bonté d'un ami et d'un père, pria pour lui avec tant de charité et de larmes, que la santé lui fut vendue; mais il n'en jouit pas long-temps. Lorsqu'il passait un jour, à l'entrée de la nuit, dans la ruc des Cannettes, voisine de la cure, il rencontra un cava-

lier, qui, dans un accès d’emportement dont on ignore la cause, lui déchargea dans la tête un coup de pistolet, dontil mourut sur-le-champ; et cette mort tragique jeta M. Olier dans une peine dont il lui fut beaucoup

, — 1646, l'auteur de cet ounes, S'il y avaient

e affaire, M. Olicr les coupables dont il disposait en leur wrdemment le soun de leurs cœurs, ait de leurs excès, e vie ceux qui l'oustres, au mépris de er à mes oints (?), latante, par les chà- Je n'en rapporterai liers, pour ne pas personnes qui ont justice divine. Un ène qu'on à rappormontré le plus d'aait dans une maison jamais blessé perans avoir été irrité, cet homme eu fu int en peu de jours a les derniers sadans sa maladie, le n père, pria pour , que la santé lui long-temps. Lorsa nuit, dans Ia ruc rencontra un Cavant dont on ignore un coup de pistocette mort tragique il lui fut beaucoup

plus diMicile de se consoler, que des affronts et des vio- (1) Vie de M. . R ; Olier, par M. de lences dont elle lui rappelait le souvenir (1).

Bretonvilliers, À, , ’ . , . d > A l'occasion de la persécution qu'on vient de racon- " P: 141: 142 XXXVEL | M. Olier per- M. Olier permuta son abbaye de Pébrac avec celle de mute l'abbaye Vos le l'ordre es tirène da Êche de Pébrac avec Cercanceau, de l'ordre de Citeaux, au diocèse de Sens, selle de Cerque possédait alors M. Félix Vialar *. [I voulut, en Jui neeanx: , Li ET. *“ NOTE à.

Ad: Déhrac inôfie ? av o An er cédant Pébrac, bénéfice d'un revenu plus considérable (2)Hlistoire des que Cercanceau, dédommager ce prélat, qui s'était A re ue ue û . iers, À, Hi, Ch, dépouillé, comme on à vu, pour apaiser M. de Fiesque; xzvir p. 725. —Réglements du card, de la Roà établir la réforme dans ce monastère, comme il fit Ms be ’ , ae , XX. folios 445.

en 1649, en y introduisant les Genovéfains (2). Pour mé- 762, 986.-Gal. A, AN AR . (ox A Christiana, Are nager ce dernier accommodement, M. Olier augmenta édit LAV.p. 734. le revenu de l'abbaye, au moyen d'un bénéfice qu'il y joignit, et procura par là que le nombre des religieux, Dre 1 qe , NT à À TERRE graphes de M.

réduit par son père à dix-huit, füt porté à vingt-un, Ojier, tv. p. comme le supposaient les anciens titres (3). I re- 156: garda même la violente persécution suscitée contre lui, à l'occasion de M. de Fiesque, comme un moyen dont

ter, et des prétentions si excessives de M. de Fiesque,

il espérait aussi que l'évêque de Châlons parviendrait

Dreu avait voulu se servir, pour venger sur lui une au-

tre faute que son père avait commise, en lui procurant

l'abbaye de Pébrac, ainsi que nous l'avons déjà raconté.

« Dans ce traité de l'abbaye, dit-il, mon père s'était com-

» porté avec une grande inadvertance, ayant usé de con-

» seils très-larges , donnés por des casuistes , et il a fallu

» que la punition en soit retombée sur moi. (4). Il me (4) Hbid. pag.

» semble que c'est une justice si admirablement conduite, "5

» qu'il ne se peut rien dire davantage. Il est vrai que,

» regardant les choses par le dehors, et selon l'exté-

» rieur, il y a eu une grande rigueur partout ; mais

» Selon Dieu et sa justice, il n'y a eu que douceur et (1) Mém. au. ’ à A , : : de M. Olier, p.

» modération. I faut même adorer cette clémence avec 457 2 Copie des

» grand amour , et s'y soumettre avec une particulière te ‘

» révérence (1). » 181. 182.

XXXVIT

Conduite de M. Olicrenvers sa mère, que cette persécution aigrit de nouveau contre lui.

(2) Esprit de A, Olier, t, na.

(5) lbid, pag.

Les avanies que cette persécution procura à M. Olier (2), aigrirent de nouveau contre lui l'esprit de sa mère, et renouvelèrent les premiers sentiments de dépit et de chagrin qu'elle avait fait éclater, lorsque, trois ans auparuvant, ilavait pris la conduite de la paroisse de Saint-Sulpice, ne diminua rien néanmoins du respect parfait qu'il lui témoignait en toute rencontre, Lorsqu'il se trouvait en sa présence, on n'était point en peine, dit M. de Bretonvilliers, de savoir qui il était : sa contenance modeste et pleine de révérence faisaient suffisamment connaître qu'il ne pouvait être que son fils. Comme il regardait toujours Dieu en elle, ses respects étaient d'autant plus sincères et profonds, que la vue continuelle de cette adorable majesté le portait à des sentiments tout religieux, Malgré ses nombreuses occupations , il ne laissait pas de la visiter de temps en temps; il était ravi de pouvoir lui parler de Notre-Seigneur ; il se servait de toute sorte d'occasions pour la faire penser à son salut : et quoique souvent,au lieu de l'écouter, on l’accablât de reproches, et qu'on lui mit devant les yeux, les grandeurs qu'il avait méprisées , les évêchés qu'il avait refusés, les ignominies dont il avait été couvert, il ne laissait pas de réitérer ses visites avec le même esprit de zèle et de dévouement. Nous dironsencore ici, pour ne plus revenir sur cette matière,que

sa mère étant tombée en apoplexie, dès qu'ilen eut reçu la

nouvelle, il partitincontinent de la campagne où il était,pour venir à Paris, et lui offrit ses services, quoiqu’alors il füt paralytique, et que, dans cette maladie dont il mourut, il eût besoin lui-même des plus grands ménagements (3).

cura à M. Olier (2), de sa mère, et ree dépit et de cha-

trois ans auparuse de Saint-Sulpice, ect parfait qu'il lui il se trouvait en sa dit M. de Bretonontenance modeste samnment connaître de il regardait tout d'autant plus sinuelle de cette adoents tout religieux, ne laissait pas de

"avi de pouvoir lui ait de toute sorte à salut : et quoique

lt de reproches, et randeurs qu'il avait sés, les ignominics | pas de réitérer ses : dévouement. Nous ur cette matière,que s qu'ilen eut reçu la agne où il était,pour , quoiqu'alors il fût » dontil mourut, il

ménagements (3.

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NOTE 1. — Le frère ainé de M. Olier fut l'un de ceux qui censurèrent le plus vivement sa conduite; et, un jour, après lui avoir parlé de la manière la plus rude , il s'emporta jusqu'à refuser de l'entendre , et à fermer brusquement sur lui la porte de son cabinet. M. Olier, accoutumé à rendre le bien pour le mal, eut le bonheur de convertir ce même frère, et de le disposer à la mort, El parait que Dieu lui en avait fait connaitre le moment précis, comme nous l'apprenons de M, de Bretonvilliers. « El eut soin, dit-il, » d'après la connaissance que Notre-Seigneur lui en avait donnée, » de l'avertir quelque temps avant sa maladie, qu'il n'avait plus que

» peu de temps à vivre ; et il s'appliqua avec toute l'assiduité pos- PUR us . . + .

» Sible à le préparer à la mort (14). » C'est peut-être aussi ce que 712. M. Olier veut lui-mème exprimer, en disant de son frère : « Il s'est

» rendu à la menace de la parole de Dieu, par le ministère de ce (2)Régistre des st ii > 2 , sépultures de la » chétif et misérable ouvrier. » François Olier mourut au mois de paroisse Saint- NE , ! . , Paul.

mars 1644, et fut inhumé dans la chapelle souterraine destinée à (;)Discourseur F : FE des vies de plula sépulture des membres de sa famille, le samedi 5 du même ours vénéra ïc lC tar 6 ' one A DT . La bles mères, elec. mois (2). M. Olicr fit pendant plusieurs années des prières pour le D. BB. Né mois res aut. de M.

repos de son âme , et crut entin que Due les avait exaucées (3). Ulier

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