XE
M. Olier dirige le baron de Panty,
2)vte uv sairié Vincent de Paul, par Collet, t. r.
p. 215. note.
(5).ftestations aut. touchant MT.
Olier, p. 254.
XIE
MOlicr convertit le marquis de Fénélon.
(1) Vie de la mère Gaulrcn , liv. nr.
ne füt point paroissien de Saint-Sulpice, il s'était offert à
M. Olicr pour travailler, sous sa conduite, à gagner des
âmes à Jésus-Cnrisr, et à répandre dans le monde les maximes de la piété chrétienne *.
Antoine de Salignac, marquis de la Motte-Fénélon , fut l’un de ceux qui profitèrent le plus de ses conseils et de ses exemples. Celui-ci passait avec raison pour l'un des plus braves militaires de son temps +. Le désir de se distinguer par des entreprises hardies ne l'avait porté que trop souvent à exposer témérairement sa vie, sans épargner davantage celle de ses soldats. Mais par un fond de religion, que la dissipation des camps n'avait pu éteindre, il allait enlever les blessés sous le feumêmedes ennemis,les chargeait su: ses épaules,et les rapportait à la tranchée, pour leur procurer les derniers sacrements. L'ambition et une sorte de fureur pour les duels ternirent toutes ses belles qualités : non content de se battre pour des querelles particulières, il soutenait que le duel était permis, et il savait donner des couleurs si séduisantes à sessophismes,qu'il embarrassait sans peine la plupartdes ecclésiastiques qui essayaient e le détromper. Dreu se servit de M. Olicr pour l'éclairer el le convertir. Le marquis de Fénélon ayant entendu parler; de sa vertu et de son zèle, vint le prier de le prendre sous sa conduite. « Comment pourrai-je me
charger de vous, dit M. Olier, si vous n'êtes dans ln
résolution de renoncer au duel? — Eh ! quel mal y at-il done”? un homme de qualité peut-il souffrir une injure » sans en tirer raison? — Puisque vous n’en connaissez pas » le mal, reprit M. Olier, demandez à Dreu qu'il vous le
+ A l'âg de seize ans, Antoine de Salignac, ayant appris que son frère ainé avait 66 emporté par une volée de canon, au siége du Catelet, alla demander sa compagnie à Louis XIE; et comme le monarque faisait observer qu'il était bien jeune : «Sire, répondit-1l,
» j'en aurai plus de temps pour servir Votre Majesté (1). »
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» Majesté (1). »
CONVERSION DU MARQUIS DE FÉNÉLON. 599 » fasse Connaître et promettez-lui qu'après que veus en » serez CONVaiNCU, Vous Combattrez vous-même le düet, » et travaillerez à la conversion des duellistes (L). » Il parut qu'en exigeant cette promesse, M. Olier avait déjà quelque vue surnaturelle de lavenir. Le marquis de Fénélon la donna avec sa franchise ordinaire ; bientôt il se sentit ébranlé (2). À la fin d'une campagne, il revint tout autre, avec une forte résolution de renoncer publiquement au duel. Non-seulement il y renonça pour luimême ; mais nous verrons, dans la suite, avec quel zèle il seconda M. Olier pour l'extinction de ce fléau (3). Jugeant bien que la carrière militaire était trop dangereuse pour le salut d’un homme aussi prompt et aussi vif, M. Olier lui conseilla de quitter pendant quelques années le service. Le marquis de Fénélon se retira en effet pour un temps, et refusa plusieurs charges importantes dont voulait le gratifier la Reine-mère , qui l'estimait beaucoup , le regardant comme un homme également propre pour la conversation, le cabinet et la guerre,et ses talents militaireslui ayant d'ailleurs mérité l'estime et l'amitié des plus grands capitaines de son temps (4). Hs'attacha entièrement à l'affaire de son salut, et épousa Catherine de Monberon, à cause de sa piété extraordinaire. Etant devenu veuf à l’âge de trentetrois ans, il eut la pensée d'entrer dans l'état ecclésiastique. M. Olier le détourna de ce dessein , persuadé qu'il ne travaillerait pas moins efficacement au bien des âmes, en demeurant dans le monde,qu'il le pourrait faire dans l'Eglise ; le marquis de Fénélon se soumit à sa décision. IE eut toujours l'affection la plus tendre et la plus respectueuse pour M. Olier ,et fut jusqu'à sa mort sincèrement dévoué au séminaire; ce qui à fait dire à lillustre archevêque de Cambrai, son élève et son neveu : «Saint-Sulpice où j'ai » été nourri, est une maison que ma famille à toujours » chérie et vénérée, long-temps avant que je fusse au » monde (1). »
i Vies Ms.de Grandet, LE p.
(2) Vie de la mère Madeleine Gautron, in-192.
1689. 1iv. HE. p.