‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 82 sur 489 · FRS · texte numérisé non relu

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tatie qui vinrent en Italie fixer leur demeure auprès de la sainte maison, et qui établirent la compagnie du Corpus Domini, appelée pour cela des Esclavons jusqu'au pontificat de Paul nr.

Cette nouvelle translation fit tant de bruit dans la chrétienté , qu'il vint de presque toute l'Europe une multitude innombrable de pélerins à Recanati afin d’honorer la maison dite depuis de Lorette. Pour constater de plus en plus la vérité de cet événement, les habitants de la province exvoyèrent d'abord en Dalmatie,et ensuite à Nazareth, seize personnes des plus qualifiées,qui firent sur les lieux de nouvelles enquêtes. Mais Dieu daigna en montrer lui-m ème la certitude en: renouvellant deux fois, coup sur coup, le prodige de la translation dans le territoire même de Recanati. Car, au bout de huit mois, la forêt de Lorette se trouvant infestée d’assassins qui arrètaient les pélerins , la maison fut transportée à un mille plus avant, et se plaça sur une petite hauteur qui appartenait à deux frères de la faraille des Antici; et enfin ceux-ci ayant pris les armes l’un contre l’autre pour partager les offrandes des pélerins, la maison de Lorette fut transférée: dans un endroit peu éloigné,et au milieu du chemin public, où elle est restée , et où a été bâtie, depuis, la ville appelée Lorette.

La translation miraculeuse de cette sainte maison étant incontestablement démontrée , les souverains Pontifes ont établi une fète pour en célébrer la mémoire.

Onlit dans le Martyrologe Romain,au 10 décembre : Laureti in Piceno Transiatio sacræ domûs Dei genitricis Mariæ , in quà Verbum caro factum est ; et, dans la sixième leçon de l’Oflice, ees paroles qui y furent ajoutées sous le pontificat d'Innocenc XIE : «Ipsius autem Virginis na-

talis domus, divinis mysteriis conseerata, ab Infidelium potestate

» in Dalmatiam priùs, deinde in agrum Lauretanum Picenæ provinciæ

translata fuit, sedente sancto Cœlestino V ; tandemque ipsam esse ,

» inqua Verbum caro factum est, et habitavit in nobis, tum pontificiis

diplomatibus et celeberrimâ totius orbis vencratione, tum conti-

» Qu miracuiorum virtute, et cœlestium beneficiorum gratià compro-

batur. Quibus permotus Innocentius XIT, qu ferventiùs erga » Matris amplissimsæ cultum fidelium memoria excitaretur , ejusdem » sanctæ domûstranslationem anniversarià solemnitate in tota Piceni » provincia veneratam, Missa et Oflicio proprio celebrari pr&cepit. » Cette addition ne fut faite qu'après l'examen le plus sévère , dans

la congrégation des Rites, en 1699, La fête établie d'abord dans toute

a Toscane, fut casuite célébrée, par l'autorité de Benoit XIIF, dans

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(4) Histoire du diocèse deParis, parLebæufi.\ss, pit ti. — Mer- 1 eure de France, fl | avril,1742.— Via Urucis, ou Méthode pratique à du chemin de la

{ ; croix, in-18. der- À nière édition.

l'état de Rome, la république de Venise, et enfin dans tout le

royaume d'Espagne et les Etats catholiques qui en dépendaient. Benoit XIV ! De Festis B. Mariæ Virg. cap. Xv4. De l'esto Translationis

sanciæ domûs Lauretanæ ) fait voir que la vérité de cette histoire est appuyée sur les fondements les plus solides,et prouve inviuciblement qu'on ne peut la révoquer en doute. Les preuves principales sont :

1° Les constitutions de Paul IT, de Léon X, de Paul HE, de Paul IV, et de Sixte V.

20 Les miracles presque sans nombre qui se sont opérés et s'opèrent encore tous les jours dans la sainte chapelle de Lorette. « De miraculis autem quæ quotidie in sacra illa domo contingunt , » probantque locum illum eumdem esse in quo ineffabile Incarna- » tionis Verbi mysterium impletum est, ea sunt propè innumera , » ibique continuè succedentia, atque ita nota,ut de jis dicere hominis » sit abutentis otio suo. » Ibid. n. 2.

5 Le témoignage des écrivains les plus recommandables, comme Canisius , Baronius, Rainaldus, Tursellinus, Turrianus, Benzonius , Angelita , etc. et surtout Martorellus , qui rapporte, dans son Theaum sanctæ domûs Lauretanæ , les paroles des témoins, qui, dans un examen solennel , attestent tenir de leurs ancètres, qu'ils avaient vu, de leurs propres yeux, la sainte maison portée dans les airs, et venir se placer au lieu où on la voit actuellement.

40 Le rapport des trois commissaires envoyés par £lémeut VIT, pour comparer les dimensions de la sainte maison de Lorette avec celle des lieux où elle était située auparavant, soit en Dalmatie, soit en Galilée, et qui Les trouvèrent parfaitement conformes.

Benoit XIV , après avoir cité et adopté ces autorités différentes , ajoute : « Sed temperare nobis ipsi non possumus , quin nonnibil di- » Camus de eo quod qidam , ut eruditi acrisque ingenii sibi famam » parent, semihianti ore mussitant , sapientioribus magnique nominis » criticis hujus non probari veritatem historiæ.» Il oppose à ces faux critiques , Bollandus, Papebrock son continuateur , le P. Alexaudre, Théophile Raynaud, Baillet lui-même, le P. Honoré de Sainte-Marie, Graveson , Guido-Grandus, Calmet, Muratori, etc. qui tous admettent comme incontestable la vérité de cette histoire.

C'est surle modèle de la sainte maison de Lorette, renfermée dans la magnifique église du même nom , qu'a été construite la chapelle dite de Lorette , qu'on voit à Issy , dans la maison de campagne

du séminaire de Saint-Sulpice (1).

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