DISGRAGE DU DUG L'ORLÉANS
qui donna un arrêt pour la faire sortir du monastère. Elle,
en fut, en effet, retirée, et reconduite au Luxembourg par Mademoiselle de Montpensier, fille du due d'Orléans. Mais
elle persistait toujours à vouloir quitter le monde, les
alarmes que lui avait inspirées l’abbé de la Croix-Christ
lui faisant croire qu’elle ne pourrait se sauver à la cour.
On appela, pour la calmer, le Père Léon, Carme, et ensuite
plusieurs ecclésastiques de la paroisse de Saint-Sulpice (1), 41 Mémoires qui, ne voyaut point en elle de dispositions marquées Fe CNE pour le cloître, et jugeant d’ailleurs qu’elle pouvait faire : das an plus de bien dans le monde, lui conseillérent de rester
à la cour, où elle accepta à la fin la place de dame d’atours
de la Duchesse,
Ce fut l’avis de M. Olier. Il est aisé de penser que cet xt. événement, et la décision donnée à madame de Saujeon, M: Olier est re . ; d'avis que Mme étaient de nature à faire beaucoup de bruit. Chacun en 4e sanjeon deraisonnait à sa manière ; mais, avec le temps, les censeurs meure dans le
: . ; : monde,
les plus sévères de cette dame rendirent hommage à sa
vertu, et furent contraints d’avouer qu’elle n'avait usé de
son crédit auprès du prince, que pour le porter à l’accom-
plissement de ses devoirs, comme l'avait toujours espéré
M. Olier. C’est le témoignage que Mademoiselle de Mont-
pensier n’a pu s’empêcher de rendre à madame de Sau-
jeon, quoique fort déclarée contre elle, « Je dois dire
» à sa louange, écrit-elle dans ses Mémoires (2), qu'elle 12) Mémoires » contribua fort à faire penser Monsieur à son salut. Il Dee soi. à » allait régulièrement tous les jours à la Messe ; il ne man- *t® P- 71:
» quait jamais à la grande Messe de sa paroisse, ni à Vépres,
» ni aux autres prières. Il ne pouvait souffrir qu'on jurât
» dans sa maison : il s’était corrigé lui-même de cette
» méchante habitude ; et j'ai beaucoup d'espérance que dl » Dieu lui aura fait miséricorde + (3), » Madame de Mot- de Mie de Montteville, dans ses Mémoires, dit pareillement de ce prince : 20 pt
+ Il fallait que le duc d'Orléans eût été bien enclin à cette mau-
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MNT o Il s'était soumis pieusement aux volontés divines : il
La Ne He » était devenu dévot, sa vie était exemplaire; il avait ses : L dd ’ La . . LA
en Pen heures de retraite et de prière ; il ne jouait plus, et 4 xira [a f . ñ ’ !
la Vie de M. de » jamais prince n'a plus goûté le repos que lui (1). »
pig à M Aussi la conduite de madame de Saujeon, dans cette cour,
drand. Remur- fut si honorable aux yeux de tout le monde, qu'après s’y ques historiques,
tu, p. 874,881, être conservée dans une grande innocence, elle était par-
* Là . « . LA NOTE 6, P- font en réputation de sainteté (2) *. 180. P XIX. Entr’autres avis que M. Olier lui donna pour le bien
Rémi Le spirituel du prince, il lui marquait de le porter à faire, répare lesmaux ous les ans, quelques aumônes pour rebâtir les églises et ne Li ‘i- les chapelles, ruinées par les hérétiques dans le Langueforme à la piété doc; à donner des calices et des ciboires à celles qui en pe étaient dépourvues ; enfin à venir au secours de tant d’indid'Orléans. gents dont il avait grossi le nombre par la derniére guerre civile. «11 serait à souhaiter, ajoutait-il, qu’il eût en ces » commencements quelques personnes zélées et enten- .» dues, qui vissent et examinassent la manière d’entre- !» prendre et de régler les œuvres importantes de piété ‘» et d’aumône qu'il voudra faire. On n’imagine pas com- » bien de bonnes œuvres se perdent et se dissipent, faute » de les bien ordonner, Et pour cela l'épouse (qui repré- » sente l’Église) disait: Le Seigneur a ordonné en moi la » charité ; et saint Paul, qui en voyait l'importance, don- » nait ce conseil à ses enfants : Pour le mal, soyez simples » à le fuir ; mais pour le bien, soyez prudents et avisés
vaise habitude, pour que le Pere de Condren, son confesseur, lui, ait
déclaré qu'à cause de ses blasphiénes, il ne serait jamais Roi, que
Dieu ferait des miracles pour l'en empêcher, qu'il lui ôterait méme
à Lena son fils (3). En effet, ce jeune priuce mourut ; la lignée de Gaston, de M, des Lions, Malgré ses deux mariages, s'étcignit; et celle de Louis XIE, son p. 646. frere, qui £erublait etre déjà éteinte, se releva, comme par wuiracle, lorsque , aprés vingt-trois aus d'une sorte de stérilité, An-
ne d'Autriche mit au monde un dauphin, daus la personne ür Louis XIV,
LÈLE DE
ni le faire, » Et Dieu mé » était néces » loi, que, « » sel, qui es léans n'entra charger M. OI de piété en fa dans la troi:
de DIEU recoi former à la pi d'Orléans, co Guise. « Je » petit aux él » quelques-ui » pour le cor miers germes effet, que la d dèle de vertu ; duché d’Alen nistrer la cut Saint-Sulpice, qui y converti blit une com Pour ne pas avons différé j pour arracher un affreux dé loyens à l’Éta de la justice duels, l’un de désolée, Elle semaine, CO sept personne que plusieur IL,
s'y par
jen ire, es et guei en ndiierre n Ces nenntrepiété COM faute 'epréwo la
avisés
sine Uf
ZÈLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS. 161 n à de faire, afin qu'il ait sa subsistance et sa durée. » Et Div mème a fait connaître combien cette prudence » était nécessaire, lorsqu'il ordonna autrefois, dans la » loi, que, dans tous les sacrifices, on lui offrirait du » sel, qui est la figure de la sagesse (1).» Le duc d’Or- (1) Lettres sr. léans n'entra pas seulement dans ces vues, il voulut même Avi ee charger M. Olier de la fondation d’une œuvre considérable de piété en faveur du clergé, comme nous le raconterons dans la troisième partie de cet ouvrage *. Le serviteur +» vorr 7, p. de Dieu recommandait aussi à madame de Saujeon de {8t: former à la piété la jeune princesse Isabelle, fille du duc d'Orléans, connue depuis sous le nom de duchesse de Guise. « Je vous prie, écrivait-il, de l’exercer petit à » petit aux élévations de cœur vers Dieu; donnez-lui-en » quelques-unes par écrit pour le matin et le soir, et » pour le commencement de ses actions (2). » Ces pre- (Lettres aut. miers germes ne demeurèrent point stériles : on sait, en #3," 0er P: cffet, que la duchesse de Guise fut, dans la suite, un modèle de vertu à la cour. Lorsqu'elle se fut retirée <ans son
duché d'Alençon, elle obtint de M. Tronson, pour admi- ni Essai ms . A influence, etc.
nistrer la cure de cette ville, un prêtre du séminaire det,n, p 176. — Fr ans ; Méditat.
Saint-Sulpice, formé par M. Olier, M. Laurent Chenart, us it. qui y convertit un grand nombre de protestants, et y éta- !; Avertissement
; k ru, de l'éditeur, p.
blit une communauté d’ecclésiastiques (3). xj et suiv. Pour ne pas interrompre la suite des événements, nous xx. avons différé jusqu'ici de raconter les efforts que fit M.Olier sin à . ; uels étaien pour arracher de sa paroisse, ct même de tout le royaume, fréquentssur la un affreux désordre, qui n’enlevait une multitude de ci- … Paroisse de où ; Saint - Sulpice, toyens à l’État, que pour les faire tomber sous les coups de la justice divine. Nous voulons parler de la fureur des duels, l’un des fléaux dont sa paroisseétait particulièrement 1 pie Ms. de eolé ” A 44. à x : M. Olier, par M.
désolée. Elle y était por té à un tel excès, que, dans une Leschutster, ». semaine, comme on la déjà dit, on y compta jusqu’à dix- a “= A ie, par 4 ; ère Giry, part.
sept personnes tuées dans ces malheureux combats (4), et îre, chap. xv, p.
: : : 68. — Pur M.de que plusieurs gentilshommes ne voulaient pas même Y preronvitriers, (LR 11
(0).#rchives du ministère de la guerre, Erpéditions 1651, partie 2, Dépôt générul de la querre, 93e pièce.
(2) Mémoires de Suint-Simon, 4.1, ch, x, der aière édition,
(3; Mémoires de à?.du Firrier, p. 336.
M. Olier entreprend de remédier À la fureur des
duels.
(4) Remarques historiques, À 1.
(8) Mémoires de Suint-Simon, sbid. — Archives de la guerre, 1b
reuoncer à la mort. M. du Ferrier en rapporte un exemple qui dut faire, au cœur de M. Olier, la plaie la plus profonde. « M. de La Roque-Saint-Chamarant, maréchal-de- » camp (1), et qui passait pour l’un des plus braves de la » cour, était néanmoins si peu chrétien, dit-il, que, me » promettant de ne jamais se battre en duel, il mettait » cette clause : Pourvu qu’un tel seigneur, mon ami, ne » m’emploie pas pour second (2). J’eus beau lui représenter » l’injure qu’il faisait à Dieu, à qui il préférait un homme, » et le tort qu’il se faisait à lui-même, par une supposition » qui ne pouvait arriver, puisque cet ami avait renoncé au » duel; je n’en sus jamais venir à bout; et, quelque » temps après, il mourut dans cette brutalité. Celui qui » l’assistait, l’entendant soupirer et gémir, comme il était » près de sa fin, lui en demanda la cause, afin de le con- » soler en le portant à Dieu. Hélas ! répondit-il, faut-il que » La Roque-Saint-Chamarant meure ainsi dans un lit, après » avoir témoigné son courage en tant d'occasions? Voilà de » quelle sorte il mourut (3)+. »
M. Olier, inconsolabie de ne pouvoir remédier à cette frénésie, après avoir tonné en chaire contre les maximes diabuoliques qui l’accréditaient depuis si longtemps, usa de toutela sévérité des canons contre les duellistes et leurs fauteurs ; et plusieurs, qui avaient péri dans ces détestables combats, furent privés, par ses ordres, de la sépulture ecclésiastique (4). I fit plus : il pria le vicaire-général de l’abbé de Saint-Germain d'employer son autorité pour intimider, par la crainte, ceux en qui il restait quelque sentiment de foi; et, le 11 juin 1650, ce religieux déclara que tous les prêtres du faubourg ne pourraient donner l’absolution sacramentelle aux dâuellistes, excepté en cas de mort ; leur ordonnant de les renvoyer au vicaire-général
+ M. du Ferrier appelle ce gentilhomme La Roche-Saint-Chamarant : son nom était La Roque-Saint-Chamarant (5).
LÈLE lui-même de l’exco faute de :
crémnent sainte (1),
Il parai seurs cont
» tilité de:
» me toucl
» sieurs a
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» enfin à e:
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» ler, quoi
» quai ma
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» milité lu » l'extrême » et qui av » remède n » afin que »quilya » des œuvr » lité l’éta » rien ne n » COMIMUNA » pénitents » ne se bat » surprit le » als fait » rent du t » assemblés » teurs, qu’ » parole de
mple S proal-dede la 1e, me nettait mi, ne senter pomme, osition ncé au uelque Jui qui il était le cont-il que it, après Voilà de
r à cette naximes ps, usa et leurs détesta- La sépul- -général ité pour quelque x déclara donner té en cas e-général
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