‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 101 sur 269 · mère ile du s très · texte numérisé non relu

mère ile du s très

lu ciel s tout-

BÉNÉDICTINES DU SAINT-SACREMENT. 153 » puissant par lui sur les royaumes et les États. Je me » soumets à vous avec toute ma cour, mon État el ma » famille, afin de vivre sous votre sainte protection ; et je » me renouvelle, autant qu’il est en moi, dans la piété de » tous mes prédécesseurs, qui vous ont toujours regardé » comme leur défenseur particulier. None, par l’amour » que vous avez pour cet État, assujettissez-le tout à Dieu » et à ceux qui le représentent. Grand Saint, qui avez » réprimé la superbe des impies, les avez bannis du ciel ven y faisant régner une paix très-profonde, produisez » ces mêmes effets dans ce royaume. Faites qu’il plaise » à DIEU, après tous les troubles apaisés, de voir régner »en paix JÉésus-CnrisT, son cher Fils, dans l'Eglise : » désirant de ma part contribuer à le faire régner, soit » par tous les exemples de piété et de religion que » je pourrai donner en ma propre personne, soit par » les autres voies sur lesquelles vous me ferez la grâce PURE FU » de m'éclairer (1). » p.278, etc.

Comme ce vœu demeura sans doute secret, nous ne XV connaissons pas les circonstances qui purent en accom- ,, pénédiepagner l’accomplissement. Celui qui fut fait par M. Pi- Sacrement sont coté, au nom de la Reine, eut beaucoup d'éclat; on lui a A A même attribué la cessation des troubles du royaume : au Sulpice. moins il est certain que, presque dès ce moment, on vit changer tout-à-coup la face des affaires. Le mème mois, la capitale rentra dans la soumission, et le reste du royaume ne tarda pas à suivre son exemple ; en sorte que, dans le cours de l’année suivante, le Roi était aussi tranquille et aussi absolu, dans toute l'étendue de ses Etats, que s’il n’y eût jamais eu de mécontents. Après l’entrée triomphante du Roi dans Paris, la Reine étant venue au Val-de-Grâce, le 8 décembre 1652, jour de l’Immaculée Conception, M. Picoté profita de cette circonstance pour lui faire connaître le vœu qu'il avait fait par ses ordres;

et, pour l’exécuter, il proposa quelques religieuses, ré-

fugiées à Paris, à la tête desquelles était Catherine de Bar, connue sous le notn de Mechtilde du Saint-Sacrement. La Reine, ayant agréé ce dessein, fit écrire sur-le-champ à l'abbé de Saint-Germain, pour qu’il l’autorisât, et char. gea M. Picoté de sa lettre. Les religieuses dont nous parlons professaient la règle de saint Benoît; elles prirent 4) Pie de ta alors le nom de Filles du Saint-Sacrement, et se fixèrent mère st d’abord dans une maison rue Férou. À la cérémonie de

EX 2H, 22. © leur établissement, où la Reine et toute la cour assistèrent, Grandet, t.1, p le très-saint Sacrement ayant été exposé dans la chapelle, ré 7%, la Reine y entra le flambeau à la main, et, la première, EL Mr y fit réparation publique et amende honorable à Jésustu CHRIST (1). »

Telle fut l’origine de ce nouvel institut, si glorieux à la religion, et si propre à ranimer dans les cœurs les sentiments de la piété chrétienne. Le démon, cependant, s’efforça bientôt d’en ralentit les progrès, en persuadant à celle qui en avait la conduite, de se démettre de sa charge; et elle aurait exécuté ce projet, si saint Vincent de Paul, M. Olier et M. Boudon, à qui elle eut recours, n’eussent ranimé sa confiance. Dès ce moment, cette com-

joues Pi munauté ne cessa de prospérer (2) *, Elle devint même p. ”-. chef-d'Ordre, fonda dans la suite des établissements à US 2, P. Toul, à Nancy, à Caen, à Châtillon, à Varsovie (3), ct (3) Essai sur Contribna à augmenter, dans la paroisse de Saint-Suldé * b pice, la dévotion au très-saint Sacrement, et celle envers la très-sainte Vierge, dont cet institut devait faire

une particulière profession *.

XVI. Une autre communauté, qui n’y répandit pas moins ne Védification publique, fut celle des religieuses de Notregieuses de No- Dame de Miséricorde, que M. Olier y établit au milieu Nos a du feu de la guerre civile, et malgré les obstacles qui

* norss 4 et semblaient devoir empêcher l’exécution de ce dessein ”. SP NT 17% La uchesse d’Aiguillon, qui s’était proposé d’être leur

fondatrice, ayant vu que leur voyage était différé si long-

# NOTE 3, pP.

temps, et qu entièrement tes les granc en sorte qt pour tout à madame de crut sans di sienne, elle:

moins elles était alors d craignant ch action, ava restèrent pi ce temps, el Messe à Sair elles y den M. de Saint:

ses yeux le:

dame de Bo:

M. Oiier à le son frère, q sorti de Pa stances si d montra une tion : ce fut nauté que 1 de tout (5).

nous lisons fut comme On y rapp madame de statue de

à la mère selon leurs fût venue

1oins otreilieu

qui in ”.

leur long-

RELI(iEUSES DE LA MISÉRICORDE. 155 temps, et que le cardinal archevêque d’Aix s’y montrait entièrement opposé, avait, depuis peu, donné aux Carmélites les grands biens qu'elle destinait pour cette fondation; en sorte qu’en arrivant à Paris, ces religieuses eurent pour tout asile deux chambres fort incommodes, où madame de Bouteville les reçut par charité. M. Olier crut sans doute, qu’assistées par cette vertueuse paroissienne, elles auraient toutes choses en abondance. Néanmoins elles manquèrent de tout, même de pain. Paris était alors dans le feu de la guerre civile ; et cette dame, craignant chaque jour que son fils ne fût tué dans quelque action, avait comme oublié ces religieuses (1). Elles (4 Histoire de restèrent près de trois mois dans ce dénûment. Durant ND A ie ce temps, elles allaient tous les jours entendre la sainte "er RE Messe à Saint-Sulpice ; et depuis cinq heures jusqu’à midi, tion. elles y demeuraient en oraison toujours à genoux (2). (2 Histoire. | M. de Sainte-Marie étant venue les visiter, et ayant vu de es re ses yeux leur extrème abandon, en fit des plaintes à madame de Bouteville (3); et ce fut sans doute ce qui porta Ne M. Oiier à leur procurer la maison du grand audiencier , son frère, qui restait vacante depuis que ce magistrat était sorti de Paris pour suivre la cour (4). Dans des circon- ; ne DHer stances si difficiles, la mère Madeleine, leur supérieure, montra une confiance en Dieu vraiment digne d’admiration : ce fut de faire une quête pour une autre communauté que la sienne, lorsque ses propres filles manquaient de tout (5). Cette action rend très-croyable le trait que 2 ds pe nous lisons dans les Annales de ces religieuses, et qui fut comme la récompense d’une si héroïque charité. On y rapporte, qu'ayant recu une petite soinme de madame de Bouteville, elles la mirent sous le pied d’une statue de la sainte Vierge, que M. Olier avait donnée à la mère Madeleine, et que cet argent se multiplia selon leurs besoins jusqu’à ce que la duchesse d’Aiguillon (6) Ibid. cahier

fût venue à leur secours (6) : ce qui, probablement, 30, item.

(1) Ibid. 28 cuhier, 2% pagin.

(2) Vie de la mère Madeleine, par lé Père Gro- 2cs, p. 245,

(3) ie Ms de Grandet, 1.1, p.

XVIL, Exil du duc d'Orléans. Mme de Saujeon sort du couvent des Carmélites,.

n’arriva qu'après le rétablissement de la tranquillité publique.

Elles éprouvèrent encore d’autres difficultés pour s’6tablir à Paris. Les principales venaient de l’abbé de Saint- Germain, qui, voyant tant de monastères détruits par les guerres, pensait que, dans un temps si désastreux, il était imprudent d’en former de nouveaux. Néanmoins la mère Madeleine en triompha par sa persévérance (1), et, par l’entreprise de M. de Sainte-Marie (2), obtint des lettres patentes de l'abbé. Le Roi donna aussitôt les siennes, sans doute à la prière de M. Olier (3), et ces religieuses furent établies solennellement en communauté, le 3 novembre 1649.

Non content de les avoir aidées à s'établir, M. Olier consentit encore, d’après leur vœu unanime et le désir du Père Yvan, à les diriger dans les voies de la perfection religieuse. Ce Père, parvenu déjà à un âge avancé, voulut mème lui donner le gouvernement de tout l'Ordre. «Si » Dieu eût fait un homme tout exprès, écrivait-il à » M. Olier, il semble qu’il ne l’eût pas fait plus selon » mon cœur, à cause de la pureté d'intention que je vois » en vous, et de votre conformité à l’état du Fils de Dieu » crucifié. Or, maintenant, n'ayez pas seulement soin de » votre congrégation apostolique, mais encore de l’in- » stitut des filles de Notre-Dame de Miséricorde, que » je puis appeler l’apostolat de la Mère de Du; et » soyez autant content de vous en revêtir, que moi de » m'en dépouiller. Une autre compagnie très-pieuse a » voulu en prendre soin ; mais je crois que Dieu veut que » je vous en donne la direction, voyant en vous cette » vertu merveilleuse de gagner les âmes et de les remet- » tre d’abord dans le sein et dans les mains de Dieu. Nos » filles vous obéiront comme à Jésus-CHrisT, à Aix et » partout; notre fille (Madeleine en particulier}, vous » obéira ponctuellement et fera des merveilles pour l’in-

» stitut. Je v » de plus ch » que je vou » de faire ai » enfants, el » est leur m ne parait pa M. Olier ait tible avec ce contenta, en sur sa parc exercer ces £ le témoigna; stitut T.

Le dénoue il est aisé de léans. Ce pr avait encore

+aeLa mè » très-grandes » miliât incess » chait que Di » tinuer à son

»tout (3). Un » de la vertu » ger du from » seule lui fais » plus que de » vait. Dès qu » dire une seu » bouchée, et » directeur, » puis exprim » ce grand ho » gélique (4).

DISGRACE DU DUC D'ORLÉANS,. 157 » stitut. Je vous fais héritier de ce que Dieu m'a donné » de plus cher, et de ma très-sainte Mère de Miséricorde, » que je vous prie d’aimsr et prêcher à tout le monde, et » de faire aimer, honorer , craindre, imiter et suivre à vos 4? rime

, 1 nn de Jésus Cunisr » enfants, et surtout à ses filles, nos religieuses; car elle not ou Late

» est leur mère fondatrice et supérieure générale (1). » Il tres spirit. du

4 . R Père Yvan, inne parait pas que, malgré les instances du père Yvan, 42, 1661, p. 397.

à : ñ ca : j : a (2 Ibid. pas.

M. Olier ait pris la conduite de cet Ordre, peu compa 6,457, 200,

tible avec celle de son séminaire et de sa compagnie. Il se 261. — Foyez

A , at y : . aussilet. n des contenta, en qualité de curé, de diriger la maison établie Lettr. du méme.

ee — Vie de M. Osur sa paroisse (2), et ne négligea aucun moyen pour 5 pur M. de

exercer ces saintes filles à la plus entière abnégation. C’est D

le témoignage que lui rend l’auteur des Annales de l’In- Remarques hisï doriques, V1 be | * ,

stitut +. p. 640.

Le dénouement des troubles de la Fronde ruina, comme

il est aisé de le penser, la fortune et le crédit du duc d'Or-

léans. Ce prince, après s’être rendu coupable de félonie,

avait encore refusé d’aller se jeter aux pieds du monarque.

+ «La mère Madeleine, dit-il, avait une estime et une confiance » très-grandes en ce saint homme ; et bien qu'il la nortifiàt et l'hu- » miliât incessamment, comme elle était morte à tout, et ne cher-

» chait que Dieu et son adorable volonté, elle ne laissait pas de con-

» tinuer à son égard, tout de même qu’une âme avide d'honneur et

» de gloire ferait envers quelqu'un qui la loucrait et l’aplaudirait en

» tout (3). Ün jour, M Olier voulant faire une épreuve extraordinaire 3) Histoire de » de la vertu d'obéissance dans Ja mère Madeleine, Jui dit de man- l'ordre de Notre- » ger du fromage qu’elle haïssait à la mort, et dnt lu vue et l'odeur Ep » seule lui faisaient bondir le cœur. Elle n'en mangeuil jamais, non Hier, 2 payina- » plus que de beurre, à cause des eflets étranges qu'elle en éprou- ‘°"-

» vait. Dès qu'il eut achevé de parler, elle se mit à en manger sans

» dire une seule parole, Le cœur lui bondissait terriblement à chaque

» bouchée, et elle continua d'en manger, jusqu'à ce que ce saint

» directeur, touché de compassion, lui ordonna de cesser, Je ne

» puis exprimer les etlets que cet.acte généreux fit dans l'esprit de

» ce grand homme, et l'estime qu'il en conçut pour cette âme tout an- : (4) 1bid. 4° ca-

be à noie:

» gélique (4). » nn pagina

Ayant été averti qu’on allait envoyer des troupes au Luxembourg pour le saisir, il quitta Paris, et alla se reposer de ses fâcheuses et inutiles sollicitudes, dans son à (Lens château de Blois (1), où le Roi l’avait exilé pour toujours. teville, an. 1632. Cette disgrâce fut utile au duc d'Orléans, qu’elle détrompa re Sie des vaines fantaisies de la grandeur ; et M. Olier n’eut pas me peu de part à un changement si salutaire. Pour le ménager de loin, il avait engagé une personne de piété, en qui ce prince avait beaucoup de confiance, à demeurer auprès de lui, afin de l’assister de ses conseils. C’était Anne de Campet de Saujeon, dont les rapports avec M. Olier nous obli-

gent d'entrer ici dans quelques détails.

Comme elle avait recu une très-brillante éducation, et que toute sa famille était attachée à la maison d'Orléans, a la placa auprès de la Ducnesse, en qualité de fille d’hon- (@i |, cmoires neur (2). Elle s’acquittait de sa charge avec l’estime unite 5 +orselle, lorsque son directeur, regardant les attentions pee que le duc d'Orléans avait pour elle, comme un motif impérieux de la retirer sans délai de la cour, la conduisit brusquement aux Carmélites, où elle entra en 1649, dans l'intention d’y prendre l’habit. Cet ecclésiastique était l'abbé de la Croix-Christ, attaché lui-même à la maison d'Orléans, et déclaré pour les erreurs nouvelles et la morale outrée de Port-Royal. Dès que le prince eut connaissance de cette démarche, il la regarda comme une insulte faite à sa personne, et renvoya de son palais l’ecc'ésiastique inconsidéré qui en était l’auteur +. Bien plus, les frères de madame de Saujeon, dont l’un était capitaine aux gardes, prétendant qu’il y avait eu surprise dans cette démarche, pésent:rent requête au Parlement,

+ M. de la Croix-Christ se retira alors à la communauté de Saint- (3) Mémoires Merri, dirigée par M. du Hamel, cemme ouvertement déclarée pour de M. Feydeau, les nouvelles maximes sur la grâce. On a de lui une traduction fran-

LR og res çaise des Soliloques de saint Augustin (3).

qui donna un en fut, en effet Mademoiselle « elle persistait alarmes que l:

lui faisant croi On appela, pou plusieurs ecclés qui, ne voyau pour le cloître, plus de bien d à la cour, où el de la Duchesse.

Ce fut l’avis événement, et étaient de natu raisonnait à sa les plus sévère vertu, et furent son crédit aupr plissement de s M. Olier. C’est pensier n'a pu jeon, quoique » à sa louange » contribua fo » allait régulièi » quait jamais à » ni aux autre » dans sa mai » méchante ha » Dreu lui aur:

teville, dans se

+ Il fallait que

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