‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 121 sur 269 · JANSÉNISME · texte numérisé non relu

JANSÉNISME

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ns La nouvelle hérésie sur la grâce faisait de trop rapides I

in si progrès, soit parmi les simples Fidèles, soit dans les com- er Jane ercie munautés de la capitale, pour ne pas alarmer le zèle du d'avoir attiré à serviteur de Dieu. Les travaux auxquels il se livra pour la °"* ni du combattre sont une des parties les plus remarquables et les plus intéressantes de son histoire ; et pour en montrer la suite et la liaison, il nous a semblé nécessaire de les réunir ici dans un même récit.

Ennemi de toute contestation, et d’ailleurs en possession de la réputation la plus intègre sur la foi, M. Olier se borna au témoignage de sa conscience, tant qu'on ne s’efforça pas de l’obscurcir. Mais le zèle avec lequel il travaillait à la réformation des mœurs et au rétablissement de la discipline, étant devenu le prétexte d’une calomnie atroce, il se vit enfin forcé de manifester ses sentiments. Les nouveaux sectaires, sous prétexte de venger la doctrine de saint Augustin, reproduisaient plusieurs hérésies condamnées par le saint concile de Trente ; afin de cacher aux yeux des simples le poison de leur doctrine, ils affectaient, à l’exemple des hérétiques de tous les temps, une grande austérité de mœurs, etfaisaient, en apparence, des vœux très-ardents pour voir revivre la ferveur de la primitive Eglise. Quelques-uns voulurent croire que M. Olier partageait leur opinion, et commencèrent à le mettre au nombre des défenseurs de ce qu’ils appelaient la vraie et

(4) Lettres au’.

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Il,

M, Olier manifeste se8 sentiments d'opposition au Jansénisme,

(2) Vie Ms, de M. Olier, par M.

Leschasswr , p.

188 PARTIS 1, LIVRE IX, = PAROISSE, la pure doctrine de la grâce, Une contestation qui s’éleva entre lui et un confesseur, appelé pour assister un malade, contribua peut-être à faire naître ou à accréditer ces faux bruits, Il arrive quelquefois qu’en voulant s'éloigner des erreurs nouvelles, plusieurs se jettent eux-mêmes dans les extrémités opposées. Les Jansénistes suivaient des règles de morale propres à désespérer les âmes ; mais parmi les catholiques, quelques-uns, par un zèle mal entendu, semblaient vouloir leur ouvrir cette voie large, que Jésus-Cunisr déclare être celle de la perdition ; et le confesseur dont nous parlons était apparemment de ce nombre, Du moins, M. Olier se déclara contre ses maximes avec beaucoup de force; et sa conduite, en cette occasion, put, dans l'esprit de quelques-uns, le faire passer pour favorable aux nouvelles erreurs. « Ces opinions » relâchées, écrivait-il, je les déteste, comme tout ce qui » n’est point conforme à la pureté de l'Evangile; j'en ai » mille fois plus d’horreur que des suggestions ouvertes » de Satan; et j'aimerais mieux voir un malade assiégé » par une légion d’esprits de ténèbres, que de le voir » mettre sa confiance dans un casuiste, qui, pour élargir » les voies du salut, lui ouvre la porte de l’enfer(t). Cependant, comme les soupçons répandus sur la foi de M. Olier, pouvaient s'accréditer dans le public, il crut qu'il ne lui était plus permis de garder le silence. I] profita de la première occasion où il avait à parler dans la chaire de son église, pour manifester ses sentiments, non pas toutefois par des plaintes et des invectives contre ses calomniateurs, mais en s'exprimant en faveur du dogme catholique de la manière la moins équivoque (2). Il n’eut pas de peine à persuader la fausseté du bruit qu'on avait répandu contre lui. Mais il prévit qu’en rendant sa foi aussi publique, il donnerait lieu à ses ennemis de lui susciter de nouvelles persécutions. On le calomnia, en effet, sur différents chefs : on l’accusa surtoui

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SON ZÈLE CONTRE LE JANSÉNIAME, 189 de vouloir dominer, et d'entreprendre toutes sortes de bonnes œuvres aux dépens de celles qu'avaient commencées ou projetées des personnes très-considérables dans l'Eglise, Sur tous les griefs dont on le chargeait, il se jwstifla toujours avec beaucoup de modération ; mais, à l'exemple de saint Vincent de Paul, il ne ménagea rien dans la use de la foi, et dès qu'il eut connu comme lui le génie artificieux des Jansénistes, il prit toutes sortes de mesures pour en garantir son troupeau.

Une personne de considération qu’il dirigeait s'étant Ps de M. laissé gagner par eux, sans lui, en parler, il lui écrivit olierà une per-° une lettre remarquable, que nous rapporterons ici; on gerer y voit d’un côté l’attachement du serviteur de Dreu à la nistes. doctrine de l'Eglise, de l’autre, l'esprit de duplicité et les voies artificieuses de l’hérésie, toujours semblable à ellemême dans tous les temps. « Je ne puis, ma très-hono-

» rée fille, vous exprimer la douleur de mon cœur, et la » confusion de mon âme sur la nouvelle que j'ai apprise. » On m’assure que vous entretenez une correspondance » particulière avec MM. les Jansénistes, et que vous leur » témoignez, par vos lettres, un grand zèle pour le soutien de leur société. J’ai combattu plus de huit mois, » avant d’ajouter foi aux divers avis qu’on m’en donnait, » me fiant plus à vos propres assurances qu’à tous les té- » moignages contraires ; mais depuis peu les preuves » m'en ont été communiquées avec tant d’évidence, que » je ne puis plus en douter. Ma très-chère fille, que vous » plait-il que je fasse pour vous ? Si vous avez perdu » créance en moi, vous jugez bien que je vous suis à charge » et inutile. On ne peut pas servir deux maîtres, dit notre » Seigneur, ni obéir en simplicité à deux personnes’ oppo- » sées dans leurs sentiments et dans leurs maximes.. Je » sais bien que la charité de Jésus-Curisr est entière dans » mOn âme pour vous aider et vous servir; mais je doute » fort que je doive exposer davantage votre cœur à la du-

Conduite artificieuse et

schismatique des Jansénistes.

PARTIE II. LIVRE IX, — PAROISSE, plicité de sa confiance et de sa soumission. Je puis vous dire que jamais je n'ai abandonné une âme que Jésus- Carisr m'a confiée, et que j’ai toujours été soigneux de lui ôter tout sujet légitime de s’éloigner de moi ; tant je respecte les ordres du divin Maître. Mais aussi quand je vois une âme marcher par deux chemins différents, et joindre la finesse au déguisement, après lui avoir fait connaître mes intentions et mes pensées, je la laisse aller dans ses voies, sachant qu’elle ne peut suivre un plus mauvais parti que celui du mélange en sa conduite, surtout si elle penche davantage du mauvais côté. Ma très-chère et très-honorée fille, si vous me promettez en Jésus-Cunisr de n’avoir plus aucun commerce avec ce parti, qui fait aujourd’hui un schisme formé dans l'Église, et qui, malgré l’autorité supérieure, s’obstine à défendre les nouvelles opinions, je puis vous assurer en Notre-Seigneur, que je vous rendrai tous les devoirs et tous les services que vous pouvez attendre de ma côndition. Mais il ne m'est ni possible, ni permis de servir les âmes qui se jettent en un parti contraire et injurieux à l'épouse de Jésus-Curisr, la sainte Église, dont il souffre les plaies et les outrages avec plus de douleur que celles qu’il reçoit en sa propre personne.

» Que diriez-vous, ma fille, de personnes qui avancent que l’Église est dans l'erreur, et qu’elle se nourrit d'hérésies ; qui prétendent venir pour la réformer, et qui, au lieu de combattre ses ennemis pour les convertir ou pour les exterminer, clabaudent incessamment contre leur mère, lui déchirent le cœur, et la divisent avec une désolation non pareille ? Vous ne voyez rien où vous êtes, On ne vous envoie que de beaux livres, comme ceux qui vous recommandent l’aumône, parce que vous y êtes

» portée. Sous les prétextes les plus imposants, ces mes- » sieurs négligent les œuvres les plus essentielles, pour » établir leurs malignes opinions, méprisent tous ceux

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S0N ZÈLE CONTRE LE JANSÉNISME. 191 » qui n’y entrent pas, les qualifient même d’hérétiques et » de schismatiques. Parce qu’on prèche que Jésus-Curisr est mort pour tous, ils en sont scandalisés. Ils osent » bien se plaindre et murmurer tout haut dans les églises, » comme ils firent dans la nôtre il y a trois jours. Bref, »en tous leurs procédés, ils donnent des signes effroya- » bles de passion, de colère et de fureur, qui font frémir. » Ma fille, il ne faut pas croire à tout esprit, comme dit » saint Jean, ni surtout, comme dit saint Paul, aux maxi- » mes singulières et nouvelles. Prenez-y garde, les er- » reurs se sont toujours glissées dans l'Eglise sous le mas- » que de la réforme. Les derniers hérétiques prétendaient » que leur doctrine était celle de la primitive Eglise, fondée » sur la parole de Jésus-Cunisr, accompagnant leurs dis- » cours de grandes aumônes, et annonçant partout une ré- » formation de mœurs qui l'emportait sur celle même de » l'Eglise. Quand on leur demandait: Qui vous envoie ? Per- » sonne, répondaient-ils ; c’est nous-mèmes ; et lorsqu'on » ajoutait : Où sont donc les marques de cette mission ex- » traordinaire? quelle approbation avez-vous du Saint-Siége? » ils ne répondaient rien parce qu'ils ne pouvaient rien ré- » pondre ; et néanmoins ils ne laissaient pas de continuer » à débiter leur doctrine, sans mission, sans l’approbation » de leurs supérieurs ; condition absolument nécessaire, » et qui l’a toujours été dans l'Eglise, Saint Paul lui-même, » tout apôtre qu’il était, prit les ordres de saint Pierre. » Non, sans la soumission, il n’y à plus rien d'assuré. Je » vois d’ailleurs, dans les personnes qui vous ont attirée à » leur parti, tant d’opiniâtreté, d’emportement, de mé- » pris de tous ceux qui ne pensent pas comme elles, tant » d'estime d’elles-mêmes au préjudice du corps de l’Église » et du commun des Fidèles, que cela m’effraie pour vous. » Gardez-vous donc de ce levain dangereux; et quelque » belle apparence que vous remarquiez dans ceux dont je » parle, éloignez-vous-en au plus tôt, pour vous attacher

» uniquement à Jésus-Crisr et à la pureté de la foi, qui à (t) Lettresaut. » sera toujours la même dans l'Eglise, parce que Jésus- M. Olier, p. x S8 et suiv, | 9 CHRIST Sera toujours avec elle (1). » V. Les partisans de la nouvelle hérésie étaient surtout at- Prédication à RE , ‘ ia à Port: Royal-tès- tentifs à employer la séduction et 1 artifice, pour attirer à Paris. M. Olier eux les personnes qui pouvaient lui donner quelque éclat, en détourne le . ] onditi it 1 kwutation d frère Jean de la S0it par leur condition, soit par leur réputation de vertu. Croix. L’estime universelle que s’était acquise le frère Jean de la Croix, dans la distribution des aumônes à Saint-Sulpice, (2) Remarques allait jusqu'à la vénération (2), et il parait qu’ils firent historiques, t. Ê : ia D L quelque tentative pour le gagner (3). Au moins serait-il (3) Œuvres 0 .. A : : ds d'Arnautd, tom, tombé dans le piège. sans la fermeté de M. Olier qui l'en xxvi, Préface. préserva. Ce bon frère, simple et sans études, allait tous

su 6 î les dimanches à Port-Royal-lès-Paris, pour y entendre Li) M. Singlin, aumônier de cette maison, et devenu patriarche de la secte, depuis la mort de Saint-Cyran. Ce qui l’attirait surtout, c'était qu’on y lisait tout l'Évangile en latin, et qu’ensuite on l’expliquait en français, pratique qu'il croyait être là marque d’un grand zèle pour la pureté de l'Évangile, ne comprenant rien du reste aux discours de ces novateurs.

M. Olier en ayant été averti, le fit appeler, et lui dit : « J'ai appris que vous allez à Port-Royal, ce qui m’a autant » surpris qu’affligé : ne savez-vous donc pas que ces mes- » sieurs sont dans de nouvelles opinions, contraires au sen- » timent de toute l'Eglise ? » Frère Jean répondit que, sans avoir aucune conférence avec eux, il se contentait d’entendre la prédication, ne trouvant point de prédicateurs qui, à son avis, prèchassent si bien et d’une manière si salutaire. « Est-ce donc, lui repartit M. Olier, que le » Père de Lingendes (c'était alors le plus célèbre ors- (4) Histoire de » teur de la compagnie de Jésus) (4), et beaucoup d’aul'Eglise du XVITe » 3e siècle, tu, p,» (res prédicateurs que nous avons, ne prèchent pas » bien?» Le frère ayant ajouté qu'il lui suffisait d’enten- » dre l'Évangile bien expliqué, comme on faisait en ce liet-

SO) à;et que les auditeurs que » lui dit alors » toule autre p » je l’eusse mis dessus il se reti Pendant ce ten les pauvres, sa à Port-Royal ; a paravant. M. C vit entrer : «E » sans doctrine » Sition avec tc » N'avez-vous » les choses qu » jours dans voi » pas que tout I lui dit plus anéantirent tel vrir la bouche sapercevant de dit, lui dit av » VOUS n’en av » davantage da » cette fois; m:

rent si efficace positions de ce metlre le pied :

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appris qu’on s aot, de l’Oratoir le cardinal de E Bastille, pour & Ni,

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