‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 122 sur 269 · SON ZÈLE CONTRE LE JANSÉNISME · texte numérisé non relu

SON ZÈLE CONTRE LE JANSÉNISME

qui ä;et que les autres prédicateurs n’entretenaient leurs vse auditeurs que d'histoires romaines : « Vous me fâchez, » lui dit alors M. Olier d’un ton grave et sévère; et si at- » toute autre personne que vous m’eût tenu ce langage, r à » je leusse mise hors de céans, tout à cette heure. » Et làlat, dessus il se retira. Il demeura trois jours sans lui parler. ru. Pendant ce temps, le frère ne laissait pas d’aller visiter e la les pauvres, sans être pourtant résolu de ne plus aller ice, à Port-Royal ; au contraire, il s’y sentait plus porté qu’aurent paravant. M. Olier le fit enfin appeler, et dès qu’il le it-il vit entrer : « Est-il possible, dit-il, qu’un petit homme l'en » sans doctrine, que ce pied de mouche, soit en oppotous » sition avec tout le monde ? A-t-on rien vu de semblable ? ndre » N'avez-vous point de confusion devant Dieu, de toutes riar- » les choses que vous m'avez dites ? persévérez.vous tou- Vat- » jours dans votre entètement orgueilleux ? ne voyez-vous atin, » pas que tout cela n’est que fantaisie de votre esprit ? » qu'il il lui dit plusieurs autres choses vives et fortes, qui té de wéantirent tellement ce pauvre frère, qu’il ne put ours de wir la bouche pour dire un seul mot. Alors M. Olier sapercevant de son trouble, et le voyant tout interdit : dit, lui dit avec sa douceur ordinaire : « Je sais que tant » vous n’en avez agi de la sorte, que pour vous avancer mes- » davantage dans la vertu ; ainsi je vous excuse pour sen- » cette fois; mais n’y retournez plus. » Ces paroles fusans rent si efticaces, qu’elles changèrent à l’instant les disd'en- positions de ce bon frère ; il promit à M. Olier de ne plus Que metlre le pied à Port-Royal, et fut constamment fidèle à (y) attestations de sl sa promesse ({). TA L ne le M. Singlin n’était pas le seul orateur de la secte contre VI. lequel M. Olier eût à prémunir ses paroissiens. Ayant rte d'au- appris qu’on songeait à faire venir à Paris le Père Ségue- interdire la de not, de l’Oratoire, supérieur de la maison de Saumur, et que serrer Hi

le cardinal de Richelieu avait autrefois fait enfermer à la sénistes, Bastille, pour son zèle à soutenir la doctrine de Saint-Cyni, 143

lieu-

(1) Vémoires chronalogiques et dogntaliques, par d'Avrigny, 41638, juin 4 et 5.

(2) Lettresaut de M. Olier, p.

(3) Mémoires

Pour servir à

histoire dePort-

Royal, par M.

du Fossé.Utrecht,

(4) Histoire de L'Eglise du

AFPIle sièvie, 1.

IV, Ch XXH, pe.

rau (1) : il fit prier le Chancelier de prévenir ce mal, et écrivit encore à saint Vincent de Paul, afin qu'il voulût bien joindre ses instances aux siennes. « Peut-être » serait-il important, lui disait-il, que vous vissiez vous- » même M. le Chancelier pour le prévenir sur cela, selon » les voies que la divine Sagesse pourrait vous en ouvrir : » je me crois obligé à vous donner ces avertissements, et à » vous découvrir ces intrigues, formées contre l'œuvre de » Diku, que vous aimez et que vous êtes chargé de » maintenir (2). »

Mais un des hommes les plus vantés de ce parti était, sans contredit, le Père Toussaint des Mares, aussi Oratorien, qui, par les charmes de sa diction et de son éloquence, attirait le peuple en foule + (3). Quoique la chaire lui eùt déjà été interdite par un ordre de la Régente (4), les Jansénistes se persuadèrent que le Roi, dans le commencement de sa majorité, n’userait pas d’une si grande rigueur à l’égard d’un orateur que tant de personnes désiraient d'entendre. Ils invitèrent donc ce Père à prêcher le Carème à Saint-Merri ; et il y eût probablement rempli cette station, si M. Olier ne se fût empressé de dénoncer leur dessein à la Reine-mère. « J’ose adresser à Votre Ma- » jesté, lui écrivit-il, une prière très-instante, de la part » de toutes les personnes qui soutiennent et favorisent la » sainte doctrine de l'Eglise contre les nouveautés, de » vouloir encore empêcher que le Père des Mares ne » prêche : on dit hautement qu’il doit monter, ce Carème, » dans la chaire de Saint-Merri. La régence de votre » fils ne doit pas être moins vigoureuse à réprimer cette » hérésie que ne l’a été la vôtre ; et votre Conseil, Madame, » vous indiquera les moyens de faire observer la défense

+ Boileau, dans sa dixième Satire, fait allusion aux prédications de cet orateur :

« Des Mares, dans Saint-Roch, n'aurait pas mieux prèché »

sénius (5),

vingt-neuf maisons plus aujourd’hui.

s » déjà intimé » importante :

» cations détr:

» dans une a effet. L'archev chaire au Père ans, ne prècha Ce zele de contre lui les.

décrier partout condamné la d et surtout apr l'exécution de les vrais enfant imement cond uistère pastora division se mit burnèrent du jusqu’à condam nouvelles. Apr sénistes affectai schisme, étaien éèque de Rod l'Auxerrois; e Boucherie (4). « » qu'à regarder

+ On compte ju férentes personnes et professeurs de & pour presser l'exéc

+ La paroisse 54

l, et ulût -être [ousselon vrir :

,età re de é de

était, )rato- 1 élohaire Le (4), comrande »s déècher empli Loncer e Ma- La part sent la

és, de es ne Arème,

votre !

pr cette dame, léfense

tions de

SON ZÈLE CONTRE LE JANSÉNISME. 195 » déjà intimée à ce prédicateur, comme une chose très- » importante à maintenir, puisqu’un Carème de ses prédi- » cations détruira plus de bien qu’on n’en pourrait faire

» dans une année entière (1). » Cette démarche eut son PS pre ?.

efet. L'archevèque, sur une lettre de cachet, interdit la +4 is ; ) Histoire géchaire au Père des Mares (2), qui, durant pres de vingt nérale du Junsé-

as, ne prècha plus à Paris. le

Ce zele de M. Olier, pour la pureté de la foi, irrita VIL.

wntre lui les Jansénistes, et ils en prirent occasion de le , M- Olier est traité par plu-

décrier partout. Après la bulle d’'Urbain VUL qui avait sieurs curés de

condamné la doctrine contenue dans le livre de Jansénius, FT rie et

et surtout après les brefs d’Innocent X, pour presser l'exécution de ce jugement (3) +, M. Olier, comme tous 3 Histoire de

NA a , . ’Roli : 0j l'Eglise du Lie ls vrais enfants de l’Eglise, tenait ces erreurs pour légi- Mers

imement condamnées. Mais ses confreres dans le mi- p-467.

uistère pastoral n’imitèrent pas tous son exemple : la

division se init parmi les curés de Paris, dont plusieurs se

tournèrent du côté des novateurs, et en vinrent même

jusqu’à condamner ceux qui ne suivaient pas ces opinions

muvelles. Après M. Olier, les principaux, que les Jan-

sénistes affectaient de représenter comme fauteurs d’un

shisme, étaient Abelly, curé de Saint-Josse ++, depuis

wèque de Rodez; Colombel, curé de Saint-Germain-

l'Auxerrois; et Chapelas, curé de Saint-Jacques-de-la- (4) Histoire de V’EgliseduXVII

Boucherie (4). « Ils en viennent, écrivait M. Olier, jus- siècée à. n, liv.

4 reoar 0 ‘ ipaci 1 An “Vi, Ch, in, p.126 » qu'à regarder comme des hérésies, si l’on prèche que 327 9" "”

+ On compte jusqu'à treize brefs adressés par Innocent X, à difrentes personnes et à plusieurs corps, comine à tous les docteurs et professeurs de Sorbonne, aux Universités de Louvain et de Douai, pour presser l'exécution de la bulle de son prédécesseur, contre Jan-

sénius (5). (5) /listoire de

l’Église, ibid.

+ La paroisse Saint-Josse, qui ne contenait dans son étendue que

vingt-neuf maisons, et dépendait de celle de Saint-Laurent (6), n existe, (6 ;Lebeuf, His

, toire de Paris, t plus aujourd’hui. li, P. 490,

(+) Lettresuul.

de M, Olier, p.

(2 Ibid.

(3) Ibid. pag.

M. du Hamel rétablit à Saint- Merri la pénitence publique.

» JEsUs-CHRIST est mort pour tous; que les commande. » ments sont possibles; que l’on résiste souvent à la » grâce (1) : disant que les propositions contraires sont de » la foi. Ils publient hautement que je fais schisme dans » l’Eglise, n’étant pas avec eux, et prèchant une autre » doctrine; et ainsi je suis le chef des schismatiques, » parce que je suis uni au gros de l’Eglise, qui n’est pas » de leur parti,et qui s’élève contre cette nouveauté (2), » Ts nous accusent mème d’être Pélagiens ou Semi-Péla- » giens, disant que nous donnons tout à la nature et rien » à la grâce, et qu'ainsi nous sommes hérétiques. C’est de » la même sorte que les huguenots imposent à l’Eglise » pour la rendre méprisable, quand ils disent que nous » sommes idolâtres, et que nous adorons les images et les » Saints. Nous répondons à ces messieurs, que nous ne » donnons rien à la nature de toutes les choses surnatu- » relles, que nous reconnaissons que la grâce en est seule » le principe; que nous ne sommes pas suffisants d'avoir » de nous une bonne pensée, selon saint Paul; que c'est » à Dieu de nous donner de quoi vouloir et parfaire en » sa grâce; Car nous ne sommes pas plus capables, de » nous-mêmes, de vouloir et d'accomplir les choses surna- » turelles, que de les penser. Il faut grâce en tout et par- » tout, et nous ne pouvons rien sans la grâce de Dieu; que » peut-on donner davantage à la grâce? Ils nous veulent » imposer que nous ne croyons pas cela, pour avoir droit » de nous venir brouiller (3). »

De tous ces novateurs, le plus animé contre M. Olier était M. du Hamel, curé de Saint-Merri. Henri du Hamel, esprit déguisé, souple et” flatteur, parut aux sectaires nn homme propre à servir avantageusement le parti, depuis surtout qu'il eut fait ses preuves, en rétablissant, selon les principes d’Arnauld, la pénitence publique, dus une paroisse du diocèse de Sens, où il était curé. Dès ce moment, on chercha à le produire sur un plus grand théâtre, et à

PÉNITÉ le mettre à la tè sint-Merri par:

qu'aucune autre (yran, persuadi «retirer à Portsuccédât. Ce fut wisse de Saintœlle de Saint-S M. du Hamel s’é sastiques, leur txte de leur exf sur les matières butes composée.

qualité, qui y v dans la foule ( l'exercice du ca!

boujours en beau cétait un empres joindre à cela les ps moins de brt de ce nouveau € dont il était co le nom spécieu] k pénitence p dans la paroissd temps +.

M. du Hamel avait distingué n'étaient coupal premier; ils ass

Ÿ Le vicaire de Saint Merri, entrepi glise primitive, de 1 saint, et de rétablir

ndeà la t de utre

ues,

pas

Pélarien st de glise nous et les IS ne Datuseule avoir

c'est re en s, de urna-

tpar- }

5 que ulent droit

Olier amel, es fn lepuis on les Le pament, , et à

PÉNITÉNGES PUBLIQUES DES JANSÉNISTES. 197 le mettre à la tête de quelque paroisse de Paris. Celle de gint-Merri paraissant plus favorable à leur dessein qu'aucune autre, Arnauld; et de Barcos, neveu de Saint- (yran, persuadèrent à M. Hillerin, qui en était curé, de & retirer à Port-Royal, et obtinrent que M. du Hamel lui

succédât. Ce fut en l’année 1645 (1) : on vit alors la pa- (1) Lu réalité

: : : É eut d rojet di wisse de Saint-Merri affecter une sorte de rivalité avec 3, Fontaine,

elle de Saint-Sulpice, et se déclarer en tout son émule. nt par ‘ exécution, À. 1,

M. du Hamel s'étant mis en communauté avec ses ecclé- p. 224,230. sastiques, leur fit des conférences réglées, où, sous prétxte de leur exposer les devoirs de leur état, il disputait ur les matières de la grâce ; et ces réunions furent bientôt outes composées de laïques, et mème de personnes de qualité, qui y venaient fort assidûment et se cachaient

dans la foule (2). On voulut mettre aussi en honneur (2, memaires l'exercice du catéchisme; les personnes âgées y étaient Ma PE toujours en beaucoup phus grand nombre que les enfants : de eta Bi. M4; vétait un empressement incroyable pour y pénétrer. Il faut (3: 1bid. pag.

HU à + 446. — Memoi jindre à cela les prônes de M. du Hamel, qui ne faisaient mur servir à la

ps moins de bruit (3); et, enfin, la vogue extraordinaire ”° .,

dece nouveau directeur parmi les dames de la paroisse, te de l'Instiin-8°, n. 419.

dont il était continuellement assiégé (4). Tout cela avait —” Histoire de

r + , Q d' bb P. Lle nom spécieux de réforme. Mais c'était surtout par p, ss

re . D , . VS va 169.— Journaux k pénitence publique qu’on prétendait faire revivre, de de Li,

dans la paroisse de Saint-Merri, la pureté des premiers pag. 93. . 14) La réalité, temps +. etc. p. 230, 231.

M. du Hamel, lorsqu'il était curé au diocèse de Sens» avait distingué les pénitents en quatre ordres. Ceux qui n'étaient coupables que de péchés secrets, formaient le rremier ; ils assistaient à l’office tout au bas de l’église, et

T Le vicaire de Belleville, près Paris, succursale de la paroisse de Saint Merri, entreprit, pour faire revivre, disait-il, les mœurs de l’Eglise primitive, de ne plus baptiser, dans sa paroisse, que le Samcdi- PA : Line: à saint, et de rétablir l’immersion comme essentielle (5). 43, di

séparés des autres parofssiens de quatre pas de distance, Le second était de ceux qui avaient eu quelque démélé avec leur prochain, mafs sans scandale; c'était hors de l'église et sous le vestibule qu'ils se placaient. Le troisième degré était de ceux qui avaient commis quelque péché scandaleux; on les reléguait dans le cimetière. Enfin ceux qui étaient longtemps démeurés dans le péché, allaient se placer sur une petite colline, d’où ils découvraient l'entrée de l'église, Tous ces pénitents devaient demeurer pieds et tête nus, durant l'office, et ajouter encore d’autres mortifications, comme les jeünes, les disci- “ DE cd plines publiques, la haire (1). À Saint-Merri, M. du Hat1,p.656. mel fit adopter ces nouvelles pratiques, en y apportant toutefois plusieurs modifications ; et, pour les accréditer plus promptement, les ecclésiastiques de cette paroisse se mirent à enseigner que Vabsolution sacramentelle, sans AL roue la satisfaction, était nulle (2), La pénitence la plus ordi- 44. naire qu’ils imposaient, c'était d’obliger les pénitents à se tenir au bas de l’église, et même hors du portail, surtont à ne point jeter les yeux sur le saint-Sacrement. On rapporte qu’une très -vertueuse fille, l’ayant entrevu par mégarde, courut aussitôt dans la rue voisine, de peur de le voir et de l'adorer, et qu’elle aurait persévéré dans (3) M. Philippe. ses vaines craintes, si un prêtre de Saint-Sulpice (3), à qui on la conduisit pour la calmer, ne l’en eût délivrée 4 74: Pe5- en dissipant son illusion (+). On imposait aussi pour pénitence ce qu’on appelait des heures de larmes, et qui consistaient à faire des efforts pour pleurer durant ce (8) Ibid. p. 43. temps (5), Les disciplines étaient d'un fréquent usage. On IX. racontait même que les disciplincuses de Saïnt-Merri s'asae peer semblaient à quatre heures du matin, dans une chapelle ques. Exils vo- de cette église, et s’y livraient de concert à toute leur AE ferveur, Au moins est-il certain qu'il y avait alors. à Paris de ces flagellantes, et que les plus modérés du parti craignaient qu'à la fin ces excès ne donnassent lieu à

PÉNITEN des scandales pl k conduite de 1 et ne renouvelas ques.

Les femmes st pénitence avec ta rurent, et que d’ quittaient les vil dtait, entre autr rvêtue d’habits d'Issy, près de P une espèce de gl sortait de terre. | mrmi les dévote:

sitre Pélagie - la Port-Royal-des -C la protection d l'Anne d’Autricl d'augmenter leur voyait accourir à mème des plus Luynes et de Li:

avaient fait cons sy rerer de ten vaient accréditer l'amour des no quer les fâcheu] dans la paroisse.

» profonde déso » fidélité que je

» paroisse, et do » cette tentation » obéissance fo

ouent ensci- Hatant iter e se ans rdià se sur- On par eur lans ), à vrée péqui t ce . On S'aspelle leur TS. à parti 1 à

Page 1