‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 140 sur 269 · SUR L’AFFAIRE DU DUC DE LIANCOURT · texte numérisé non relu

SUR L’AFFAIRE DU DUC DE LIANCOURT

NOTE 9, p. 222. — Les Jansénisies ont écrit que le Pape, informé par M. de Lionne, ambassadeur de France auprès de sa Sainteté, de ce qui venait d'arriver à Saint-Sulpice à l’égard de M. de Liancourt, bläma la conduite de M. Picoté (4). Cette improbation, si e!ie fut réeile, était fondée sur un faux exposé des circonstances du fait, que les écrivains du parti ont üénaturé dans tous leurs ouvrages. D'ailleurs, comme elle n’a pour garant que le témoignage de M. de Lionne (5), on pourrait peut-être, etavec quelque fondement, en suspecter la vérité. La femme de

M. de Lionne faisait distribuer ses aumônes par le ministère,

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DU LIVRE NEUVIÈM!, 239 d'Arnauld (1): elle était fort attachée au parti, et se servait des Heures à la Janséniste, ou «de Port-loyul!(2). À Rome, on disait que le secrétaire de l’ambassadeur, chargé aussi de la conquite de ses enfants, était Janséniste ; et entin, l'on soupçonnait

” J'ambassadeur lui-même de n’être pas éloignéde cessentiments(4),

quoique, par ménagement pour la Cour, il n’en manifestät rien au dehors, et que plusieurs le tinssent pour très-orthodoxe (4).

NOTE 10, p. 222. — Un écrivain du parti assure faussement, «que M. de Liancourt, avant l’éclat que nous avons raconté, » n'avait demandé aucune permission de se confesser ailleurs » qu'à sa paroisse, quelque sujet qu’il eût de se plaindre de » M Olier(5). » Cette assertion, inventée à plaisir, est ouvertement démentie par les Registres de la juridiction de l’abbaye Saint-Germain : on y lit que, neuf mois auparavant, le 6 mai 1654, le duc et la duchesse avaient obtenu de se confesser àtels confesseurs qu’ils voudraient, même hors de la juridiction de l'abbaye Saint-Germain 6).

Cet écrivain, et la plupart des auteurs Jansénistes, ont avancé avec aussi peu de fondement, qu'après le prétendu refus d’absolution, le duc de Liancourt s'était adressé à l'abbé de Saint-Germain, qui lui avait permis, dans cette circonstance, de se conlesser aileurs qu’à la paroisse de Saint-Sulpice. Quoique nous ayons parcouru les registres de l’abbaye avec tout le soin que nous &vons pu y mettre, il nous a été impossible de trouver le moindre vestige de cette permission prétendue. On ne voit pas, au reste, pourquoi le duc Paurait demandée alors, puisqu'il s’en était déjà pourvu par précaution depuis neuf mois, et qu’elle était encore valable pour plus d’un an. il est vrai que dans les jours qui suivirent immédiatement cet éclat, le 7 février 1655, le duc et la duchesse de Liancourt demandèrent et obtinrent une dispense du Prieur de l’abbaye, mais bien différente de celle qu’on prétend, ct fort éloiguée des principes austères que ce parti affectaiten toute rencontre : car, ce qu’on n’aurait pu imaginer, ce fat la permission de manger de la viande pendant le Carème(7).

NOTE 11, p. 222, — Nous ne parlerons pas des divers écrits composés en faveur de M. Olier et de ses prêtres, à l'occasion de l'affaire du due de Liancourt. Nous citerons seulement une lettre du Père Annat, Jésuite, et confesseur du Roi, qui résume cette controverse avec une netteté et une précision remarquables «D'abord, M. Arnauld rend public, dit ce religieux, un procès » sur Un fait qui requérait le dernier secret, et où les accusés

(0) (Huvres d'Arnauld, 1, p 668.

(2) Ibid. p. 143.

(3) Archives du ministère des affaires étrangeres. Ibid, 47 junvier 14056, Lettre du Père Duneau.

(4) Lettres aut.

de M. Olier, v.

(?) Histoire ecclésrastiqe du AT IT siècle, ete.

Ms de la Bibl.

de l'Arsenal, À mu, | «1, p. 387.

(6) Pag. 115.

(7) Registre de la juridiction,

etc. bit. p. 157.

2h0 NOTEA DU LIVRE NEUVIÈME.

» n'ont pas la liberté de parler, ni de se défendre, En second » lieu, il change l'espèce du fait, et prend un délai d absolution » sacramentelle pour un refus de communion. Enfin, il appelle » ce prétendu refus de communion (qui peut se faire dans le » secret de la confession, en avertissant le pénitent de ne pas » s'y présenter), une excommunication, pour laquelle il faut une » juridiction épiscopale, 1 demande où est le crime public et » scandaleux de ce seigneur, qu'on a «xcommunié de la sorte, » et prétend que les prêtres de Sain Sulpice ont commis le (+) Archives du, péché mortel, anquel saint Thomas condamne tous ceux qui Brie pr » usurpent un pouvoir qui ne leur appartient pas ; ce qui est un res, Rome, sep. » étrange qui pro quo, et une confusion du for extérieur qui Le ra AE regarde la police et la discipline extérieure de l'Eglise, et du Flo » for intérieur qui regarde le sacrement de confession (1),

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