‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 163 sur 269 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

M. OLIER FORME LES CLERCS DU SÉMINAIRE AUX VERTUS ET A LA PERFECTION SACERDOTALE.

La satisfaction qu'éprouvait le serviteur de Dieu en I. voyant le bâtiment du séminaire élevé, n’était pas compa- | ds : à se ; : LES ue . de ferveur do rable à la joie que lui donnait l'édifice spirituel qui pre- jouissait le +

nait chaque jour de nouveaux accroissements (1). IL faut, Minaire sous Li

un effet, que la ferveur de cette maison ait eu quelque chose Ce Ce de bien remarquable, pour avoir pu mériter ce bel éloge qu'en fit vers ce temps M. Godeau, évèque de Vence. « Je » ne puis oublier en cet endroit la communauté et le sémi- » naire que feu M. Olier, curé de Saint-Sulpice, homme » d'une éminente piété, et à qui Dizv avait donné beau- » coup de lumières, établit dans sa paroisse, aussitôt qu'il » en eut la conduite, Le bâtiment extérieur est très-magni- » lique ; maïs le bâtiment intérieur, je veux dire le gouver-

Olier.

QU Lettres nt, de M. Ciur. d.

de Je R % » nement des ecclésiasiiques, est beaucoup plus digne de

» louanges : et au lieu que ies Apôires disaient au Fils de » Dieu : Vide quales lapides ! on pourrait dire avec raison : » Fidele quales homines ! Voyez quels hommes se forment » dans cetie maison (2).» M. Godeau rappelle ici la réponse qu’il fit lui-mème à quelques ecclésiastiques qui, lui montrant le bâtiment du séminaire nouvellement construit, lu dirent pour lui en faire admirer la beauté et la solidité ces paroles des discipies au Sauveur: Vide quales lapides (3) !

ävant d'exposer ia maniere dout M. Olier formait ses disciples aux vertus sacerdotales, il est à propos de lure connaître quelle idée il avait conçue de la perfec: ion à laquelle tout ecciésiastique doit s’efforcer de par-

venir, ei alin d'exposer ici ses vrais sentiments sur une matière si sujette à illusion, nous rapporterons les il, 19

(2) Traité des séminaires, pti A. Godeaut, 1664, in-12, p. 11, — Voyez les Moyens de vivre dans une

. communauté eccl,

Vie de M.de Luntages, In-8 p.

\3) Jbid. pag.

416, noie 4.

Quelle est la perfection à laquelle les prétres doivent àspirer,

paroles de M. Tronson, son fidèle interprète. « Quand on » dit à un ecclésiastique, qu’il doit être pour le moins aussi » mortifié, aussi humble, aussi modeste, aussi fervent que » le sont les religieux : ce n’est pas qu’on ait dessein d'en » faire un religieux ; mais on prétend en faire un ecclé. » siastique tel que saint Augustin en a désiré dans son » clergé, tel que l’Église en a demandé dans tous les si. » cles, et tel que notre très-honoré fondateur M. Olier a pré. » tendu en former dans le séminaire et dans la commu. » nauté de Saint-Sulpice. Vous pouvez voir, dans son livre » des saints Ordres, quels ont été ses sentiments sur ce » sujet. Pour moi, je lui en ai oui parler cent fois durant » sa vie. Il nous disait que les ecclésiastiques étaient mis » dans l’Église pour servir de modèles de sainteté à toute » sorte de conditions ; qu’ils devaient par conséquent pos- » séder les grâces et les vertus de tous les états, lesquelles » devaient être en eux si achevées et si parfaites, que les » religieux, aussi bien que les gens du monde, y pussent » remarquer tout ce qui est nécessaire à leur perfection, » Que si dans le monde on disait des prêtres plus retirés, » qu'ils vivent comme des religieux, ce n’était que par un » effet de la corruption du siècle, qui même ne venait que » de celle du clergé; parce qu’il fallait plutôt dire, pour » parler le langage des Saints, que ce sont les religieux qui » vivent comme les prêtres, puisqu'il est de lobiigation » essentielle et primitive des prôtres de vivre de la sorte, » et qu’il est du devoir indispensable des religieux d’imiter hits les saints prêtres, de suivre leurs vestiges et de se sanctr- M. Tronson, 1. » fier en pratiquant les règles de perfection qui ont ét

M Lane premièrement données pour le clergé (1). »

ul. D’après ces principes, M. Olier, convaincu qu'il ne deter À les Vait pas y avoir dans l’Église de noviciat plus fervent ni sujets avant de plus saint qu'un séminaire, ne recevait pas indistinctement terne TE dans le sien tous ceux qui se présentaient pour y être admis. Il les soumettait auparavant à une épreuve, les obli-

VE geant à veni leurs disposi ne se portaie où pour cons moins longue tant. Ce fut 1 l'admission « plusieurs fois Paris pour y au séminaire peine eut-il « qu'il désira d il possédait d gant qu'il n hition ou d’ épreuve ; et à:

ment des bien déjà faits dan:

sujets qu’il et son entrée le Cette sage circ M. Olier. L’u Père Thomass de Saint-Sulpi » gardons cett » Sujettisseme et M. Lescha » usage de ne » séminaire, q Dés que M.

de lui inspirer en faire pratiq » disait-il, ét » tiens, on n’ad » déjà dans la

nd on AUSSI nt que n d’en ecclé-

ns son les Sièr'apréommun livre sur ce durant ent mis à toute ent possquelles que les pussent rfection.

s retirés, par un nait que re, pour ieux qui igation la sorte, d'imiter e sanctiont été

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les obli-

VERTUS CLÉRICALES. MOURIR AU MONDE. 291 sant à venir conférer avec lui, afin qu’il pût connaître eurs dispositions intérieures (1). Il examinait surtout s’ils PA arr ier pe ne se portaient pas à l’état ecclésiastique pour acquérir est. — fie de M : D de Lantages, inou pour conserver des bénéfices ; et l’épreuve était plus ou go, liv. 1, n.9, moins longue jusqu’à ce qu'il eût éclairci ce point impor- ?- !?tant. Ce fut le motif qui lui fit différer cinq ou six mois l'admission de M. Charles de Lantages, dont nous aurons plusieurs fois occasion de parler. Celui-ci, s'étant rendu à Paris pour y faire ses études de théologie, vint par hasard au séminaire visiter M. de Poussé son parent (2) ; et à (2) Généatogies : des Maitres des peine eut-il connu la vertu de ces fervents séminaristes, ,equéres, in-fol, quil désira d’être reçu lui-même dans leur société. Mais 97 P. 156. il possédait depuis longtemps un bénéfice. M. Olier, craigant qu'il n’y eût dans ses vues quelque mélange d’ambition ou d'esprit d’intérêt, le soumit à cette longue épreuve ; et ayant enfin reconnu que son parfait détachement des biens du monde, et les grands progrès qu’il avait déjà faits dans la vertu, le rendaient l’un des plus dignes sujets qu’il eût encore reçus au séminaire, il assigna pour son entrée le jour de Saint-Sulpice, 17 janvier 1643 (3). (3) perit re- : : sur res cueil ou mémoire Cette sage circonspection fut imitée par les successeurs de y. de Lan- M. Olier. L’un d'eux, M. Tronson, écrivait au sujet du {49es; par la mère are Ms.

Père Thomassin de l’Oratoire, qui avait choisi le séminaire in #, p. 5, de Saint-Sulpice pour l’éducation de son neveu :* «Sinous * NOTE 1,p. AP, ? 144 9 Er à PRES , 341.

» gardons cette formalité à son sujet, ce n’est que par l’as-" }}) pestres de » sujettissement que nous devons rendre à notre règle (4) ;» : , he À gers; et M. Leschassier disait pareillement : « Il est de notre re” septembre 1700, » usage de ne point donner parole de recevoir personne au 45, Lettre de ) SE 4 s : M. Tronson à Ù tminaire, que nous ne l'ayons vu (5). » M) Leschassier. Des que M. Olier y avait admis quelqu'un, il s’efforçait iV. de lui inspirer le désir de la perfection chrétienne, et de lui M.Olier exerce ses disciples en faire pratiquer les actes peu à peu. « Les ecclésiastiques, } ononcer au » disait-il, étant obligés d’être les plus parfaits des chré- monde et à ses maximes, » tiens, on n’admettra personne à la cléricature, qu’il ne soit

» déjà dans la perfection chrétienne, ou qu’au moins il n’y

(1) Mémoires aut. de M. Olier, tv, p. 409, 410, 4 { ! L

(2) Recueil de divers cerits de M, Olier, Ms.

in-4o, 4er avis, n.

ÿ, fol, 44, — Divers écrûls Spirituelsde M. Olier, 1.1, p. 224.

(3) Wie de M.

de Lantages, inë#, Liv. 1, u. xtu, d. 9,

292 PARTIE HI, LIVRE IH, — SÉMINAIRES, » aspire et ne veuille y parvenir, Pour cela les aspirants au » clergé seront tous soigneusement exercés à l’abnégation » d'eux-mêmes, selon l’ordre de Notre-Seigneur : Abnegel » semetipsum ; et l'on s’assurera s’ils veulent pratiquer les » plus saintes et les plus pures maximes de l’Evangile : à » défaut de quoi, on ne doit point les admettre à la ton. » sure, puisqu'un clerc est censé être parfait chrétien (1),

» D'abord on les exhortera à mourir au siècle, Il faut » leur apprendre que la maison est cette haie de l'Evangie, » qui sépare la vigne du Seigneur d’avec le monde, La » haie est remplie d’épines ; le monde ne doit pas s'en ap. » procher qu’il n'y soit piqué, c’est-à-dire, sans qu'on lui » fasse comprendre l'horreur que l’on a de ses maudites » maximes. La maison doit être si pleine des vertus évan- » géliques, qu'elle inspire le dégoût, l’aversion et l'horreur » de tous les vices contraires. Ainsi on doit se dépouiller des » livrées du monde, de son extérieur, n'ayant rien daus là » composition du corps qui tende à acquérir son estime (2),» M. Olier ayant remarqué dans M. de Lantages un certain mouvement qu’il donnait à son corps en marchant, «t qui paraissait tenir des manières affectées du monde, il le pria plusieurs fois avec beaucoup de douceur de se composer autrement. Mais quelque volonté que M. de Lantages eùt de se corriger, la longue habitude qu'il avait de ce défaut, l'y faisait souvent retomber malgré lui. M. Olier ne laissait pas néanmoins de l'en reprendre dans l’occasion : un jour qu'il était au confessionnal, ayant apercu M. de Lantages qui passait devant lui, et murchait selon sa coutume , il en sortit, et le prenant par les épaules : « Eh, mon Dieu, lui dit-il, vous marchez encore » de cette sorte ?» Cette correction, qui produisit sur-lechamp son effet (3), ne saurait paraître minutieuse, si ou se rappelle que saint Ambroise, malgré sa modération el sa prudence, ferma l’entrée du sanctuaire à un jeune homme, d'ailleurs irréprochable, dont le geste lui deplai-

sait, et qu’il trop fière (1) Quoique deres du sc à l'égard des inséparables dehors affect térèt propre, l'estime, et » au monde, » fane, la ci autres pet » Composer: $ » plaire au :

» civil. Tout » éloignée de » dé, en Sa p » propre, qui » Ce qui doit » compagnie » mes estimé » contraire, $ » grâce, nous » effets, c’est » l’attacheme » secrète que » nous ne la » Regardez co » Qu'il faut c » voir. Cela 1 » du monde » sel diligere » l'estime ; 1 » veulent pa » moqués du

rants au négation Abneget iquer les ngile : à à la ton.

étien (1).

e, [l faut Évangiie, onde. La s s'en apqu'on lui maudites {us évanl'horreur uiller des n daus là time (2).»

n certain hant, et monde, il ur de se ue M, de qu'il avait algré lui.

ndre dans al, ayant

et marnt par les 164 encore sit sur-lese, Si 01 dération et un jeune ui deplai-

MOURIR AU MONDE. 293 it, et qu’il en rejeta un autre dont la démarche lui parut à Se Forge trop fière (1). nistrorum, lib.

quoique M. Olier eût beaucoup à cœur de voir les 79.7" """ deres du séminaire observer mutuellement entr’eux, ct à l'égard des personnes du monde, toutes les bienséances inséparables de la vraie charité, il ne pouvait souffrir ces dehors affectés, pleins de dissimulation, d’ambition et d’intrèt propre, dont les mondains se parent pour s’attirer l'estime, et être bien vus dans les sociétés, « Etant morts » au monde, disait-il, nous devons éviter l’extérieur pro- » fane, la civilité affectée, le compliment, le bon mot, et » autres petites gentillesses mondaines; comme de bien » composer son corps, de bien faire la révérence, pour » plaire au monde et pour en être estimé courtois, poli, » vil. Tout cela rend une personne très-blâämable et très- » éloignée des sentiments chrétiens, parce qu’il est fon- » dé, en sa première origine, sur la superbe et l’amour- » propre, qui veulent être bien venus, estimés et aimés. » Ce qui doit nous rendre bien venus et souhaités dans les » compagnies, est la mortäu monde : car si nous n’y som- » mes estimés par là, nous n’y ferons point de fruit. Au » contraire, si on nous y estime à cause de notre bonne » grâce, nous n’y ferons pour l’ordinaire que de mauvais » effets, c’est-à-dire, que nous inspirerons aux autres de » l'attachement pour r1s personnes, et une certaine estime » secrète que nous chercherons par cet extérieur, quoique » nous ne la demandions pas d’une volonté délibérée (2). (21 Mémoires » Regardez comme une peste et une exécration, la maxime : De | | . A » Qu'il faut chercher l'estime du monde et qu'il faut L'a- "7 '#+ » voir. Cela ne se peut sans avoir en nous quelque chose » du monde : Si de mundo essetis, mundus quod suun es- (3) ivers écrits » st diligeret. Diet peut bien, s’il veut, nous concilier ot . » l'estime ; mais c’est un don qu’il fait à ceux qui ne le ei se » veulent pas, qui le fuient et le méprisent, et qui se sont écrits de M.

, : ' Olier, Aer avis » moqués du monde les premiers (3). » Li

EL Pour détruire dans les jeunes clercs l'amour des dis. de M. Olier sur tinctions et des places d'honneur dont l’orgueil se repait, lex ipréséances, 1 lier les accoutumait à se placer sans observer aucun

rang dans la plupart des exercices du séminaire; et un jour, ayant remarqué qu'un ecclésiastique voulait y affèc. ter quelque préséance, il lui en fit une correction publique que M. Tronson rapporte en ces termes : « Je me souviens » toujours de ce que j'ai oui dire autrefnis à notre très-honoré Père, M. Olier : c'était en parlant à un jeune ecelésiastique qui était de naissance et de condition, et qui, étant rempli des maximes du monde, où il tenait quelque rang, pouvait prétendre précéder ici quelques autres personnes de la maison, Si vous aimez Jésus-Christ, lui dit-il, vous serez ravi d’être toujours auprès de lui, on avec lui; et pour cela, je vous conseille de vous mettre à » cette place (en lui montrant la dernière) ; car c'est celle

» qu'il aime le plus, qu'il a choisie pour lui, et où on le

(4) Lettres de

M. Tronson, À” trouve plus shrement (1), » Cependant comme une com-

1, Limoges, p. munauté ne peut guère subsist@r sans des distinctions de

469, 4 décembre ne ; ë ne 16%, rangs et de préséance, M. Olier avait coutume de dire à

ceux qui occupaient ces places d'honneur, pour les fortifier contre les atteintes de Ja vaine gloire : « I faut regar- » der les premiers rangs dans la maison, comme des rangs » d’humiliation et de confusion, puisqu'ils sont ceux des » enfants du siècle et les rangs que le malin désire, Cest » un désir de chair et de démon que celui de la primauté. » T1 faut donc porter cela avec honte, et se confondre de se » voiren la place que le diable recherche et que Jésts- » CHRisT fuit. »

NON or. M: Olier ne voulait pas que dans le séminaire on s’enme ses disci- tretint des nouvelles du monde (2), et toujours depuis ples à Ta mor- ]6rs on s’est efforcé de les en bannir +. n’approuvait pas

titication des

sens,

(2 Diversécrits Pe à , de M. Olier,t. + On a eu ici constamment en aversion les publicateurs de gazette,

1, p.224, 223. écrivait M. Tronson. Notre très-honoré Père, M. Olier, ajoutait-il, n*

non plus qu

les choses re deleur défe

leur faire co cs rncontr eux-mêmes

cette matière writable es] excès, Dans

wvec plusieu de passer p

drale, qu'ort gothique. S' veux pour la ris plusieu urètés à re!

leur dit : @ H] » de celle de »etavoir de » dérer les é, » de INEU, pc » et non de € » beaucoup € » des lieux s » l'on rend à » aimé la bea

» de votre gli » princes dai » être la joi » des lieux € »rois et le

à jaais pu soi sen eutretienne si opposée à l’e:

des dise repait, er aucun e; et un t y aflecpublique souviens : très-hone ecclé- 1, et qui, ait queles autres hrist, lui > Lui, ou * mettre à c'est celle où on le une comctions de da dire à les fortidut regardes rangs ceux des ire. C'est rimaute.

ue Jésuses depuis Duvait pas

de gazette, utait-il, n'\

MORTIFICATION DES SENS. 295 non plus que les ecclésiastiques allassent voir par curiosité les choses rares et extraordinaires (1) : toutefois, au lieu for ps deleur défendre expressément de les voir, il aimait mieux &retonvittiers, leur faire comprendre le fruit qu’il y a à se mortifier dans “ "2"? wsrncontres (2), afin de les porter pat là à s’en priver Pole 5 eux-mêmes de leur propre motivement. Ses principes en vu, Lyon, p. 470 | tte matière n'avaient pourtant rien que de ennforme au * PERS véritable esptit du christianisme, toujours éloigné des excès, Dans uh voyage que le serviteut de Dieu faisait wecplusieurs ecclésiastiques du séminaire, el qui l’obligea de passer par Bourges, il se rendit avec eux à la cathédrale, qu'on sait être un süperbe monument d'architecture wthique. S'étant aperçu qu'ils osaient à peine lever les veux pour la considérer, parce qu'il les avait, en effet, reris plusieurs fois, dans la route, de ce qu'ils s’étaienit urètés à regarder divers édifices, il s’approcha d’eux et leur dit : « F1 n’en est point de la beauté des églises comine » de celle des choses du siècle ; il faut mépriser celles-ci retavoir de l'amour pour celles-là, Vous pouvez consi- » dérer les églises, et les autres choses consacrées au culte » de leu, pourvu que vous le fassiez pat esprit de religion » et non de curiosité. L'esprit de religion doit nous donner » beaucoup de joie de voir des temples si magnifiques, et » des lieux si augustes élevés à la grandeur de Div, où » l'on rend à sa Majesté les devoirs qui lui sont dus : Jui » aimé la beauté de votre maison, dit le Psalmiste, et Le lieu » de votre gloire, Et si les sujets sont ravis de voir leurs » princes dans des palais magnifiques, quelle ne doit pas » être la joie des chrétiens, eh voÿant la magnificence » des lieux consacrés au service de leur Maître, le Roi des Mae » rois et le Seigneur de l’univers (3). Car ces inasses p. 548.

(4) Lettres de

M. Tronson, 1.

vin, Le Puy, p.

à jamais pu souffrir les nouvelles; on crie toujours contre ceux qui #41. — Examens Sen entretiennent. Ainsi nous n'avons garde d'approuver une conduite ag Ro si opposée à l'esprit de la maison (4). 94, second point.

296 VAUTEL UE, LIVRE 1, = NÉMINAINEX, » énormes de pierres qui composent les temples majes. » tueux des cathédrales, le son des cloches qui résonnent » au loin, ces Offices magnifiques, ces grandes cérémonies, 14) Divers écrits ? CES ornements pompeux, annoncent, autant qu'on peut anti # . » le faire ici-bas, la majesté et la grandeur du Digv qu'on

ns. » y sert et qu'on y adore (1). »

nl En exerçant ses disciples à la mortification des sens, trappants de M. Olier, qui semblait en avoir perdu lui-même tout RD ete usage (2), offrait à leurs yeux des exemples bien prodonne à ses dis pres à faire, sur leurs esprits, les plus vives impressions, de 4 Musait des choses les plus nécessaires, comme n'en usant ox ui, pas; et un jour que quelqu'un faisait des reproches à un domestique, qui avait apporté au serviteur de Digr un potage tout froid : Qu'importe, répondit ce serviteur, qu'il soit froid ou chaud ? il ne goûte point ce qu'il mange, et PA P#. ne prend pas garde à ce qu’on lui sert (3). Une autre fois comme on l’aidait à s'habiller pour chanter la grand’Messe, le sous-diacre en lui attachant le manipule, enfonca par maladresse l’épingle dans le bras de M, Olier et la poussa jusqu’à los. Après l'avoir poussée avec plus de force pour vaincre cette résistance, il dit enfin à M. Olier qu'il ne pouvait la faire entrer plus avant, Sans retirer le bras ni faire le moindre mouvement, il lui répondit avec «1 douceur et son égalité ordinaire : Elle ne peut pas en- .( bid. var. trer davantage, elle est jusqu’à l’os (#), Les accidents imae prévus n’excitaient pas en lui la plus légère émotion : un jour de Samedi-saint, pendant qu'il faisait la bénédirtion des fonts, la cire du cierge pascal dégoutta quelque temps toute brûlante sur sa main; et l’un des assistants, l'ayant enfin remarqué, arracha cette cire avec si peu de précaution, qu’il faillit lui écorcher la main, sans que M. Olier, durant tout ce temps, eñt donné le moindre si- #) Hbid. gne de douleur ou d'impatience (5).

{ ER Il eût été difficile qu’un homme aussi mortifié n'eût jus e les péniten- fait beaucoup d'estime des pénitences corporelles : anssi

l'usage de

exercice COI plusieurs « jour, qu'au offrir le sa auprès de

» que nous » et si ava » est notre » cions par » de nous, » de notre

de la sorte d'une ferv plus forten propre mot rités se cha de DIEU qui rection à M larges et pri eu encore 1 temps, pou Langrène s( de très-dou son état, il forte et dur de la sincèr eut (2). L’u les premier réglés, abat la vie (3), e pointcomm cffet, plusi s'étant livri pénitences

Majes- Dnnent honies, )n peu Ï qu'on

S sens, ne tout nn pro- DOIUTITA A usant es à un HET un r, qu'il nge, et re fois Messe, nea par poussa € pour u'il ne bras ni Avec si as enits imiotion :

énédie.

quelque slants, peu de LS que dre si-

I puis

! nssi

MORTIFICATION DES SENS, 207 l'usage de la discipline devint en quelque manière un ces corporelles, exercicecommun au séminaire, comme on le pratique dans ter ol a plusieurs communautés. Un ecclésiastique lui disant un gle l'usage, jour, qu'au lieu de cette sorte de pénitence, il aimait mieux offrir le saint Sacrilice, qui est d’une tout autre valeur auprès de Dieu : «I est bien étrange, répondit M. Olier, » que nous soyons si prodigues du sang de Jésus-CHRisT, » et si avares du nôtre. S'il est vrai que le Fils de Dieu » est notre supplément, ne faut-il pas que nous commen- » ions par offrir à Dieu le Père quelque chose qui vienne » de nous, avant d'avoir recours à ce divin supplément » de notre indigence et de notre misère (1)? » En parlant (4 #aprit de de la sorte, M. Olier ne voulait pas approuver les excès : PSE d'une ferveur indiserète : au contraire, il réprimandait plus fortement encore ceux qui s’y laissaient aller de leur propre mouvement, ayant coutume de dire, que les austérités se changent en eruautés, lorsque ce n’est plus l'Esprit de Dieu qui les anime. Aussi fit-il un jour une sévère correction à M. de Poussé, qui, non content de s'être fait de larges et profondes plaies en prenant la discipline, avait eu encore l'imprudence de cacher son mal pendant longtemps, pour souffrir davantage; en sorte qu'à la fin la gangrène s'étant mise à ses plaies, on fut obligé de lui faire de très-douloureuses incisions. Lorsque M. Olier apprit son état, il lui fit en présence de plusieurs personnes une forte et dure réprimande, qui lui devint salutaire, à cause (2 Notes sur

#14 sue ‘ : M. de Pouxsé ; de la sincère et profonde humilité avec laquelle il la re- ys. de M. Les-

mt [6 , Fe ag: ; nos =. nr tai chassier.— Item. eut (2). L'une des maximes du serviteur de Diet était, que qe y. de

les premiers efforts de la jeunesse, lorsqu'ils ne sont point £antages. (3) Lettres spi-

réglés, abattent et accablent le corps pour tout le reste de vituelles de M. la vie (3), et que d’ailleurs ces austérités excessives ne sont a Disrours pointcommunément de durée (#).C'estce qu'éprouvèrent, en .. ne Ta effet, plusieurs jeunes ecclésiastiques de la maison (5), qui, Lt FA s'étant livrés avec indiscrétion et hors de l'obéissance aux w. Tronson, 1.

à A A v, Aulun,p.

pénitences corporelles, abandonnèrent ces pratiques lors- 287,

298 PARTIE II. LIVRE I. — SÉMINAIRES. 1) Mémoires :

a M Raudrand, TUE les premiers mouvements de leur ferveur eurent p.17, 18. cessé (1).

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