IX. M. Olier recommandait à tous ses disciples de s’appli
La mortifica- : : , tion intérieure UÉT à la destruction de leurs vices, moins par les macé.
» lieu q » cemen » cifiant » clinati » racine » ches, D) Ainsi » CRU, »ture (f Ces règ ont touj Sulpice, et c'était écrivait à d'Autun » ristes 1 » est très » soit aP] » nemen » serez à
recommandée rations, qu’il appelait, exercitatio ad modicum utilis, que aux clercs du
séminairedes.- Par l'Esprit de Notre-Seigneur et la pratique des vertus Sulpice. chrétiennes. [l disait que les clercs du séminaire devaient s'exercer surtout à ce dernier genre de mortification. « La
» vocation de la maison, écrivait-il,est autre que celle
» de l'institut de saint Bernard. Dans le monastère du
» saint Abbé, Notre-Seigneur a voulu que l’on domptit
» la chair, et qu'un la réduisit en servitude par les efforts
» extérieurs; et il paraît que dans cette maison il demande
» que l’on dompte la chair par l’esprit. Saint Bernard était
» appelé à se retirer du monde extérieurement; et il est
» visible que, dans notre vocation, l’Esprit de Notre-Sei-
gneur doit nous séparer du monde, au milieu du monde
ma ne cu même (2). La mortification excessive de la chair, disaitil encore, peut nuire au corps et à l’esprit : au corps, en
l’affaiblissant et le ruinant, sans ruiner pourtant le fond
de la vie maligne qui est en nous ; à l'esprit, par l’es- » de com
» time secrète de soi-même et la confiance en ses œuvres, » Saint-S
» Car cette mortification, lorsqu'elle n’a pas l’intérieur » M. Olic
» pour principe, forme dans le secret du cœur une certaine
» complaisance et estime de soi; elle donne à l’âme un
» certain appui fondé surses propres œuvres, ce qui forme
» bien plutôt la superbe qu’il ne la détruit. La mortifica-
» tion intérieure n’a point ces inconvénients : elle est
» d’ailleurs bien plus continuelle que l’autre. Il n’y a
» point de corps qui puisse porter sans relâche les morti-
» fications extérieures : au lieu qu’on peut constamment
» se mortifier à l’intérieur. La mortification intérieure
» est bien plus universelle : celui qui porte la haire af-
» flige l° sens du toucher, sans affliger pour cela tous les
» autres sens ; il en est de même de celui qui jeûne : au
Pour € rieure, M gement € tonsure, de morti quant la traires, I de soi-n béissanc d'un mo refus qu s’oublia
eurent
s’appli- Macé- 8, que vertus evaient n. «La e celle tère du omptit efforts mande rd était t il est tre-Seimonde , disait- TPS, en le fond r l’esuvres, térieur ertaine me un forme rtifica le est l n'ya mortimment érieure ire afus Jes ne : all
MORTIFICATION INTÉRIEURE. 299 » lieu que la mortification intérieure emporte le renon- » cement à tout soi-même : Abneget semetipsum. En cru- » cifiant le cœur, on crucifie la source universelle des in- » clinations et des appétits. Quiconque met le feu à la » racine d’un arbre, fait mourir en même temps les bran- »ches, les feuilles, les fleurs, les fruits de cet arbre. » Ainsi celui qui travaille à mortifier l'esprit et le » cœur, mortifie en même temps toute la vieille créa- (t Discours sur M, de Sal::.
»ture ({).» Ms. de M. Olivr Ces règles si sages, et si conformes à l’esprit du clergé, ont toujours été proposées dans le séminaire de Saint- Sulpice, comme les vrais principes de la vie ecclésiastique; et c'était pour ne point s’en écarter, que M. Tronson écrivait à l’un de ses confrères, directeur au séminaire d'Autun : « La maxime : Qu'il faut donner aux sémina- » ristes l'exemple d’une vie dure, est admirable ; mais elle » est très-dangereuse dans la pratique, à moins qu’elle ne » soit appliquée avec beaucoup de prudence et de discer- » nement; et si vous suivez votre zèle, vous vous expose- » serez à vous mettre bientôt avec plusieurs autres hors » de combat. C’est ce que l’on a vu au commencement de Din » Saint-Sulpice, et ce que vous devez éviter, après que M. Tronson, 1. » M. Olier et l’expérience nous l’ont appris (2). 2 TE Pour exercer donc ses disciples à la mortification inté- X. rieure, M. Olier s’efforçait de les faire mourir à leur juge- P . gement et à leur volonté; et avant de les admettre à la à l'abnégatior : , , “ip de leur jugcetonsure, il les entretenait de la nécessité de cette sorte ent et de leu de mortification, durant une année entière : leur expli- volonté. quant la manière de détruire les vices par les vertus contraires, par exemple, la superbe par l'humilité, l'amour es de soi-mème par la douceur, la volonté propre par lo- spirituels de M béissance (3). Un jeune homme qui aurait dû, pour plus tn Pe AT d'un motif, lui rendre toute sorte de respect, piqué d’un AMD
refus que le serviteur de Dieu lui fit dans une rencontre, fol 44, 42. — £s pril de M. Olier.
s'oublia jusqu’à lui dire insolemment : « Monsieur, vous t. 1, p. 589.
» me l’accorderez quand vous serez de meilleure hu- » meur. » M. Olier, le voyant trop ému pour qu’il pût recevoir la correction avec fruit, ne lui dit pas un mot de sa faute, et se contenta d’abord de lui donner ainsi lui-même une grande leçon de douceur et d’humilité. L’ayant ensuite pris à part, il lui fit avec bonté et charité la correction qu’il méritait, lui montrant surtout combien il était né- Hour LA cessaire qu’il mortifiât tout de bon sa volonté, afin d’être p 558, 350. plus humble et plus soumis en semblable rencontre (1), L'ouverture entière pour le directeur, l’abandon le plus aveugle à sa conduite, et l’observation parfaite du réglement, tels étaient les moyens qu'il leur recommandait principalement pour affaiblir et détruire la volonté propre. « Les clercs du séminaire, disait-il, doivent s’abandonner » à la conduite de Dieu, dont le supérieur leur tient la » place. Il n’y à personne sur la terre exempt de soumis- » sion, quelque communication que Dreu lui fasse de ses » lumières : car toujours faut-il faire approuver ses senti- » ments par celui qui tient ici-bas la place de Duzc. Telle (2 Divers » était la fidélité de Jésus-Carisr, que l'Evangile nous de ni ue » représente soumis dans son enfance à la très-sainte un 0 Fes :» Vierge et à saint Joseph. Après cet exemple, qui voudrait HO er pe » donc se conduire soi-même, comme si on pouvait se vers écrits de M, » promettre une assistance divine, plus spéciale que celle De 2e 8% qu'avait Jésus-CHRIST (2) ? »
. XL On a fait observer plusieurs fois que le serviteur de Rien Dieu se conduisait invariablement d’après ces principes. l'obéissance C’est le témoignage que lui rend M. Tronson dans plu-
ee sieurs de ses écrits. Il y déclare que M. Olier, ayant recu durant sa vie des grâces bien extraordinaires, ne les avait
jamais prises pour règle de conduite, et qu'il avait laisse
pour maxime aux siens, de ne jamais s’y arrêter qu'elles
as n'eussent été vérifiées par les voies ordinaires (3), c’est-à- 1 Tronsou, t. dire, par l'approbation des supérieurs. « C’est un défaut
. Canada, p. : + , + sd: .
> eat," » insupportable, disait en effet M. Olier, que de s'éloigner