CRAINTE DES SAINTS ORDRES
Un moyen pour entretenir et pour accroître, dans le séminaire , la vertu de religion, fut l'institution de la Fète du Sacerdoce de Notre-Seigneur , la plus ancienne des fêtes particulières qu’on y célèbre +, et que plusieurs diocèses ont adoptée depuis. On la trouve aussi appelée la Fête des saints Prétres (1), parce que, le jour de l’Octave, on fait l'Office en l’honneur de tous les saints prêtres et lévites de la nouvelle loi (2). On voulait par là offrir à bus les jeunes aspirants au sacerdoce, autant de modèles des dispositions saintes avec lesquelles ils doivent se préparer au ministère des autels. La plupart étaient, en effet, remplis de crainte aux approches des saints Ordres, en sorte qu’il fallait presque employer la violence pour les füre avancer (3). Ces dispositions étaient trop conformes aux vœux de l'Eglise et à l’exemple des Saints, pour que M. Olier ne fût pas charmé de les voir dans tous ses disdples; au moins ne pouvait-il approuver l’empressement inquiet que certains aspirants font quelquefois paraître ; et nous rappellerons ici une occasion assez remarquable, qui lui donna lieu de mettre à découvert ses sentiments àcet égard. M. de Sève, dont nous avons parlé, et qui donnait de si touchants exemples de religion à la paroisse, voyant que, malgré sa persévérance toujours soutenue, il n’était point invité à se préparer aux Ordres sacrés, fut un peu trop sensible à ce retard, et en témoigna sa peine à M. Olier, par une lettre qu’il lui écrivit. M, Olier lui répondit aussi par lettre (4), et s’efforça de lui faire comprendre que, dans une affaire de cette importance, il ne devait pas prendre conseil des mouvements
+ Il paraît qu’on n’avait point d'Office propre pour cette fête, dans les commencements ; püisqu’en 1660, les directeurs en avaient composé la Messe depuis peu, quoiqu’ils fussent déjà dans l'usage de célébrer cette solennité, qui attirait un grand concours, On la célébrait le 30 du mois d’août,
l'ête du Sacerdoce de Notre - Seigneur, Crainte religieuse des saints Ordres.
(4) Lettres div.
de M. Tronson.
(2) Officia pr pria Seminarii S. Sulpitie, xx Julii, Octav. Sacerdot.
(3) La manière dont on se comportait au séminaire de Saint- Sulpice, elc. in-
(1) lies Ms. de Grandet,t. 1, après la Préface,
Sentiments de M. Olier sur l’'empressement inquiet pour les saint:
Ordres.
318 PARTIE If. LIVRE IT, — SÉMINAIRES.
de la nature, mais s’abandonner à la conduite de ceux à qui Dreu donnait son Esprit pour le diriger. « Quand vous » étiez président, lui dit-il, et que les portes fermées vous » traitiez des affaires de conséquence en votre cour, vous » n’eussiez pas souffert qu’un valet ou un laquais prit » séance ou donnât son avis dans vos sacrés conseils, La » sainte Trinité ne veut pas admettre dans son conseil une » infâme, une harangère insensée, pour y faire vacarme » et pour troubler la paix et le calme qui préside dans le » conclave de la grâce. C’est une insensée et une folle » que la nature; il faut la laisser et l’abandonner aux » portes de notre cœur, et lui laisser faire ses vacarmes » parmi les peuples. Les ministres de Dieu ne font point » cas de ces murmures ; ils n’écoutent que la voix de Jésus, » qui parle avec douceur et avec paix dans l’âme qui est » en silence. Vous savez, par expérience, quelle est la joie » de votre cœur, quand ce grand Tout y préside et y parle : » in pace locus ejus. Votre àme est alors en paix, et rien » ne l’inquiète. Mais quand, au contraire, la nature, cette » esclave révoltée et cette libertine insensée vous parle, » elle.ne porte dans le cœur qu'inquiétude, qu’ardeur, » que chagrin, que murmure, et elle trouble la paix et la » suavité qui doivent vous accompagner toujours.
» Mon cher Monsieur, l’on connait la sagesse des ser- » viteurs, quand ils attendent en paix les ordres de leur » maitre, qui voit ce qui se passe dans la maison, et ne » révèle ses desseins que dans le moment qu’il lui plait. » Puisque notre grand Maitre voit les besoins de son » Eglise, et veille continuellement sur les sujets qu’il dé- » sire avancer , il faut le laisser faire. Il enseigne dans » l'Evangile la méthode de se conduire, disant à chacun » de prendre la dernière place en sa maison et à sa table : » Recumbe in novissimo loco ; et il ajoute, qu'il faut se » laisser presser pour monter plus haut. Notre-Seigneur » tient toujours une même méthode : comme il a donné
» ses conseil » peur d'infi »et la créai » dit-il, ne » il faut qu » qu'on le so » c’est JÉSUS » cœurs, voit » le zèle vér!
» vertus évi » ses charges » et empêche » dés pour y » Anéantis » attendez et » ses disciple »vestras. Il » que l'humi » éloigné des » vous fasse » aussi établi » qu'il demai » jusqu'aux ( » par la [énit » des vertus 1 » à l’onction.
» jours dépe » nation, et ( » Il n’agrée j » dans Sa mi » vocation av Cette lettre s'abindonna it promouvo que cette lo:
eux à il vous S Vous > Vous S prit Is, La il une carme ans le folle T aux armes point Jésus, jui est la joie parle :
et rien , Cette parle, rdeur, et la
»s sere leur et ne plait.
e son il dédans lacun able :
ut se neur lonné
M. DE SÈVE, 319 » ses conseils à toute son Eglise, il ne s’en dément pas, de » peur d'infirmer sa conduite, et d’en Ôter l'estime, la force »et la créance dans l’esprit de ses disciples. Personne, » dit-il, ne doit se presser, ni se promouvoir soi-même ; » il faut qu’il se laisse appeler, il faut qu'on le presse, » qu'on le sollicite, qu’on lui fasse instance. Et comme » c'est JÉsus-CHRisT seul, qui, pénétrant le fond de nos » cœurs, Voit la pureté, la sainteté, la force, la sagesse, » le zèle véritable, la profonde humilité et le reste des » vertus évangéliques nécessaires pou” &t”* ligne de » ses charges, lui-même impose le si. ea: Eglise, » et empèche d’y appeler ceux qu'il ne voit pas assez fon- » dés pour y êtr® promus.
» Anéantissez-vous devant Dieu, vivez en patience, et » attendez en paix la voix de votre Maitre, qui disait à » ses disciples : Zn patientia vestra possidebitis animas » vestras. Il parlera bientôt; mais laissez-le parler, et » que l'humble sentiment de votre cœur, qui se voit si » éloigné des parfaites vertus de l’Ordre où vous aspirez, » vous fasse trembler, de peur d’être promu, sans être » aussi établi que votre divin Maitre le désire, en tout ce » qu'il demande de vous. Travaillez encore avec courage » jusqu'aux Quatre-Temps de septembre, où toute l’Église, » par la |énitence et le jeûne, demandera le supplément » des vertus nécessaires aux ministres qui se présenteront » à l’onction. Tout le bien et toute la bénédiction de vos » jours dépendent des saintes dispositions de votre ordi- » nation, et de votre obéissance à la loi du divin Maitre. » Il n’agrée jamais les services de celui qui entre de furce » dans sa maison, et qui n’a pas attendu son choix et sa, M)-Eettres spi-
rituelles de M.
» vocation avec respect, humilité et patience (4). » ro vit, . CL SV.
Cette lettre modéra l'empressement de M. de Sève : il xxvr
s'abindonna entièrement à la conduite de M. Olier, qui le No ne D a ‘ . : M, de eve ft promouvoir enfin aux saiuts Ordres. La suite montra observer les ru-
que cette longue épreuve n'avait pas été sans fruit pour Ross et les
celui qui eut à Ja subir : cr personne ne respecta plus que lui l’état ecclésiastique, et n’observa plus strictement les saints canons. Lorsqu'il eut été élevé an diaconat, on voulut lui dédier une thèse en Sorbonne; comme on vint lui demander la série. de ses titres, pour les mettre an haut, il ne voulut point en prendre d’autre que celui de diacre ; et, quelques instances qu’on lui fit, il exigea que (9) Grandet,t, la thèse parût avec ce titre : Jounni de Sève Diacono(t), RAI da M. Bourdoïse fut si charmé de cette haute estime pour te de Essai l’état ecclésiastique, qu'il vint exprès en féliciter M. de
sur l'influence, etc. t. 1, p.335, Sève, et qu'il envoya à l'abbé de Val-Richer six exem-
appellent Pier-
re au lieu de plaires de cette thèse, en lui disant : « Elle est dédiée à
Jean. . : PT: .
» un diacre qui a préféré cette qualité à celle de prési- » dent, à laquelle il a renoncé pour se donner tout entier
(@ Vie de M.» au Seigneur, et au service de l'Église (2). » L’esprit de
Bourdoise, in-4o, ‘ | re x
p. M6. mortification et de pénitence, dont M. de Sève fit profession le reste de ses jours, ne l’empèchait point d'avoir une conversation très-agréable, et d’y mêler toujours quelques mots enjoués. Fidèle à toutes les règles de la discipline ecclésiastique, il portait toujours les cheveux courts, observant à la lettre le canon Pateant aures, ce qu'il appelait en riant : avoir ses patentes. Un jour que
(3) Généalogies l'abbé de Sève, son neveu, depuis évêque d’Arras (3), se
sy es présenta devant lui avec des cheveux assez longs : « Eh
Bb de l'A, quoi! Ini dit-il, vous n'avez done pas vos patentes?» I voulait qu'on observât scrupuleusement toutes les rubriques, et il pouvait être proposé lui-même comme un modèle dé cette parfaite ponctualité. Voyant un jour un prêtre qui s’habillait pour aller dire la sainte Messe, et qui se contentait de mettre l’amict sur ses épaules, sans. l'avoir mis sur sa tête auparavant : « Comment peut-il » donc se faire, Monsieur, lui dit-il, qu'avant de célébrer » le saint Sacrifice, vous ne vous fassiez point scrupule de » mentir? Vous dites à Dieu d’imposer cet amict sur votre » tête, et vous ne le mettez que sur vas épaules ?» M. Olier
INS wtimait sing l'honneur du moignait l’aff lorsque le bât percer une pd &ve, qui der dy venir fréd
L'un des e] &int-Sulpice ls germes «€ atéchismes « Sunt-Germai de cet ouvra » ques rende:
» siècle, il se:
vde la Frar » salut des âi » d'entr'eux » vont, dans » gner à la je » chrétienne.
» sacrements » préparent c » de la saint » dimanches » écoles, et à » Carème, il:
» domestique »une retrai »font des « » l'oisse (2). »
Le zèle pot gand nomb:
uander à Die plus indigent
ll,
la plus tement nat, on on vint ettre au elui de gea que "0n0 (1).
le pour r M. de : EXEMlédiée à e présitentier sprit de fit prod'avoir oujours es de la heveux ures, CR our que s (3), se : CEh ntes? »
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. Olier
INSTRUCTION CHRÉTIENNE DES ENFANTS, 321 Atimait singulièrement un ecclésiastique si zélé pour l'honneur du culte de Dieu; en toute occasion il lui témoignait l'affection la plus tendre et la plus sincère; et, lorsque le bâtiment du séminaire eut été construit, il y fit peer une porte de communication, pour donner à M. de TR se, qui demeurait dans une maison contiguë, la facilité 7 Las dy venir fréquemment (1) *. 342, ds L'un des exercices les plus utiles aux séminaristes de XXVIL. gint-Sulpice, et les plus propres à développer en eux NS ks germes du zèle des âmes, était, sans contredit, les chrétienne de atéhismes qu’ils faisaient aux enfants du faubourg ar gint-Germain, comme on l’a dit dans la seconde partie demander à & cet ouvrage. « À voir les services que ces ecclésiasti- me Le ques rendent à la paroisse, disait un écrivain du dernier les. » siècle, il semble qu’ils ne viennent, de toutes les parties »de la France, que pour travailler à l’édification et au » salut des âmes des paroïissiens. Ce sont les plus anciens »d'entr'eux qui, environ au nombre de soixante et dix, » vont, dans les différents quartiers du faubourg, ensei- » gner à la jeunesse les premiers éléments de la religion » chrétienne. Ce sont eux qui les disposent à recevoir les »sacrements de Confirmation et de Communion, et qui » préparent ceux qui les ont recus à approcher avec fruit » de la sainte Table, aux communions du mois. Tous les » dimanches et fètes, ils font le prône aux enfants des (@ © É » écoles, et ils instruisent les écoliers des pensions. En {a paroisse de S.- » Carème, ils font des conférences aux ouvriers et aux . os » domestiques ; pendant la Semaine sainte, ils donnent ire p. rune retraite aux écoliers; enfin, tous les jours, ils 1%: De # lle font des conférences aux jeunes clercs de la pa- Discours préli- » roisse (2). » res se
Le zèle pour la sanctification des enfants inspira à un gand nombre de ces ecclésiastiques la pensée de demander à Dieu de saints maitres d'école, pour la classe la plus indigente de la société, C’était l’un des vœux les plus
ardents de M. Bourdoise, Il ne pouvait voir de sang-froid qu’on entretint des écoles de charité, seulement pour apprendre à lire et à écrire aux enfants, « On ne doit pas » s'étonner, disait-il, si, dans la suite, on en voit si peu » qui vivent en chrétiens, Pour qu’une école devint utile
» au christianisme, il faudrait des maitres qui travail. 1
» lassent à cet emploi en apôtres, et non pas en mere. » naires, comme si c'était un chétif métier du commun, PA LA A 7 » inventé afin d’avoir du pain (1). » Pour obtenir de tels i 4,p.085. maîtres, il imagina une association de prières, qui fut établie en 1649, probablement durant le séjour que firent
à Liancourt les ecclésiastiques que M. Olier y avait en- !
voyés; du moins l'historien de M. Bourdoise rapporte qu'ils furent les premiers qui embrassèrent cette association, le 15 mars de cette année, Elle fut mise sous l'in-
vocation de saint Joseph, patron et modèle de tous les
instituteurs de l’enfance, et se composa bientôt de soixamte-
dix ecclésiastiques, « Comme les prêtres et le clergé né- 4
» gligent beaucoup l'instruction des enfants, écrivait l’un
» de ces pieux associés, DIEU, qui a soin de son Eglise, À » veut peut-être pourvoir à ce défaut par quelque moyen 4 » extraordinaire, et susciter des maîtres et des maitres- !
» ses d'école, qui s’acquittent de notre devoir; et c'est » pour cela, sans doute, qu’il envoie son Esprit de prières
à » dans les cœurs de tant de personnes (2). »
XXVIIL. On ne peut douter que le Ciel n'ait exaucé, en effet, ces Fran vœux ardents, quand on voit, peu après, de nombreuses tions qui se dé. congrégations de laïques, voués à ce ministère jusqu'alors ont si négligé. I parait même que le séminaire de Saint-Sultienne de l’en- pice, où ce zèle était comme héréditaire depuis M. Olier, lance, contribua à l’accomplissement des desseins de la Provi-
dence; car, pour nous borner à quelques exemples plus connus, ce fut à cette école que M. de La Salle, instituteur des Frères des écoles chrétiennes, vint puiser le zèle ardent qu’il sut communiquer à sa société. Quoiqu'il n’eût
(2 Ibid. pag.
ps connu M.
confiance et ui autrement que d'abord à Vau d, l'ayant en:
ulpice, il ten maison. La div wciétés, ne pe utte satisfacti dances (2). Le auvenir de Î:
minaire (3), et ilcation des en mreillement à ls Sœurs de Le umbreuses qu principalement devons en dir onu le servit «après être s k sanctifieation où il institua u de pieuses ma.
k nom de Sœu dns le Midi (6) sous la direct pie ne le cédi «intes commu aux membre:
ntrouver la sa Lamour du mo mrait eu de gi avec la moindre is-sensible d’e pour le décrier
ing-froid nt pour doit pas it si peu int utile travail- 1 merce- MU, r de tels qui fut ue firent
avait en- !
rapporte tte asso-
sous l’in- !
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SOixaHelergé néivait l’un
1 Eglise, # e moyen À maitres-
, et c'est e prières
effet, ces ubreuses squ’alors aint-Sul- M. Olier, a Provibles plus stituteur » zèle ar- Lil n'eût
FERVEUR DU SÉMINAIRE, 323 ps connu M. Olier, il éprouvait pour lui une si grande «nfiance et une affection si filiale, qu’il ne l’appelait pas utrement que son père (1). À son exemple, il alla jeter (1) Hemarques L , historiques, 1, 1, dabord à Vaugirard les fondements de sa communauté; p, 56. u, l'ayant ensuite transférée près du séminaire de Saintulpice, il tenta, mais sans succès, de l’agréger à cette maison. La diversité d’esprit et de fonctions de ces deux wdétés, ne permit pas apparemment qu’on lui donnât utte satisfaction, qu’il demandait avec beaucoup d’indunces (2). Le vénérable Grignon de Montfort, que le (2) Lettres de , : | ; A A , M, Leschassier, wuvenir de la sainte vie de M. Olier avait attiré au sé- 1. vu, Lyon, p. 1 : ! à 537, 17 novemninaire (3), et qui y déploya tant de zèle pour la sanc- ,,, 46, iation des enfants du faubourg Saint-Germain (4), puisa (3) Pie du vé- | , à . > à nérableserviteur mrillement à cette école, l'esprit qui subsiste encore dans de Dieu Grignon | ; 4 ” , £ ‘ de Montfort, \nls Sœurs de la Sagesse, l’une des congrégations les plus 80, 4839, p. 8. Gad : Q : 4 (4) Vie du mémmbreuses qui existent en France, et qui est répandue me, par Picot de winipalement dans les provinces de l'Ouest (5). Nous Ctorivière, p. 70.
6 te , ; (5) Essai sur devons en dire autant de M. Démia. Quoiqu'il n’eût pas pinfuence, t. u, onu le serviteur de Dev, il l’invoquait comme un Saint; l és d,après être sorti du séminaire, il se livra tout entier à hsanctifieation de la jeunesse, principalement à Lyon, it il institua une société de maîtres d'écoles et une autre 9 7 sr & pieuses maîtresses, connues encore aujourd’hui sous He Area lk nom de Sœurs de Saint-Churles, et répandues surtout in-8e.—Essai sur lus le Midi (6). Are “
sous la direction de M. Olier, le séminaire de Saint-Sul- xxix.
je ne le cédait en rien, pour la régularité, aux plus. PA te as uintes communautés de la capitale ; et chacun des nou- Saint-Sulpice. aux membres, qui venaient s’y incorporer, croyait y mtrouver la société des premiers disciples du Sauveur. Lamour du monde en était tellement banni, que chacun urait eu de grands remords de conscience d'en parler avec la moindre estime, et eût fait aux autres une peine tès-sensible d’en parler ainsi. S’il en était question, c'était pur le décrier à l’envi. Par amour pour la pauvreté, on
324 PARTIS TITI, LIVAË Il, — AÉMINAIRES,
faisait gloire en tout de ce qui était le plus pauvre, On avait un saint empressement pour tous les emplois humiliants, ou dans lesquels il y avait de la peine; et l'on demandait avec ardeur à les remplir. La charité frater. nelle, qui était regardée comme le caractère particulier de la maison, semblait ne faire de tous, qu'un cœur
et qu’une âme. Personne ne possédait rien qui ne fit à ses confrères : il fallut même donner des bornes à « grand désir de rendre service au prochain, Quoique le séminaire fût composé d’ecclésiastiques de diverses provinces, chacun en y entrant renoncait à toutes les at. taches du pays, de la parenté; et entièrement abandonné à la volonté du supérieur, dans qui on reconnaissait Dir lui-même, on serait allé au bout du monde sur son simple conseil. Plusieurs poussaient si loin l’obéissance , que le supérieur était obligé d'apporter une particulière attention à toutes ses paroles, afin de ne rien dire qui püût être pris pour un ordre de faire quelque chose nuisible à leur
contrait, on témoignait bien spiritue de très-gran yavaient été récréations, déférence les phisir de vi pour certain mitié. Quoiq versations ét vait, dans to et une affab Llantages, pe tion, se ren maire, eten » qu'il y eût
(4) Mémoires Santé (1).En toute occasion, on témoignait la dévotion la
re plus tendre envers la très-sainte Vierge, surtout en ne
faisant ou n’entreprenant rien sans lui en demander
auparavant la permission. Chacun saluait son image en
entrant dans sa chambre ou dans celle de son directeur,
et aussi en en sortant; on parlait souvent de la dévotion en-
vers Marie et de ses pratiques, comme de jeüner où de
faire quelques mortifications la veille de ses fêtes. On par-
(@) La manière lait aussi très-souvent de l’union à Notre-Seigneur; et
SN AE c'était une pratique générale de porter toujours sur si
maire de Saint- Un crucifix et une image de Marie, afiu de s’en rappeler . ro plus fréquemment le souvenir (2).
D’après le désir de M, Olier, chacun avait un ou deux moniteurs qui l’avertissaient de ses fautes, Au premier son de la cloche, toutes les portes s’ouvraient; on observait un rigoureux silence ;on ne se regardait pas, même
ans les corridors, ni sur les degrés ; et lorsqu'or se ren-
» la peine ne » que march » son. J'y dé ce que nc »retour, je » dévots qu’ » tique la sol On peut se de Saint-Sul] travailler ef serait de pé qui viendrai ces mêmes nm séminaristes première et
former de b piété la préé:
divine, telle
uvre, On ois humi- , et l'on ité fraterparticulier un cœur ui ne fût rnes à te uoique le erses proes les atandonné À ssait Drer son simple ce , que le ière attenui püt être ible à leur évotion la out en ne demander image en directeur, svotion enner où de +8, On parigneur; et r$ sur sul n rappeler
n ou deux u premier ; on obserpas, même or se ren-
ÉTUDES RCCLÉSIASTIQUES. 325 wntrait, on se saluait souvent sans se connaître, Chacun témoignait une singulière affection pour le bon ordre et le bien spirituel de la maison ; la plupart mème étaient dans de très-grands sentiments de reconnaissance de ce qu'ils avaient été reçus, et de ce qu’on les y souffrait. Dans les récréations, on s’entretenait avec douceur, honnèteté et déférence les uns pour les autres : chacun se faisant un plaisir de vaincre les répugnances qu’il pouvait ressentir pour certaines personnes, et de leur témoigner plus d’amitié. Quoiqu'on s’entretint de matières de piété, les conwersations étaient toujours gaies et agréables ; et l’on trouvait, dans toutes les personnes de la maison, une douceur et une affabilité qui charmaient les étrangers (1). M. de (#) La manière Lantages, pendant le temps que M. Olier éprouva sa voca- mére rs tion, se rendait fréquemment aux récréations du séminaire, et en revenait toujours singulièrement édifié. « Quoi- » qu'il y eût fort loin du logis où j'étais, dit-il lui-même, » la peine ne m'était rien, et il me semblait plutôt voler » que marcher; tant j'avais de joie d’aller dans cette mai- » son. J'y découvrais une perfection si élevée au-dessus de »ce que nous avions pratiqué jusqu'alors, qu’étant de » retour, je disais à un ami : Vraiment, nous ne sommes Aya » dévots qu’en peinture; c’est au séminaire que l’on pra- de Luntages, in- » tique la solide dévotion (2). » FU PREAnee On peut se rappeler que quand M. Olier accepta la cure XXX. de Saint-Sulpice, il avait compris qu’un des moyens pour Pr er ie travailler efficacement au renouvellement de la piété, ce institué poui serait de pénétrer des maximes chrétiennes les docteurs A CAN a qui viendraient se former au séminaire, et d’accréditer des vertus saus mêmes maximes dans la Sorbonne, par le moyen des ©'dotiles. séminaristes qui iraient y prendre leurs leçons. La fin première et le but essentiel du séminaire étant Gonc de former de bons prêtres, il voulut qu'on y donnât à la piété la prééminence sur la science; et, grâce à la bonté divine, telle a toujours été, depuis sa mort, la ligne que
ses successeurs ont suivie dans la direction de la maison.
Obligés par devoir à donner aux élèves du sanctuaire les
; premières notions, et comme la clef des sciences ecclésins. tiques, les prêtres de Saint-Sulpice ont toujours cru qu'ils s’éloigneraient tout-à-fait des vues de leur pieux fondateur,
et de leur vocation, en s'appliquant à former de brillants
docteurs, plutôt que de saints pasteurs des âmes. Sï
goût de l'esprit et de la science éclatante, écrivait Fénelon
à M. Leschassier, s’introduisait insensiblement dans Suint-
Sulpice, l'ouvrage de M. Olier ct de M. Tronson ne sub.
Peel . sisterait plus(1). Pour le maintenir, la société s’est attachée rs vs constamment à donner à ses jeunes élèves le goût et l’hamars 1706, à M. bitude des études sérieuses, à établir dans leur esprit les Lévehassier ; P: fondements de tout le système des sciences ecclésiastiques: mais elle a toujours pensé qu’un développement plus ap-
profondi de ces connaissances, déjà fort multipliées, dé.
pendait principalement des qualités naturelles, plus ou
moins heureuses, des fonctions et des places que les jeu-
nes prêtres formés au séminaire seraient appelés à rem-
plir, de l'expérience que donnent l’âge et la connaissance
(2) Histoire de : F Fénelon, par M. des affaires et des hommes; enfin, d’un concours de «ir- Aa , constances qu'il n'est pas toujours possible de faire naître 1, p.27. ou de prévoir (2).
: eo. M Au reste, M. Olier n’a nullement voulu favoriser l'igno- Olier recom- rance des prôtres, si hautement réprouvée dans l'Écriture. DNISAtRe Au contraire, il avait coutume de dire qu'un ecclésiastique tiques. sans science ne pouvait jamais faire de grands biens dans de DE Ue l'Église (3) ; et afin d’inspirer plus efficacement l'amour de p. 587. l'étude , il établit au séminaire des répétitions de théologie
pour ceux qui suivaient les cours de Sorbonne, et, pour tous les autres séminaristes, une chaire occupée par un docteur, chargé aussi de leur faire des répétitions, I] établit encore un exercice public chaque semaine : c'était une thèse soutenue alternativement par ceux qui allaient en Sorbonne, et par ceux qui prenaient leurs lecons dans la mai-
NÉC
son (1). AUS sortes de sec dispositions ] » ble, écriva » pour la pié pans ses ent persuader qu les yeux, ils ils sont les p dont les clefs ceux qu'il y que si elle es doivent instr une armée d l conduire e des ennemis » dans le co » tement, Sa » matières le » entre les nm » pel, et sur » C'est dans » les savants » vangile, de » l'opinion, » tours, Ses » des couleur » siers puiss » Ce qui sup » plus prof » une science » l'étude pat » vée dans ll En cons la fin du sér
la maison.
iluaire Jes S ecclésias.
TU qu'ils fondateur, @ brillants imes, Sÿ / it Fénelon lans Suintson ne subst attachée it et l’haesprit Jes siastiques:
it plus applices, dé- S, plus où 1e les jeulés à remnaissance ars de ciraire naître
ser l’igno- Écriture, ésiastique iens dans amour de théologie , @f, pour ée par un is. Il éta- ‘était une ntenSor- « la mai-
&n (1). Aussi le trouvait-on toujours prêt à fournir toutes
NÉCESSITÉ DE L’ÉTUDE l'OUR LES CLERCS.
M. Olier, tin,
(1) Esprit de
sortes de secours aux sujets pauvres, qui montraient des p. 595— Mémoi-
ET : : ollaioct . res de M. Raudispositions pour les sciences ecclésiastiques : QI me sem- drand, p.86. 57.
» ble, écrivait-il, que ceux qui promettent beaucoup, soit
» pour la piété, soit pour l'esprit, doivent être préférés (2). » (2 Lettres aut. de M. Olier, p.
pans ses entretiens aux séminaristes, il s’efforçait de leur ;%
persuader que si l'Eglise est un corps dont les prêtres sont ks yeux, ils doivent l’éclairer; si elle est un vaisseau dont ils sont les pilotes, ils doivent la conduire au port ; une cité dont les clefs leur sont confiées, ils doivent savoir discerner œux qu'il y faut admettre, de ceux qu'il en faut chasser ; que si elle est une académie dont ils sont les maitres, ils doivent instruire ceux qr'i la fréquentent ; qu’enfin, si c’est une armée dont ils sont ies capitaines, ils sont destinés à ki conduire et à la protéger, dans un lieu inconnu et parmi des ennemis qui ne cherchent qu’à la surprendre. « C’est » dans le confessionnal, disait-il, qu’il faut rendre promp- » tement, sans secours et sans consulte, des arrêts sur les » matières les plus importantes qui soient jamais tombées » entre les mains d’aucuns juges, dont il n’y a point d’ap- » pel, et sur quoi les hommes se fondent pour l'éternité. » C’est dans les chaires, que l’on est obligé de parler pour » les savants et les ignorants, de soutenir les vérités de l'E- » vangile, de combattre les vices, de résister au torrent de » l'opinion, de confondre l'hérésie, et de découvrir ses dé- » tours, ses impostures et ses fausses conséquences, avec » des couleurs si vives et si naturelles, que les plus gros- » siers puissent juger de sa malice selon toute son étendue; » ce qui suppose nécessairement une science plus élevée, » plus profonde et plus étendue que celle du commun : » une science d'une trempe plus forte que ne la donne » l'étude particulière : une science, enfin, qui ait été éprou- » vée dans les écoles et dans les académies (3). »
En conséquence, M. Olier, exposant dans un petit écrit la fin du séminaire de Saint-Sulpice, s'exprime ainsi sur
(3) La Gloire du tiers - ordre de Saint-François , 2e partie, p.259 et suiv.
XXXIT.
Avis de A, Olier sur les
dangers de la
science.
(1) Esprit de M. Olier,t, in,
(2) Divers écr
spir.de M. Olier,
Finis et scopus familiæ,n.7.
les études : « On aura soin que rien ne manque de ce qui » peut servir à l'instruction des clercs, soit dans la doc. » trine, soit en ce qui regarde .la piété. La société s'ef. » forcera donc d’instruire chacun selon sa portée, dans 11 » philosophie, 1a théologie scolastique, morale et posi- » tive, et aussi dans les controverses, afin qu’ils soient » toujours prêts à rendre raison de leur foi. » Mais il dé. clare, en même temps, que le grand et le principal objet de la sollicitude des directeurs, sera de former de saints prêtres, des hommes appliqués à l’oraison, qui est, dit-il, la source #t la vie des vertus, et l’exercice absolument nécessaire pour arriver à la perfection sacerdotale +, Il veut, enfin, que l'étude soit un nouveau moyen d'acquérir les vertus, en sorte qu’on devienne plus vertueux à mesure qu'on devient aussi plus savant ; et, pour ne rien laisser à désirer sur une matière si pratique et si importante, nous rapporterons ici les principaux avis qu'il donnait sur ce sujet.
« Parmi tant de personnes qui s’adonnent à l'étude, » hélas! qu'il y en à peu qui en retirent beaucoup de » fruit ! La science, qui devrait augmenter l’amour de Diet » dans les cœurs, y est un des plus grands obstacles à » ses grâces, parce que dans l’étude on n’a point en vue » Jésus-Carist seul. Si vous n’étudiez pas par principe de » piété, toutes vos connaissances ne serviront qu'à vous » rendre plus vains, plus remplis de vous-mèmes, plus » opiniâtres et plus attachés à votre propre jugement; en » un mot, d'autant plus desséchés dans la dévotion, que » vous acquerrez plus de science (1). La science san: » enflure est uu miracle: Scientia inflat. Oui, c’est un
+ Potissimè autem ineumbhet tradendis ek promovendis virtutibus tum christianis, tum clericalibus, præcipuè verû orationi mentali, quæ fons est et vita virtutum, cujus ope unicd, erunt perfecti, sieut eorum Pater cœlestis perfectus est (2).
» miracle q » point quel » point, et
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» qu'on n'es » lieu de se:
»hil sit, à » grand dis » se, et la s » que celle » science. O »dire, qui » science ; » quelle on » Va Croissal » Le gra » prit chrèt na trois S » humaine » divine et » humaine » un prinei » puissants » puremen »pre espl » l'estime » chrétien » pureme] » prit. C’e » et à qua » pour étt » Ces néce » maine ( » science » qu'il di
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vértutibus Ü mentali, ecti, sicut
LANGER DE LA SCIENCE. 329 » miracle que de voir un homme savant qui ne s’estime » point quelque chose. Le premier ange ne s’en défendit » point, et ne put pas se soutenir sur ce pas glissant : /n »veritate non stetit. C’est là la grande science, de savoir » qu'on n'est rien, et de bien discerner son néant au mi- » lieu de ses dons : Qui se eristimat aliquid esse, cum ni- » kil sit, ipse se seducit : voilà une vraie science et un » rand discernement. Car c’est une vanité très-dangereu- » se, et la superbe la plus venimeuse et la plus mortelle, » que celle de l'esprit, celle surtout qui est tirée de la » science. O qu’il y a peu de savants chrétiens ! c’est-àdire, qui demeurent dans l’anéantissement avec leur » science ; Ô qu'il y en a peu! Cette vanité est celle de la- » quelle on ne revient quasi jamais, parce que la science nur Di » va croissant avec l'âge et l'expérience (1). gr part. » Le grand mal, c’est qu’on n’étudie noïnt dans un es- XXXIIL.
: Fe Ve | % En quoi con- » prit chrétien. Pour entendre ceci, il faut savoir qu'il y siste ja science
»a trois sortes de sciences : la première est purement des chrétiens,
d'après M. O-
» humaine ; la seconde, divine simplement; et la dernière, lier,
» divine et humaine tout ensemble. La science purement » humaine était celle des païens, qui n’étudiaient que dans » un principe humain, et par le seul effort de leur propre » puissance. Ils n’étudiaient non plus que pour une fin » purement naturelle, telle que la satisfaction de leur pro- » pre esprit, la vue de leur propre perfection , et enfin » l'estime et la louange humaine : et il n’y a que trop de » chrétiens qui étudient de la sorte. La science infuse et » purement divine est mise au rang des dons du Saint-Es- » prit. C’est celle que Dieu a donnée autrefois aux Apôtres » et à quantité d’autres Saints, qui n'avaient ni le temps » pour étudier, ni les dispositions pour acquérir les scien- » ces nécessaires à leurs ministères. La troisième est hu- » maine et divine tout ensemble; c’est proprement la vraie » science des chrétiens, et celle dont parle le Sage, lors- » qu'il dit : Dedit illi scientiam Sanctorum, complevit la-
» hores illius. Celle-ci n’est point donnée par infusion et » sans travail; elle participe de l’un et de l’autre. Ce n’est » pas une science comme était celle d'Adam; elle est de » la nature de la grâce et des vertus chrétiennes, qui s’ac- » quièrent avec travail. Chacun sait que, par le péché ori- » ginel, l’homme a perdu le droit à la science et aux ver- » tus, dont il était revêtu avec l’innocence : JÉsus-Cunisr, » par ses mérites, nous a donné le droit et la capacité » d'acquérir, mais avec travail, la science et les vertus. De » mème qu’on acquiert la nourriture du corps au prix de
() Disconrs ” $8S SUeURS, après avoir perdu le droit àla vie : Zn su- Be Sules, »y dore vultäs tui vesceris pane tuo; ainsi en est-il de la
nourriture de l'esprit, qui consiste dans les vertus et la
science (1). »
M. Olier concluait de là que, pour étudier chrétiennement, nous devions entrer dans des dispositions d’humilité, étant convaincus de notre impuissance, si Jésus- Carisr re nous éclaire; dans des dispositions de pénitence, surmontant avec courage les peines inséparables du travail; enfin, de zèle pour la gloire de Dieu, qui doit être la fin de toute étude chrétienne.
XXXIV. Pour s'établir dans la première disposition, il voulait a qu'après s'être convaincu qu’on n’est rien par soi-même, prit de péniten- Qu'on ne vaut rien, qu’on ne peut rien, qu'on ne sait “ee ne rien, on allât chercher la science en Jésus-CuRisT, où
Dieu le Père l’a renfermée pour la répandre de là sur
l'Eglise; et qu’on regardât les livres comme des réser-
(@) Esprit de Voirs Où Jésus-CHRisT l’a mise pour nous (2). Il désira HE AE mème, afin de renouveler fréquemment le souvenir de intérieursétude. cette vérité, qu’on placât, dans la bibliothèque du séminaire, la statue du Sauveur, comme étant la sagesse éter-
nelle et la lumière des docteurs, avec cette inscription
Pie de M, au-dessous : Quæcumque audivi à Patre meo, nota feri
Olier, par M.de ba, 3). V 101 10 as- S 1 S n nts ] S UD Brelnoiltiens à. VOUS (3). Voici quelques-uns des sentiments qu'il sugg
1, p.408. rait à ses disciples pour entrer dans cet esprit, et qui
se trouvent avait compo » je sois à v
» de vous qt » qu'un Cha » que je n’el » qui fasse € » Fiat lux ; » ténèbres » pour être » vrir mon » me trouve » DIEU, ne | » mais j’av » moi-mêm » alors de » nant (1).
» Je dois » à cause d » j'ai comm » sainte lur » bien, mon » Mais au n » où nv’a ré » souffre et » qu'on acq » nourrit nc » par la pei » COTPS par » content. ‘ » sagesse di » aliment © » affliction » auprès de » souvenir
ision et e n’est > est de ui s’aché ori- IX ver- HRIST, apacité tus. De prix de In su- | de la s et la
iennehuni-
JÉSUSitence, u trait être
voulait mème, 18 sait ST, OÙ là sur réserdésira dir de sémie éteription al feci sUggé- + qui
DISPOSITIONS POUR L’ÉTUDE. 331 se trouvent dans le recueil des Actes intérieurs qu'il avait composés pour leur usage : « Souffrez, Ô Jésus, que » je sois à vos pieds durant cette étude, afin de recevoir » de vous quelque rayon qui vienne m'éclairer. Je ne suis » qu'un chaos d’ignorance et de confusion, et je confesse » que je n’en puis sortir que par un saint commandement, » qui fasse en moi ce qui fut fait dans le chaos du monde : » Fiat lux ; et alors je serai hors de la confusion et des »ténèbres de la nuit. Verbe divin, qui vous êtes incarné » pour être notre Maitre, je vous conjure de vouloir ou- » vrir mon esprit à votre vérité. Dans l'ignorance où je » me trouve, et dans l’aveuglement d’où je confesse, mon » DEu, ne pouvoir sortir que par votre lumière, si ja- » mais j'avais la présomption d’être devenu savant par » moi-même, ne serais-je pas bien malheureux ? Je serais » alors plus aveugle encore, que je ne le suis mainte- » nant (1).
» Je dois être privé de toute lumière naturelle et divine, » à cause de mon premier péché, et à cause de ceux que » j'ai commis après le saint Baptème. J’avais alors une » sainte lumière que j’ai perdue par mon péché : je sais » bien, mon Seigneur, que je suis indigne de cette grâce; » mais au moins que je pleure à vos pieds l’aveuglement » où m'a réduit le péché de mon âme. Vous voulez qu’on » souffre et qu'on endure, qu’on veille, qu’on soupire, et » qu'on acquière avec travail cette viande intérieure qui » nourrit notre âme ; vous voulez que la science se rachète » par la peine, de mème qu’on se prépare la nourriture du » corps par la sueur de son visage : mon Dev, j'en suis » content. Vous avez mis cette douce substance de la » sagesse dans des épines très-aiguës; vous avez mis cet » aliment sous des écorces amères, qu'il faut goûter avec » affliction : c'est afin de nous faire gémir, mon Dir, » auprès de vous pour nos péchés : c’est pour nous faire » souvenir d’où nous sommes déchus, et pour nous
(4) .4ctes interieurs. étude, — Journée chrétienne, .4ctes devant l'étude, 4655, p. 25, 29.
(4) Actes inté- » obliger à demander la grâce de recouvrer, par votre
rieurs, etc. p. 25, : . . ‘ 26. — Esprit de » Fils, la science et la ‘'imière que nous avions per. su Us » dues (1). »
M. Olier désirait enfin que l’on n’étudiât jamais que pour procurer, par là, la gloire de Dreu, et devenir plus capable de servir l'Église. « Pour cela; disait-il, n’étudiez » que par dépendance de votre directeur, non-seulement » pour le choix de vos études, mais aussi pour le temps » que vous devez y donner. Si vous vous éloignez de » sa volonté, ce n’est plus l’Esprit de Notre-Seigneur qui » vous porte à l'étude : c’est l’esprit propre qui veut » satisfaire sa curiosité. Gardez-vous bien de retrancher » aucun des exercices spirituels, pour donner plus de » temps à l'étude; vous devez, au contraire, être d'autant » plus assidu à vos exercices, que vous avez plus à crain- » dre, dans vos études, la vanité et l’attache à votre r..-
(3 Ibid. pag. » pre jugement (2). Renoncez ainsi à toute curiosité, é » vous arrêtant un peu pour vous élever à DIEU, quand » vous remarquez trop d'activité et d’ardeur. Soupirez » de temps en temps après la parfaite possession de » Dieu, cù nous trouverons la connaissance entière de ce » que nous ne connaïtrons jamais ici-bas que très-impar- » faitement (3). »
XXXV. On conçoit qu’un homme, aussi ennemi du propre juge- Ru Les ment que l'était M. Olier, devait avoir en horreur les re les disputes contentions et les disputes qu’il engendre si souvent. I] Te conten- jsait aux siens, que le jugement propre est le plus grand
obstacle à la lumière de Dieu, et par conséquent aux pro-
grès dans les sciences ; que c'était un Goliath terrible, que
l'humilité seule pouvait abattre et terrasser, l’appui de
la superbe, la source ordinaire des troubles, des inquié-
tudes, l’origine des divisions, des schismes, des hérésies,
(4) Esprit de et des plus grands scandales dans l'Église (4). Ce n'est M: lier, M pas qu'il condamnäât les disputes usitées dans les écoles et
p.574, 503, 594, P À parmi les gens de lettres : nous avons vu qu’au contraire.
(3) Ibid. pag.
en avait qu'il conda propre, qui contentions
vertus. Voi prémunir © « Ne disf » votre scie » si vous l’ » tage, Si V » nité, fait » propre fo » nir ses r » oblige ce » l’abonda » trouve p » tissemen » juge, ma » mon. C’e » ayoir un » ses. On ] » ses dout.
» faits, il » pleet in, » pacité de » mais c’e » On fe » qu'avec » JÉSUS-C » DIEU eù » gesse de » les écou
» person!
»s'en in » dans v
ar votre ns per-
ais que dr plus L'étudiez 1lement e temps gnez de Eur qui ui veut rancher plus de autant à craintre pi.
iriosité, quand Oupirez sion de re de ce -impar-
e jugeeur les vent. Il grand UX prole, que pui de nquiér'ésies, e n'est oles et traire,
DISPOSITIONS POUR L’ÉTUDE. 333 il en avait établi au séminaire de Saint-Sulpice; mais ce qu'il condamnait, c’étaient les déréglements de l’amourpropre, qui, lorsqu'il préside à ces exercices, les change en cntentions toutes profanes, et y blesse à la fois toutes les vertus. Voici les avis qu’il donnait à ses disciples pour les prémunir contre ces dangers.
« Ne disputez jamais par vanité, et pour faire paraître » votre science, mais seulement pour rechercher la vérité,
XXXVI, Sentiments de
M. Olier sur la
» si vous l’ignorez encore ; ou pour vous y affermir davan- manière d'ar-
» tage, si vous la connaissez déjà. Celui qui dispute par vi
\- gumenter et de répondre dans
» nité, fait profession de ne point céder : il cherche dans sa les excercires
» propre force et dans sa vigueur naturelle de quoi soute- » nir ses raisons, et s’opposer à sa partie adverse ; ce qui » oblige celle-ci à s'élever et à se fortifier de son côté dans » l'abondance de son propre sens. Dans tout cela, on ne » trouve pas un brin de foi, d’esprit de sacrifice, d’anéan- » tissement ; on n’y voit que désir de la gloire, de s'établir » juge, maître et roi sur tous ; ce qui est la place du dé- » mon. C’est faire le métier de Lucifer, quicontestait pour » avoir un trône élevé dans le ciel par-dessus toutes cho- » ses. On peut bien proposer ses difficultés pour éclaircir » ses doutes par l'exercice ; mais lorsqu'on nous à satis- » faits, il ne faut pas contester davantage, Dans cette sim- » ple et ingénue confession de notre ignorance et de la ca- » pacité des autres, se manifeste la candeur des humbles, » mais c’est le supplice des orgueilleux (1).
» On fera profession au séminaire de ne disputer jamais » qu'avec simplicité, dégagement et humilité; adorant » JÉSUS-CHRIST au milieu des docteurs. Quoique le Fils de » Dieu eût en lui tous les trésors de la science et de la sa- » gesse de son Père, toutefois 47 était au milieu des docteurs, » les écoutant et les interrogeant; et c’est l’action d’une » personne qui semble ignorer les choses, et qui veut » sen instruire. Voilà la règle que vous devez suivre » dans vos disputes. Afin donc d’imiter cette humilité
publics.
(4) Divers écrits de M. Olier, t.1, p. 233, —Recueil, ibid, 3° avis, fol. 47, 48 — Esprit de M.
Olier, tu, p.
334 VARTIE HIT. LIVRE 11. — SÉMINAIRES. » profonde du Fils de Dev, gardez-vous bien de faire les » maîtres en disputant, mais comportez-vous de telle sorte AU LA » qu'il paraisse que vous cherchez plutôt à être éclairé, p. 807. » qu’à instruire et à éclairer les autres (1). » Si vous voulez conserver l'esprit chrétien, défiez-vous » beaucoup de vos lumières. La fermeté de l'esprit hu- » main, dans ses propres pensées, est une fermeté d’or ueil, » une fermeté d'humeur, une fermeté d’aheurtement et » de propre puissance. Nos raisonnements sont très-fau- » tifs, nos pensées fort incertaines, notre esprit très-sujct » à l’erreur, et nous devons toujours demeurer dans cette » conviction. Mais l'esprit chrétien et la véritable humi- » lité demandent encore que vous demeuriez convainer » de votre ignorance. Car lors même que, selon l'estime » des hommes et leur manière ordinaire de juger, nous » aurions beaucoup de connaissances, toujours faut-il » avouer que nous savons très-peu de choses, en compa- » raison de ce que nous ignorons; et encore ce peu que » nous savons, nous ne le savons que très-imparfaite- * NOTE 4,p. » ment’. Si c’est l’esprit chrétien qui vous anime dans » ces sortes de disputes, vous n’en sortirez pas, comme il arrive souvent, plus superbes, plus dissipés, plus attachés à votre jugement propre que vous ne l’étiez auparavant : au contraire, vous en deviendrez plus humbles, plus dociles, plus vertueux, enfin plus disposés à recevoir la parfaite lumière de la foi, qu, «e peut s’éta- (2) Divers écrits » blir que dans le vide de la propre raison (2). Si vous dis-
spirituels de M. ë , Olier,t.1, p.234. » putez de la sorte, vous attirerez assurément sur vous
—* il, ibid. -n + 1 : :
à die » beaucoup de grâces et de lumières ; et l’on pourra dire, LOT de» en vous voyant, ce que l'Evangile dit de Notre-Sei- . der, Lui à 0 . ‘4 1 Ê p. 596, 602, 603. » neur : Proficiebat sapientià et gratià apud Deum et homi- XXXVIL » nes(3). »
M. Blanlo, : Ne . jus SH Moocts VU:
disciple de M. Ces principes si chrétiens, que M. Olier s’efforçait d'in- Olier, profité culquer à ses disciples, étaient reçus de leur part avec une parfaitementde . ORPI Fe x .
ses avis. sainte avidité ; ils en faisaient la règle de leur conduite;
FRUIT et l'on ser répandre à sidère que talents. L’ dans cette ÿ doubler ans, il exci lebert, pro un maître dans la th naissance l'hébreu, gner publ seul trait ] talents, à 1 euper la €
ser à une C exerçait ce M. Olier,
parmi ses !
cachée, et chrétienne mortificatic s'appliquai du Sauveu un petit é peignit lui public apr composés ] mitation !
dehors de rempli ; | Bayeux, Ayant ét
faire les le sorte E éclairé,
fiez-vous spit hu- ’O1,'ueil, ement et très-faur'ès-sujct ans cette e humivaine!
l'estime r, nous s faut-il compapeu que arfaitene dans comme S, plus à l’étiez s humposés à L s’étaus dis- I" Vous a dire, re-Seihomi-
t d'inec une duite ;
FRUITS DES LkGUNS DE M. OLIER, — M. BLANLO. 395 et l’on se représentera aisément l'édification qu’ils devaient répandre au milieu des étudiants de Sorbonne, si l’on considère que plusieurs s’y faisaient remarquer par de rares talents. L'un d’eux, M. Jean Blanlo, mérite de trouver place dans cette Vie. Étant entré au collége des Grassins, pour y doubler sa philosophie, qu’il avait commencée à treize ans, il excita dès-lors l’admiration de son régent, M. Guillebert, professeur de mérite, qui le regardait plutôt comme un maître que comme un écolier. Pour se perfectionner dans la théologie, en acquérant une plus profonde connaissance des saintes Écritures, il étudia le grec et l'hébreu, et fut jugé capable par l’Université d’enseigmer publiquement cette dernière langue. Enfin, et ce seul trait peut donner une idée de la supériorité de ses talents, à l’âge de vingt-deux ans, il fut nommé pour oceuper la chaire de philosophie du collége des Grassins, en remplacement du docteur Grandin, qui venait de passer à une chaire de théologie en Sorbonne (1). M. Blanlo (1) Histoire du e : P . , diocèse de Baexerçait cet emploi (2), lorsque, frappé de la sainteté de eux, par Her- M. Olier, il vint se ranger sous sa conduite, pour mener D os parmi ses fervents disciples une vie pauvre, pénitente et ape é cachée, et fit bientôt de grands progrès dans les vertus Préface. |” chrétiennes et ecclésiastiques. L'amour de l’oraison et la mortification des sens étaient ses vertus dominantes. Il s'appliquait beaucoup aussi à honorer la sainte enfance du Sauveur , sur laquelle il composa, par obéissance (3), (# 2nia. un petit écrit intitulé l’Ænfance chrétienne, et où il se peignit lui-même, sans y penser. Ce livre, qui fut donné au public après sa mort, est un des premiers qui aient été composés pour faire honorer la sainte Enfance (4). À l’i- (4) Ibid. —Fies NS , . Ms. de Grandet, & mitation de l’enfant Jésus, M. Blanlo cachait, sous les 4 1v, p. 51. dehors de l’ignorance, les trésors de science dont il était rempli; M. Hermant, dans son Histoire du diocèse de Bayeux, en rapporte un exemple assez remarquable. Ayant été chargé par M. Olier d'enseigner la théologie
336 PARTIR IE, LIVRE 1, = XIÏMINAWES, au séminaire, il dictait ses traités, selon la coutume de ce temps ; mais presque toujours il les composait en les dictant, quoique, par humilité, il tint alors sous ses yeux quelque livre, où l’on pût croire qu'il prenait ce qu’il enseignait à ses élèves. Un jour qu'il fut obligé de sortir de classe, pour répondre à quelques personnes, l’un des étudiants, curieux de savoir quel était le livre où chacun croyait que M. Blanlo prenait sa dictée, profita de s6n absence pour le découvrir ; mais il fut fort étonné de ne (#) Histoire du trouver ni cahier, ni rien qui approchât de la matière de diocèse de Ba- »
youx,p, 802, la conférence (1), er U A M. Blanlo nous joindrons M. de Poussé, qui était se sanctifie par AUSSÏ pOur (ous ses condisciples un modèle accompli des l'étude, dispositions avec lesquelles on doit s’appliquer à l’étude, « Pendant huit. ans que j’eus l’honneur de demeurer ave » lui au séminaire, dit M. de Lantages, et que je lui don- » nai un exercice incroyable de charité, j’ai vu dans sa » personne un exemple rare de toutes les vertus. Son » attention à la présence de Dieu, dans les actions les plus » indifférentes, était telle, que je prie Notre-Seigneur de » me rendre aussi dévot en récitant l’Office divin, que ce » saint homme l'était en marchant dans les rues, ou en » prenant ses repas. L'étude de la sainte théologie le fai- » sait croître en sagesse, parce qu'il s’y appliquait avec @ Notice sur » piété (2). » Durant.les premières années, il n'étudiait M.de Poussé,Ms. . . à Es de M, de Lanta. jamais que les genoux en terre (3); et par un effet de sa Da) Noticeibia, YéNÉTAtION profonde pour M. Olier, il apprenait par cœur HER " Les- \es sujets d’oraison du serviteur de Dieu, et transcrivait ses écrits à genoux. Aussi avait-il en lui une confiance parfaite, lui rendant compte de son intérieur avec la soumission et la simplicité d’un enfant. M. Olier, de son côté, le chérissait, l’estimait et s'honorait très-particulièrement, pour ses rares vertus ; et afin de le rendre plus utiie à l'Eglise, il voulut qu'il poussât ses études jusqu’au doc- (4) Ibid. torat (#).
IL PRÉ cest ici | y,olier em] net des erre lennel d’n ant soit peu gardant dèsbulle d’Urb plus ètre con socent X pou ute dispute pour légitime , lite, écriva » gement en ,» se déclare s » faut point t » Le silence » hommes, € » publier su ntre (1). » Cette condt forme à celle «il, Car ce d mis à un vrai encore moins de neutralité ité condamn.
l'erreur que hit au saint membres de jugerait à pr » dient que € » labii unius » les autres.
» un supérie » des Concil Il,
me de ce i les die.
PCS Yeux qu'il ensortir de des étu-
chacun
de SGn né de ne atière de
qui était mpli des l'étude, rer avec lui dondans sa tus, Son les plus sneur de 1, Que S, OU en e le failait avec l'étudiait et de sa par cœur nscrivait ‘onfiance © la souson CÔté, rement, utiie à au doc-
IL PRÉSERVE SON SÉMINAIRE DU JANSÉNISME, 337 C'est ici le lieu de faire connaître les précautions que y,olier employa pour conserver le séminaire pur et in-
wlennel d’'Innocent X, il défendit qu’on lût aucun livre
plus être contestée de bonne foi, après tous les brefs d’Insoent X pour en presser l’exécution. Il interdit également bute dispute sur ces erreurs, et voulut que chacun les tint pour légitimement condamnées. « La simplicité de l’Israé- » lite, écrivait-il, ne permet pas de suspendre son ju- » gement en pareille matière, et fait au contraire que l'on » se déclare sans attendre les hauts commandements. Il ne » faut point tant de réserve pour les enfants de l'Evangile. » Le silence a pour principe la crainte de déplaire aux » hommes, et l’on retient la vérité dans l'injustice. Il faut
otre (1). »
Cette conduite du serviteur de Dieu était tout-à-fait conforme à celle de saint Vincent de Paul, son ami et son con- «il, Car ce dernier ne croyait pas non plus qu’il fût permis à un vrai catholique de dissimuler dans cette matière, encore moins de se tenir dans une espèce d’indifférence et de neutralité (2) ; et il ajoutait que cette doctrine ayant
membres de sa compagnie, croire sur ces matières ce qu’il jugerait à propos : « O Jésus, s’écria-t-il, il n’est pas expé- » dient que cela soit ainsi : il faut que nous soyons tous, » labii unius ; autrement nous nous déchirerions les uns » les autres. Obéir en ce point, ce n’est pas se soumettre à » un supérieur, mais à Dieu et au sentiment des Papes, » des Conciles et des Saints ; et si quelqu’un des nôtres n’y
If,
Comment M.
: lier préserve nt des erreurs du Jansénisme. Avant même le jugement le séminaire des erreurs du Jani . sénisme, 11 les unt soit peu favorable à ces nouvelles doctrines : les re- tient pour con-
gardant dès-lors comme véritablement proscrites par la 1 bulle d’'Urbaïn VIE, dont, en effet, l'autorité ne pouvait bain VIH.
amnées après à bulle d'Ur-
»publier sur les toits la divine doctrine de notre Maï- (1) Lettres uut. de M. Oler, p:
(2) ie de saint
ité condamnée déjà dans Baïus, c’était donner les mains à ircentde Paul, par Collet, ts, p.
l'erreur que de garder le silence (3). Comme on conseil- 569. hit au saint fondateur de la Mission de laisser chacun des ,
(3) Ibid, pag.
(4) Wie de saint Vincent de Paul, par Collet,1,1,
(2) Remontrance chrétienne et charitable à M.
Olier, in-&, p.
338 PARTIE III, LIVRE II, == SÉMINAIRES, » voulait pas déférer, il ferait bien de se retirer, et j » compagnie de l’en prier (1). »
La conduite de M, Olier irrita néanmoins contre lui les partisans des nouvelles doctrines : ils l’accusèrent de vou. loir se faire l’arbitre de la foi des siens, et d'exercer sur eux une autorité tyrannique. Le Père des Mares s’en exprimait de la sorte, dans un écrit dont on a déjà parlé, a Vous con- » sidérerez, mon cher lecteur, ce qu'on pourrait attendre » d’un séminaire dont M. Olier est le chef, s’il lui com- » muniquait cet esprit ; et quelle union, quelle paix, quelle » concorde l’on pourrait espérer dans tous les diocèses de » France, où les disciples d’un tel maître seraient répan- » dus : vu qu'il fait tous ses effurts pour les engager dans » son parti par sa seule autorité, ne leur ayant jamais » voulu permettre de lire rien touchant les questions qui » sont maintenant en controverse dans l'Eglise, quelque » capacité qui soit en eux de bien juger de ces choses con- » testées, quelque pureté d'intention qu’ils puissent ap- » porter dans la lecture des auteurs. Et ce qui est encore » plus étrange, par un excès d'autorité, il force des pré- » tres, capables de servir l'Eglise et de défendre la foi, à » condamner sans lumière, sans instruction, sans con- » naissance de cause, des sentiments catholiques, et à » prononcer sur des matières qui ont exercé depuis tant » de temps les plus fameuses Universités du monde, aux- » quelles il ne fait pas difficulté de préférer son juge- » ment (2). »
I est inutile de faire ici aucune réflexion sur des paroles si remplies d’aigreur et d’animosité ; on peut y voir quelque chose des motifs qui inspirèrent tant de haine aux sectaires contre M. Olier. Ce fut en effet par une conduite si vigilante, qu’il préserva le séminaire du poison de l'erreur; et cette sage fermeté a été, pour ses successeurs, une règle sacrée et invariable. La règle, en effet, que M. Olier établit, fut de proscrire toute dispute qui aurait pu diviser les es-
NN rite dans la n | sait M. Tron