‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 180 sur 269 · VER · texte numérisé non relu

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M. OLIER FORME DES ASPIRANTS A SA COMPAGNIE. 9347 Tronson, Couderce, du Bois, Souart et plusieurs autres, dont il sera parlé dans la suite. Quelque désir qu’il eût de servir le clergé, jamais il ne sollicita personne à entrer dans sa compagnie; et cet abandon entier à la conduite de la divine Providence lui attira, en moins de huit ou dix ans, trente ou quarante sujets, pleins de zèle, de talents, de piété, et surtout de détachement apostolique. Les uns portient une partie des travaux de la cure, les autres promettaient déjà, par leur ferveur, tous les fruits qu’on vit naitre de leur zèle pour la gloire de Drgu et pour la réforme du clergé, dans plusieurs grands diocèses du royaume, et pour le salut des fidèles, ainsi que la suite le montrera (1). M. de Foix, l’un des trois qui avaient composé le noyau de la société à Vaugirard, était le principal coopérateur de M. Olier dans la formation de ses disciples. Chargé de la conduite du séminaire, en qualité de premier directeur, tandis que M. Olier était occupé tout entier à la réforme de sa paroisse, M. de Foix réglait et ordonnait tout dans la maison ; il entrainait la jeunesse par la force de ses exhortations et l’ascemdant de ses exemples (2) ; et tous ses confrères, M. Ojier surtout, le considéraient, avec raison, comme le principal appui de leur communauté (3). Néanmoins, saint Vincent de Paul crut que Dieu appelait un si digne sujet à l’épiscopat, et le proposa à la Reine, qui le nomma au siége de Pamiers, après la mort de M. Sponde (4). Cette nouvelle affligea tous les ecclésiastiques de Saint-Sulpice, surtout M. de Foix lui-même, qui fit tous ses efforts pour éloigner ce fardeau; alléguant l'attrait que Dieu lui avait inspiré pour former les jeunes ecclésiastiques dans les séminaires, ministère béni visiblement de Dreu jusqu’alors, et auquel il devait renoncer pour toujours s’il acceptait l’épiscopat. Toutefois, ne voulant pas agir de lui-même, il résolut de s’en rapporter à la décision de M. Olier. Elle fut telle qu'on devait la prévoir, après tout ce qui avait eu lieu dans la formation de leur société, surtout après

(1) Mémoires de M Baudrand.

P: 64,63. — J'ie, parle P,Giry, tre part, ch. xvi.

M. de Foix est nommé évêque de Pamiers. D’après l’avis de M. Olier il refuse ce siége.

(2) Mémoires aut. de M. Olier, Liv, p. 439, 467, 168, etc.

(3) l'iedes quutre Evéques, tv, p. 121, 122, 123.

(4) Ibid. pag, 123, 124.

les assurances que le Père de Condren leur avait données pour les éloigner de la charge épiscopale. M. Olier lui conseilla donc de persévérer dans sa première vocation, et tous les ecclésiastiques du séminaire lui firent aussi la même réponse.

LL. Cependant la Reine et saint Vincent de Paul continuaient Pets leurs instances; ct cette persévérance même, qui dura mettent à l'avis trois mois, fit craindre apparemment à M. Olier de n’être M Le pas conduit par des motifs assez purs, en voulant retenir du Père Tar- Un sujet qui paraissait lui être devenu nécessaire, Pour risse, connaître donc plus sûrement la volonté de Dieu, il vou-

lut s’en rapporter à l’avis commun du Père Tarrisse et de saint Vincent lui-même, et ces deux grands serviteurs ( Dieu s’étant réunis pour en délibérer, jugèrent que M. de Foix devait accepter, et lui écrivirent un billet qui contenait ces paroles : « Allez, Monsieur, allez où l’on vous enue nn LEA » voie : ne craignez rien, Dreu sera avec vous (1). » Nonp. 124,125. obstant cette réponse, M. de Foix était toujours résolu de > oo ne s’en rapporter qu’à l’avis de M. Olier (2), comme à son Bretonvilliers,t. Supérieur légitime, sans le consentement duquel il ne "MP pouvait d’ailleurs accepter l’épiscopat, en vertu de la promesse qu’ils avaient faite à Dieu dans l’église de Montmartre. Mais M. Olier, comptant pour rien le bien de sa communauté, son opinion personnelle, et toutes les autres considérations qui se présentaient à son esprit, se soumil lui-même à cette décision, et répondit à M. de Foix de se disposer à son sacre. Il eut lieu dans l'église de Saint-Sulno Mit ét pice, le 5 mars 1645 (3), en présence du séminaire.et d’un — Gallia chris- grand nombre de paroissiens, qui ne furent pas moins ne or di touchés du recueillement et de la modestie du nouvel a ape évêque, que des larmes abondantes qu'il répandit. Ce jour 1645. même il donna à diner aux évêques consécrateurs et à plusieurs des assistants, dans le réfectoire du séminaire, où, selon l’usage de cette maison, on n’interrompit point

la lecture pendant le repas.

M. DE Quelque 10 tte occasior de la blâmer taire à la M. de Foix, soutenir. Un ses craintes :

» voir que D » tures, il pe » nous devo » plissement » beaucoup ; » en toutes © » il ne l’abai » cours, il n » nira tout ce » perfection Mais par de l’état où la grande per voulut donne capables de alors destitu nombre fure:

aussi dans l” estime, non :

M. de Foix, | à l’un de ces » VOUS Avez à » sainte CON Y » que vous 1 » ce rare Pré » couru + (2

+ L'historien ret Évèque, s’e

données lui contion, et aussi la

nuaient ai dura e n’être retenir e. Pour , 1] vouse et de eurs (| e M. de | conteous en- » Nonsolu de e à son lil ne la pro- , Montn de sa autres soumil « de se nt-Sult d’un moins nouvel 1e jour rs et à inaire, point

M. DE FOIX EST FAIT ÉVÊQUE DE PAMIERS. 9349 Quelque louable que fût la conduite de M. Olier dans IV.

«tte occasion, plusieurs personnes ne purent s'empêcher PP rap Fu de la blâmer comme un excès d’humilité tout-à-fait con- cours de Dieu. taire à la prudence, persuadées qu'après le départ de ren M, de Foix, le séminaire de Saint-Sulpice ne pourrait se | soutenir. Une d’entr’elles étant venue lui en témoigner ses craintes : « IL nous suffit, lui répondit M. Olier, de sa- » voir que Drev le veut : lui seul est le maître de ses créa- » tures, il peut en disposer selon sa volonté; pour nous, » nous devons nous borner à les porter au parfait accom- » plissement de ses ordres, IL est vrai que nous perdons » beaucoup ; maïs, avant tout, il faut être soumis à Dieu sen toutes choses, Il est le père et le maître de la maison, où, ME » il ne l’abandonnera pas, J'espère qu’en nous ôtant ce se- Pen » cours, il nous en donnera un autre, et qu’il nous four- Par le Père Giry,

Ê A : ; ; part. 2, ch. 11, — » nira tout ce qui est nécessaire pour l'établissement et la femarques his-

» perfection de l’œuvre qu’il nous a confiée (1). » ss LÉ Eu Mais par une nouvelle générosité, M. Olier, plus touché

de l'état où allait se trouver le nouvel Évèque, que de

l grande perte que faisait le séminaire de Saint-Sulpice,

voulut donner à ce Prélat plusieurs de ses prètres, les plus

capables de le seconder dans la réforme de son diocèse,

alors destitué de presque toute espèce de secours. De ce

nombre furent MM. de Parlages et Planat, qui l’aidèrent

aussi dans l’érection du séminaire de Pamiers. La haute

estime, non moins que la tendre charité de M. Olier pour

M. de Foix, paraissent assez dans ces paroles qu’il écrivait

à l’un de ces ecclésiastiques : « Conservez l’avantage que

» vous avez auprès de Monseigneur de Pamiers, qui est la

» sainte conversation et l’exemple de ses vertus admirables,

» que vous ne trouverez que difficilement ailleurs. Aidez

» ce rare Prélat, si délaissé, et qui mérite tant d’être se- (2 Lettresaut.

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