CHUTE MALHEUREUSE DE L'ÉVÊQUE DE PAMIERS
NOTE 1, p. 351.— Ce ne sera pas nous éloigner de notre but, que de faire connaître ici l’occasion d’une chute si funeste à l'Eglise ; et cette digression servira comme de correctif aux assertions d’une multitude d'écrivains, qui ont traité ce point d’une manière fort inexacte : comme il est étroitement lié à l’histoire de M. Pavillon, depuis évêque d’Alet, nous ne saurions nous dis- (4) F'ie de saint penser de parler ici de ce personnage, si célèbre dans l'affaire du pncont de Paul. Jansénisme, M. Pavillon, l’un des ecclésiastiques qui commencè- pur Collet, in «", rent, de concert avecM. Olier, les conférences ile Saint-Lazare (1), "à Peer avait été formé ‘comme lui par saint Vincent de Paul (2), dont il quatre Évéques , sut mériter la confiance et l’estime. Saint Vincent l’appelait ordi- + a M. nairement son bras droit (3), et s’en servait utilement pour plu- pavitton,t.1,p.7. sieurs bonnes œuvres; il le chargea même de présider des contfé- ne AU rences qui avaient lieu tous les samedis pour les prêtres de la quatre Évéques , Mission, et de faire aussi les entretiens aux ordinands (4). On tips. + aurait peine à se figurer le succès qu’eurent ces discours de re- ae Fe traite : on les recueillit avec empressement, et ils servaient de id. règle dans les provinces, partout où l’on établissait ces exerci- (@ Fie de M. ces (3). On rapporte que Beuvelet, prêtre du séminaire de Saint- ones EL Nicolas, composa en partie ses HMéditations ecclésiastiques, sur (7) Entretiens les entretiens manuscrits de M. Pavillon (6). I paraît qu’on en Fa PU faisait aussi grand cas au séminaire de Saint-Sulpice ; du moins jn.40, É on y conserve en manuscrit des discours de retraites faites à tiens M Alet sous M. Pavillon, et qui sont très vraisemblablement l'ou- Po ete. 4644, vrage même de cet Evêque (7). Ms. in-8v.
La grande réputation dont il jouit, dès qu’il commença ces en-. tretiens à Saint-Lazare, le fit juger digne de l’épiscopat; et saint Vincent de Paul lui-même l’obligea d’accepter le siége d’Alet, lui déclarant que, s’il persistait dans son refus, il s’élèverait contre lui
au jugement de Dieu, avec toutes les âmes qui auraient péri dans (1) Vies des ce diocèse 1). Le nouvel Évèque justifia bientôt les espérances cr re qu’on avait conçues de lui, et l'éclat de ses vertus le mit en si haute réputation, qu'au jugement de M. Olier, son ami, il passait pour l’un des Prélats les plus capables de former lui-même de saints Évêèques. «J'apprends, écrivait celui-ci, que la Reine à PS Éd » résolu de n’élever aucun sujet à l’épiscopat, qui n’ait passé quel. (3) M. Fran. ” ques années dans le séminaire de M. Vincent, ou dans le nôtre ; gois de Perro- » pour de là aller encore se former dans l’école des grands Évodope » ques, où ils apprendront à travailler à leur exemple, comme bien que le préce- » pourront être M. d’Alet, M. de Châlons (2), M. jle Boulogre (3) a Mémoire, ” Ctautres grands personnages (4.» Enfin M. Olier, pour aider ce AU Ve Prélat à réformer son diocèse, tombé, depuis longtemps, dans tm, p. 7. l'état de relàèchement le plus déplorable, lui envoya plusieurs . ne jeunes ouvriers formés de sa main, entr’autres, MM. Joly, de tu 1, p. 4. Parlages, Tronson (l’abbé de Saint-Antoine), de Quevylus (5)+. Il était naturel que le nouvel Évèque de Pamiers, M. de Foix, eût aussi des rapports avec M. Pavillon, son voisin, son ancien ami et son collègue. Chaque année, M. de Foix allait passer quinze jours auprès de lui; et l'Évêque d’Alet, à son tour, venait demeurer le (6) /bid. 1. u, mème espace de temps à Pamiers, pour s’édifier et s’instruire (6), pe#0, Ces deux Prélats se réunissaient encore quelquefvis avec le saint évêque de Cahors, Alain de Solminihac, avec l’Evèque de Sarlat, .(7) Gall. chris- et celui de Périguenx, frère de M. de Bassancourt (7), pour régler ds te M col. Go concert la n.anière de sanctifier leurs persuanes, ieurs maisoz, (8) Entretiens leur clergé et leurs ouailles (8). Une concuite si apostoiique renfaite à té te dait ces Prélats extrêmement recommandabies à M. Olier, qui les 387,404. Ms.in.40, CONSUlait fréquemment, « Je vous prie, écrivait-il à M. de » Queylus, de bien prendre les avis de messeigueurs de Pamiers (@) Lettres aut. ? À d’Alet, pour en faire notre profit, puisque HUUS Ne POUVONS de M. Olier, p. » avoir le bien que nous espérions et que nous désirions si fort, 170, 471. » qui était d’avoir l’un ou l’autre de ces Prélats pour député à Pr gene Pr » assemblée du clergé (9). »
du grand sémi. Tels étaient les rapports de ces deux Evéques entr'eux et avec naire de S.-Sul- |e séminaire de Saint-Sulpice, lorsque a querelie du Jansénisme ri Er saine COMinença à diviser le clergé de France. M. (Alt, enneuni par Vincent de Paul, par Collet, t. [TA He 7 + Il lui envoya encore les deux abbés de Chandenier (10), neveux du cardinal (12) Catalogue de la Rochefoucauld, et dont Les historiens de saint Vincent de Paul, qui leur d'entrée, p.47. servit aussi de maitre, ont parlé avec tant d’éloge (11); M. de Montgaillard , dede : puis Évèque de Saint-Pons (12 ,M. de Caulet, frère de M. de Foix (43), M. Gabriel | pan. de Ciron, qui établit a Toulouse les Maitresses régentes, d'ou vient l'Anséitut de
Vie de M. Pavillon, t.1,p. 54. l'enfance, si célèbre depuis (44). .
caractère | tralité, les
en 1651, à Sulpice, di demander
un faux an onze Évèq:
uns ni aux de contrib de Pamier part dans pice, avec que saint Pamiers à ILest vrai « gnement q exallaient quente Co que cepent miers était lecture (5) doctrines s qui conila
mort de M fameux ca bon et sin » dans cet » contrair » dans ces » gea dept » tilices o » porter (
M, Pavi après la m qu'il écriv siastiques pice (10), plusieurs À » miers, d » picienn » effet, tot » répondit
t péri dans espérances mitensi , il passait -même de a Reine à passé quelis le nôtre ; rands Évèle, comme dulogr'e (3) ur aider ce emps, dans a plusieurs Joly, de us (5)+.
le Foix, eût cien ami et uinze jours icmeurer le struire (6).
vec le saint e de Sarlat, pour régler 5 INAÏSONS, oiique renlier, qui les U à M. de ie Pamiers Qu pPOuVUns ons si furt, ur député à
UX et avec Juhsénisme eHneni par
x du cardinal au, qui leur tgaillard , de- 3) M. Gabriel | l'Enstitut de
caractère de toute contestation, affecta de garder une entière neu-
tralité, les premières années de ces disputes (1); et s’il refusa, (1) Fes des en 1651, à saint Vincen de Paul et aux ecclésiastiques de Saint- ER ’ Sulpice, de signer la lettre des Évêques de France au Pape, pour demander la condamnation des cinq propositions (2), ce fut par (2) ie de M. un faux amour de la paix. Car ayant été sollicité aussi par les Pavillon, t.u, p. ynze Évèques opposants, il pril le parti de ne se joindre ni aux os
uns ni aux autres, par la crainte, disait-il, s'il en usait autrement,
de contribuer à un schisme ; et il fit partager son avis à l'Évèque
de Pamiers (3). Au reste, l'amour de la nouveauté eut si peu de (3) fie de saint part dans cette conduite, que les rapports du séminaire de S.-Sul- a e sue pice, avec ces deux Prélats, furent les mêmes qu'auparavant, et . 538, 539. que saint Vincent de Paul invita depuis plusieurs fois l’'Évèque de
Paniers à faire les entretiens des ordinands à Saint-Lazare (4). (4) Iid., 1. x, ILest vrai que M. d’Alet, naturellement austère, avait moins d’éloi- v: 30.
gnement que son collègue pour ceux des ouvrages du parti qui
exaltaient la pénitence : il faisait lire à sa table le livre de la Fré-
quente Communion, et les Lettres de l'abbé de Saint-Cyran, (5) Vies des que cependant il interrompait tout le temps que l'Évèque de Pa- ,uatre Evéques, miers était à Alet, sachant que ce Prélat ne pouvait en souffrir la t:11, pb 156 —#'ée lecture (5). Mais en cela il ne suivait que son inclination vers les %° in doctrines sévères. Aussi publia t-il, à Alet, la bulle d’Innocent X, Journuux de M. qui condamna enfin les cinq propositions (6); et, l’année de la € pl mort de M. Olier, étant consulté par le docteur Arnauld, sur le (6) Fe PT fameux cas de conscience relatif au formulaire, il répondit en Prncentd' Paul, bon et sincère catholique (7). « I faut demeurer ferme, et mourir AU NE ue » dans cette conviction, dit-il à l'abbé de Rancé, et les raisons (7 Histoire des » contraires ne valent pas la peine d'être écoutées. de le laissai A DE » dans ces sentiments, continue cet abbé : je sais qu'il en chan- pus, t 1, p. 206 » gea depuis ; mais je sais aussi de quelle adresse et de quels ar- ue 5 sue »tilices on s’est servi, et quelle diligence a été faite pour l'Y 4; Gouet, t nu » porter (8). » 544.
M. Pavillon commenca par se déclarer contre le formulaire, après la mort de M. Olier et celle de saint Vincent (9). Les lettres (9) Histoire des
cinq proposi-
il écrivit à ce | tetù ans ansternati s eccléqu'il écrivit à ce sujet, jetèrent dans la consternation les ecclé ét An: di:
siastiques de Saint-Lazare et ceux du séminaire de Saint-Sulpice (10), non moins que PÉvêque de Pamiers. Ils lui écrivirent (10 Pie de M. plusieurs fois les lettres les plus pressantes. « L'Évèque de Pa- à Fr LEE » miers, dit l'historien de M. d’Alet, plein de ses préventions sul- » piciennes, était fort propre à agir selon leurs vues. Il fit, en » effet, tout ce qu'il put pour le faire changer ; mais M. Pavillon » répondit qu'il fallait attendre les événements et prier beau-
(t) Wie de M.
Pavillon ,tu,p.