SUR LA MAISON D'ISSY
NOTE 8, p. 380, — Cette maison appartenait, en 1556, à Michel
& trehives du Morteau, marchand changeur, à Paris (1). Jean de la Haie, orfévre
rue CE du Roi, en devint ensuite possesseur ; et ce fut lui qui, en 159,
no obtint, des religieux de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés,la permis.
sion de construire, sous la rue de la Glaisière, la voûte qui conduit
(?) bd, n, 7, au parc de cette maison (2). De Jean de la Haie, elle passa à la reine
Marguerite de Valois, première femme de Henri IV.Cette princesse,
ayant été obligée de sortir de Paris pour fuir la contagion, qui avait
emporté deux ou trois de ses ofliciers, se retira pour un temps à
(3) Histoire de Issy (3), et ce fut peut-être pour ce motif qu'elle acheta (4) la pro-
AE né As priété dont nous parlons +. Dans le séjour qu’elle y fit, elle donra
(4) Le 23 no. Son nom à la rue dite depuis de La Reine ou Réginale. Comme elle
vembre 4606. aimait à conférer avec les gens de lettres, elle lesattirait dans cette
maison, où ils se rendaient volontiers; du moins Michel Boute.
(5) Encomium Toue et Daniel Périer en ont chanté les jardins, le premier en vers
ir ME français, l'autre en vers latins (5). Bouteroue n’a rien oublié, ni
rio, Paris, Jae Ve parterre, ni !a jt d’eau, ni le pare, ni même la voûte qui y con. quin, 4644, in-&, duit :
Par un double escalier de pierre
On descend dans un lieu voûté,
Qui traverse par-dessous terre
Au verger de l’autre côté ;
Sortant de cette grotte ronde
Par un degré plus spacieux,
On pense voir un autre monde, D'autres terres et d’autres cieux (6).
(6) Le petit Olympe d'lssy, à la reine Marguerite, 4609, in-42.
Après la mort de Marguerite de Valois, la maison d’Issy qu’elle ré ne . Le avait laissée avec tous ses biens à Louis XHE, encore Dauphin (1), (8) Hosds fut vendue ++ à Michel Sarrus, conseiller au Parlement de Paris(8).
Royaume,S.T04t, Peu de temps après, ce nouveau propriétaire obtint la permis-
(7) Histoire de
€. 4, un. 3 —S
7040, n. € * sion d'y faire célébrer la sainte Messe. II laissa cette maison à ,n. 6.
(9) Archives du Royrume, ibid. : Elle lui coûta 33,000 livres (9). n, 2, Se 7010, ©.
n. 7, ; à +1 Le 34 août 4618, pour la somme de 43,600 livres.
Antoinette Le de Sève (4), d'Ulnoy et de tique, laborie neveu, qui y ét cepteur, homn tion singulière dans cette sol séminaire de d'issy, avec | bre 1655, alin Celui-ci, en 1 recevoir cette M, Olier l'aval féra la maison bles(6).
M, Tronson de ses confrèr mage de Loret chapelle sur le emblèmes et 1 detouchants t que (8), dont I augmenter la ( que de Paris ] ment(10) ; et © de l'année sui a été en grand » père, écriva » m'oubliera ] » rette (42). »
ls conférence sainte Vierge, de Montréal, € de petites pier:
+ L'abbé Leber porte qu'on y voy:
sur la tête, C'était priétaires connus du vestibule, les rosaces, Ce sont ap desa femme 4nt
}, à Michel je, orfévre , en 159, \a permisui conduit à à la reine princesse, 1, qui avait in temps à (4) la proelle dont zoinme elle t dans cette hel Boutenier en vers oublié, ni » qui y con.
’Issy qu'elle Dauphin (7), de Paris(8).
la permiste maison à
sntoinette Le Prêtre, sa femme, qui la vendit à M. Antoine (4: Le 19 node Sève (4), abbé de Notre-Dame de l'isle-en-Barrois, prieur res r-dbre00e | J'Ulnoy et de Champdieu, et aumônier du Roi (2). Cet ecclésias- n, 4," ? tique, laborieux etsavant, attira à Issy M. Louis Tronson, son , (2 sp 6 neveu, qui y étudia longtemps avec Ini, sous la direction d’un pré- renulles Ts, de «pteur, homme de mérite (4), L'abbé de Sève avait une vénéra- la Bibl, de l'Arion singulière pour M. Olier, et tenait à honneur de le recevoir met 764. art. dns cette solitude, I laissa une partie de sa bibliothèque au (3) Fies Ms. de
gminaire de Saint-Sulpice, et vendit à bon compte sa maison vo Up. d'issy, avec les meubles, à M. de Bretonvilliers, le 17 novem- (4) wémoires
bre 1655, alin que de lui elle passät à cette communauté(4). de M Baudrand,
Celui-ci, en mourant, donna en effet au séminaire le choix de P: *7— #rchives
A : , F du Royaume. 8.
revoir cette maison ou le prix qu’elle avait coûté ; mais, comme 7o44, c. 4, n. 6.
M, Olier l'avait habitée les dernières années de sa vie, on pré- 15) Mémoires
féra la maison(S). Les bâtiments étaient alors peu considéra. “%, des
bles (6). liers, Extraits
M, Tronson, ayant succédé à M. de Bretonvillers, en gagea l’un deM. Baudrand, de ses confrères, M. Bourbon, qui avait fait deux fois le pèleri- (6) 4ncien pan nage de Lorette, en Italie, à bâtir, au milieu du pare d'Issy, une de cette maison
chapelle sur le modèle de cette sainte maison (7). Les devises, les de emblèmes et les inscriptions qui en décorent les alentours, sont me.
detouchants témoignages de la piété de ce vertueux ecclésiasti- NU deb que (8), dont Fénelon parle avec éloge dans ses lettres(9). Pour 7e74679. tol.84
augmenter la dévotion envers ce nouveau sanctuaire, l'Archevé- De la muison du
que de Paris permit, en 4695, d’y conserver le très-saint Sacre- 4 à qe M. ment(10) ; et on l’y déposa solennellement le Jeudi-Saint,19 avril Sourbon, — Pié-
de l'année suivante (11). Penuis sa construction, cette chapelle FE er : a été en grande vénération au séminaire de Saint-Sulpice. « J’es- x. Bourbon.
» père, écrivait Fénelon à M. Leschassier, que M. Bourbon ne UNE de » m'oubliera pas dans la chapelle de la sainte Vierge à Lo- w ns » rette (42). » Nous lisons aussi que Bossuet allait y prier durant dance, 1. v, p 224 ls conférences d’Issy (13). Comme on l'avait dédiée à la très- La near F ginte Vierge, sous le titre de /« Reine des Cœurs, les sauvages y, Tronson 1605, de Montréal, en Canada, y envoyèrent un grand cœur, composé 28 novembre.
Es : à (44) Ibid. 19 ade petites pierres taillées en forme de cœurs, de couleurs diffé- ,,,;, He
(12) Jbid. 4697.
fol. 437, versn, — + L'abbé Lebeuf, qui visita cette maison au milieu du siècle dernier, rap- AU. si porte qu'on y voyait, dans la cour, le buste d'une personne qui avait la toque (43) Journal de sur la tête, C'était apparemment le buste de Michel Sarrus, le seul des pro- M. Tronson, priétaires connus à qui ce costume puisse convenir. On remarque, au plafond 1695. fol. 403. du vestibule, les monogrammes MS. et ALP, peints alternativement dans les rosaces. Ce sont apparemment les lettres initiales des noms de Michel Sarrus, et desa femme 4ntoinette Le Prétre.
rentes, eten nombre égal à celui des nouveaux chrétiens qui se
hdi de trouvaient parmi eux (1). On voyaitencore, dans cette chapelle
*** des clefs d'or, qu’un chambellan du roi de Pologne y avait sus-
pen iues ; mais surtout un grand nombre de cœurs en argent doré
| | offe rts par des Prélats et d’autres ecclésiastiques, et qui étaient
Eos to 18 attachés au treillis qui sépare la chapelle d'avec la sainte
43 novem :. 1789, € 4/ine. Au moment de la Révolution, quatre-vingt-seize de ces
Pièce. Me Ar cœurs furent portés à la monnaie (2). IL y avait enfin, au-dessus
iure Ft Re de la chapelle de Lorette, une bibliothèque, composée de la plu-
ton. S. 7006. part des ouvrages relatifs à la très-sainte Vierge(3). Un poète
Pr de chrétien, qui a fait, dans le dernier siècle, la description de {4 ù maison d’Issy, parle ainsi de cette chapelle :
Mitius hic lumen sublustri fulget in umbra ; Hic pietati addunt stimulos «rs et locus ipse, 14) Mercure, Sanctaque formido, et secretus corripit horror stp 4743. — Le- Intrantes, pavidisque sacros inspirat amores, SOU LE Et replet ationitam præsenti Numine men‘*em (4).
On voit, dans l’enclos de la maison d’Issy, un pavillon en rocaille, dans lequel Bossuet, Fénelon et M. de Noailles se réunirent plusieurs fois, avec M. Tronson, pour leurs conférences sur
— le quiétisme, qui durèrent sept ou huit mois, et à la fin desquel- Re Vaso Vs les ils arrêtèrent les trente-quatre Articles appelés d’Issy(5. toriques, t. 1, p. Cette maison fut illustrée encore par le séjour qu’y fit le cardi- 208, nal de Fleury, premier ministre de Louis XV : comme il y était
malade, les autres ministres y venaient régulièrement pour pren-
6) Historre du dre ses ordres. Le cardinal Crescenzi, alors Nonce en France, Ed le visita dans sa maladie, et lui donna la bénédiction apostoli- Aindhon, Ms.in- que. Le Roi y vint aussi trois fois ; la Reine et le Dauphin l'hofol. t. 11, p. 4036, norèrent également de leurs visites; et ce fut là que mourut ce HE NENE ministre, le 29 janvier 1743, dans sa quatre-vingt-dixième anme , section his- Née F(6). La Dauphine, mère de Louis XVE, tit, en 1758, le pèletorique , &. 455. rinage de Lorette à Issy, accompagnée du Dauphin, et don,
(7) Histoire du + L'abbé Lebeuf assure que le cardinal mourut dans une autre maison (7) diccèse de Paris,
t. vu, p. 46 apparemment celle qui est en face du séminaire, et où les officiers de ee ministre + VU, p. 46.
avaient en effet leur logement. Mais il est certain qu'il demeurait lui-même dans la chambre qu’occupe aujourd’hui le supérieur du séminaire de Saint-Sul pice, lorsqu'il est à Issy, et qu'il y mourut dans un lit très-commun, qu'on y à
conservé longtemps, .
pour la bil contenant € neur de la :
Dans la cl voit un tom sœur du fon raconté, pei vergne (2).
Olier, et de
Enfin, cet nérable car et dont le sé d'hui les os
NOTE 9, Mariæ de P Chisius nu Franciæ et
iens qui se chapelle, ÿ avait susgent doré, qui étaient > la Sainte eize de ces , au-dessus > de la plu- Un poète ption de la
illon en roes se réuniérences sur fin desquels d’Issy(à).
fit le cardime il y était L pour prenen France, nn apostoliauphin l'hoe mourul ce dixième an- 158, le pèle- 1, et don,
re maison (7), de ce ministre urait lui-même » de Saint-Sulnun, qu'on y à
pour la bibliothèque de cette chapelle, un ouvrage allemand, (4)Le Trône des contenant des pratiques pour sanctifier les pèlerinages en Fhon- me EE neur de la sainte Vierge (1. in-42, 4730.
Dans la chapelle du Sacré-Cœur, située sous celle de Lorette .on voit un tombeau où sont renfermés les ossements de Marie Olie”, sœur du fondateur de Saint-Sulpice, qui mourut, comme on l’a raconté, pendant que son frère prèchait la seconde mission d’Au- (2) Part. dre vergne (2). Le tombeau est surmonté des armes de la maison v. v,t. 1,p. 483. Olier, et de l'inscription suivante :
Cy GisT Le corps de Marie On, (Vivante fille de Jacques OLIER DE VERNEUIL Et de Marie DoLu), Laquelle décéda le 17 juillet 1637, Aagée de 26 ans.
Priez Dieu pour son âme.
Enfin, cette même chapelle renferme encore les chairs du vénérable cardinal de Bérulle , fondateur de l’Oratoire en France, et dont le séminaire de Saint-Sulpice de Paris possède aujourd'hui les ossements. Elles sont déposées dans un monument, sur lequel est gravée l'inscription suivante :
Jesus Maria Hic Reconditæ Jacent Carnes Em. Cardinalis De Berulle
Institutoris congregationis D de de Oratorii Jesu Christi Religion, Q sept.
Domini nostri (3). 4840, p. 580, 581.
APPROBATION DU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE PAR LE CARDI- NAL CHIGI, LÉGAT A LATERE ET NEVEU D'ALEXANDRE VII.
NOTE 9, p. 389. — Klavius, miseratione divinà, tituli sanctæ Mariæ de Populo sanctæ Romanæ Ecclesiæ presbyter Cardinalis, - Chisius nuncupatus, ad serenissimum principem Ludovicum, Franciæ et Navarræ Regem Christianissimum, et universum illius
regnum, ejusque provincias, dominia, civitates, oppida, terras et loca eidem Regi subjecta, ac dicto regno adjacentia, sanctissimi in Christo Patris et Domini nostri, Domini Alexandri divinà providsntià Papæ VIL, et Apostolicæ Sedis de latere legatus.
Dilectis nobis in Christo Superiori et presbyteris sæcularibus seminari, Sancti Sulpitii nuncupati, in suburbio Sancti Germani prope Parisios siti et fundati, salutem in Domino sempiternam,
Ex injuncto nobis legationis apostolicæ officio adstringimur 1q ea quæ regiis diplomatibus, et auctoritate ordinarià stabilita, et pro divini cultûs augmento ac religionis propagatione, nec non communitatum seu seminariorum persunarum ecclesiasticarum feliciori statu providè instituta fuerunt, nostræ solertiæ curas libenter dirigere ; et ut firma et illibata persistant, cujus partes quantüm cum Domino possumus impendere eflicaciter.
Sanè, pro parte vestrà, nobis nuper expositum fuit, qud altius vos, Deo inspirante, universam seu universum clericorum sæcularium communitatem seu seminarium, in quà, afflante Spiritu divino, virtutum semina crescerent et Fidelium augeretur fides, fundastis, dotastis et instituistis, fundatioque dotatio et institutiv hujusriv serenissimi Regis Christianissimi patentibus litteris et Ordinar ‘:c° auctoritate comprobatæ, annuente Deo, exitum habuère ° t: +1, Non solùm enim clerici de vicinis, sed de pluribus Europæ partibus ad dictum seminarium quotidiè convolant, in quo ipsi eruditi et instituti, 4d suas partes rever untur, operarii facti in missionibus ferventissimi ac in muniis ecclesiasticis subeundis peritissimi ; undè fit ut vinea Domini det odorem suaviorem et fructum uberiorem suum. Quarè, pro parte vestrà, nobis fuit humiliter supplicatum quatenÿs in præmissis opportuné providere benignè dignaremur.
Nos igitur, qui cultüs divini et religionis augmentum piaque personarum ecclesiasticarum vota confovere summoperè cupimus, vos ac vestras singulares personas à quibusvis excommunicationis, suspensionis et interdicti aliisque Ecclesiæ interdictis, censuris et pænis, si quibus quomodolibet innodati existitis, dummodà tunc in eis non insordueritis per annum, ad effectum præmissorum duntaxat consequendum , harum serie absolvimus et absolutas fore censemus ; hujusmodi supplicationibus inclinati, fundationem, erectionem et institutionem seminarii hujusmodi, ac indè secuta quæcumque licita tüm et honesta ac sacris canonibus Conciliique Tridentini decretis minimè contruria, auetoritate Apostolicæ Sedis, quà ad id per ejus litteras suflicienti facultate muniti fungimur, in hàc parte, tenore præsentium, sine ullo alicujus præjudicio, approbamus et confirmamus ; illique in-
violabilis ape gulos täm ju dem, supple bus apostolid
Datum apt Incarnationi quarto, terti Domini nost