‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 209 sur 269 · SAINT · texte numérisé non relu

SAINT

L'humilité de M. Chansiergues n'était pas moius remarquable que son zèle, Il ne pouvait souffrir qu'on lui attribut à lui-même le succès que Dseu donnait à ses travaux, et disait avec la simplicité la plus touchante, qu'il le devait aux prières des personnes pieuses qui s’intéressaient à son œuvre. Il avait surtout une grande confiance à celles de M. Bauin, directeur au séminaire de Saint- Sulpice ; et, toutes les fois qu'il entreprenait une chose de conséquence, il allait la lui recommander. Voyant les bénédictions que Drau répandait sur ses travaux (car il forma jusqu’à douze communautés de pauvres écoliers dans Paris), il résolut de mcner une vie plus mortifiée et plus austère , et se retira dans une espèce de guérite, où l’on montait au moyen d’une échelle, I n'y avait dans ce lieu que deux ais sur lesquels il couchait, une méchante couverture, une table pour écrire, un crucifix, une image de la sainte Vierge, et un petit tableau de l’agonie de saint Fran çois-Xavier. Il ne prenait que deux heures de repos; le reste de la nuit était consacré à la prière, à répondre à ceux qui lui écrivaient, et à dresser des mémoires pour les séminaires. Le jour, il quêtait dans les maisons, pour faire subsister tant de pauvres ecclésiastiques; et l’on ne saurait imaginer tout ce qu'il avait à souffrir de rebuts, de la part de ceux mème qui d’abord lu: avaient donné avec le plus de joie. « Quand on me donne des » aumôûnes, disait-il avec humilité, c’est à nos communautés qu'on » les donne ; mais les insultes sont pour moi seul. » Il disait aussi qu’il se croirait réprouvé, s’il cessait de travailler à l'instruction des pauvres ecclésiastiques et qu’il donnerait volontiers sa vie, ou irait au bout du monde, pour acheter à grand prix des enfants de grâce (c'était son expression), qui devaient être un jour de bons ministres du Seigneur.

Comme il était fort gai et d’une humeur agréable, il faisait acheter, à des Évêques et à des Abbés, diverses charges qu’il avait imaginées, pour se procurer par là des revenus : ainsi il vendait à l’un la charge de général de l'Ordre, c'était ainsi qu’il appelait sa société, à l’autre celle de supérieur, à celui-ci la charge de visiteur,à celui-là celle d'assistant. Il est vrai, comme il le disait lui-même, qu’il faisait subsister tant de pauvres écoliers, chaque jour, à trois sols par tête, et l’on conçoit qu'à ce prix il devait en nourrir beaucoup. Louis XIV, surpris de ce qu'on pouvait faire vivre, à Paris, un homme à si peu de frais, voulut contribuer à cette bonne œuvre, et son exemple fut bientot imité par beaucoup de personnes de la cour. M. Chansiergues por tait, pour lui-même, l'amour de la pauvreté à un degré héroique ; il était néanmoins toujours propre dans ses habits. Lorsqu'il

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DU LIVRE QUATRIÈME, k57

était tout trempé de sueur ou de pluie, il ne changeait jamais de (1) /'ie Ms. de linge; et n’usait point de feu durant l'hiver. Il ne laissait pas toute- tr A À {ois d’être doux pour les autres, et de ménager soigneusement — Æbrégé de lu leur santé, Vers la fin du Carême de l'année 4694, sentant que sa 4, de Prançuis ques, fin approchait, il se fit transporter dans sa communauté, pour mou- jvstituteur des rir au milieu de ses frères. Il mourut en effet cette mème année, le De, de la 10 avril, Agé de cinquante-cinq ans, étant resté diacro jusqu'alors, 48. Chez M par humilité. Louis XIV, qui avait favorisé ses entreprises, ap- et, au Bowrgprenant sa mort lorsqu'il était au siége de Mons, en témoigna son Sint-Andéol= regret, et dit que le clergé de France faisait une grande perte (1). &ibtiuth. de l’Ar-

senal, in-8o, Fr,

Jurisprud, (B).

AURA M. PHILIPPE, ET SUR L'AGRÉGATION PROJETÉE DU Ste ne NAIRE D'AIX A CELUI DE SAINT-SULPICE, Gall. christiana,

t. vu, col, 4042.

NOTE 5, p. 428. — Get ecclésiastique, formé par M. Olier aux vertus et aux fonctions sacerdotules, avait pour son maître une vénération peu commune, ayant éprouvé combien était puissante sa médiation auprès de Dieu, Le jour même de saint Sulpice, (9) pie de tu M, Philippe ayant été atteint d’une fièvre très-violente, M, Olier mère Agnès, in- Jui apporta promptement le crucifix de la mère Agnès, et lui dit : 4 2e vart. chap A 1 A xu,— Remarques Tenez, voilà qui vous guérira. 1 parut bien qu’il n’avait parlé historiques, 1.1, de la sorte que par quelque inspiration divine; car, à peine le p.35,36.—4nnée malade eut-il le crucitix entre les mains, qu'il sentit diminuer sa in de D fièvre, et qu’en fort peu de temps elle cessa entièrement; en tembre, p. 423.— sorte que le médecin, qui avait été étonné de la violence du mal, #4 Manière de fut fort surpris de le trouver sur pied le lendemain, et entière- pizv, ete. p. 307. ment guéri. L'auteur de cette relation, M. de Lantages, ajoute : — Description de «M. Philippe, homme docte, judicieux et craignant Dieu, à qui hu de orne. » cela est arrivé, a toujours estimé et assuré que cet événe- tt. vu, pag. 854. » ment , toutes choses considérées, ne pouvait être que mira- 7 ‘rorprtl » culeux (2). » | gny; Liv, p. 023.

Cet ecclésiastique avait d’abord établi le séminaire dans une maison qui lui appartenait. Le cardinal Grimaldi acheta peu après, des Carmes déchaussés, un local situé près de son palais, plus spacieux et plus commode que le premier, où il bâtit une (3) 4nnates de chapelle et les logements nécessaires. Ils furent habitables au la sainte nl mois de février 4658, et la même année on ouvrit la chapelle, Pa DE 4gç8. le 4 novembre (3). in-4e, p. 264.

On ne saurait rien ajouter aux instances que M. Philippe faisait pour procurer l'agrégation de ce séminaire à celui de Saint-Sulpice. « Les impressions qu'avait faites sur mon esprit » l'affection de M, l'abbé Olier pour cette œuvre, écrivait-il à

» M. Tronson, mon estime singulière, et mes premières inclina.

» tions pour le séminaire de Saint-Sulpice, où j'ai eu l'honneur

» d’être élevé, et les grands biens que je me suis toujours promis

» du séminaire d’Aix, surtout quand il sera conduit par l’esprit de

» M. Olier et par ses enfants, m'ont porté à faire tous mes efforts

(1) Lettres aut, » pour procurer cette union (4). » Il disait encore : « Mes intenru es 06 4 » tions ont toujours été que le séminaire de cette ville füt sous novembre 1684, 6 » Votre conduite, comme les autres qui dépendent de celui de mai 1685. 30 » Saint-Sulpice. Je vous prie de vous souvenir de l’affection et juillet 1688. Qi z3je que M. l'abbé Olier a eus pour cet établissement. Per- » sonne ne peut mieux le savoir que vous, Monsieur, qu’il avait

» destiné, au commencement, pour en venir prendre la conduite.

» Mais ce que Dieu ne permit pas en ce temps-là, à cause sans

» doute que nous n’en étions pas dignes, se pourra accomplir

» maintenant ; et vous pourrez, par ceux qu’il vous plaira d’en-

» voyer, faire ce que vous auriez fait par votre présence. J'espère

» donc qu’en considération de la gloire de Dieu, du bien d’une

» province entière, et des premières intentions de M. l'abbé NU » Olier, vous aurez la bonté d'écouter ma prière (2). » Mais le à M. Tronson, 46 Cardinal Grimaldi étant mort le 4 novembre 1685, et son succesoctobre 4684. seur M. Le Goux de la Berchère , n'ayant pas réitéré la demande, M. Tronson ne crut pas devoir le prévenir, quoique

(3) Leltres di M philippe vint lui-même à Paris dans ce dessein (31. « Comme

vers.de M. Tron-

sont. 1, 20 mars » NOUS avons peine à nous multiplier, écrivait M. Tronson, et

1696. » que nous ne le faisons que lorsque nous voyons sûrement que

(Q) Iuid. 1. n, » Dieu le demande de nous, et que sa Providence nous doune p.ta,44décembre » de grandes marques de sa volonté, nous n’avons pas écrit à 180. » l’Archevêque nommé d’Aix (4). »

MOTIFS DE L'AGRÉGATION DU SÉMINAIRE D’AVIGNON A CELUI DE SAINT-SULPICE. M. D'ENTRECHAUX.

NOTE 6, p. 430. — Dans les diverses demandes que l’on adressa aux supérieurs du séminaire de Saint-Sulpice, pour les engager à prendre la conduite du séminaire d'Avignon, on allégua toujours, comme motif, le zèle de M. Olier pour la formation de ce dernier établissement. En 1690, M. Pertuys, grand vicaire d’Avignon, écrivait à M. Tronson : « Vous savez que feu M. Olier n’a rien » désiré avec tant de passion, que d’avoir une occasion favorable » de pouvoir témoigner, par ses services et par ceux de ses » Messicurs, le respect singulier qu’il avait toujours eu pour le » Saint-Siége.» Lorsqu’on renouvela les mêmes instances en 4697,

il lui écriv.

» vénératio » par la dé » de sainte » passionne » échoue p:

séminaire à motif tant « » M. Olier » ses seron » nerai très

Parmi le:

minaire de !

de Fougasse au public, € historien ra » M. Olier a » seins dan:

le bonheur son esprit d traits de rass cerne la mo dévotion à ans (4).

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