‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 231 sur 269 · XVI. Au printemps de cette année 1654, il se trouvait cepen · texte numérisé non relu

XVI. Au printemps de cette année 1654, il se trouvait cepen

ot ÿ, dant moins souffrant ({)+. Les médecins, jugeant qu'il

Bourbon. Son pourrait recevoir du soulagement des eaux de Bourbon,

amour pour la, . «11:

suinte commu lui conseillèrent d'entreprendre de nouveau ce voyage. Il

ue ee, regarda leur invitation comme un ordre de Dreu; et quoite de . ‘ , . .

Olier, par le Père Qu'il fût assuré que son mal ne le quitteraitqu’à lamort (2),

Giry, 4re partie, : : : ENT cha xs, Re. il obéit avec la simplicité d'un enfant. Pendant ce voyage,

marques histori- 34 . Ê : , . Ne 04 Lu tee LA il entreprit au mois de mai, et qu’il fut obligé de faire

SL à petites journées, il ne laissa passer aucun jour sans recaristiand om. ñ . . . :

| cevoir la sainte Eucharistie (3). Ou crut d’abord qu’il serait

vu, col. 4048.

2 je, À. . : . .

Pie te 1 difficile, sur les chemins, de lui procurer cette consola-

Ds 433, 449.

(8) 1bid. p.435. fjon, les hôtelleries où l’on était obligé de s’arrêter étunt quelquefois assez éloignées des églises ; et on lui proposa de s’en abstenir pour quelques jours. « Hélas ! répondit-il, » Ôtez-moi tout, pourvu que vous me laissiez la sainte

» communion, la seule consolation qui me reste. » Ces paroles et l’accent avec lequel il les prononça touchèrent HOT “A si vivement ceux qui l’accompagnaient, que, sans s’arrêter A tite 5 davantage aux difficultés, ils trouvèrent les moyens de le marques histori- Satisfaire tous les jours (4). Dans un autre voyage qu’il fut

t. . L F L A Q 0 Be” ‘ ‘” | obligé de faire pendant la même maladie, on le laissa une

(5 Remarques fojs sans communier ; et il passa tout ce jour dans l’abattehistoriques, t. 1,

v. 47,48; tu, p. ment et la tristesse. Un ecclésiastique, qui en avait été 398, 399. — Bio- ; : | ; graphie univer- étonné, ne le fut pas moins le lendemain de le voir surselle de Michaud, art, Olier.

(6) Calendrier M RUE + Ce fut alors que M. Olier réunit, comme en communauté, tous les

(7) Remarques jeunes clercs tonsurés de sa paroisse, en les obligeant d'assister tous Me RL à D les jours à des conférences de philosophie et de théologie, et à des en-

AR) ; RS . . re . s n , , Histoire des Ca- tretiens sur les devoirs ecclésiastiques (5) : usage qui persévérait enres rt core dans les derniers temps (6), surtout depuis que les jeunes clerc: — * formèrent une communauté proprement dite (7),

abonder de ces so témoigne là : « Le

» qu'on a » vie(1)?

grâce, il d leur couve la sainte

morency, ] et qui s’ét assister de rente. Ils 71 de réputati.

de plusieur retour des après leur la commun à la supéri point encor d'avoir, dar «Cette pieu » teté qui i » (UE CEUX

» y vénère ; » milité de » Mmaximes.

que les por qu'ils sont,

tion de la ve nastère, don odeur de sai

Les eaux

ès du piscoù seul

epenqu'il irbon, age. Îl ; quoirt (2), oyage, e faire Ans r'e- | serait >ns0la- ” étant OpOSA ndit-il, sainte .» Ces hèrent arrêter s de le u’il fut Ssa Une 'abatteait été ir Sur-

tous les ter tous des enrait en-

& clerc:

DIVERS VOYAGES À BOURBON, 37 abonder de joie; et comme on ne remarquait point en lui de ces sortes d’inégalités, il ne put s'empêcher de lui en témoigner sa surprise. M. Olier avait communié ce jourlà : « Le moyen de n’avoir pas de joie, répondit-il, lors- » qu'on a en soi-même celui qui est la voie, la vérité et la » vie(1)? » À Bourbon, pour n’ètre pas privé de cette grâce, il obtint, des Pères Capucins, une chambre dans leur couvent, tout auprès d’une chapelle, où il entendait la sainte Messe et communiait aux heures qui lui étaient le plus commodes (2).

Passant à Moulins, il désira visiter la duchesse de Montmorency, Marie-Félice des Ursins, retirée à la Visitation,

(4) Esprit, elc.

(2) Wie, par M, de Bretonvilliers, tu, p.435,

Il visite à Moulins Mme de

et qui s'était adressée à lui, comme on l’a raconté, pour Montmorency.

assister de ses conseils mademoiselle de Portes, sa parente. Ils ne se connaissaient encore l’un et l’autre que de réputation et par lettres : ils eurent alors une entrevue de plusieurs heures, où ils s’édifièrent mutuellement, Au retour des eaux, M. Olier vint la visiter de nouveau; et, après leur conversation, il fit une courte instruction à la communauté assemblée, Parlant ensuite en particulier à la supérieure (car madame de Montmorency ne l'était point encore, et n’était pas mème religieuse), il la félicita d'avoir, dans sa maison, un trésor si précieux, et dit : «Cette pieuse veuve porte sur son visage un air de sain- » teté qui inspire des sentiments de respect, tout autres » que ceux qui sont dus à sa qualité et à sa naissance, On » y vénère aujourd’hui des traits de la douceur et de l’hu- » milité de ce Dreu fait homme dont elle pratique les » maximes, et prend le véritable esprit (3). » Cet éloge, que les portraits de cette pieuse dame, tout insensibles

(3) Vie de lu du-

chesse de Montmorency, ;in-12,

qu'ils sont, semblent justifier (#), fut comme une prédic- #6 t:1,P:107,

tion de la vertu sublime à laquelle elle s’éleva dans ce mo-

(4) Cabinet des

Estampes de la

nastère, dont elle devint supérieure, et où elle mourut en #ist. K. tuvres

odeur de sainteté.

Les eaux de Bourbon, qu’on avait prescrites à M. Olier,

de Valet,

te | lui srocurèrent peu de soulagement. Les médecins vou- . Olier ob- Unes . , | tient para ste lant néanmoins qu'il les reprit dans la seconde saison Vierge la grâce de la même année, il se soumit encore à leur avis. Mais

de pouvoir cé-, DT F ‘1e lébrer le saint il dut, à sa tendre dévotion pour Marie, une améliora-

Pr tion sensible qui survint dans son état. Lorsqu'il était à (1) Le 6 juittee Moulins, un jour de dimanche (1), dans l’église des Aupri gustins, il fit vœu d'assister toujours à la sainte Messe, et de la dire, quand il en aurait la liberté, dans les inten-

tions de la très-sainte Vierge; et, dès ce jour même, il

commença à se porter mieux. S’étant de là rendu à Saint-

(2) Bretonvil. Pourçain, pour y attendre la seconde saison des eaux (2)

licrs,L 11, p.430, , “a 46, M7. il ratifia ce même vœu dans la chapelle de Notre-Dame-de-

Briailles +; et cet acte de religion fut si agréable à la Mère de Dreu, qu'il lui mérita une nouvelle grâce, celle de pouvoir célébrer le saint Sacrifice le jour de sa Nativité, après (3) Atlestations ayoïr été privé environ un an de cette consolation(à).

dut. 1 489, 204, ;, + A A 205. L’espérance de dire habituellement la sainte Messe le

faisait surabonder de joie, et il revint à Paris beaucoup plus satisfait que s’il rapportait de son voyage la santé la plus vigoureuse. Son grand amour pour JÉSUS-CHRIST, dans cet auguste Sacrifice, l’emportant même sur le respectextérieur qu’il était néanmoins si jaloux de lui rendre,

4 rehi A . Q 4 11! A . , ne ec. il consentit à célébrer ayant la tête couverte jusqu'au ü )

SUR ReRraues Canon, ne pouvant l'hiver célébrer autrement, à cause de 220. udridic:

tion, pag. 432. sa grande faiblesse (4).

I était alors contraint de se servir d’une voiture pour

+ Saint Pourçain, dont on conserve le corps dans la ville de ce nom, (5) Neuvaine est encore en grand honneur dans toute cette contrée (5). Briailles, D petit village à une demi-lieue de Saint-Pourçain, possédait autrefois par l’abbé Ca- une statue miraculeuse de la sainte Vierge, qui y attirait beaucoup ques in48, Pe de pèlerins, surtout les lundis de Pâques et de la Pentecôte, et le 16 j du mois d’août. Pendant la Révolution, la statue fut détruite, et, depuis cette époque, le pèlerinage a cessé d’être fréquenté. La chapelle

subsiste encore, et sert aujourd’hui d’habitation, ÿ

ses visite porter de qu’il voul le Prieur son coche Comme M. Olier l’accompa, prenant q le donna à sant était son cocher un second » sujet de »ilétaitp Les infir de faire to cette année toujours a eaux, à la ] fin était pr nage de No de revoir u dévotion la souvenait « très-abonda de bénédict habitants. C de Notre-D:

qu'il avait v moignait le » CONNAÏS Pi » Où il répa » porte à lui » sortir tout

Vols

aison

Mais

liora-

tait à

$ Aufesse, intenme, il Saintax (2), ne-dea Mère e pou- , après on(à).

sse le LUCOUp nté la HRIST, le resendre, squ'au use de

e pour

e nom, riailles, utrefois aucoup t le 16 et, dehapelle

PÉLERINAGE A NOTRE-DAME DU PUY, 199 ses visites dans Paris, et quelquefois même de se faire porter de la voiture dans les appartements des personnes qu'il voulait voir. Un jour, qu'il allait visiter de la sorte le Prieur des Chartreux, un passant se présenta pour aider son cocher à le transporter dans la cellule de ee Père. Comme cet étranger paraissait être dans le besoin, M. Olier demanda à l'un de ses ecclésiastiques qui l’accompagnait, s'il n’avait point d'argent sur Jui, et apprenant qu'il avait quelques éeus d' ilen prit un et le donna à cet homme; car son em uvre et compatissant était encore grand et généreu pensant que son cocher ne devait pas être de pire n, il demanda un second écu qu'il lui donna, en disant : «a H aurait » sujet de murmurer, si, ayant eu part au méme travail, » il était privé de la même récompense (1), »

Les infirmités de M. Olier l’obligèrent jusqu'à «a mort de faire tous les ans le voyage de Bourbon ; il y retourna cette année et la suivante, sur l'avis des médecins, quoique toujours avec aussi peu de succès, Après avoir pris les eaux, à la première saison de l’année 1655, sentant que sa fin était proche, il désira faire, une dernière fois, le pélerinage de Notre-Dame du Puy (2). Il y arriva comblé de joie de revoir une ville où régnait, depuis tant de siéeles, Va dévotion la plus tendre envers la Mère de Per, et oût il se souvenait d’avoir recu, par son intercession, des grâces très-abondantes. Le séjour qu’il y fit fut pour lui une source de bénédictions, et un grand sujet d’édification pour les habitants. On le voyait prier très-assidüment dans l'église de Notre-Dame : c'était même, de tous les lieux de piété qu’il avait visités dans la France, celui pour lequel il t6moignait le plus d’attrait; « parce que, disait-il, je n’en » connais point où Dreu se communique si intimement, et » où il répande ses grâces avec plus de libéralité, Tout y » porte à lui, tant ce lieu est saint; en sorte que, pour en » sortir tout pénétré de son amour et de son Esprit, on n'à

(4; Mémoires de M, Baudrand, vw, 73,

XIX, Dernier voyage de M, Olicr au Puy, Monuments de sa piété,

(2) Vie de M, Olier, par M, de Bretonvilliers,t, 1, p. 465, 466.

A Le

La

Ke) —

» qu’à se laisser aller au mouvement intérieur qu'on y » éprouve, dès qu’on s’y présente avec foi. » Il se rappelait avec une douce joie les grâces éminentes dont la mère Agnès y avait été favorisée. Aussi y était-il tellement touché lui-même, et si intimement uni à Dreu, qu’il fallait l’en retirer comme par violence, et l’avertir plusieurs : D Pie, t. a, fois de sortir (1). « Je suis dans un lieu, écrivait-il, où je » finirais ma vie avec joie, aux pieds de Notre-Dame du » Puy, à laquelle je suis redevable, par sœur Agnès, de nu den » toutes sortes de grâces (2)*.» Ne pouvant demeurer * NOTE 3, p. toujours présent de corps dans cette église, et désirant y du être au moins en esprit, autant qu'il était en son pouvoir, il laissa, auprès de l’image de Marie, une statue d’argent, où il s’était fait représenter dans la posture d’un suppliant, qui, respectueusement incliné devantelle, lui faisait hommage de tous les sentiments que doit un sujet à sa Souveraine, et un fils à sa Mère. Non content de cette offrande, il laissa encore une riche médaille d’or, sur laquelle il avait fait graver le séminaire de Saint-Sulpice de Paris,

* noTE 4, p. Qu'il lui présentait, la conjurant de le prendre sous sa pro-

+ Pie, ibia, a, eCtion spéciale, et de faire, de tous ceux qui l'habitaient, u,p. 466,467. autant d'instruments de la gloire de son Fils* (3).

Ce dernier séjour au Puy fut d’environ un mois et demi.

Exemple de Durant tout ce temps, M. Olier eut°la consolation de célé-

charité qu'il brer la sainte, Messe, dans l’église cathédrale , tous les

re rs jours, excepté deux, où il fut obligé de garder la chambre,

sans être privé néanmoins de la sainte communion ; ce

qu'il regarda comme l’une des grâces particulières qu'il

recevait dans ce lieu de bénédiction; car, depuis sa chute,

jamaisil n’avait eu l’usagedeses membres assez libre pour

(4) Pie, ibid.t. célébrer le saint Sacrifice aussi souvent (4). Comme il de- 1, P. 466. 5 A ‘ "

meurait à l’évèché, et que tous les jours il passait par la

cour qui séparait le palais épiscopal de l’église cathédrale,

il ne manquait pas de donner l’aumône de sa propre main

à un très-grand nombre de mendiants qui se rassemblaient

autour ( pratique l'Esprit- JÉsus-C] Aussi, d l’envi, c entenda M. de connaîtr mauvais en le pri mais, pa:

de DrEv, en donn:

gneur pe combien car, aprè l’attouch une inf suivant.

M. Oli ferveur voulu pi établisse:

propre, :

ce fut d’ prendre dait les determin command paroisse ( offrit dan pour ce £ litre de a retenir, d

l'on y rappe- | mère ement il falsieurs ,; Où je me du ès, de neurer rant y uvoir, irgent, pliant, t hom- Souverande, uelle il Paris, sa protaient,

demi.

le céléus les ambre, ion ; ce s qu'il chute, re pour e il depar la édrale, b main blaient

SÉJOUR AU PUY. 51 autour de lui, au moment où il sortait. Jamais on ne vit pratiquer avec plus d’effusion de cœur cette maxime de VEsprit-Saint, qui doit être chère surtout aux ministres de Jésus-CHRisT : Rendez-vous affable à l'assemblée des pauvres. Aussi, dans la ville, toutes les bouches le bénissaient à Jenvi, comme le père des pauvres ; et c'était l’éloge qu’il entendait répéter partout où il allait (1).

M. de Béget, chanoine de la cathédrale, lui ayant fait connaître la pauvreté d’un prêtre, qui n’avait qu’une trèsmauvaise soutane, M. Olier lui remit aussitôt la sienne, en le priant de ne pas faire connaître celui qui la donnait; mais, par respect pour tout ce qui appartenait au serviteur de Dev, M. de Béget garda cet habit pour lui-même, et en donna au prètre uu autre de mème valeur. Notre-Seigneur permit cetévénement pour faire voir, dans la suite, combien la charité de son serviteur lui avait été agréable ; car, après sa mort, plusieurs guérisons furent opérées par l’attouchement de cette mème soutane, qu'on partagea en une infinité de morceaux, comme nous le dirons au livre suivant.

M. Olier, extrèmement satisfait du bel ordre et de la ferveur qu’il trouva dans le séminaire du Puy, aurait

2 (4) Pie, ibid. 1.

u, Pp. 467.

Il prend pos-

session de la cu-

voulu profiter de cette circonstance pour consolider cet re de S.-Geor-

établissement, qui n’avait point encore de maison en propre, ni mème de dotation. Tout ce qu’il put alors, ce fut d’y faire unir la cure de Saint-Georges, et d’en prendre lui-même possession. L'église paroissiale possédait les reliques de ce saint Apôtre du Velay, motif qui determina M. Olier à conclure cette union, et mème à recommander à M. de Lantages de n’abandonner jamais la paroisse de Saint-Georges, quelques avantages qu’on lui offrit dans la suite pour s’établir ailleurs (2). Sa dévotion

ges. Culte de ce Saint rétabli,

e Lantages, liv.

pour ce Saint le porta encore à se réserver à lui-même le on, n. xx1,p. 463. litre de curé de Saint-Georges, le seul qu'il fût jaloux de (3) Mémorr. de

Q Q . Q | , , M.RB d d, ; retenir, depuis qu'il avait renoncé à ses hénéfees (3) ; et 77. """"""

5h2 PARTIE II. LIVRE Vi. == SÉMINAIRES.

aussi à procurer l'élévation de ses reliques, qui jusqu'alors avaient reposé sans honneur, dans cette église, avec celles de saint Hilaire de Poitiers. Sur la demande de M. Olier, l'Évèque du Puy fit lui-même cette cérémonie, accompagné du serviteur de Dieu, quoique très-incommodé ce jour-là, et en présence du clergé, des corps de justice, et d’une multitude de Fidèles ; et telle fut l’occasion qui ré- * NOTE 5, p. Veilla la dévotion envers ces deux Saints *. « Quand le sémi- . » naire du Puy n’aurait servi à autre chose, écrivait dans » la suite M. de Bretonvilliers, qu’à faire rendre à saint «Pie de M. Georges et à saint Hilaire, dont les reliques reposent hr per de » dans cette église, l'honneur qui leur a été rendu Pare n, p. 380. — Pie » son établissement, il n'aurait pas peu contribué à

de M. de Lantaep 4o » gloire de Dreu (1). »

°XXIL. Avant de quitter le Puy, M. Olier voulut témoigner sa Le reconnaissance à tous ceux qui s’intéressaient au sémine aux religieu- naire, et en particulier aux religieuses de la Visitation. ses de la Visi- Ejles rendaient, en effet, tant de bons offices aux directeurs, que ceux-ci n’avaient pas cru pouvoir leur refuser les se-

cours spirituels qu’elles réclamaïent de leur ministère.

tation.

M. Olier s'étant donc fait transporter à leur parloir, les remercia de leur charité, et finit par une exhortation sur la vertu d’obéissance. Lorsqu'il eut cessé de parler, la supérieure prit la parole à son tour, lui dit combien elle était reconnaissante des services que les prétres du séminaire rendaient à sa communauté, et lui en demanda la continuation. M. Olier s’y prèêta pour quelque temps, sans permettre néanmoins qu’ils reçussent les confessions ordinaires de ces filles, ni qu’ils leur prêchassent des sermons. « Ces sort*s d’entretiens, dit-il, ne » peuvent guère être utiles : eligieuses;s souvent on » est obligé de ne pas parler de 1eurs défauts, quelquefois » même d’user de flatterie, de peur de scandaliser les per- » sonnes du monde qui sont présentes, et qui les croient » parfaites. » La supérieure, qui désirait vivement leurs

services, toujours lâcher. Il qu'elle s” » mère, j » dez; je détourna tira en p+ Cepeni un peu d les remor chez ces Les direci faire cette ment où ses filles en apprir dans les !

fiées, en 1 se croyait Entr’au nous ne d avant ce une comr vive sorti pas, niais minaire. | dévoué, n vit-il le ] d'aucun :

gnant tou » lui répl:

» leur co ponse ne :

lesseur. £

v’alors c celles , Olier, accomnodé ce stice, et qui réle sémiit dans à saint eposent depuis ué à la

igner sa A Sémiitation.

ecteurs, r les senistère.

parloir, ortation parler, t comes prè-

lui en r quelsent les prèchast-il, ne ent on lquefois les percroient t leurs

SÉJOUR AU PUY. 543 services, insista jusqu’à quatre ou cinq fois, lui alléguant toujours quelque nouvelle raison pour l’obliger de se relâcher. Il persista toujours dans son refus ; et, voyant enfin qu’elle s’opiniâtrait, il lui dit d’un ton un peu ferme : « Ma » mère, je ne puis pas permettre ce que vous me deman- » dez; je vous en prie, n’en parlons plus. » La supérieure détourna la conversation sur un autre sujet, et l’on se retira en paraissant fort édifié de part et d'autre.

Cependant, ce mot que M. Olier venait de proférer avec un peu d'émotion, le troubla au point que, pour apaiser les remords de sa conscience, il se fit de nouveau porter chez ces religieuses, afin de leur en demander pardon. Les directeurs du séminaire furent fort surpris de lui voir faire cette nouvelle visite, à cause de l’état d’affaiblissement où sa paralysie l’avait réduit. Mais la supérieure et

‘ ; ; ‘ (1) Petit recueil ses filles en furent bien plus étonnées encore, lorsqu'elles 4 mémoire, etc. en apprirent le sujet, et qu’elles l’entendirent s’accuser, P4”/4mêre Gau-

chet, ms. in-do, dans les termes les plus humiliants, de les avoir mal édi- p. 44 et suiv. —

lé ; , Vie de M. de fiées, en leur refusant d’un ton trop ferme, une chose qu’il Lantages,liv. m,

| igé , XXI, p. 463 se croyait obligé de ne pas accorder (1). A

Entr’autres marques d’humilité que donna M. Olier, xx11. nous ne devons pas omettre le trait suivant. Quelque temps es avant ce voyage au Puy, un religieux, en prêchant dans ble d’humilité, une communauté de cette ville, se mit à faire une trèsvive sortie contre des ecclésiastiques qu’il ne nommait pas, niais que chacun reconnut être les directeurs du séminaire. Le confesseur du monastère, qui leur était tout dévoué, ne se contenait pas en l’entendant; et à peine vit-il le prédicateur descendre de chaire, que, sans user d'aucun ménagement, il éclata en reproches, lui témoignant toute son indignation. « Je n’ai presque rien dit, » lui répliqua ce religieux ; si je me mettais à parler sur » leur compte, j’en dirais bien davantage; et cette réponse ne servit pas peu à échauffer encore le zèle du confesseur. Sur ces entrefaites, M. Olier arriva au Puy. Le

TERRES Eu SE RS pre

(4) Attestalions autographes touchant M. Olier, p.176.

Douceur et humilité de M.

Olier,

(2) Ibid, p. 175.

(3) Esprit de M. Olier, 1. 111, pe 339.

confesseur, étant venu le voir, n’eut rien de plus pressé que de lui rapporter ce qui avait eu lieu, et comment il avait pris, dans cette rencontre, les intérêts du séminaire, Mais il fut bien étonné de la proposition que lui fit alors le serviteur de Dieu. « Monsieur, lui dit-il, ferez-vous bien » ce que je vais vous dire? » L’autre lui répond qu'il n’a qu’à parler pour être obéi. « Hé bien, reprend M. Olier, » allez de ce pas demander pardon au bon religieux que » vous avez traité de la sorte; » et le confesseur exécuta cet ordre à l'instant. Une réparation si extraordinaire surprit bien des personnes; la réponse que M. Olier fit à ce sujet au Père de Serres, gardien des Cordeliers, et depuis provincial, ne parut pas moins étonnante. Celui-ci lui répétant que le religieux aurait dù seul s’humilier, et non pas recevoir des excuses : « Mon Père, reprit M. Olier, » quand nous aurons réparé toutes les injures faites à » notre DrEu, alors nous pourrons songer à demander pour » nous-mêmes des réparations (1). »

11 paraît que M. Olier visita la plupart des communautés de la ville, et que partout il répandit la même odeur de vertus. « J’ai oui dire au Puy, au Père de Labrunie, Jésuite, » rapporte M. Le Breton, directeur au séminaire, qu’il y » avait vu autrefois M. Olier, et avait confessé aux autres » Jésuites du collége, qu’il était touché de sa vue seule, » ajoutant que son aspect ne respirait qu'humilité et reli- » gion (2). » Une sœur du vicomte de Polignac fit prier le serviteur de Dreu de venir la voir au couvent de Sainte- Catherine-du-Puy, où elle était religieuse. Il s’y rendit, et ce fut pour y recevoir des reproches amers de ce que, dans un différend qui divisait l’'Évèque du Puy et le vicomte de Polignac son père, il s’était déclaré pour le parti du Prélat. Plus ses paroles furent vives, plus le serviteur de Dieu fit paraître d’humilité et de douceur, souffrant ces reproches sans répliquer un seul mot (3). Revenu au séminaire, il erut utile, pour la conduite des directeurs et celle de

la maison jet de sa

» ci : Elle » des pla

dinaire, ments (2); férer dans que l’ancie la clôture, bâton, il di prieure, q » VOYEZ, M » m'a fait ç à lui obten Il serait tion qu'il fi la voir des avec elle, c mier séjour qui surpass différents ei mée de cetti JÉSUS-CHRIS

+ Louis Arn en secondes nc de Ferdinand, onsine germait

IT

ressé nt il aire, alors

s bien il n’a Olier, IX que xécuta 'e SUTit à ce depuis lui réet non Olier, faites à er pour

anautés de verésuite, qu'il y autres e seule, et reliprier le Saintendit, et e, dans omte de u Préde Dreu

S TEPrOinaire, elle de

PÈLERINAGE A LANGEAC, 665 la maison, de faire connaître à M. de Saint-Antnine le sujet de sa visite, en usant cependant de tous les ménagements que sa grande charité put lui fournir. « Il me dit » d’un ton de voix ‘humble et fort doux, rapporte celui- » ci : Elle a usé de reproches à mon égard, et m’a fait » des plaintes très-vives. J’ai souffert tout cet orage » sans vouloir lui déclarer que son père était mon pa- » rent(1)* +. »

En quittant la ville du Puy, M. Olier reprit la route des eaux, et passa par Langeac, afin d’y vénérer, pour la dernière fois, les précieux restes de la mère Agnès, En 1652, il avait fait ouvrir son tombeau avec l'autorisation de l’Ordinaire, pour y prendre quelque portion de ses ossements (2); et, dans ce dernier voyage, il obtint de le transférer dans un nouveau cercueil plus propre et plus décent que l’ancien (3). Comme il se présentait pour entrer dans la clôture, et qu’il était obligé de marcher appuyé sur son bâton, il dit agréablement à la mère des Cinq-Plaies, alors prieure, qui vint le recevoir à la porte du couvent : « Vous » voyez, ma mère, comme je suis; c'est la mère Agnès qui » m'a fait ce tour-là (4); » voulant dire qu’elle était fidèle à lui obtenir les croix qu’elle lui avait promises,

Il serait difficile d'exprimer les sentiments de vénération qu’il fit paraître lorsqu’on eut ouvert le cercueil, Sans la voir des yeux du corps, et sans converser visiblement avec elle, comme il avait fait si souvent durant son premier séjour en Auvergne, il ressentit une joie intérieure, qui surpassait tout ce qu’il avait éprouvé alors dans ses différents entretiens. C'était le fruit de la charité consommée de cette grande âme, qui, vivant dans la société de Jésus-CHrist et des Saints, avait beaucoup plus de pou-

+ Louis Armand de Polignac, père de cette religieuse, avait épousé en secondes noces, le 17 février 1648, Isabelle Esprit de la Baume, fille de Ferdinand, comte de Montreval, et de Marie Olier de Nointel (5) onsine germaine du serviteir de Diet (6),

IT. 35

(1) Alleslutions aul, p, 194, 200, # NOTE 6, p.

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