XII. Lorsque le mal lui eut laissé un peu de relâche, on lui
M. Olier re- af: f4i . :
trouve la croix APPOTtA quelques petits métiers, avec lesquels on penst
partout, qu’il pourrait se délasser dans sa chambre, par un travail
de mains très-facile. 11 accepta ce bon office avec recon-
naissance; mais ni cet expédient, ni d’autres moyens de
le récréer qu'on imagina, ne purent produire autre chose
en lui, qu pas à DrEeu vait, sans attention. | DEu avait , en sorte qu y chercher la croix. O sions, cette avait dans 5 qu'il venai:
y prenait se singulières ( ciple qui se:
que sentime joe fut de « h croisée p revint plus ( Son grand timer heure pour pouvoir relâche que 1 opérer sa san vait lui être 4 » tion dans l' ment qu’il € riante (4). La côté gauche, Comme son c ne pouvait le riva que la p remment plei les nerfs deme une douleur a blaignit pas n
'ssein , en lui, qu’un dégoût extrême de tout ce qui ne l’élevait permet pas à Dreu (1). Le reste lui paraissait si fade qu’il ne pou- (1 Pie de M. parfait vait, Sans une sorte de tourment, y donner la moindre Dronnoilieres Comme attention. Il disait même à ses plus familiers amis, que DU Père Grue le cette Du avait attaché pour lui la croix à toutes les créatures, 4° part. ch. x1x. elle ne en sorte que dès qu'il voulait s’arrêter à quelqu’une, pour PE he ET t,ilré À y chercher quelque coïisolation, tout aussitôt ii y trouvait id des cho- lh croix. On remarqua, en effet, dans plusieurs occannerait sions, cette conduite de Dieu sur-son serviteur. M. Olier Provi- avait dans sa chambre un petit oiseau si bien apprivoisé, on et de qu'il venait manger sur sa table, pendant que lui-même minaire, y prenait ses repas, et qui donnait d’autres marques plus U, il au- singulières de familiarité. A l’exemple du bien-aimé dislie, pour À ciple qui se récréait avec une perdrix, il témoignait quel- 1(3) M que sentiment de joie à la vue de cet oiseau. Mais sa uTe, Mi joie fut de courte durée : car une personne ayant ouvert ant'd'ail- là croisée par mégarde , laissa échapper l'oiseau, qui ne (2 4ttestutions heresses D revint plus (2). Mu , pneu me Son grand amour pour l’Ecriture sainte le portait à s’es- ODIERE timer heureux que Dreu lui eût laissé l'usage de la vue, L arriva pour pouvoir s’appliquer à la lire (3), dans les moments de (3) Hbid. p.195. hambre, relâche que lui laissait son mal. Mais, sachant qu’il devait CUIR opérer sa sanctification par le sacrifice de tout ce qui pou- + Annie vait lui être agréable : « Il me reste, disait-il, cette consolansolation » tion dans l’usage de la vue ; Du m'en privera : » sentiends 4 ment qu’il exprimait avec un air satisfait et une face SRE riante (#). La paraiysie ne le privant que de l’usage du ( Zbid. p. 497. os côté gauche, il se trainait en s’appuyant sur un bâton. Comme son corps était d’une extrème pesanteur, et qu'il on . ne pouvait le mouvoir qu’avec des efforts continuels, il ar- Lu ae riva que la poignée de ce bâton étant toute nue, et appan travail remment pleine d’aspérités, cile le blessa à la main, dont des les nerfs demeurèrent tout foulés. Cet accident Jui causait a se une douleur aiguë, qui répondait jusqu’au coude : il ne s'en
plaignit pas néanmoins, ni n’en iémoigna rien au dehors;
(1) Aétestations €t On l'aurait vraisemblablement ignoré, si à la fin il n’eût au. p.197 fait couvrir d’étoffe la poignée de ce bâton (1).
à LE Dans cet état, il lui était tout-à-fait impossible de céléquefois l'église brer le saint Sacrifice de la Messe. Il avait néanmoins la : Dr pr consolation d’y assister et de communier à la tribune de la tout emploi ex- Chapelle, ou dans sa chambre, quand sa faiblesse ne lui pe PR permettait pas d’en sortir (2). Quelquefois il allait même à M. de Bretonvil. Notre-Dame, pour accomplir un vœu qu'il avait fai: au Me cu, % Péray, peu de temps avant de tomber en apoplexie. C'était parte We de visiter huit fois cette église dans l'espace d’un an. Aprè
sa chute, faisant réflexion sur les circonstances d’un tel
vœu, pour lequel il avait pris un an entier, tandis que huit
jours auraient pu lui suffire, il adora la conduite de Der
qui Jui avait donné ie mouvemeni d’en user de la sorte,
alors qu’il allait être réduit à demeurer renfermé si longyes nr temps (3). Ces visites à Notre-Dame étaient les seules prographes, V. 208. menade. qui pussent lui offrir quelque consolation. S'il arrivait que, penñant la belle saison, on le conduisit dans
quelque jardin ou à la campagne, pour réjouir sa vue, on
s’apercevait aussitôt qu'il avait l'esprit occupé ailleurs .
et qu’il ne goûtait ni la promenade, ni les autres divertisse-
se Fe EP: ments qu’on tâchait de lui procurer (4). Dans ces cireonstances, lorsque ceux qui l’accompagnaient l’invitaient à
délasser un peu son esprit, il leur répondait avec douceur:
Po Erit a « Notre-Seigneur ne permet pas que je prenne plaisir à
On, » rien ; il fant attendre le paradis pour nous réjouir (5). » On juge assez que, depuis sa chute, M. Olier s’était dé-
chargé sur d’autres de toutes les œuvres que son grand
zèle lui avait fait entreprendre, et en particulier de la supériorité des religieuses de la Miséricorde, que M. dé Bretonvilliers :xerça après lui. Néanmoins, leur saint in-
FORT stituteur étant mort à Paris, M. Olier voulut lui donner en- 565. core des témoignages de sa charité, en présidant lui-même
nes Le à ses obsèques, où peut-être en assistant à quelque ser-
historiques, 1 pe 192. vice qu'on fit pour lui * (6). Il se déchargea aussi de la part
M. OLI que la Re gouverne cette anne différend:
s'occuper pour de seur, et nommés €
Vers lé Scarron, ] n’attirerai etn’y pr rait l’ouvi à le dem qu'il ne re elle-même commande mieux ré Paul, à q «Il y a lo » confiance » rendu |’:
» SON rOya » commun » déclin de » avec M.
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» que j'ai € » recherch » la pureté » de lEglis » l’appuye » Mains p rent pas st
il n'eût
de célénoins la ne de la e ne lui même à fais au . C'était n. Après d'un tel que huit de Drer la sorte, si longales proion. S'il isit dans vue, on ailleurs vertisses Circonitaient à louceur :
plaisir à ir (5). »
était dén gran( le la sue M. d saint ininner en- 1i-mêôme que sere la part
M. OLIER DEMANDÉ POUR COADIUTEUR A GRENOBLE. D35 que la Reine et le cardinal Barberin lui avaient donnée au gouvernement des Cordeliers, dont il aurait dû présider cette année le Chapitre provincial, pour terminer de graves différends. Le voyant paralytique et incapable alors de s'occuper de cette affaire, la Reine écrivit, le 19 février, pour demander que les Pères Philippe Leroy, son confesseur, et François Haches, docteur en théologie, fussent nommés en sa place (1).
Vers le même temps, l’Évèque de Grenoble, Pierre Scarron, persuadé que M. Olier, malgré ses infirmités, n'attirerait pas moins de bénédictions sur son diocèse, etn’y produirait pas moins de fruits que n’en procurerait l’ouvrier le plus zélé et le plus infatigable, songea à le demander pour coadjuteur. Mais ne doutant point qu'il ne refusàt cette dignité, il écrivit à la Reine de lever elle-même tous les obstacles, en faisant à M. Olier un commandement formel d’accepter l’episcopat; et, pour y mieux réussir, il chargea de sa lettre saint Vincent de Paul, à qui il écrivit (2) en même temps en ces termes : «ll y a longtemps, Monsieur, que Sa Majesté, pleine de » confiance en votre sagesse et votre prudence, vous a » rendu l’arbitre des mérites de tous les ecclésiastiques de » son royaume. Ce motif m’a donné le mouvement de vous » communiquer un dessein, que Dieu m'a inspiré sur le » déclin de mon âge, de partager les soins de mon diocèse » avec M. l'abbé Olier. Ses actions sont autant au-dessus » de l’en vie, que l’estime et la réputation dont il jouit sont » au-dessous de la vérité. C’est pourquoi, dans la crainte » que j'ai eue qu'il n’opposât sa modestie à ma prière, j'ai » recherché le commandement de la Reine, pour fortifier » la pureté de mon intention, qui a pour objet l'honneur » de l'Eglise et le bien de mon diocèse.Je vous conjure de » l’appuyer de votre crédit, et de remettre les lettres en » mains propres(3). » Les démarches du Prélat ne furent pas suivies de succès. [Il n’y a même aucune appu-
(4) Bibl. du Roi,
Ms. Colbert, 361.
Ambassade de Rome,t. vi, fol.
L'Evêque de Grenoble demande M. Olier our coadjuteur.
(2) Le 4° mars
(3) Atteslations
aut. p. 235.
rence que la Reine ait renouvelé ses instances auprès du serviteur de Dieu, toujours également éloigné de l'épiscopat, et à qui le délabrement de sa santé aurait dû seul » interdire alors une si grande charge. »