partie de cette vie
1656. Après que M. Olier eut pris les eaux de Bourbon, il re- CRU vint à Paris, et profita de la saison pour s’acquitter de deux
un instant sa pèlerinages qu'il avait promis à Digv, celui de Notre-Dame-
Le des-Anges, proche du château d’Avron, l’autre à Sainte-
te prière,
Fare, au diocèse de Meaux ++, et vint ensuite se renfetmer au séminaire de Saint-Sulpice, Sa vie ne fut plus, jusqu'à
+ Dans le voyage de 1652, M, Olier, par respect pour la mère Agnès, avait visité l’une de ses sœurs, la mère de Jésus, religieuse de Sainte-Catherine, au couvent de Notre-Dame-du-Rhône, à Viviers, Dans le peu d’entretiens que cette vertueuse fille eut avec lui, elle le vit si embrasé de l’amour de Dieu, qu’il lui semblait moins converser avec un homme vivant sur la terre, qu'avec un séraphin du ciel. Ily avait longtemps qu’elle désirait jouir de sa conversation; elle l'avait même demandé à sa sœur, qu’elle croyait dans le séjour de la gloire, et assez puissante pour obtenir de Dieu cette faveur, Celle.ci lui avait fait connaître qu’elle aurait la consolation de voir M. Olier, mais
(ie per N que ce ne serait qu’en passant : promesse qui fut accomplie à la lettre; de Bret Ad oi car ils n’eurent que desentrevues fort rapides, et beaucoup moins frt-
liers, tn, p. 369. quentes qu’ils ne l’eussent désiré (3),
++ Le pèlerinage de Sainte-Fare, an diocèse de Meaux, avait pour objet les reliques de cette Sainte, conservées dans l’abbaye de Farcmoutiers, petite ville de la Brie, à laquelle ce monastère a donné son nom. On s’y rend encore aujourd’hui en dévotion, principalement le 10 du mois de mai.
la fin, qu parables à tr'autres si par cette ] ment à so santé, si ce l'employer mème inst:
que étendu Ce spectacle commodé qr eût été réel bois du salu qu'il se re lui en derna ni courage n un poltron € ciples du Sa croix, et ne Du moment première de ivrance ou il ressentait à Jésus-CHris l dispositior plairait à Dre S&igneur aba tte dernière souffrir assez lui était échay ment, il dem:
hr l’usage de sur le côté de À mesure q S'apercevait q
ai obte-
étaient
rnacles.
re dévo- | Agnès, sé pour voulant son inpelle du ; UN S0première
on, il rer de deux re-Dameà Sainteenfetmer , jusquà
r la mère
elle l'avait e la gloire, .ci lui avait Olier, mais à la lettre;
, avait pour
cipalement
DERNIÈRE MALADIE DE M. OLIER. 547 la fin, qu’une suite de souffrances et de peines d’esprit, comparables à un continuel martyre. Il se trouva une fois entr'autres si accablé d’ennuis, en se voyant incapable de tout par cette longue infirmité, que, se plaignant amoureusement à son divin Maître, il le supplia de lui rendre la santé, si ce devait être pout sa gloire, lui promettant de l'employer toute à son service et à celui de son Église. Au même instant, Notre-Seigneur lui apparut courbé et presque étendu par terre, sous la pesanteur d’une grande croix. Ce spectacle lui fit une si forte impression, que, tout incommodé qu’il était, il se leva et se prosterna, comme s’il eût été réellement aux pieds de Jésus-Carisr portant le bois du salut. Tout confus de la prière qu’il avait faite, et qu’il se reprochait comme une faiblesse et une lâcheté, il lui en demanda pardon avec larmes, s’accusant de n’avoir ni courage ni amour, et d’être, comme il disait lui-même, un poltron et un lâche ; au lieu d’imiter ces véritables distiples du Sauveur, qui se réjouissaient d’être attachés à la croix, et ne craignaient rien tant que de ne point souffrir. Du moment qu’il eut ainsi répandu son âme et rétracté sa première demande, il ne se permit jamais de désirer la délivrance où même la diminution de ses peines.Au contraire, il ressentait souvent une joie extrême de se voir conforme à Jésus-Curisr souffrant; et pour mieux s’affermir dans l disposition de tout endurer, et aussi longtemps qu’il plairait à Dreu, il fit faire un tableau où était peint Notre- Seigneur abattu sous la croix, comme il l’avait vu dans œtte dernière apparition (1). Enfin, ne croyant pas encore 1) Pie M. de souffrir assez, et voulant expier la prétendue lâcheté qui M. Olier, par M. : ‘ A . : ’ de Bretonvillui était échappée, lorsqu'il avait prié pour son rétablisse- zjers, t. n, p.430, ment, il demanda à son directeur la permission d’exercer, #1: par l’usage de la discipline, ses mortifications ordinaires | . IXXVIL sur le côté de son corps que la paralysie avait épargné. Il médite fré- A mesure qu’il approchait du terme de sa carrière , on quemment sur
: de : : le mystère de la Sapercevait que Dev lui donnait de fréquentes pensées Réarrectlon.
048 PARTIE HI, LIVRE VI, — SÉMINAIRES, de la résurrection. Il avait eu de tout temps un attrait particulier pour ce mystère, et il fit alors acheter et placer dans sa chambre un tableau qui le représentait. Tout accablé qu’il était sous le poids de ses maux, il se leva une fois de son fauteuil, et, se mettant à genoux devant ce tableau, il demeura une heure entière dans cette posture, tout absorbé en Dieu. Celui qui le gardait l’avertit enfin de ne pas se fatiguer plus longtemps, et l’aida à se relever. Par obéissance, il se remit dans sa première situation, en disant :« Hélas! peut-on s’ennuyer quand on pense à ce (+) J'ie de M, » mystère (1)?» De temps en temps on l’entendait s’écrier : Bretanittiers À « Ah! chère éternité, tu n’es pas loin. » Puis prenant s ne té A main, il disait : «Corps de péché, tu pourriras bientôt (2).» respondance, 1, Comme un jour, pour lui procurer quelques moments de de HR ARS récréation, un ecclésiastique vint l’entretenir de nouvel. les, il lui imposa silence, en disant que « cela n’avait pas QE Pie Me . » le goût de l’éternité (3). » Rien n’occupait tant son cœur 438. — Piede y. que le désir d’aller jouir de Dieu (4). Souvent il demandait
Ci ten à Notre-Seigneur d’être délivré des liens de son corps; el,
Fe es le jour de Pâques de l’année 1656, il pria instamment la:
Ps. Année très-sainte Vierge de l'appeler à elle, pour célébrer, dans ominicadinc . . Q
ibid, p. #77, Sa compagnie et celle des Bienheureux, la résurrection de
M er Par le son divin Fils. Mais la volonté de Dieu étant qu’il souflit
Père Giry, part.
re, ch, xx,
encore quelque temps, il se soumit aux dispositions de la divine Providence, sans cesser de s’offrir à Notre-Seigneur comme une hostie qui ne voulait plus vivre que pour s’exercer tous les jours à mourir, en demeurant sur la croix au- | tant qu’il lui plairait. « Si je faisais, dit-il un jour, autant par Me » de fruit en souffrant qu’en prêchant, j'aimerais mieux le
liers.t. 1, p.461, ! 1 1 rAI)pe LH faire par les souffrances, parce que je donnerais davan alibi. » tage à Dreu (5). »
XX VIIL, Il passa cette année, qui fut la dernière de sa vie, en sou- 1 soupiresans . , 06 cesse vers le PIrant presque sans cesse vers l'éternité, et souffrant, dans ciel. cette vue, ses maux avec un courage et une joie qui don-
naïent de l’étonnement et. de l'admiration à fout le monde.
Un jour q faisait sou gner le pl quelqu'un cette mor!
» goût (1) très-violer content ; e sion : « Ce » duré d’a » souffrir « son COrDS a àDIEU tro quelques « relâcher ur distraire; r meurer lon ques mome reprenait &
» DEu, que » et si oppo Ù ciel, qui ï » notre amo » comme l’o
» d'aimer ! »
Malgré la de sa mort,
DÉNNIÈRE MALADIE DÉ M, OLIEN, 59 ait par- Un jour qu’on lui apporta une médecine, dont l'odeur seule et placer faisait soulever le cœur, illa prit à longs traits sans témoiout acca- gner le plus léger mouvement de répugnance; et comme une fois quelqu'un en paraissait étonné, il répondit, pour couvrir tableau, cette mortification, « qu’il ne savait pas quel en était le , tout ab- » goût (1).» Au milieu de ses maux, quoiqu’ils aient été (4) Atératation de ne pas très-violents et très-longs, son cœur paraissait toujours éd ever. Par content; et si quelquefois on lui témoignait de la compason, en di- sion : « Cela n’est rien, disait-il, Jéus-Cuaisr a bien enense à ce » duré d’autres douleurs. Quel bonheur et quelle joie de t s’écrier : » souffrir quelque chose pour son amour (2)! » Comme 1° Esprit de renant sa son corps affaibli ne pouvait lui permettre une application à'ag7 " "" ntôt (2).» àDrEu trop continuelle, on était obligé de lui donner oments de quelques ecclésiastiques, pour lui fournir le moyen de se le nouvel- relâcher un peu. I] faisait alors ce qu’il pouvait afin de se avait pas distraire ; mais, sa charité étant trop véhémente pour de- L son cœur meurer longtemps sans exercice actuel, au bout de queldemandait ques moments, son cœur , toujours languissant d'amour, | Corps; et, reprenait son premier essor vers Div, et ces transports ont continué jusqu’à la fin de sa vie (3). « O que sur la P 6 primes » terre, disait-il, l’amour est faible et languissant ! à qu’il p. 77, ? » est souvent rempli d’intérêt et de recherche propre ! Bon » Dœu, quel malheur de se voir dans un si misérable état, » et si opposé à la pureté de. l’amour! soupirons vers le » ciel, qui est le lieu de l’amour véritable et solide. Là, » notre amour ne sera pas rétréci ; il sera fort, et purifié » comme l’or dans la fournaise. O lieu d’amour, que tu es ur, autant » désirable, que tu es précieux au cœur qui veut aimer! s mieux le » que tu es agréable, puisque tu satisfais la pauvre âme, ais davan- » toujours pressée ici-bas par les désirs ardents qu'elle a 4657. » d'aimer ! » : XXIX.
ie, en sou- Malgré la joie qu’il éprouvait en pensant à la proximité ll à prochai de sa mort, il s’abstenait d’en parler à ses ecclésiastiques, ne, et, pour s'y de peur de les affliger. Enfin, le premier jour du Carème, P'éparer,sepri-
, dre ; LL .? ve de toute cuus'entretenant avec M. de Bretonvilliers, il lui dit : « Pré- solationsr
()Wie.parleP. » parons-nous ; car bientôt nous ne nous verrons plus, et à
pere » Pâques il faudra nous séparer (1), » Ensuite, il désigna
ppt pl L ed « M, de Bretonvilliers pour son successeur dans la supériorité s46, 47, — 4n- de la maison, et voulut avoir avec lui tous les jours de longs "Pie par M entretiens sur la conduite, l'esprit et les réglements des ue nome, séminaires (2). Celui-ci mit par écrit toutes les instructions ae que M. Olier lui donna de vive voix, et ce fut de ce re-
* NOTE 8, p. cueil que M. Tronson, en 1678, tira le réglement des supé- "e rieurs etdirecteurs des séminaires de province *.
Plus M. Olier approchait de sa fin, plus il se sentait attiré à une privation universelle de tout ce qui pouvait le satisfaire, même spirituellement, de la part des hommes, Considérant Notre-Seigneur sur la croix, dénué de toute consolation, il se priva de celle même qui était comme la seule qu'il goûtât depuis longtemps, la conversation d’un ami qu’il chérissait tendrement en Notre-Seigneur. Quelques mois avant sa mort, il cessa de l’inviter à venir s’entretenir avec lui, et eut soin de lui cacher le motif de cette conduite, usant à son égard d’une réserve qui ne répondait pas à son ancienne amitié pour lui. Enfin, la surveille de la dernière rechute de M. Olier, cet ami lui demandant
CE pourquoi il le traitait avec tant de sévérité : « Mon enfant, M. Olier, par M. » lui répondit-il, je mourrai bientôt ; je suis donc bien aise dre ur peurs, » de me priver de tout, et de.ne plus prendre aucune congt Girvs » solation dans ce monde. Il faut attendre celle que j'espère
(4) Vie Ms. de » de la divine miséricorde dans la bienheureuse éternie » nité (3), » Quelqu'un, le trouvant appliqué à Drev, lui de-
de RBrelonvilliers, 1.1, p:478. manda à quoi il s’occupait ; il répondit ces paroles : « À ne
— Giry, part, 2e, e. 1. — Remarg: » rien désirer de ce qui frappe les yeux (4). »
Une personne de condition, qu'il avait dirigée, lui fit une visite ; et, désirant se confesser, lui dit que, pour faire sa confession, elle prendrait le temps qui lui conviendait, et qui lui serait le moins incommode ; « Il faut donc, répondit » M. Olier, que ce soit avant le jour de Pâques.» Une autre,
dontilavait aussi la direction, se retirant de sachambre après
avoir co ment où bénédict coutume Le 26 lorsqu'il se comm gère apo était alor il, dese} devait le aisément séminaire ment, qui qu’il perd Le jeudi s siter, il lu:
sur l’état ( savoir que avec un di tes instruc la maison, maximes d simplicité
c'était son entre les
prié de l’ass de l'ennem lui répondi » en bien a » et je me
lus, et à désigna périorité de longs ents des ructions e ce reles supé-
ntait atuvait le hommes, de toute omme la tion d’un ur. Quelenir s’en-
if de cette ne répon-
surveille
Eu, lui degtaAne
DERNIÈRE MALADIE DE M. OLER, 551 avoir conversé avec lui, il se retourna vers elle au moment où elle Je quittait, et lui dit adieu, en lui donnant sa bénédiction, sans qu’elle s'en aperçüt; ce qu'il n'avait pas (1 M. de Brecoutume de faire à l'égard de ceux qui le visitaient (1). ms, me re Le 26 mars, qui était le lundi de la Semaine sainte, XXX. lorsqu'il voulut se lever, il fut saisi d’un tremblement qui pts ha. se communiqua à tout son corps, et il fut attaqué d’une lé- à Issy. Ses dergère apoplexie, sans perdre néanmoins connaissance, ji "ières paroles. était alors à Issy, où il s'était fait transporter, afin, disaitil, de se préparer à la mort; mais le médecin jugeant qu’on devait le ramener à Paris, où on pourrait lui procurer plus aisément tous les secours nécessaires, on le transporta au séminaire de Saint-Sulpice. Il y ressentit quelque soulagement, qui fut de peu de durée (2). Dès-lors on s’aperçut (2) M. de Are. qu’il perdait la mémoire de presque tout, excepté de Dru. ee did À Le jeudi suivant, quelqu'un de la ville étant venu le visiter, il lui parla avec une grande charité, et lui découvrit, sur l’état de sa conscience, des choses qu’il ne pouvait savoir que par révélation. Il s'entretint aussi en secret avec un directeur du séminaire, à qui il donna d’excellentes instructions pour sa propre conduite et pour celle de la maison, l’exhortant surtout à ne jamais agir selon les maximes de la prudence humaine, mais toujours dans la simplicité de la foi. 11 lui témoigna qu’il mourait avec la confiance que Du soutiendrait le séminaire, parce que c'était son ouvrage, et il ajouta qu’il laissait cette maison entre les mains de la très-sainte Vierge, qui s’en était toujours montrée la protectrice (3). Peu de temps aupara- (3) Giry, part. vant, il avait annoncé à ce directeur plusieurs choses qui 4°0, ch, xx,— Res
marques histori-
ontuà : à : j-ci l’ ques, t, 11, p.
wrivèrent comme il les avait prédites, et celui-ci l’ayant Lt À
prié de l’assister à la mort, pour le défendre des attaques snicaine, pag. se . . . — Aemar-
de l'ennemi si redoutable en ce dernier moment, M. Olier ques historiques
lui répondit : « La très-sainte Vierge vous assistera, s0yez- LAS 0
» en bien assuré, Je ne cesserai jamais de prier pour vous,
» et je me tiendrai toujours devant le trône de Du, lui
» demandant l’abondance des grâces qui vous seront néces- DIEU, pi » saires, pour l’accomplissement de ses desseins. » Il dit à et dans une autre personne : « Dans peu de jours vous verrez une longtem} » pauvre âme toute absorbée dans la chair. » Il voulait des marc (t) Bretonvil- sans doute lui annoncer l’état où il devait se trouver le Vierge; q liers, À. 1, P..
176, AT. jour de Pâques (1). ses parol Ce fut vraisemblablement alors, qu’annonçant à ses dis- sonne ciples sa mort prochaine, il ajouta que plusieurs parmi de la cha eux le suivraient de près. L'événement justifia bientôt dit, à rep cette prédiction; et avec des circonstances si frappantes, Dans lé qu’on regarda la mort de ces ecclésiastiques, non comme quentes l'effet du cours ordinaire de la nature, mais comme une velles als grâce accordée aux prières de M. Olier, qui voulait offrir son lit u ‘® Giry, ch. Ce présent au Seigneur, en quittant la terre (2). M. Blanlo, étroiteme " entendant son saint maître demander qui d’entre ceux qui lière, en étaient présents voulait faire le voyage de l'éternité : le voyait Per ia LS « C’est moi, » répondit-il avec assurance. « Faites done fut visité 191 0P.e— » vos préparatifs, » reprit M. Olier. Il fut obligé, en effet, avec des
L’'Enfance chrè- ; :
“tienne. Notice de se mettre au lit le jour même, et mourut avant que le (aient to
sur M. Blanlo, R par M. Galais. Serviteur de Dieu eût été inhumé (3). marques ( XXXI. Le Samedi saint, quelqu'un, le priant de se ressouvenir qui régna Rime de lui, quand il serait participant de la gloire des Bienheu- À trois reux, laissa échapper dans le discours quelques mots de en sorte q louanges. M. Olier ne pouvant alors dissimuler la peine neur qui qu’il en ressentait : « Ah! Monsieur, répondit-il, vous me de Bourg » dites des paroles qui me blessent le cœur. » Ce furent les sonnes de dernières qu’il prononça lui-même. Car peu après, et envi- couvra né ron à neuf heures du matin, il perdit tout-à-coup la parole dans cet € qu’il ne recouvra plus : vers midi, il entra dans un pro- | articuler. fond assoupissement, et comme il avait déjà reçu le saint sa maladi Viatique et qu’on jugeait que sa fin approchait, on lui don- vint le voi na sans différer le sacrement de l’Extrème-Onction. Pen- son derni dant ce temps il jouit de la plus parfaite connaissance. laire, auq C'était un spectacle bien touchant que la vue de ce saint qu’il rend malade; la paix de son âme et son application continuelle à un quart
tnéces- Il dit à rez une voulait uver le
ses disy parmi bientôt ppantes, comme me une it offrir Blanlo, ceux qui ernité :
tes donc en effet,
t que le
souvenir Bienheuots de la peine vous me rent les | etenvia parole un prole saint lui donon. Penissance.
ce saint nuelle à
MORT DE M. OLIER. 553 DIEU, paraissaient assez dans l’expression de son visage, et dans le mouvement de ses yeux qu’il tenait quelquefois longtemps attachés au ciel. Dans cet état, il donna encore des marques de son zèle à faire honorer la très-sainte Vierge; car comme il ne pouvait plus rendre ses désirs par ses paroles, il fit signe, des yeux ou de la main, à une personne qui était près de lui, de faire achever les décorations de la chapelle du séminaire (1), destinées, comme on l’a dit, à représenter ses grandeurs.
Dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques, les fréquentes absences d’esprit qu’il éprouva, donnèrent de nouvelles alarmes. Il revint cependant à lui; et, voyant près de son lit un de ceux avec qui il avait toujours été lié le plus étroitement, il l’embrassa avec une affection toute particulière, en lui disant adieu. Le bruit du danger extrème où on le voyait s'étant répandu dès le matin dans la paroisse, il fut visité de plusieurs personnes, qu’il salua par signes, avec des regards de douceur et d’honnêteté, qui annoncaient tout à la fois et la plus vive reconnaissance pour les marques de charité qu’on lui donnait, et le calme parfait qui régnait dans son âme.
A trois heures après midi, il perdit toute connaissance, en sorte qu’il ne put répondre en aucune manière à l’honneur qu'il reçut, peu de moments après, de l’Archevêque de Bourges, du prince de Conti, et de quelques autres personnes de qualité, qui le visitèrent successivement. Il recouvra néanmoins encore l’usage de la raison, et demeura dans cet état jusqu’au lendemain, mais sans pouvoir rien articuler. Saint Vincent de Paul, qui l’avait visité pendant sa maladie, ayant appris l’extrème défaillance où il était, vint le voir de nouveau le lundi de Pâques, qui devait être son dernier jour; et ce fut sous les yeux de cet ange tutélaire, auquel il avait eu recours tant de fois durant sa vie, qu’il rendit son âme à son créateur (2), vers cinq heures un quart du soir, le second jour d’avril, fête de saint Fran-
(1 Bretonvilliers, t. 11, 477, 478, 479. — Giry, 4re part. ch. xx1.
M. Olier meurt sous les yeux de saint Vincent de Paul,
(à) Vies Ms. de Grande, 1. 1, p.