Remarques historiques, t. 1, p
çois de Paule. On ne sait pas, dit M. de Bretonvilliers, s’il ut) Bretonvit. avait alors sa connaissance (1). M. Baudrand assure néanni, tp #% moins que les transports de son amour continuèrent jusqu’à sa mort, et que ce fut dans ces mouvements tendres et extatiques, que son âme se sépara de son corps, pour ae de se perdre dans le sein de Dieu (2). Il avait vécu quarante- 75, Ÿ huit ans, six mois et douze jours. Saint Vincent de Paul écrivait le 6 du même mois: « Il a plu à Div de disposer (3 Fie de saine ? À M. V’abbé Olier, de qui Notre-Seigneur s’est servi / ee CE » pour beaucoup de bonnes œuvres; j’ai eu le bonheur de pt ‘» me trouver auprès de lui lorsqu'il a rendu l'esprit (8). » XXXHII. L’affection si constante du saint fondateur de la Mission ut Mas pour les enfants de M.Olier, ne parut jamais plus tendre ni ciples de M. 0- plus vive qu'au moment où illes vit privés de la présence Are de leur père, et plongés, par cette mort prématurée, dans la plus profonde affliction. « Il fut un de ceux, dit Abellv, » qui regrettèrent davantage la grande perte que l’Eglise » avait faite en la personne de M. Olier, ce grand serviteur » de Du; et depuis, il continua toujours de servir avec » la même affection MM. de Saint-Sulpice, qui s’assemblè- » rent plusieurs fois avec lui, pour aviser aux moyens » de maintenir et de perpétuer ce que M. Olier avait com- @) Liv. 1, ch. » mencé si dignement (4). » Nous ne connaissons pas le TR détail de ces assemblées; mais, dans une lettre au pape Rpistole ad Clément XI, pour demander la canonisation de saint Vin- Clement. XI. Ro- cent de Paul, M. Leschassier nous apprend que ce saint
mæ, in-fol. 4709, < °
p.93. — Summa- Prêtre, après la mort de M. Olier, leur donna des consolaà tions qui tempérèrent un peu leur douleur(5); et l’on a
bationes (in cau- tout lieu de croire que les paroles suivantes, recueillies de sa Vincent a
Paulo), p. 440. la propre main de M. de Bretonvilliers, sont un fragment (6) Attest. aut. :
p 277. de cette touchante allocution (6).
« J'aurais voulu, mes chers frères, voyant l’affliction dans » laquelle vous êtes plongés par la mort de votre cher Père, » vous le rendre pour essuyer vos larmes. Mais, ne pou-
» vant vous donner son corps vivant, j'ai cra devoir vous
» Sa MOT » tez-lui » rant, S’ » mes, ei » yade » quod ti Quoiq ajouté la gage de « l'on y voi pour mai ce fut lui lution de l’assembl choix de:
tière d’ur le défunt sur-le-ch:
bénédictic der avec
MORT DE M. OLIER. 555 rs, s’il » présenter son esprif, qui est la meilleure partie de luinéan- » même. La terre conserve son corps, le ciel son âme, son t jus- » esprit est pour vous; et, si Dieu l’a jugé digne d'être ndres » mis dans son paradis avec les anges, vous ne devez pas pour » le trouver indigne d’avoir place aussi dans vos cœurs. Il rante- » cura volontiers quitté son corps, pourvu que son esprit > Paul » puisse habiter en vous : ç’a été tout son désir et son sousposer » haïit durant sa vie; après sa mort vous pouvez le rendre servi » content. Il était dit dans la loi, que si un frère mourait eur de | » sans enfants, son autre frère devait suscitare semen. (8). » l » Votre père, que je peux aussi appeler votre frère (à cause lission » de son âge), est mort, pour ainsi dire, sans enfants ; vu dre ni » le grand désir qu’il avait de convertir tout le monde et ésence » de sanctifier le clergé. Il vous a laissé son épouse, qui est , dans » cette maison si saïnte, qu’il a acquise par son sang, par bellv, j » sa mort, étant mort en lui voulant donner la vie. Susci- Eglise » tez-lui des enfants, faisant connaître Jésus, et lui assuviteur | » rant, s’il y a moyen, autant de serviteurs qu'il y a d’hom- Ir avec » mes, et lui donnant autant de saints sacrificateurs qu'il mblè- » ya de prêtres dans l'Eglise : Fac secundüm eremplar 1oyens » quod tibi in monte monstratum est. » t com- Quoique M. de Bretonvilliers ait vraisemblablement xxxiv. pas le ajouté la forme à ce discours, on peut y reconnaître le lan- Men a pape gage de saint Vincent et sa haute estime pour M. Olier ; tion de M. de t Vin- l'on y voit aussi quelque chose du zèle qu'il fit paraître res > saint pour maintenir l’œuvre du séminaire de Saint-Sulpice. Car Olier, nsola- ce fut lui qui fortifia les disciples de M. Olier dans la résol’on a lution de ne pas abandonner ce dessein, et qui présida à ies de l'assemblée qu'ils tinrent le 13 du même mois, pour le gment choix de son successeur. Ce choix ne devait pas être la ma- | tière d’une longue délibération ; M. de Bretonvilliers, que dans le défunt avait désigné avant sa mort, fut en effet nommé Père, sur-le-champ et d'une voix unanime. Mais, pour attirer la 6 pou- bénédiction de Dieu sur cette première élection, et y procévous der avec plus de confiance, ces ecclésiastiques désirèrent
que saint Vincent de Paul y fût présent, et qu’il y assistàt au nom de l’autorité de l’abbé de Saint-Germain leur supé-
autres d eût app
rieur. Ce Prélat lui en écrivit en ces termes : « J'ai été des mé » averti de la perte de M. Olier, supérieur du séminaire du visage p » faubourg Saint-Germain ; et comme ces Messieurs n’ont homme » point voulu procéder à une nouvelle élection sans me le
» faire savoir, et m'ont fait l’ouverture de vous prier de hs Gé
» vouloir les assister dans cette occasion, et autoriser de Ce qu
» votre présence une action qui n’a d’autre but que la plus sième jé
» grande gloire de Dieu ; je vous conjure, pour l'amour de chapelle
» moi, de ne leur point refuser ce secours, espérant que se sucté
(io Lettreaut. » Dreu favorisera leur dessein, et que vous serez lemoyen À dont la ( Bourbon à saint » dont il se servira pour y parvenir (1). » Non-seulement n’exhal:
Vincent . . è . en + () acte auto- Saint Vincent assista en effet à l'élection; mais il signa le Vers
graphe de Fée” » premier l’acte qui en fut dressé par les notaires, selon en songé Bretonvilliers. | coutume de ce temps (2). | avait été Nous ajouterons avec Abelly, l’un de ses historiens, que d’une ro
ce grand serviteur de Dieu avait M. Olier en singulière de sa gla vénération, qu’il le regardait comme un Saint, et publiait plus que
es Lo \partout l'opinion qu’il en avait conçue (3); et, avec Collet, passage qu’il l’invoqua les trois années qu’il vécut encore. « Je ne plusieur. » doute point, dit ce dernier, que les enfants de M. Olier les nouv » n’apprennent, avec consolation, que notre Saint deman- bientôt, .
» daït à Dieu des grâces par les mérites de leurinstituteur. Deux » C’est ce qu’il écrivit lui-même à mademoiselle d’Aubray, nous avo A) Pie de s. » SUT la fin du mois de juillet 1660, c’est-à-dire, deux mois M. Franc Co co » avant qu'il allât se rejoindre dans le sein de la Divinité Hretonvi iv. vu, p.14, » à ce cher et pieux ami (h). mourure 2 XXXV. La mort de M. Olier fut à peine connue dans Paris, qu’on M. Léon: {Particularités Fa LT :
remarquables MOntra un grand désir de le voir : il fut exposé dans la mort arri ie Dar quo chapelle du séminaire, où il demeura trois jours, revétu pinay de de M. Olier des habits sacerdotaux. Chacun s’empressait de témoi- Choënne gner la plus grande vénération pour sa personne. L’opi- née suivi nion qu’on avait de sa sainteté, inspirait aux uns de se Entre]
recommander humblement à lui, en priant à ses pieds ; aux accompaf
sistàt supéai été re du n’ont me le er de ser de , plus ur de 1t que noyen ment na le selon
IS, que ulière ibliait ollet, Je ne Olier emanteur.
bray, mois inité
qu’on ans la evêtu émoi- L’opide se s ; AUX
MORT DE M. OLIER. 507 autres de solliciter et de se procurer quelque chose qui lui eût appartenu ; à plusieurs, de faire toucher à son corrs des médailles et des chapelets. Tant qu’il fut exposé, son visage parut si beau et si serein, qu’on l’eût pris pour un homme qui sommeillait; aussi personne, en le considérant, n’éprouvait rien de cette horreur secrète qu’on ressent ordinairement aux approches d’un cadavre.
Ce qui donna une nouvelle surprise, c’est que, le troisième jour, quoiqu'il fût demeuré si longtemps dans la chapelle, au milieu d’une grande affluence d’assistants qui se succédaient continuellement, et de plusieurs flambeaux | dont la chaleur devait accélérer la corruption, son corps PA Ldéehe Par n’exhalait néanmoins aucune mauvaise odeur (1). de t
Vers le temps de sa mort, le serviteur de Dieu apparut en songe à une personne fort éloignée de Paris, qui lui avait été saintement unie depuis longtemps; il était revêtu d’une robe de pourpre, et avait à côté de lui un compagnon de sa gloire, qui prononca ces paroles : « Il est martyr et plus que martyr. » Par là elle eut connaissance de son passage à l’éternité. Elle ne craignit point de confier à plusieurs de ses amis le songe qu’elle venait d’avoir, et les nouvelles de la mort de M. Olier, qui se répandirent bientôt, justifièrent la vérité de l’apparition (2).
Deux jours après M. Olier, mourut M. Blanlo, dont nous avons parlé ; et, le 20 du même mois, il fut suivi de M. François de Parnuys, prêtre du diocèse de Rouen. M. de Bretonvilliers ajoute que plusieurs autres ecclésiastiques moururent vers le mème temps (3). Il désigne apparemment ; Al rt M. Léonard de Saint-Priest, du diocèse de Tulle, dont la Rem. hist, 1. 1, mort arriva le 16 octobre; et peut-être aussi M. Pierred’Es- ?* pinay de Cérillac, du diocèse de Limoges; et M. Charles (à) Registre des Choënne, du diocèse de Lisieux, qui ne passèrent pas l’an- sépultures du sé.
, . | minaire de St.née suivante (4). Sulpice.
Entre les autres choses extraordinaires dont sa mort fut accompagnée ou suivie, on remarqua sur son front la
(2) Pie, ibid.
(4) Bretonvildiers, p. 481,
(2) Grandet, Vies Ms. t. 1, p.
Ses obsèques; son oraison funèbre.
558 PARTIE IN. LIVRE Vi. — SÉMINAIRES.
forme d’une croix, qui depuis plusieurs années y était imprimée en traits fort sensibles. « Elle y demeura (c’est » ainsi que s'exprime M. de Bretonvilliers) presque » aussi visible que de son vivant, comme je puis l’assurer » moi-même pour l’avoir vue. Le second ou le troisième » jour après qu’on l’eüt exposé dañs la chapelle, je voulus » savoir, ajoute-t-il, si ce qu’on m'avait dit était vrai, etje » vis la croix peinte sut son front, comme elle l’avait été » durant sa vie : plusieurs autres personnes en ont aussi » été témoins (1). » Ce signe fut regardé comme une marque de prédilection du Père des miséricordes, qui depuis tant d'années l’avait fait passer par la voie des croix, et comme un signe particulier de ressemblance avec Jésus crucifié, Un de ses enfants spirituels (M. de la Pérouse) a souvent raconté que, malgré le soin qu'avait eu le serviteur de Digu de cacher cette faveur, ne découvrant jamais son front, pendant tout le temps que ses dernières infirmités l’avaient retenu dans sa chambre, on s’en était aperçu néanmoins plusieurs fois. Comme il lui parlait lui-même avec beaucoup de familiarité, et qu’il lui tenait souvent compagnie, il remarqua qu’une des branches de cette croix, de couleur rouge, et qui s’élevait du milieu d’un cœur comme enflammé, n’était presque pas formée. «Mon Père, lui dit-il, votre croix n'a qu’un travers. » Mon enfant, répondit M. Olier, c’est que ma croix n’est » pas achevée : » voulant dire qu’il avait encore beaucoup à souffrir (2).
Après que la curiosité des âmes pieuses eut été satisfaite, on l’ouvrit; c'était le quatrième jour: on trouva gâtée la partie de la cervelle qui occupait le dessus de la tête, et l’autre partie fort saine. Il fut embaumé et mis ensuite dans une bière de plomb, qu’on renferma dans un cercueil de chène. Plus de deux cents ecclésiastiques se trouvèrent à ses obsèques, et MM. les curés de Paris y assistèrent en surplis et en étole. Le 5 du mois d'avril,
après u le corps à temps (1 un autré minaire, titude de prier po pour soinonça l’o avec Da Jésus-Cx faisant la sujettisse dence, a mité +.
+ Cette pourtant e M. de Mau] alors sous » abbé, dit:
» avec tai » refusé le » ses peine » âmes fidé » les Philis » jalousie d » aux victo » sur l’igno » que c’étai » comme di » rend tém » qui fat n » guide ass » porte dar » nité. Ila » aux autr » pouvaien
It im- (c’est esqué surer sième oulus , etje ait été aussi matlepuis IX, et Jésus rouse) le ser- Jamais infirn était parlait tenait hes de milieu rmée.
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