SUR LE PÉLERINAGE D'ARGENTEUIL
NOTE 1, p. 823. — L'objet de ce pèlerinage est une tunique du Sauveur, envoyée, dit-on, par Constantin, fils d’Irène, à Charlemagne, et que ce prince donna au monastère d'Argenteuil, lorsque sa fille Théodrade alla s’y consacrer à Dieu. On ajoute que la sainte tunique y arriva à une heure après midi, et qu'en mémoire de cet événement, on commença dès-lors à sonner trois coups de cloche à la même heure : usage qu’on voulut abolir en 1666, mais qui fut maintenu par sentence, et persévéra depuis comme auparavant, ainsi que l’atteste Dom Gerberon, dans un ouvrage sur
(1) Histoire de Cette relique (4), qui a été réimprimé depuis peu. La sainte tunila robe sans cou- que est appelée, par d'anciens historiens, Cappa Salvatoris nosres Pa tré inconsutilts, et, par d'autres, Tunica Salvatoris inconsuti-
? dis. L'abbé Chastelain, chanoine de Paris, qui l’examina en 4672,
écrit qu’elle ressemblait à un gros crêpe, ou plutôt à un canevas fin, d’une couleur de rose sèche brune ; et que c’est une robe d'enfant. Robert du Mont, auteur ancien, en donne la même idée, et ajoute qu'on apprenait par des documents écrits, joints à cette
.(2) Gall. chris- relique, qu’elle avait été faite des mains de la sainte Vierge, pour
tiana, 1, vu, col, 510, 544, Jésus encore enfant (2).
Le pèlerinage d'Argenteuil était autrefois très-fréquenté, nonseulement par le peuple, mais par les Grands, les princes et les rois. Saint Louis s’y rendit durant le Carème de 1255, et, au mois de janvier 1260, Henri IL y vint aussi, et fit des largesses à cette église. Louis XIE s’y rendit trois fois ; Marie de Médicis, Anne d'Autriche, la reine d'Angleterre, femme de Jacques IE, le cardinal de Richelieu et une multitude d’autres personnes de marque y vinrent aussi en pèlerinage. La sainte relique était renfermée anciennement dans une châsse d'argent ; mais, les Huguenots l'ayant enlevée, elle fut remplacée par une autre en bois, jusqu’à ce que
(3) Histoire du mademoiselle de Guise en fit faire une magnifique, où on la trans-
. bi féra le 22 octobre 1680 (3). La sainte tunique est conservée en-
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core aujourd'hui dans l'église d'Argenteuil; et l'on s'y rend en pèlerinage, surtout le jour de l’Ascension,