‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 235 sur 269 · ORAISON FUNÈBRE DE M. OLIER · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE DE M. OLIER

après un service fait à la chapelle du séminaire, on porta le corps à la paroisse de Saint-Sulpice, selon l’usage de ce

temps (1); et le 9 du même mois, on fit dans cette église ee #un autre service solennel, où assistèrent le clergé du sé- ronson, 1. 1v,

du ét se L . 392, 10 minaire, les ecclésiastiques de la communauté, et une mul- 5/13"

titude de paroissiens; personne ne songeait toutefois à prier pour le défunt, chacun n’étant occupé qu’à l’invoquer

pour soi-même (2). M. de Maupas, évèque du Puy, y pro- (2) Remarques

nonça l’oraison funèbre. Il paraît qu’il le mit en parallèle nt ii TE

avec David (3), et montra que, pour établir le règne de (3) Mémoires

: à die de M, Baudrand, Jésus-Canisr dans sa paroisse, il avait imité ce grand roi, p. 69, :

faisant la guerre aux ennemis du peuple de Div, et les assujettissant par l’ascendant de ses vertus et par sa pru-

dence, aussi bien que par son courage et sa magnanimité ee

+ Cette oraison funèbre n’est pas venue jusqu'à nous ; on croit pourtant en conserver quelques traits, dans une Approbation que M. de Maupas donna, dans le même temps, à un des écrits de M. Olier, alors sous presse, et qu’il data du jour même de sa mort, « Ce digne » abbé, dit-il, vrai pasteur des âmes, qui a caché son 1,0m et sn vertu » avec tant de soins, aussi bien que les avantages de sa naissance, a » refusé le sceptre d’un David, mais non pas sa houlette, ses sueurs, 0 » ses peines et ses combats : il a donué une pâture excellente aux » âmes fidèles ; il a fait la guerre aux ennemis de Dieu; il a vaincu » les Philistins, et terrassé les ours et les lions, Digu veuille que la » jalousie de quelque Saül ne s’offense point des louanges que je dois » aux victoires qu’il a remportées, plus de dix mille fois, sur le vice et » sur Pignorance ! On peut dire, aujourd’hui qu'il quitté la terre, » que c'était un homme du ciel, admirable dans la pureté de sa vie, » comme dans celle de sa doctrine : on peut dire de sa doctrine, qu’elle » rend témoignage aux vérités de l'Évangile ; que c'est une lumière » qui fait naître dans les esprits le beau jour de la piété ; que c'est un » guide assuré pour la conduite de la vie, et uue messagère fidèle qui » porte dans une âme les agréables nouvelles du bonheur de l'éter- » nité, Il a pratiqué dans une haute perfection tout ce qu’il a enseigné » aux autres, lorsque les enseignements qu’il donnait au prochain » pouvaient être compatibles avec sa profession, Il a fait de #4 sainte

560 PARTIE I, LIVRE VI, == SÉMINAIRES, L’orateur loua hautement le désintéressement deM. Olier, et n’oublia pas le beau trait auquel il avait lui-même donné occasion, et que nous avons raconté dans cette vie : « Je connais un Évèque, dit-il en frappant sa poitrine » (c'était de lui-même qu'il parlait), je connais un Évêque » qui s’est mis à genoux devant lui pour le prier, les mains » jointes, de recevoir son évêché, sans que jamais il ait pu (4) Grandet, » l’y faire consentir (1). » Nous ne PpDOFLerOns point ici Fu Mal. HP: les éloges français et latins, en vers et en prose *, que l’on de #6 Paudrand, composa à la louange du serviteur de Dizu. Mais nous ne * NOTE 9, p. devons pas omettre que, peu de jours après sa mort, les ne membres de la conférence de Saint-Lazare ayant parlé de ses vertus dans une de leurs réunions, saint Vincent de Paul en rendit ainsi compte à ses missionnaires : « Mes- » sieurs les ecclésiastiques qui s’assemblent ici, prirent » pour sujet de leur entretien, mardi dernier, ce que cha- » cun d’eux avait remarqué des vertus de M. Olier, qui » était de leur compagnie; et, entr’autres choses que l’on » dit, une des plus considérables fut, que ce grand servi- » teur de Dieu tendait ordinairement à s’avilir dans ses one » paroles, et qu'entre toutes les vertus, il s’étudiait parti-

23, , » culièrement à pratiquer l'humilité (2). »

XXXVII. Comme on se proposait de faire élever au défunt un die de x; tombeau en marbre, en attendant on déposa son corps

Olier. dans la chapelle supérieure du séminaire, sous une reanna ve, Présentation de bois couverte de velours noir (3). 11 de- » vie, la première minute et le véritable original de tout ce qu’il nous » a laissé par écrit : il a imité son bon Maître et le nôtre, il a com- » mencé de s'expliquer par ses actions, plutôt que par ses paroles : » ila refusé les premières mitres du royaume, que notre grande » Reine lui a offertes, par l'estime qu’elle faisait de sa rare piété; et, » bien que la modestie de ce parfait ecclésiastique, dont les exemples , D en ce point ne sunt pas tout-à-fait ordinaires, l'ait porté à ce con-

(4) Approbation Fr nd 44 :

de l'Introduction » Stant et généreux refus des plus éminentes dignités de l'Eglise, bien aux verlus chre- » qu’il n'ait pas voulu monter sur les trônes du clergé, ila néanmoins

tiennes, 2 Re 2 CPE epnservé les tronpeaux du Fils de Dieu (4).

meura en exéc mettre

grava l’i

Le Olier, -même te vie :

poitrine Évèque s mains il ait pu joint ici que l’on 1ous ne ort, les it parlé icent de : « Mesprirent que chalier, qui que l’on 1d servidans ses it parti-

funt un n corps une re- ). 11 de-

qu’il nous il a coms paroles :

e grande biété; Et, exemples à ce conlise, bien sanmoins

TOMBÉAU DE M. OLIER. 061 meura de la sorte jusqu’en l’année 1684, où M. ‘l'ronson, en exécution du testament de M. de Bretonvilliers, le fit mettre en terre au milieu de la chapelle, qui fut alors pavée tout entière de marbre blancet noir. Il en usa ainsi de l'avis de l'Archevêque de Paris, tant pour obvier à la difficulté de placer un tombeau dans cette chapelle, qui n’était pas grande, que pour ne pas donner occasion aux critiques qu’on aurait pu faire, s’il eût été élevé de terre; ce qui eût paru peu conforme à la simplicité et à la modestie dont le séminaire devait faire profession. Sur cette tombe on grava l’inscription suivante :

Pugnent alibi mœrores et gaudia, huc conspirant, ubi suo Carisrus triumphat in milite; ubi Sacerdos apostolicus jacet JOANNES-JACOBUS OLIER, pastor Sancti Sulpitii, seminarii institutor, fundator et primus superior; quem suspexit Lutetia in animi simplicitate prudentem, in cordis humilitate magnanimum, in operationis suavitate potentem ; hoc in suburbio ' suis Babylonem sudoribus curavit, clerum suis in Gallia provocavit exemplis, novi orbis saluti suo zelo providit ; seminariorum tandem erectione, scriptis, et verbi energià, clericalis ubique splendorem dignitatis mirificè propagavit ; tum diuturnæ morbo paralysis CanisTo confixus cruci, dum Superioris munus obiret, Parisiis obiit, anno Domini 1657, ætatis 48 (1).

(4) Gall, christiana, 1, vu, col.

4049. — fie: Ms.

de Grandet, 1.1, p.440, 141. — Remarques historiques, t. ii, p.496.

562 PARTIE 111. LIVRE Vi. SÉMINAIRES.

La tristesse et la joie, si opposées ailleurs, se trouvent réunies ici, où Jésus-Chaist triomphe dans l'un de ses soldats, où repose ce prêtre apostolique JRAN-JACQUES Ouen, Curé de la paroisse, instituteur, fondateur et premier supérieur duséminairede S.-Sulpice; Paris en lui admira la prudence ét la simplicité d'esprit, la magnanimité jointe à l'humilité de cœur, la force et la douceur des moyens, Ses travaux guérirent, dans ce faubourg, les maux d’une autre Babylone; ses exemples excitèrent la ferveur du clergé; son zèle pourvut au salut du nouveau monde; l'érection des séminaires qu'il procura, ses écrits et l'énergie de sa parole, augmentèrent partout, d’une manière admirable, la splendeur de l’état clérical; enfin, frappé d’une longue paralysie, et attaché à la croix avec JÉsus-CHnisT, il mourut à Paris, tandis qu’il exerçait la charge de supérieur, l’année du Seigneur 16657, de son âge la 48e,

Son cœur, qu’on avait séparé de son corps, fut mis dans une boîte en plomb, renfermée ensuite dans une autre en argent doré, sur laquelle sont gravés les monogrammes de Jésus, Marie, Joseph, entourés de flammes ; sa langue fut mise aussi dans une boîte d’argent +, et ces deux portions

+ 11 y avait cinq mois que M. Olier avait été inhumé, lorsque, pour conserver plus décemment sa cervelle,qu’on avait séparée du reste de son corps, et mise en terre dans la chapelle souterraine, sans lavoir enveloppée et renfermée dans un vase convenable, M. de Bretonvilliers y descendit avec deux ecclésiastiques, et la déterra. On craignait de n’en plus trouver de vestiges, et l’on pensait qu’elle serait tombée en corruption ; mais ils furent bien surpris de la retrouver tout aussi saine que lorsqu'elle avait été déposée dans la terre, et sans aucune

(4) Bretonvit. altération, sinon dans la partie du derrière de la tête, qui était déjà

ri V,P.484, corrompue lorsqu'on fit l'ouverture du corps (1).

de 50:

minai les tre porté mesu:

Provi comp son fo rulle, en Fra d'hui conven une (0!

tant àc gine m cieuse, l’union sociétés même » Vie d » tiers » Sanct

TOMBEAU LE M. OLIER, 563 de son corps sont les seules que possède aujourd’hui le séminaire de Saint-Sulpice. Le cercueil ayant été enlevé dans les troubles de 1795, pour en avoir le plomb, le corps fut porté apparemment dans quelque cimetière, malgré les mesures qu'avait prises M. Emery pour le conserver. La Providence toutefois semble avoir voulu dédommager la compagnie de Saint-Sulpice, en substituant aux restes de son fondateur, ceux du vénérable cardinal Pierre de Bérulle, instituteur de l’Oratoire (1), et le premier suscité PA ge à en France pour travailler à l’éducation du clergé. Aujour- coût 1840. d’hui que cette société ne subsiste plus, il était, ce semble, convenable que le corps de son saint instituteur passât à une compagnie destinée à continuer l’œuvre qu'il avait eue tant à cœur , et qui d’ailleurs paraissait avoir, par son origine même, des droits particuliers à une succession si précieuse. Le Père Edme Cloysault, de l'Oratoire, parlant de l’union qui devait régner entre les membres de ces deux

er sociétés, rappelle en effet qu’ils ne formaient au fond qu’une

ÿ même famille, « étant les uns et les autres, dit-il dans sa

» Vie du Père de Condren, les fils du même père, les héri- » tiers du même esprit, et pouvant dire avec vérité : Filis Cha 8 » Sanctorum sumus (2). »

sque, pour du reste de sans l'avoir Bretonviln craignait ait tombée tout aussi sans aucune ui était déjà

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