VIT
M.Oler rend la santé à plusieurs malades,
(4) Mémoires aut. de M. Olier, t. vi, p. 26. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. 1, D. 444, 445.
(t) Aitest. elc.
(2) Mem. uut, de M. Olier,t.
iv, p 266, 267.
(3) Mém. aut.
de M. Olier, 1.
vi, p. 338, 339.
084 PARTIE I, LIVRE VIH,
» sang, quoiqu'il se soit écoulé environ dix-huit ans de- » puis; et qu'à l’heure même je fus guérie de ma maladie. » Je déclare que cette relation est véritable, et je suis prête » à l’attester avec serment (1). »
M. Olier rapporte lui-même la guérison d’un jeune séminariste, M. de Villars, depuis Archevèque de Vienne, que les médecins avaient abandonné. « Dans le temps » que je lui donnais l’Extrème-Onction , dit-il, il sen- » tait en soi des effets extraordinaires, à cause des grâces » qui se répandaient en lui par les paroles que Notre-Sei- » gneur me mettait dans La bouche ; tandis que les médecins » le condamnaient, Notre-Seigneur me dit : Je te lerendrui, » comme il est arrivé ; ce qu’ensuite les médecins eux-mi- » mes ont jugé être un miracle. Depuis cet accident, on voit » ce jeune homme avancer à vue d’œil dans la vertu (2). » On lit d’autres exemples semblables dans les Mémoires de M. Olier. Très-souvent les malades qu’il visitait se trouvaient guéris à mesure qu'il leur parlait, quoiqu'il n’eût aucun dessein de demander à Dieu leur guérison. « Cela » me fait voir, ajoute-t-il, combien les ministres de JÉsus- » CuRisT ont peu de part aux opérations de sa bonté et de » sa puissance, puisqu'il produit des effets très-saints par » des sujets souvent très-imparfaits et très-impurs, et dont » il n’attend point le concours, ni même les désirs (3). »
Ces guérisons avaient inspiré aux paroissiens de S.-Sulpice une si vive confiance aux prières de M. Olier,que plusieurs se regardaient comme sauvés, dès qu’ils s'étaient recommandés à lui. Une personne, qui avait éprouvé les effets de ses intercessions auprès de Dieu, dit, dans une déclaration signée de sa main : « Lorsque tout le monde me condam-
nait, et que les médecins, après avoir usé de tous les re-
mèdes imaginables, n’attendaient plus autre chose que ina mort, mon grand recours fut à M. Olier, aux privres duquel je me recommandai par mon confesseur; car
M. Olier vivait encore. J'avais lant de vénération pour
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M. OLIER REND LA SANTÉ À PLUSIEURS MALADES. 989 » lui, qu’il me semblait qu'avec le secours de ses prières, il » n’y avait rien de fâcheux que je ne pusse souffrir ; et j'avais » tant de confiance en sa protection auprès de Dreu, que » je fus toute soulagée après m'être recommandée à lui (1). » Une autre paroissienne, parlant de cette même confiance aux prières de M. Olier, dit au sujet de sa sœur : « Comme » on craignait qu’elle ne passât pas la nuit,ma mère, voyant » le danger où elle était et l’alarme du médecin, courut » chez M. Olier pour le prier de venir la voir, connaissant » sa grande diligence à visiter les malades, et sa tendre » charité pour eux. Il y vint, et dit avec assurance que la » malade n’en mourrait pas. Chacun regarda cette parole » comme une assurance certaine de guérison : le confes- » seur de ma sœur, M. d'Herbrée, vint me l’apprendre; et » en effet elle recouvra la plus parfaite santé (2). »
Tous ces exemples font assez comprendre pourquoi beaucoup de Fidèles, après la mort du serviteur de Div, ont eu la même confiance en ses prières, et se sont adressés à lui pour obtenir des guérisons. On en rapporte un assez grand nombre ; nous nous bornerons aux principales ; nous contentant ici d’abréger les déclarations authentiques qui en furent données, et dont on conserve les originaux au séminaire de Saint-Sulpice.
Nous commencerons par la guérison de cette même demoiselle Manse, qui était venue s’offrir à M. Olier pour as-
(0) «fttest. aut,
(2) Ibid. p.161.
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fait une chute.
sister les malades de Montréal, en attendant que M. de la Son mal est ju- + : , RSS . gé incurable.
Dauversière y eût envoyé des Hospitakières. Celles-ci ayant
enfin été établies à La Flèche , en Anjou, mademoiselle Manse, qui ne pouvait plus suffire au service de la colonie, demandait depuis plusieurs années qu’on hâtât leur départ. Mais deux obstacles l’avaient retardé jusqu'alors : l’autorité de personnes puissantes qui voulaient établir à Ville-Marie les Hospitalières de Québec; et l’absence de toute sorte de secours pour la fondation de celles de M. de L: Dauversière.Sur ces entrefaites, mademoiselle Manse s’étautrompu
le bras en tombant sur la glace, ayant même perdu toutà-fait l’usage de ce bras, par la maladresse des chirurgiens du pays, elle repassa en Europe, après environ deux ans de souffrances, pour y consulter des médecins plus expérimentés, et pour essayer d'amener avec elle des Hospita- (1) Annates ou Mères de La Flèche, quoiqu’elle n’eût ni les fonds nécessai- Re Nr res à leur établissement à Montréal, ni l’espérance d’en 362. acquérir (1).
La sœur Bourgeois voulut suivre sa compagne infirme, incapable alors de voyager seule, et même de s’habil- 2 AS os ler (2). Dès qu’elles furent arrivées à Paris, M. d'Olbeau, 3epart.p.74. chanoïne de la Sainte-Chapelle et parent de mademoiselle Manse, mit tout en œuvre pour obtenir sa guérison. Il réunit dans ce dessein les médecins et les chirurgiens du Roi, et tous les autres qui avaient le plus de réputation dans Paris. Mais, après avoir examiné le bras de mademoiselle Manse, et l’avoir lavé plusieurs fois avec diverses liqueurs, ils jugèrent tous unanimement qu'il était rntirement mort, et que la malade n'avait point de guérison à attendre. Sachant done que son mal était incurable, elle ne songea plus qu’à l'affaire des Hospitalières; et, quoiqu'il n’y eût aucune apparence qu'elle düt trouver, dans la charité des Fidèles, des aumônes suffisantes pour cette fondation, elle ne laissa pas d'adresser à Dreu des prières ferventes, et d’engager encore toutes les personnes pieuses arte qu'elle connaissait à s’unir à ses intentions. Elle implorait D e aussi l’assistance des Saints, spécialement celle de M. Olier, nada, Ms. in-fo, ne doutant pas de son crédit auprès de Dreu, ni de l'intérêt AT fe qu’il prenait à cette œuvre, puisque, avant sa mort, il avait
— Histoire, Ms
eh nr Signé le contrat qui donnait aux Hospitalières de La Flèche, émoires sur M. :
de Laval, p.184. la conduite de l'hôpital (3). Par un effet de cette vive confiance, elle eut la dévotion d'aller l’invoquer sur son tombeau, accompagnée de la (4) Vie de la sgur Bourgeois (4); et quoiqu’elle n’eût point la pensée
sœur Bourgeois, s . . si Le p. 75. d'obtenir un miracle, elle y fut subitement guérie, ainsi
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GUÉRISON DE MADEMOISELLE MANSE, 587 qu’elle nous l’apprend elle-même dans la déclaration suivante qu’eile écrivit et signa de sa main :
,toutrgiens X ans xpéri- 4 « Au nom de la très-sainte Trinité, Jspita- | cessaie d'en
» Je, Jeanne Manse, reconnais et confesse, en la présen- A TR
» ce de mon Du, avoir recu la grâce de l'usage de ma main est guérie au » droite par les mérites de feu M. Olier; ce qui s’est passé ts de M. » en cette manière :
» Il y a deux ans que j'étais restée estropiée après une » chute, où j’eus le bras rompu, et le poignet démis; car » les chirurgiens qui me pansèrent, ne s'étant apereus de » la dislocation de mon poignet que six mois après, çt lors- » qu'on n’y pouvait plus apporter de remède, je demenrai » tout-à-fait privée de l’usage de ma main, De plus, j'en » souffrais beaucoup, et j'étais obligée de porter toujours » mon bras en écharpe, ne le pouvant soutenir autrement, » ou sans qu'il füt appuyé. Depuis le moment de ma chnte, » qui fut le dimanche 98 janvier 1657, à huit heures du » matin, jusqu’au 2 février 1659, je ne pus m'aider ni me » servir de ma main en aucune manière; de sorte qu'il fal- » lait qu'on m’habillât et me servit comme un enfant. Les » chirurgiens, et autres personnes habiles en ces matières, » m'assuraient qu’il n’y avait point de remède pour me » rendre l’usage de ma main, mais qu’il fallait tâcher seu- » lement d'empêcher que la chaleur naturelle ne «° retirât, » et que mon bras ne vint à se dessécher et à mourir tont- » à-fait. Il y a dix-huit mois que je n'usais d'aucun re- » mède, n’espérant plus de guérison, et n'ayant pas mime » la pensée de demander un mirasle, J'étais contente de me » soumettre à l’ordre de Drev, et de demeurer ainsi, toute » ma vie, en cet état de privation dulourense et pénible.
» J'avais désiré de voir le cercueil de feu M, Olier, non » pas dans la vue de mon soulagement, mais dans l'in- » tention de l’honorer, l’estimant na tros-zpand serviteur » de Drec. J’eus la permission de le voir, le jour de Fa Pari-
firme, habilbeau, oiselle son. Il ens du utation madeiverses t «ntièrison À e, elle aoiqu'il ans la tte fones ferpieuses nplorait {. Olier, intérêt il avait Flèche,
lévotion e de la
pensée e, ainsi
588 PARTIE Hi, LIVRE VI, » fication de la sainte Vierge, Je savais qu’il avait, pendant » sa vie, grande dévotion à ce jour, Comme je fus sur le » point d’entrer dans la chapelle où repose son corps, la v pensée me vint de demander à Div, par les mérites de son serviteur, qu'il lui plût de me donner un peu de force, et quelque soulagement à mon bras, afin que je m'en pusse servir dans les choses les plus nécessaires, comme pour m'habiller, et pour accommoder notre autel de Montréal. Je dis : O mon Diéu, je ne demande poiut de miracle, car j’en suis indigne, mais un peu de soulagement, et que je me puisse aider de mon bras, Comme j'entrais dans la chapelle, il me prit un saisis- : sement de joie si extraordinaire, que de ma vie je n’en À deb Le sentis de semblable, Mon cœur en était si plein, que je | : me fu ne le puis exprimer; mes yeux étaient comme deux fon- » disloc taines de larmes qui ne tarissaient point : ce qui venait si resten doucement, que je me sentais comme toute fondue, sans pue aucun effort ni travail de ma part, pour m’exciter à telle À deux L chose, à quoi je ne suis pas naturellement disposée. Je ? quorJ ne puis exprimer cela, sinon en disant que c'était un » Pusag » effet de la grande complaisance que j'éprouvais du bon- Au re heur dont jouissait ce bienheureux serviteur de Dieu. Je <aue oi lui parlais comme si je l’eusse vu de mes yeux, et avee gnée de beaucoup plus de confiance, sachant qu’il me connais- qu'elle ï sait à présent bien mieux que lorsqu'il était au monde; De qu’il voyait mes besoins, etla sincérité de mon cœur, qui PÉRÉPRUI ne lui avait rien caché, là que, L » J’entendis la sainte Messe, et communiai dans cette fois des 1 » douceur extraordinaire, ne songeant point à mon bras plus sort » qu'après la Messe, lorsque, M. de Bretonvilliers s'en Re » allant à la paroisse pour assister à la procession, je le voir à le: » priai de me donner le cœur de feu M. Olier, pour le bablemer » faire toucher à mon bras, lui disant que je croyais n’a- rapport » voir plus que faire du sang des bœufs et des taureaux Gaumont » pour ma guérison, J’eus dès-lors une certaine.confiance QU était
» d'êtr » sant:
» je pr » sur n » mon » était » poids » quin » de lo » me d » mérit » une €]
lant r le , la s de | de 1e je ires, > Auande u de bras.
isisn’en 1e je fonait si Sans , telle e. Je it un bon- U. Je avec naisonde; r, qui
cette bras s s'en je le ur le s n’areaux fiance
{UÉRISON DE MADEMOISELLE MANSE. 589 » d'être exaucée, Il me l’apporta et se retira; et moi, pen- » santaux grâces que Dieu avait mises dans ce saint cœur, » je pris de ma main gauche ce précieux dépôt. ie le posai » sur ma main droite, tout enveloppée q: ue était dans » mon écharpe. Au même moment, je sentis que ma main » était devenue libre, et qu’elle soutenait sans appui le » poids de la boite de plomb, où le cœur est renfermé : ce » qui me surprit, m’étonna merveilleusement, et m’obligea » de louer et de bénir la divine Bonté, de la grâce qu’elle » me daignait faire, de manifester en moi la gloire et le » mérite de son saint serviteur. Je sentis en mème temps » une chaleur extraordinaire se répandre par tout mon bras, » jusqu'aux extrémités des doigts, et l'usage de ma main » me fut rendu dès ce moment; quoiqu’elle soit toujours » disloquée, je n’en sers néanmoins sans douleur, ce qui » est encore plus admirable.
» Je déclare que tout ce que j’ai écrit ci-dessus, en ces 0 2m nr" » deux petites feuilles, est véritable et sincère : en foi de A Anse » quoi je lai écrit et signé de la même main dont j'ai reçu 49. — sutre du » l'usage. A Paris, ce 13 février 1659. Jeanne Manse (1). » 18/77 PS Au retour de la procession, M. de Bretonvilliers, étant X. entré dans la chapelle, trouva mademoiselle Manse bai- 4,2 ,f"érison gnée de larmes, et dans des transports de joie si excessifs, devient loccaqu’elle ne put prononcer aucune parole. Le bruit de cette ee fr guérison se répandit aussitôt dans Paris. On en concut une Hospitalièresde vénération singulière pour mademoiselle Manse , jusque NORARPES là que, lorsqu'elle passait dans les rues, on coupa plusieurs fois des morceaux de sa robe, et qu’elle se vit obligée de ne plus sortir qu’en voiture, pour se dérober aux empressements du peuple. Des personnes de marque voulurent la voir à leur tour, et s'entretenir avec elle (2); et c’est pro- ‘ (2 4nnalexdes 1 , Hospitalières, y.
bablement de cette guérison que parle l’abbé Fleury, en 36». rapportant ce qu’il avait appris d’un grave magistrat, M. de Gaumont, conseiller au Parlement de Paris, mort en 1665. « {l était persuadé, dit-il, de la sainteté de M. Olier, fon-
» dateur du séminaire de Saint-Sulpice, et rapportait quel- PR a » que miracle fait depuis sa mort, par son intercession (1).» Fleury, 2 édit, arriva mème que des personnes généreuses, sachant 188,p. 365. ans quel dessein mademoiselle Manse était venue à Paris, s'empressèrent de lui fournir l'argent nécessaire à la fon-
dation qu’elle sollicitait; en sorte qu'après avoir obtenu
au-delà de ses espérances, et avoir recouvré le parfait
: usage de son bras, elle emmena à Montréal des Hospita-
Ja As re lières qui y commencèrent en effet cette fondation (2). Telles p.79. furent les circonstances de cette guérison extraordinaire, Parmi les actes autographes que nous avons sous les yeux,
on trouve deux témoignages du plus grand poids : ce
sont les déclarations authentiques des chirurgiens de Qué-
bec et de Montréal, qui, ayant traité mademoiselle Manse
avant son voyage en France, certifièrent sa guérison dix-
(3) Attest. aut. huit mois après qu'elle avait eu lieu (3). La sœur Bour- Grlileut du geois, qui en avait été elle-même témoin, en fait mention Jales be Li dans ses écrits (4). Enfin, l’auteur des Mémoires sur M. de
Madry, p.61. Laval, premier évêque de Québec, ajoute que mademoi-
ÿ) fie de la : : 4 Pi Dourgoote., selle Manse conserva librement jusqu’à la mort l’usage de
LE ce bras, malgré des accidents etdes chutes qui auraient dû (b) Mémoires, 51h23 ee p. 434. le lui faire perdre de nouveau (5).
Xl; Nous joindrons à cette guérison quelques particularités
Les Hospita- . . | libres. de Ville. qui en sont comme une suite assez naturelle, et qui, tou-
Marie éprou- tes merveilleuses qu’elles sont, ne doivent point paraître vent l’assistan- x »
ce de M. Olier SUSpectes, après tout ce qu’on a vu des commencements après sa mort. de la colonie de Montréal, On a dit que des personnes puissantes s’opposaient au départ de ces filles pour la Nouvelle-France, À peine y furent-elles arrivées, qu'on leur signifia l'ordre d'en sortir; et elles auraient été réduites à prendre ce parti, si elles n’eussent apporté avec elles le contrat signé de M. Olier, qui leur donnait l’administration de l'hôpital. Mais, sur ces entrefaites, M. de la Dauversière ayant été ruiné par un revers imprévu de fortune, et les fonds destinés pour la fondation de ces filles ayant
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