CHAPITRE INÉDIT D'ABELLY
» cette lettre, pour la satisfaction du lecteur, au second (4) Liv. u, ch. » livre (1). 1, sect. x1, & 3,
bp.
» Ce très-digne abbé ayant, ensuite de ces missions, » obtenu de M. l'Évèque de Saint-Flour son agrément pour » faire faire la retraite aux curés du diocèse, dans son » abbaye de Pébrac, et mème les exercices d’ordination, » comme il se pratiquait à Paris, il écrivit une autre lettre, » au mois d'octobre de la mème année, à MM. les ecclé- » siastiques de la conférence de Saint-Lazare de Paris, pour » leur demander du secours, en leur représentant qu'il y » allait de la réformation de tout un diocèse; et depuis, » au mois de février 1637, il leur en écrivit encore une » autre, comme il achevait la quatrième mission (2), et » qu’il était sur le point d’en entreprendre une cinquième, » fort importante, à la Motte, près de la ville de Brioude. » Il décrit par cette lettre les biens que faisait la compa- » gnie des ecclésiastiques de la ville du Puy, qu'il avait ;
(2) Ibid. p. 33,
(3) Zbid, liv.u,
h. un, sect, 5,
» associée à celle de la conférence de Saint-Lazare (3). p. 264, 265.
» Environ ce temps-là, M. Olier connaissant, par sa » propre expérience, combien les missions étaient profi- » tables et avantageuses pour le salut des peuples, et » considérant d’un autre côté le grand besoin qu’il y avait » de travailler à la perfection du clergé, il se détermina » à cette dernière œuvre; et, pour y parvenir, il se résolut » de prendre une cure dans Paris, pour y donner un mo- » dèle d’une bonne conduite de paroisse, tant pour la » personne du curé, que pour les prêtres qui sont appli- » qués par lui pour la desservir. Pour cet effet, il traita » de la cure de Saint-Sulpice avec M. de Fiesque qui en était » pour lors curé, en laquelle M. l'abbé Olier à depuis » établi une grande communauté de prèlres, et par ce » moyen y a produit de très-grands fruits, tels que cha- » un sait; en sorte qu'en peu de temps on a vu cette » grande et nombreuse paroisse toute changée de face, avec
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» l'admiration et l’applaudissement de tout Paris. Ce qui » n’est pas néanmoins arrivé sans de grandes difficultés et » traverses que l’ennemi du genre humain lui suscita, » jusqu’à tel point que, sur un différend arrivé entre » l’ancien et le nouveau curé, quelques habitants du fau- » bourg Saint-Germain prirent les armes, pour en chasser » M. Olier et les prêtres de sa communauté. Pendant cet » orage, M. Vincent, qui prenait très-grande part à tout » ce qui touchait ce sage abbé, faisait tout ce qu’il pouvait » pour le défendre, et pour détourner cette tempête, par » ses nrièrec à DIEU, par ses bons conseils à M. l’abbé » Olier, et par son crédit à la Cour. Il est à remarquer » qu'on attribuait, en quelque façon, à M. Vincent, la » cause de ce grand tumulte, tant parce que le peuple » appelait Wissionnaires les prètres de la communauté de v Saint-Sulpice, quoiqu’ils ne le fussent pas et qu’eux- » mêmes n’en prissent pas le nom, qu’à raison de ce que » M. Vincent était estimé être leur chef, à cause de la » mission qui avait été faite, un peu auparavant, au fau- » bourg Saint-Germain, par MM. les ecclésiastiques de » la conférence de Saint-Lazare, que M. Vincent y avait » employés. Un jour, comme on parlait de ce tumulte au » Conseil où il était, et qu’on en rejetait sur lui tout le » blâme, M. Vincent, au lieu de se mettre à couvert de ce » reproche, en déclarant que les prêtres de Saint-Sulpice » n'étaient point de sa congrégation et n’avaient aucune dé- » pendance de lui, comme il était vrai, et comme il le » déclarait toujours en d’autres occasions, quand on vou- » lait lui attribuer le bien qu’ils faisaient ; néanmoins, en » ce rencontre fâcheux, quoiqu'il n’eût aucune part dans le » différend qui était le sujet du vacarme, il ne voulut pour- » tant jamais dire un seul mot pour désabuser ses accusa- » teurs et se justifier sur les reproches qu’il en recevait. » Au contraire, pour pratiquer l'humilité, et tout ensemble » faire paraitre l'estime qu’il avait de M. Olier, et la part
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semble la part
CHAPITRE INÉDIT D'ABELLY. 611 » que sa charité lui faisait prendre en tous ses intérêts, » qu’il estimait très-justes, il prit le parti dudit sieur » Olier et de MM. ses ecclésiastiques. Il défendit leurs in-. » térêts plus chaudement et bien mieux qu'il n’eût fait les » siens propres; et, lorsqu'on les blämait et qu’on leur » donnait le tort, il leur servait d’apologiste, et disait tous » les biens qu’il pouvait de leur vertu et de la sainteté et » utilité de leurs emplois : en sorte que, pour conserver » leur réputation, il exposa volontiers la sienne, et ne fit » point de difficulté de mettre en quelque façon sa compa- » gnie à la merci de cet orage, pour tâcher d'en exempter » M. Olier et les siens, et leur procurer la paix et la tran- » quillité. Ce procédé de M. Vincent, qui semblait si con- » traire à la prudence humaine, étonna diverses personnes; » et, quelqu'un de ses amis lui ayant demandé pourquoi » il avait agi de la sorte, il lui répondit : Qu'il pensait que » tout chrétien y était obligé, et qu’il croyait qu’en se com- » portant comme il avait fait, il avait suivi les maximes de » l'Evangile. C'était l'estime très-grande qu'il avait de la » vertu de M. l’abbé Olier, qui lui donnait ces sentiments, » et qui lui faisait regarder ses saintes entreprises, non » comme un ouvrage particulier, mais comme un bien » public, à la conservation et défense duquel un chacun » était obligé.
» Quelque temps après cet accident, M. i’abbé Olier, » voulant donner une plus ample matière à son zèle, jeta » les fondements de ce grand séminaire qui a servi et sert » encore tous les jours à former tant de bons ecclésiasti- » ques, de toute sorte de conditions, dont plusieurs se ré- » pandent dans les provinces pour y communiquer, au » grand avantage de l’Eglise,les grâces et les bénédictions » qu’ils ont puisées dans ce saint lieu.
» Pour toutes ces grandes œuvres de M. l'abbé Olier, » dont nous venons de parler, et pour les rares et excel- » lentes vertus dont Dreu l’avait doué, M, Vincent l'avait
» en grande véucration, et le regardait comme un Saint et » le publiait partout comme tel. Quand il plut à Dieu de » retirer à soi ce sien grand serviteur, M. Vincent se trouva
» à l'extrémité de sa maladie et à sa mort, et fut un de » ceux qui regrettèrent davantage la grande perte que l’E- » glise avait faite, en la personne de ce saint abbé ; et depuis » il a toujours continué, dans la même affection, de servir » Messieurs de sa communauté, qui s’assemblèrent plu- » sieurs fois avec lui et avecd’autres personnes considéra- » bles, pour aviser aux moyens de maintenir et perpé- » tuer ce que M. Olier avait si dignement commencé.
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