‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 44 sur 269 · CU LIEN · texte numérisé non relu

CU LIEN

MADAME LA PRINCESSE DE CONDÉ. 21 « C'est pour cela même, reprit M. Olier, que ceux qui vi- » vent dans le monde ont plus d'obligation d’être unis à » Dreu, afin qu’ils trouvent en lui la pureté et la sainteté, » nécessaires aux chrétiens, et qu'étant rendus participants » de son être divin, toujours parfaitement saint au milieu » des pécheurs, ils ne contractent eux-mêmes aucune tache, » ni aucune souillure, parmi les vices et les impiétés des » méchants. Et d’ailleurs, ajouta-t-il, ce n’est pas la pré- » sence du corps qui nous unit au monde, mais bien l’at- » tache et l'affection à ses misérables vanités; demandons » sans cesse à Dreu qu’il nous en inspire le mépris (1).

Les princes et les personnes du plus haut rang éprouvèrent aussi le zèle et la charité de ce bon pasteur. La haute opinion de sa sainteté les porta souvent à recourir à ses conseils; et, dans toutes ces occasions, il s’efforça de leur inspirer les vrais sentiments que le christianisme exige des Grands du monde. On voit parmi ses écrits plusieurs lettres adressées à des princesses, où il leur trace les règles de conduite les plus parfaites. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail; mais ce ne sera pas nous éloigner de notre but, que de rappeler quelques traits de sa belle instruction à la princesse de Condé, sa pénitente. Après la mort du prince Henri de Bourbon son mari, arrivée le 26 décembre 1646 +, elle désira que M. Olier lui traçât une règle de conduite, qui lui apprit à sanctifier sa condition par la pratique parfaite des vertus. Il répondit à ses désirs en lui envoyant, sur l’usage de la grandeur, une très-ample instruction, qui est une belle exposition des devoirs des princesses chrétiennes. Pour lui faire connaître l’excellence de cette condition, il lui rappelle qu’en créant l’homme, Dieu avait eu dessein d’exprimer en lui une image de sa grandeur; et qu'après le péché, qui rédui-

+ Ce prince donna, par son testament, 6,000 livres pour le bâtiment de l'église Saint-Sulpice. Archives du royaume, section historique, Xécrologe de Saint-Sulpice. L. 1112, p. 85.

4 L'Esprit dt

M. Olier.

Zèle de M.

Olier pour la

sanctification de la princesse de Condé.

(4) Lettres spi- sa résur riluelles de M.

(2) Lettre aut.

Pièce détachée.

PARTIE IT. LIVRE V. PAROISSE. — 1646, sit les enfants d’Adam à une misère extrème, il avait conservé quelque chose de cette première splendeur dans la personne des Grands : révélant par eux sa puissance aux yeux grossiers et terrestres, aussi bien que par le spectacle de l’univers; qu’enfin Jésus-Canisr venant tont réparer, avait sanctifié ces deux états : celui de la misère, commune à la plupart des hommes, par sa vie pauvre et souffrante; et celui de la grandeur, par sa vie glorieuse, étant, depuis rection, le roi des princes et des rois de la terre (1). Olier, lettre ce, «Je ne suis pas, Madame, lui dit-il, de l'opinion de ceux ‘» qui, mal fondés sur la parole de Notre-Seigneur, pré- » tendent que la condition des Grands est en abomination » devant Du. Il est vrai que l'abus d’un état si auguste et » si saint en lui-même, devient une abomination aux yeux » de Dieu, lorsque des hommes osent bien attirer à eux la » gloire et l'honneur, se faire passer pour les dieux de la » terre; et que, comme d’autres Nabuchodonosor, ils vou- » draient d’un coup de trompette faire fléchir le genou à » toute créature, et être adorés comme des idoles (2). » Dans ce sens, la condition des Grands est une abomina- » tion; et c’est ainsi qu’Esther parlait de sa couronne, » parce qu’elle la partageait avec Assuérus, véritable sup- » pôt du démon, qui se faisait rendre des honneurs divins, » et tenait la place d’une idole dans le temple du monde. » Mais à considérer la grandeur en elle-même, surtout » depuis qu’elle a été réparée en Jésus-CurisT, je ne » trouve rien de plus beau, de plus aimable, ni de plus » saint; car si les chrétiens doivent contempler, dans les » Grands, la grandeur et la royauté de JÉsus-CHnist, et » l'honorer en leurs personnes; les Grands doivent être re- » vêtus de sainteté, de douceur, de bonté, et de toutes les » perfections de Dreu, dont ils expriment la grandeur par » leur état. Souvenez-vous donc, Madame, que vous êtes » sur la terre une participation de la Divinité, qui prend » plaisir d'habiter en vous, non-seulement pour faire pa.

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