‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 49 sur 269 · feu · texte numérisé non relu

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XXVIIL. Persuadé, avec tous les saints personnages des derniers D id M: temps, que les exercices de la retraite étaient un des sanctification moyens les plus efficaces pour établir les âmes dans la Hg nent solide piété (5), M. Olier avait eu dessein, des la premiere mune. proposition qu’on lui fit Je la cure de Saint-Sulpice, d’é- PE tablir une maison où les personnes du sexe pussent mé-

ni diter dans le silence les grandes vérités du salut. « J'ai in-42, Préface, » pensé, dit-il, que par là nous leur fournirions l’occasion » de se désabuser, l’espace de dix jours, de toutes leurs va-

» nités. Leurs plaintes ordinaires sont que les hommes

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ZÈLE D M. OLIRE .POUR 84 PAROISSE. 35 » peuvent faire des retraites dans des maisons religieuses, » et qu’elles ne trouvent point de lieu où elles puissent se » retirer pour cela (1). » Lorsqu'il fut établi dans la pa- (4) Mémoires roisse, il réalisa ce desseiu, d’abord pour les personnes du “+ 4%: Olier commun, et plus tard pour les dames de qualité. Ce fut Marie Rousseau qui commença la première de ces œuvres, et la continua jusqu’à sa mort avec beaucoup de bénédiction. « Cette sainte âme, dit M. Olier, après avoir travaillé eu » Dieu seul par beaucoup de soins et de peines, beaucoup » de veilles et de souffrances, à nous assembler et à nous » faire connaître la volonté de Dieu, va s’appliquer à » l’œuvre où Dieu l’appelle maintenant, qui est de former » des assemblées de filles et de veuves, pour le soulage- (2 Mémoires aut. de M.Olier, » ment des églises et des paroisses, comme faisaient autre-t. wi, p. 17, » fois, dans l’Église de Dru, des veuves nommées dia- eagle » conesses (2). » Elle s’associa en effet plusieurs personnes par Jaillot, 4773, animées ‘n même zèle, qui furent d’abord appelées Filles “ He ni de latr: ‘te Vierge (3), et ensuite plus communément, 8, p. 50 et 51. Sœurs c : a ustruction chrétienne +”.

Pour achever de faire connaître l’esprit que M. Olieravait xxx. su communiquer à ses paroissiens, il est nécessaire de dire M: Olier ex- . hortelesFidèles un mot de leur zèle à assister aux divins Offices. Jamais, à être assidus peut-être, dans aucune église, on ne vit plus d’empresse- pes eme ment à s’y rendre (4). Il est vrai que M. Olier y invitait ; puissamment ses paroissiens, en les assurant qu’ils ne, pouvaient assister avec assiduité au prône de leur parcisse, ” sans y recevoir quelque grâce particulière : Dieu parlant

bien plus efficacement aux âmes par les pasteurs qu’il

(à) Remurques Tr tou,

+ On peut conclure de là que l’œuvre de l’Instruction établie au Puy, quelques années après, par les prêtres de Saint-Sulpice, fut une imitation de la communauté de Marie Rousseau, dont mademoiselle Martel fit revivre, dans le Velay, lesprit et la grâce ; car des demoiselles de l’Instruction du Puy avaient pareillement pour fin « le sou- » lagement des églises et des paroisses, comme les anciennes diacones- » ses, » Vie de M, de Lantages, in-8e , liv. vi, n° 8, pag. 281 et suiv.

leur a donnés, que par les autres qu’il n’a pas choisis spécialement pour leur sanctification. Plusieurs étaient, en effet, étonnés des fruits qu’ils retiraient de l’assistance aux Offices ; et ces fruits ont été même si remarquables, que, en plusieurs circonstances, on les a tenus pour miraculeux. Il les exhortait encore à assister aux processions et aux cérémonies extraordinaires de l’année, comme sont celles qui précèdent les fêtes de Pâques et de la Pentecôte, et à en pénétrer les mystères cachés. «Le Saint-Esprit, disait-il, ayant inspiré l’établissement » de ces cérémonies pour l'édification des chrétiens, et » ayant ordonné qu’on les célébrât dans chaque paroisse, » nous ne devons pas négliger de nous y rendre présents » dans la nôtre, puisque c’est pour nous qu’on les y » fait. La négligence, en ce point, est une espèce d’inf- » délité et de mépris. Dans nos dévotions particulières, » nous faisons presque toujours notre volonté, au lieu » qu’en suivant l'esprit et la dévotion de l’Église, nous » sommes assurés de faire toujours la très-sainte volonté » de Div; et si, comme le Saint-Esprit nous en assure » par son prophète, Dev n’a point nos jeünes pour agréa- » bles, lorsque nous y recherchons notre propre volonté, » quoique le jeûne soit une des pratiques de pénitence » qu'il a inspirées aux hommes pour le fléchir, devons- » nous attendre grand fruit de ces dévotions particulières, (1) L'Esprit de » qui viennent moins de lui que de notre caprice et de notre

SU "» » fantaisie (1)? »

XXX. Ces avis et beaucoup d’autres semblables, que M. Olier Occupations

rare donnait à ses paroissiens, leur inspirèrent une grande M. Olier durant estime pour toutes les cérémonies de l’Église : jusque là Rupee que, dans les processions, et même dans les pèlerinages ges de sa pa- Qu'il leur faisait faire en commun, on voyait un nombre cg très-considérable de personnes de toute condition se mettre

dans les rangs, et contribuer à l'édification publique, par le

maintien le plus religieux. Le plus célèbre de ces pèleri-

nages était qui à ainsi 1646, assists » met D allid » pas, » tière » à S0 » cess » dès » pou » fàct » Not » me » sia » vais » cett » fan En diver fièrer elle chrét » qui » la » vai » alo » les » Se] » dé » pr » ni

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LÈLE DE M. OLIER POUR SA PAROISSE, 47 nages que la paroisse de Saint-Sulpice faisait chaque année, était celui de Notre-Dame-des-Vertus, près Saint-Denis,” *xorTe9, p. qui avait lieu le mardi de la Pentecôte. M. Olier rend de ainsi compte des sentiments qu’il éprouva cette année 1646, en commençant ce pèlerinage, auquel le séminaire assistait toujours. « Etant sur le point de partir, et me » mettant à genoux pour offrir à Dieu le voyage que nous » allions faire, je me sentis porté à lui offrir aussi tous les » pas, toutes les paroles et les desseins de la paroisse en- » tière, et à condamner tout ce qui pourrait être contraire » à son adorable volonté. Ensuite, marchant avec la pro- » cession, et ayant devant moi ces jeunes Messieurs, qui, » dès les deux heures et demie du matin, étaient debout » pour faire, à l'honneur de Dieu, ce pèlerinage long et » fâcheux à la chair, je sentais intérieurement l’esprit de » Notre-Seigneur qui me faisait offrirtoutce beau clergé, en » me mettant à la bouche ces paroles : Ut exhiberet eccle- » siam gloriosam et sine ruga. J’entendais par là que j’a- » vais l’obligation d'offrir au Père éternel son Eglise, dans » cette pureté divine à laquelle il appelait ces saints en- oies : » fants (1). » p. 254.

Enfin les travaux de M. Olier, pour la sanctification des XXXI. diverses classes dont se composait sa paroisse, fructi- es on Hu fièrent d’une manière si étonnante, qu’en peu d’années M. Olier opère

. A Sie . dans la paroisse elle offrit comme une image de la société des premiers je s..sulpice. chrétiens. « Je voudrais qu’il me fût permis, dit un auteur » qui écrivait un peu après cette époque, de représenter » la paroisse de Saint-Sulpice dans l’état où elle se trou-

» vait au moment de l'établissement du séminaire. C’était » alors comme le cloaque de tous les désordres et de toutes » les abominations qu’on peut imaginer. Ce faubourg res- » semblait à cette fameuse ville, que le prophète Isaïe » dépeint sous le nom d’une adultère ou d’une femme » prostituée : tant les crimes les plus abominables s’y com- » mettaient en grand nombre. Cette nouvelle Sodome était

36 PARTIE IT. LIVRE V. PAROISSE. — 1686, » le refuge de tous les libertins, des athées et des héré- » tiques qui y vivaient impunément au gré de toutes leurs » passions. Ce ne fut pas sans une providence particulière » sur ce faubourg, que Drev suscita M. Olier et ses zélés » coopérateurs, qui, brûlant du désir de procurer sa gloire, » défrichèrent cette terre ingrate, remplie comme celle de » Chanaan, avant l’entrée des Israélites, de toutes sortes » d’abominations. Par les travaux infatigables de ces ou- » vriers évangéliques, elle devint une terre de promis- » sion, où chacun apprit à son voisin à connaître et à glo- se » rifier Dreu. Il fut aisé de remarquer ce changement par » les confessions fréquentes, les restitutions nombreuses, » la soumission aux lois de l’Fglise, l’empressement À » assister aux Offices divins, la faim insatiahle d'entendre W » la parole de Drev, la douleur et le repentir d’une multi- 11 » tude d'enfants prodigues, qui venaient, dans l’amertume 4 » de leurs consciences, détester les déréglements de leur » vie passée ; et, pour tout dire en un mot, dans cette pa- F3 » roisse où la sainte Table était autrefois déserte, l'ardeur M » de se nourrir de la divine Eucharistie devint si uni- : » verselle, que chaque année on comptait jusqu’à deux 4 » cent mille communions faites dans la seule église pa- » roissiale, quoiqu'il y eût sur la paroisse environ trente | (4) Remarques : ‘4 historiques, lu, » églises de communautés ouvertes au public ({).» Un trait À évèque

pe 6, 879,880 } jen honorable pour les Fidèles de Saint-Sulpice, est la ale le rencontre que fit M. de Flamenville d’une pauvre jardi- Re ” nière de cette paroisse, qui exprimait à Drev les affections + : : # de son cœur par la belle et touchante paraphrase du D Pater, connue depuis sous le nom de Pater de la jardi- 1 + Ce nière, et que cet ecclésiastique s’empressa de mettre par chaque écrit +, que l’a ‘ à parmi + L'auteur de la dernière Vie du V. Grignon de Montfort semblerait 1 Er

(2) Liv. 1, ch, SUPPOSer que M. de Flamenville rencontra cette jardinière dans le v, p. 76. diocèse de Perpignan (2). 11 est vrai que M. de Flamenville devint 4

les hérétes leurs iculière ses zélés sa gloire, celle de es sortes b ces oupromiset à gloent par breuses, ement À entendre e multiertume de leur ette pa- ’ardeur si unil’à deux lise pan trente Un trait , est la e jardifections ase du jarditre par

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RESPKCT POUR LE CLERGÉ DE S.-SULPICE. 39 Le renouvellement de la piété, dans cette paroisse, devait

Respect uni-

naturellement inspirer à tous les Fidèles un respect DrO- versel pour le clergé de Saint-

fond pour les ecclésiastiques. On a vu la vénération sin- on.

gulière qu’on portait à M. Olier, et il est aisé de conjec-

turer quel respect on avait aussi pour les coopérateurs

de son zèle. M. du Ferrier en rapparte deux exemples assez remarquables. « Dans cette parvisse, dit-il, l’on avait une » telle vénération pour les prêtres , que tout ce qu's di- » saient s'exécutait soit “av rle mal, soit pour faire » lehien. Jamais aucua .elést ‘que de Saint-Sulpice: 1:

» reçut du déplaisir des voleurs la nuit; et, me trouvant » une fois environné d'une bande de ces malheureux, qui » me tâtèrent pour savoir comment j'étais vêtu, je me mis » à les reprendre de leur mauvaise vie, et les exhortai à » la quitter. Ils eurent là patience de m’écouter; et, après » s'être offerts de m’accompagner pour éviter quelque mau- » vaise rencontre, ils me promirent de se donner à Dieu. » Je fus aussi heureux en une sédition qui se forma dans » cette paroisse, à cause d’un nouvel impôt +, Les mé- » contents, soulevés et en armes, vinrent pour faire sonner » le tocsin à l'église. Ceux qui les virent venir, en fer- » mèrent les portes par dedans, et aussitôt les autres com-

évèque de cette église après qu'il eut déployé à Saint-Sulpice le zèle le plus efficace‘ pour la sanctification des âmes, surtout pour l’in-

struction des pauvres et des ignorants. Mais le fait de la jardinière P

(1) Prières «

usage de la pa-

eut lieu à Paris, et sur la paroisse de Saint-Sulpice, lorsque cet ecclé- roisse Saint-Sul

siastique demeurait à la communauté des prêtres de ce nom (1).

+ Cet impôt fut appelé le Toisé, parce qu’il devait être levé eur chaque maison qui paierait une certaine taxe par toise. Au moment que l’on voulut commencer à toiser les maisons, il y eut une rumeur parmi le peuple : quelques mutins battirent le tambour, arborèrent un mouchoir au bout d’un bâton pour servir de drapeau, et marchèrent en cet état dans les rues pour exciter la sédition (2).

pice, 2 part. in 82, 1774, p. 946.

(2) Mémoires

de Mie de Montpensier, an 16 41

» mencèrent à faire leurs efforts pour les enfoncer. Dieu » voulut que je me trouvasse là, et me donna la pensée » d’accourir au milieu de ce peuple ému. Je me plaçai » sur la porte qu’ils voulaient forcer; et, faisant semblant » de croire qu’ils étaient huguenots, je me mis à crier de » toute ma force : Au secours, catholiques, au secours : » souffrirez-vous que les hérétiques viennent piller votre » église ; venez, accourez, afin d'empêcher qu’on ne la pro- » fane, et le très-saint Sacrement qui y est renfermé. Ceux » qui enfonçaient la porte s’arrêtèrent, m’entendant crier » de cette sorte, et me dirent : Monsieur, nous ne sommes » pas huguenots; ne vous effrayez point : nous n’avons pas » intention de piller l’église. — Vous voulez me persuader, » leur dis-je, afin que je ne crie plus ; ne vois-je pas bien que » vous n'êtes pas catholiques ? Serait-il possible que les catholi- » ques, ajoutai-je, continuant mes cris, abandonnassent l’é- » glise et le saint-Sacrement ? Tous se mirent à me protester » qu'ils étaient catholiques.— Croyez-vous bien, répliquai- » je, que Notre-Seigneur Jésus-Christ repose au tabernacle » dans le saint ciboire ? — Oui, dirent-ils. — Æ£t comment, » mes chers amis, leur dis-je, avez-vous osé songer à forcer » ses portes, puisque nous n’oserions entreprendre d’enfoncer » celles de la chambre du Roi, si nous savions qu'il y est » couché ? Ces bonnes gens calmés me firent des excuses, (1 Mémoires» et se retirèrent paisiblement, nous donnant sujet de

de M.du Ferrier, / x p. 978, 279, 280. » remercier Notre-Seigneur (1).

M. Olier et ses ecclésiastiques eurent cependant à défendre leur troupeau contre des ennemis plus redoutables, les faux prophètes qui parurent alors. On eût dit que le prince des ténèbres, pour réparer les pertes qu’il faisait chaque jour, voulût opposer au zèle des ministres du salut les séducteurs les plus dangereux et les fanatiques les plus extraordinaires. On vit, dans ces commencements, une secte d’illuminés, qui, sous des extravagances grossières,

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RESPECT POUR LE CLERGÉ DE 8.-SULPICE. ki

propres à en imposer aux simples, cachaient un infernal | ls

complot, le renversement de l'autel et du trône. Is firent de 160,5 au

| ontrances du moires de tittétant de progrès dans Paris, que, sur les remon AR

Nonce et de l’Archevèque de Rheims, l’assemblée du ne - Mori 7 = Jour

crut devoir délibérer sur les moyens d’y opposer un promp tr p. #7 « remède (1). On prit en effet des mesures pour les à ra EL A me et, Les principaux périrent par la main du bourreau, à excep- : 9 Minoire tion d’une femme, dont Marie Rousseau découvrit les im- ».954, 935.

postures, et qui, ayant été fustigée, ne reparut plus (2)." NOTE 10,P

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