‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 48 sur 269 · M, OLIER RECOMMANDE LE CÉLIBAT · texte numérisé non relu

M, OLIER RECOMMANDE LE CÉLIBAT

» tre que c'est une dévotion solide de suivre toujours, tant » qu'on peut, l’ordre ordinaire de Dieu, et de préférer les » pasteurs aux autres : celui-ci est ua très-grand serviteur » de Dieu, et des plus zélés disciples de notre très-bon » Père; je ne doute point qu’il re vous rende les charités » quisonten son pouvoir, avec un soin très-particulier,

» dès qu’il vous connaîtra(1). » La confiance d’un juge si (4) Lettre aut. éclairé fut pleinement justifiée par l'événement, M. Olier %% Père drsæint. ayant reconnu dans madame Tronson une âme heureuse- + os aut. p.249, ment prévenue de la grâce, et douée des plus rares dispositions pour la vertu, prit un soin particulier de sa perfec-

F | à (2) Lettres aut.

tion; et les lettres manuscrites (2), que l’on conserve encore 4, w, Otier, pag. de lui, sont un témoignage aussi honorable à son zèle, #69 Juarà p. qu’à la vertu de sa pénitente.

Ce zélé pasteur était fort opposé à la maxime, siuniver- xxv. sellement autorisée dans le monde, que la perfection n’est Le ut que pour les ecclésiastiques, ou pour les personnes consa- Le ns de crées à Dieu par les vœux de la religion; et, pensant qu'une dualité à vivre erreur si pernicieuse ne pouvait avoir que l’esprit de ténè- Mic Leschasbres pour auteur, il ne cessa, pendant tout son ministère, “er: ou plutôt jusqu’à son dernier soupir, de la combattre et de la détruire (3). Ilengageait les personnes qui n’éprouvaient ,® L'apritde pas d’attrait particulier pour le mariage, ou pour la vie. 652, de communauté, à pratiquer néanmoins la vie parfaite au milieu du monde. Ce fut le conseil qu’il donna, en 1646, à mademoiselle Leschassier, recherchée en mariage par plusieurs riches pañtis. Il prévit dès-lors les grands fruits que cette vierge prudente ferait dans le monde (4), et l’événe- (4) Petitrecueil ment montra, avec la dernière évidence, que cette décision ps end ave était venue d’en haut(5). « La défiance de ses propres co A AL » lumières, dit M. Leschassier, frère de celle dont nous or ae » parlons, était en effet récompensée en lui par une dis- p. 35 et suiv. » crétion et une prudence toutes célestes. De trois person-

» nes qui avaient toutes un grand désir de servir Notre-

» Seigneur et de se retirer du monde, il conseilla à l’une

» d'entrer en religion, à l’autre de se marier, et à la troi-

hyper. 0? sième de vivre dans le célibat sans sortir du monde. La

M. Olier, pur M. » suite a fait voir que chacune ayant suivi son conseil, ea Pe» avait embrassé sa véritable vocation (1). »

XXVI. M. Olier décida, entr’autres, une vocation de cette derne nière espèce, qui fit beaucoup de bruit dans tout le royaude Portes. M. me. Le marquis de Portes, oncle maternel du duc de Montnor morency, décapité sous Louis XIIL, avait laissé en mourant

une fille unique, héritière de son nom et de ses biens,

Marie Félice de Budos, qui, dès l’âge de dix ans, s’était

(2) Pie de Mw consacrée à DIEU par le vœu de chasteté perpétuelle (2). oran Sa mère, mariée en secondes noces au duc de Saint-Simon, pren du, Crut, lorsqu'elle eut connaissance de ce vœu, que sa fille ren 9, %, voulait entrer en religion; mais sachant bientôt qu’elle était résolue à vivre dans le célibat au milieu du monde, ()Lettres aut. elle en fut piquée au vif (3). En femme qui veut absolu- Soi FOUR ment faire réussir les projets de son ambition, elle traita ce vœu de puérilité ; et, sous prétexte de calmer la con-

science de sa fille, alors âgée seulemont de seize ans, elle

réunit un certain nombre de docteurs en théologie, qui

usèrent de toutes les subtilités de l'Ecole, pour persuader

à la jeune personne qu’elle n’avait pas su ce qu’elle pro-

mettait, et que, par conséquent, ce vœu était nul. Mais

comme mademoiselle de Portes n’avait pas moins de jus-

tesse que de solidité d’esprit, la conférence ne produisit

pas sur elle l’effet qu’on avait cru pouvoir s’en promettre.

Dans son dépit, la duchesse de Saint-Simon tint alors sa

fille comme renfermée chez elle, espérant de la réduire

par ce moyen. Cet événement eut un grand éclat. La du-

chesse de Montmorency, retirée au monastère de la Visita-

tion, à Moulins, se croyant obligée comme cousine et mar-

raine de la jeune marquise de Portes, de la fortifier contre

À Fe de Ms cette injuste persécution, s’adressa à M. Olier, et le pria de ‘a duchesse de l’encourager à persévérer dans son généreux dessein et de

Montmorency, ,, : à A l t.n,p. 91,92 l'assister de ses lumières (4). 1] parvint, en effet, malgré la

CON vigilance par lett dans tot tenir. S gieux ({ une sec selle de moyen gardaie nul selo le second » selle; » triomp » COMMé » veler & » sans » les tird cet avis, Lorsque exposé le et de co se mettal voix : Mc défaut d' ma vie. ( docteurs qu'il n’y Simon e plus voi

+ L’aut pose qu'or il fallait d lettres de partie de

à troile. La mseil,

e der- 0oyau- Mont- Jurant biens, s'était Ile (2).

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Ors sa duire a duisitamarontre ria de et de gré la

CONSEILS DE M. OLIER A LA MARQUISE DE PORTES, 44 vigilance de la duchesse de Saint-Simon, à communiquer, par lettres, avec mademoiselle de Portes, et Jui marqua dans toutes les occasions difficiles la route qu’elle devait tenir. Sa mère, qui désirait lui faire embrasser l’état religieux (1), revint sur la validité du vœu, et voulut réunir

(0) Lettresuut.

de M, Olir, p.

une seconde commission de docteurs + : ce que mademoi- 554,

selle de Portes craignait beaucoup. Pour lui fournir un moyen de répondre à la difficulté de ces casuistes, qui regardaient comme nul le renouvellement d’un vœu déjà nul selon eux dans son origine, M. Olier lui écrivit avant le second interrogatoire : « Soyez dans la paix, mademoi- » selle; le Fils de Dreu, votre fidèle et véritable docteur, » triomphera des seconds docteurs, s'ils se présentent, » comme il a fait des premiers (2). Vous pouvez renou- » veler encore une fois votre vœu de virginité perpétuelle, » sans dépendance et sans rapport au premier, afin de » les tirer de tout doute (3). » Elle suivit ponctuellement cet avis, et de la manière du monde la plus heureuse, Lorsque les docteurs furent réunis, à peine leur eut-on exposé le sujet de la difficulté, c’est-à-dire, le défaut d’âge et de connaissance dans la jeune personne, que celle-ci, se mettant à genoux au milieu de l’assemblée, dit à haute voix : Mon Dieu, si le vœu que j'ai fait ne m'engage point par défaut d'âge, je le fais de nouveau aujourd’hui pour toute ma vie. Cette action mit fin à la conférence; et tous les docteurs, remplis d’admiration , se retirèrent, déclarant qu'il n’y avait plus lieu à délibérer. La duchesse de Saint- Simon en conçut une si grande peine, qu’elle ne voulut plus voir sa fille dès ce moment.

+ L'auteur de la Vie de madame de Montmorency, t.u,p, 90, suppose qu’on soumit la validité de ce vœu à deux docteurs de Sorbonne ; il fallait dire, à deux commissions de docteurs. On voit même, par les lettres de M. Olier, p.464, que M. Péveret, docteur de Navarre, faisait partie de la première commission,

IL, ÿ

(2) Lettres autographes de M.

Olier,y 41,

(3) Ibid, pag’

3h PARTIE II. LIVRE V. PAROISSE, — 1046.

XXVIL. Cependant, sur la demande de madame de Montmo- M. Olier con- rency, elle la laissa partir pour le monastère de la Visiseille à la mar- . ‘ quise de Portes tation de Moulins (1), peut-être dans l'espérance qu’elle y LE Se embrasserait l’état religieux, et lui laisserait ainsi la {) Pie de disposition de sa fortune. « L'esprit du monde, sans y reed a » penser, écrivait M. Olier à mademoiselle de Portes, vous g2" P+ 9, 9, » a fait faire la volonté de Dizu, qui se sert de tout pour » accomplir ses desseins sur les âmes.....Priez-le qu’il » vous purifie par cette voie, et vous rende digne d’être @) Lettres ut, ” immolée en sacrifice pour son amour (2), » Toutefois ne de: Olier, P. voyant point dans mademoiselle de Portes les marques ordinaires de vocation à la vie religieuse, et considérant d’ailleurs que Dieu lui avait inspiré, dès l’enfance, un grand zèle pour le soulagement des pauvres, et pour le salut des Huguenots, M. Olier décida qu’elle devait suivre son 13) Did, pag. attrait, et demeurer dans le monde (3). Elle s’appliqua, en 465 et suiv. effet, à rétablir le règne de Dieu dans ses terres des Cévennes, toutos remplies d’hérétiques ; et le plus bel éloge qu’on puisse faire de sa charité, c’est de dire qu’elle lui a mérité les invectives des religionnaires. M. Olier, en ayant écrit quelques traits aux directeurs du séminaire de Saint-Sulpic, leur disait : « Vous pourriez, sous nom emprunté, * noTe 6, P. ? VOUS servir de cet exemple d’une fille, pour encourager 47. » et enflammer nos enfants. klle n\a écrit une lettre de (4) Ibid. pag.

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