Vie Ms
de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. i,p. 183.
M. Olier fait une retraite sous la direction du Père de Condren.
Mais, pour ne pas anticiper sur l’ordre des évènements, nous parlerons ici de la retraite que fit M. Olier sous la conduite du Père de Condren, afin de se disposer prochainement à reprendre ses missions d’Auvergne, retraite qui fut pour lui une source des plus abondantes bénédictions. Dès son retour à Paris, il n’avait cessé de soupirer vers ces missions, mais surtout depuis qu’il croyait s’être rendu tout— à-fait indigne de remplir désormais ce ministère, à cause d’une prétendue faute que la délicatesse de sa conscience lui reprochait vivement. C’était de ne s’être pas joint à des prêtres de saint Vincent de Paul, qui, en 1635, allèrent prêcher dans les Cévennes(l), probablement au diocèse de Mende (2). Après l’avoir laissé longtemps gémir, Dieu eut enfin pitié de son serviteur, et daigna faire briller pour lui un rayon d’espérance. « Comme » dans mes obscurités et mes sécheresses, dit-il. » j’avais recours à la visite des Saints que je croyais » éclairés de Dieu, l’une des personnes que je visitai » me dit : Hâte\—vous de partir, Dieu veut que vous » le servie \ en ces paj-s. Alors elle me raconta » qu’elle avait vu ce divin Maître épanchant une » multitude de grâces sur un grand nombre de » peuples , et m’assura que cette vue lui témoi- » gnait que Notre-Seigneur voulait se servir de moi » pour faire miséricorde à ces pauvres âmes délais- » sées. Ces paroles s’imprimèrent fort avant dans » mon cœur, et je me sentis beaucoup fortifié pour » entreprendre ce voyage , comme aussi par les » grâces que je reçus dans ma retraite. C’était le » commencement et comme la prédiction de tout » ce qui m’est arrrivé depuis (3). »
Il fit cette retraite dans une maison de campagne aux environs de Paris, au mois de mars ou d’avril 1636, et y reçut des faveurs intérieures qu’il n’avait point encore éprouvées , surtout les impressions vives et puissantes de diverses maximes qui, comme un aiguillon toujours pressant, l’excitèrent, le con-