‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 107 sur 249 · RETRAITE SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

RETRAITE SPIRITUELLE

traignirent en quelque sorte, tout le reste de sa vie, à marcher sans relâche dans la voie de la plus éminente perfection. « Mon second directeur , dit-il, » commençant à m’abandonner davantage à l’Esprit » de Dieu que le premier, me laissa faire ma re- » traite tout seul, sans m’indiquer des sujets pour » les quatre oraisons d’une heure chacune que je » faisais par jour, et ne me donna qu’une seule vi— » site, à cause que sa charge ne lui permettait pas » de venir souvent à la campagne. Or, je commençai » à éprouver manifestement la conduite de ce divin » Esprit et le grand soin qu’il a eu de moi par la » suite. Je me souviens que j’appris alors, pour la » première fois et à mon grand étonnement, que » Jésus-Christ est réellement présent aux âmes. Je fus » bien aise, voyant mon directeur dans la visite » qu’il me fit, d’être éclairci et instruit de cette vé— » rité. Cela est vrai, me clit-il ; Notre-Seigneur est » présent réellement aux âmes : Christian habitare » perfidem in cordibusvestris. Perfidem , c’est-à-dire, » la foi est le principe de sa demeure, et son divin » Esprit le forme avec ses vertus, donec formetur » Christus in vobis. Après quoi il me dit : Puisque » cela est ainsi, il faudra dorénavant que vous unis- » siez toutes vos œuvres au Fils de Dieu, en l’une » de ces trois manières: ou par sentiment, ou par » disposition, ou seulement par la foi. Si vous avez » le sentiment de Jésus-Christ présent, unissez- » vous à lui par sentiment. Si vous n’avez aucun » sentiment, unissez-vous par disposition, c’est-à- » dire, tâchez d’avoir en vous les mêmes pensées et » les dispositions qu’il avait en faisant les mêmes » œuvres ; et, quand vous ne saurez point ses dis- » positions, ou que vous ne pourrez les former en » votre âme, unissez-vous par la foi seulement, » c’est-à-dire, joignez par esprit vos œuvres àcelles » du Fils de Dieu, que vous offrirez ainsi avec les » vôtres (1). »

( I ) Mémoires aut. deM. Olier, !.. 1, p. 102, 103, 104,103.

Le Père de Condren donne à M. Olier la prière O Jesu.

(1) Mém. aut.

de M. Olier, 1. 1,

•NOTE 18, p,

(2) Copie des Mémoires de M.

Olier, t. m, p.

Cette instruction, dont M. Olier retira les plus grands avantages pour lui-même, fut la maxime fondamentale de perfection qu’il s’efforça d’inspirer dans la suite au séminaire de Saint-Sulpice ; et, pour en faciliter la pratique, il laissa à cette communauté une formule de prière que l’on y récite encore matin et soir, à peu près la même qu’il avait reçue, pour son propre usage, de la bouche du Père de Condren. Elle était conçue en ces termes (1) : Vene\, Seigneur Jésus, et vive\ en votre serviteur dans la plénitude de votre force, dans la perfection de vos voies, dans la sainteté de votre Esprit, et domine { sur toute puissance ennemie dans la vertu de votre Esprit , à la gloire de votre Père*. « Cette prière, dit M. » Olier, contient toutes les demandes que l’on peut > faire à Notre -Seigneur pour la perfection de » l’âme. D’aborcl, nous lui demandons de vivre en » nous, non-seulement selon sa puissance ordinaire, » comme il fait dans le commun des chrétiens, mais » dans la plénitude de sa force, par la destruction » entière du vieil homme en nous, et l’établisse- » ment de son empire dans nos cœurs, prêchant et » soutenant ses vérités avec force. On lui demande » encore que ce soit dans la perfection de ses voies, » c’est-à-dire, qu’il nous anime des sentiments les » plus parfaits de son amour, et nous remplisse des » dispositions les plus pures de son Esprit, comme » sont celles de victime à la gloire de Dieu. C’est là » le chef-d’œuvre et la perfection de la religion, et » ce fut la profession que fit Notre-Seigneur à son » entrée dans le monde, au rapport de Saint Paul. » On ajoute : Vivez en nous dans la sainteté de votre » Esprit ; ce qui signifie que le Saint-Esprit nous » sépare de toute créature, et nous applique à Dieu » seul; et c’est proprement la signification du mot » de sainteté. Enfin, on lui demande qu’il vive en » nous, qu’il y règne et y domine, par la vertu dé » son Esprit, sur toutes les puissances adverses, » comme la chair, le monde et le malin (2),» M. Olier

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