‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 109 sur 249 · PRÉDICTION FAITE A SAINT VINCENT PAR LE PERE DE BÉRULLE, SON DIRECTEUR · texte numérisé non relu

PRÉDICTION FAITE A SAINT VINCENT PAR LE PERE DE BÉRULLE, SON DIRECTEUR

NOTE 4. p. 138. — Le Père de Bérulle, dit-on, prédit que saint Vincent de Paul établirait un jour une congrégation de saints prêtres. Aux témoignages d'AbelIy et à celui de Collet déjà cités, nous pouvons joindre l’autorité du Père de la Tour, Supérieur général de l’Oratoire. Dans sa lettre

NOTES DU LIVRE QUATRIÈME

à Clément XI, pour solliciter la canonisation de saint Vincent de Paul, il parle ainsi de cette espèce de prophétie: Berullius, velut futurorum, Deo sic douante, prœscius, instituendæ postmodum sacrce Congregationis Missionum auctorem ac fundatorem prœsalutavit Vincentium(l).

M. Descoureaux, prêtre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, dans la Vie de M. Bourdoise , in-4°, donnée au public, rapporte qu'en 1611, saint Vincent de Paul et M. Bourdoise, ayant pris M. de Bérulle pour guide, afin de connaître chacun le genre de vie auquel Dieu les appelait, ils firent une retraite sous sa direction; que saint Vincent reconnut qu’il faudrait établir une société d’hommes apostoliques pour les missions des campagnes, et M. Bourdoise, qu’il serait utile de faire vivre les prêtres des paroisses en communauté (2b

On ne doit pas néanmoins conclure de là que saint Vincent connût déjà qu’un jour il donnerait naissance à la Congrégation de la Mission. Le récit de M. Descoureaux est tiré de la Vie manuscrite de M. Bourdoise, dont l’auteur anonyme l’a rapporté sur le témoignage de M. Barat, ancien préfet de la communauté de Saint-Nicolas, et qui l’avait appris confidemment de M. Bourdoise lui-même (3). Mais, d'après cet auteur, la pensée qui frappa le plus saint Vincent de Paul pendant sa retraite, ce fut l’état d’abandon où vivent les peuples de la campagne, et combien il était nécessaire de les secourir; et, de son côté, M. Bourdoise comprit que, pour retrancher une multitude cl’abus, il faudrait faire vivre en communauté les prêtres des paroisses (4).

En effet, si saint Vincent de Paul eût connu, dès l’année 1611, qu’il dût établir la Mission, on ne voit pas comment tous ses historiens auraient omis une circonstance de sa vie si remarquable. D’ailleurs, quoique, d’après le bruit commun, au rapport d’Abelly (5) et des autres, saint Vincent eût appris du Père de Bérulle que Dieu le destinait à établir une société de prêtres, il est certain qu’il n'eut point alors connaissance que ce dût être une compagnie d’ouvriers apostoliques, voués aux missions des campagnes (6). Saint Vincent de Paul parlant sur ce sujet, environ 47 ans après, s’en exprimait de la sorte : « Je puis vous assurer, Messieurs et » mes frères, que je n’avais jamais pensé ni à ces règles, ni » à la compagnie, ni même au mot de mission. C’est Dieu 3> qui a fait tout cela... Appellerez-vous humain ce que l ent> tendement de l’homme n’a point prévu ? Nos premiers » missionnaires n’y avaient pas pensé, non plus que moi : » de sorte que cela s’est fait contre toutes nos prévoyances t> et espérances. Voilà M. Portail, qui a vu aussi bien que » moi l’origine de la petite compagnie, qui vous peut dire » que nous ne pensions à rien moins qu à tout celaC). »

(1) Epistola ad < 'liment. XI. Romœ, 1709, p. GG.

— Collet, t. î, p.

27 1 eê 36.

(2) Vie imprimée de M. Bourdoise, liv. i, p.

Bourdoise , Ms.

in-4°, p. 69.

(4) Vie du P. de Bérulle, par Tabaraud, t.i,liv. î, chap. ni.

(5) Abelly, liv.

i, cliap. vi, p. 24.

(6) Abelly, liv.

i, ch. vin, p. 34.

(7) Abelly, liv.

i, chap. lxyii, p.

Enfin ce ne fut que pour céder aux instances de M. Bourdoise, que saint Vincent permit de commencer les exercices

(1) Yie (]e des Ordinands, dans le collège des Bons-Enfants à Paris. Il Bourdoise ■ Ms. protestait toujours qu'il n’en ferait rien, disant que les in-8", p. 403. exercices n’étaient point de l’institut des Missionnaires (1).

M. Bourdoise ne connut pas non plus à quels emplois la Providence le réservait, puisque, l’année qui suivit cette

(2) vie de M. retraite, il fit tous ses efforts pour entrer dans l’Ordre des Buurdoise, in-4°, Feuillants, qui promirent d’abord de le recevoir, et qui, à liv. i, p. 60. son grand déplaisir, le refusèrent ensuite (2).

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