MISSION DU REFUGE A PARIS
NOTE 16, p. 161. — M. Olier, de retour à Paris, après la retraite qu’il fit sous le Père de Condren, et avant son départ pour l’Auvergne, ne voulut pas laisser échapper une occasion qui se présenta d’exercer son zèle en attendant. Ce fut de travailler à une mission que les ecclésiastiques de la Conférence de Saint-Lazare prêchèrent pendant le Carême de cette année 1636, au Refuge de l’hôpital de la Pitié, dans le faubourg Saint-Victor. Le Refuge était un lieu de retraite forcée, pour les femmes et les filles livrées au désordre; saint Vincent de Paul, sachant le besoin extrême qu’elles avaient de secours spirituels, engageait, de temps en temps, les membres de cette conférence à leur donner des missions, et même à les visiter les dimanches et les fêtes, pour leur annoncer la parole de Dieu, et leur administrer les sacrements (7).
SAINT VINCENT DE PAUL ET LE PERE DE CONDREN ENVOIENT M. OLIER EN AUVERGNE POUR Y REPREN¬ DRE SES MISSIONS
M. Olier chercha, parmi les membres de la Conférence de Saint-Lazare , des coopérateurs pour le seconder dans ses nouvelles missions , et parvint , non sans difficulté, à composer sa petite troupe. Saint Vincent de Paul lui donna encore , pour l’aider, plusieurs de ses ecclésiastiques (1), dont l’un probablement M. Portail (2), le plus ancien (3) et le plus considérable de tous, après le saint fondateur, devait être regardé comme le supérieur de ces missions, à cause de son âge et de sa longue expérience (4). Les parents de M. Olier étaient occupés alors du mariage de son frère aîné avec Marie Roger, fille de Nicolas Roger , chambellan de la reine Marie de Médicis (5). Us avaient négocié longtemps cette affaire, à la conclusion de laquelle ils mettaient tous une grande importance ; et c’était a M. Olier qu’ils en devaient l’heureuse issue, malgré leurs procédés à son égard*. Quand il eut pris toutes ses mesures pour son voyage , rien ne put l’arrêter à Paris : on le pressa en vain de retarder un peu son départ , pour assister à la célébration du mariage , qui devait se faire au premier jour (6). « Je me contentai d’assister aux articles » du contrat , dit-il , et je partis la veille même des » noces (7). » Ses parents et surtout sa mère, déjà si hautement prononcés contre cette vie pauvre et apostolique, lui firent essuyer, dans cette rencontre, tout le ressentiment de leur orgueil humilié ; car ils ne pouvaient souffrir qu’il allât prêcher les pauvres de la campagne , ministère qui leur paraissait beaucoup au-dessous de la condition d’un
M. Olier part pour l’Auvergne , malgré les murmures de sa famille.
(1) Abelly, 1.
il, ch. i. — Attestations aut.
p. 218. — Collet, t. i, p, 204.
(2) Recueil des Lettres de saint Vincent, t. i, p.
(3) Archives du royaume, section histor. Ms.