‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 115 sur 249 · COMPAGNIE' DU TRES-SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

COMPAGNIE' DU TRES-SAINT-SACREMENT

NOTE 14, p. 153. — Le Père de Condren pour ranimer à Paris la dévotion envers Jésus-Christ résidant sur nos autels, y avait établi, de concert avec le P. Suffren et autres, (5), l’assemblée connue sous le nom de Compagnie du Saint Sacrement. «.Elle était composée, dit M. du Ferrier, » d’ecclésiastiques et de laïques de toute sorte de condi- » tions : prélats, abbés, prêtres, princes, conseillers d’Etat, » présidents, marchands, bourgeois, qui se réunissaient » chaque jeudi l’après-dinée. Il y avait tant d’humilité et de » charité parmi eux, que c’était une image du premier » esprit du christianisme; tellement que j’ai vu dans une » séance, les libéralités des particuliers de l’assemblée, » aller jusqu’à cinquante mille écus. Quoiqu’elle ne fût coin-

» posée que d’environ cent personnes, tous les affligés y » trouvaient du secours, les faibles une protection assurée ; » et la grande douceur qui y régnait, montrait évidemment » que le Saint-Esprit remplissait le cœur des petits et des » grands. Il est certain qu’on lui doit attribuer la soumis- » sion de la ville de Paris dans les troubles arrivés sous la » minorité de Louis XIV ; et il suffit de dire qu’elle donna » cent vingt mille écus pour fonder les trois évêchés de Bé- » rithe, d’Héliopolis et de Metellopolis, et pour équiper les » trois illustres prélats qui allèrent annoncer la foi aux » Indes orientales. » A peine le Père de Condren eut-il M. Olier sous sa conduite, qu’il le fit entrer dans cette association, afin d’exciter de plus en plus sachante, sa religion et son zèle. Les exemples frappants de vertu qu’il y eut sous les yeux le touchèrent vivement, et le portèrent à faire, dans ses Mémoires , l’éloge de cette compagnie (1).

Dans cette assemblée , deux ou trois ecclésiastiques adressaient toujours aux confrères réunis quelque discours d’instruction ou d’édification. On y proposait une infinité de bonnes œuvres et de charités à faire, dont on exposait les motifs dans des mémoires écrits. Ces Mémoires étaient déposés dans une cassette, et, après avoir nommé quelqu’un pour les examiner , l’assemblée, sur le rapport qui lui en était fait, concertait les moyens de réaliser ces pieux desseins. Il se fit, dans toutes les grandes villes, de semblables compagnies, en relation de charité et de services avec celle de la capitale. Mais le cardinal Mazarin la supprima peu de temps avant sa mort (2). Le Père d.e Condren nous fait connaître, dans une de ses lettres conservée au séminaire de Saint-Sulpice, l’occasion de l’établissement de cette société dans la ville de Reims. Il écrivait à M. Amelote: » J’ai toujours désiré, depuis que j’ai eu la connaissance de » M. Carlier, de le faire recevoir en la compagnie du très- » saint Sacrement. Il est conseiller du présidial de Reims, » et en haute réputation de piété dans la ville. Il s’est plu- » sieurs fois ouvert à moi de sa conduite intérieure, qui est » bien sainte, tant pour lui que pour sa famille. Il porte » l’odeur de Jésus-Christ partout où il va. Depuis cinq ou » six mois qu’il m’a ouï parler de cette compagnie, je l’ai vu » dans un très-grand désir de la connaître et de la porter à » Reims, où il croit qu’elle ferait beaucoup de fruit. Je vous » prie de le recevoir comme un homme de bien le mérite, y> et de le faire connaître à Mrs Brandon et Bassancourt, » afin que, jeudi prochain, quelqu’un de vous le propose (3).

(1) Abrégé du 9e cahier des Mémoires aut.de M.

Olier.

(2) Mémoir. de M. du Ferrier, p. 146, 147.

(3) Lettres aut.

du Père de Con •• dren à M. Amelote.

NOTES DU LIVRE QUATRIEME

(l)Ch. îv, ch. u,

ch. ni.

(2) Partie 1™, ln;cn ll‘et suir, — Part.iijleç. 1 5.

(3) r'p.p. 2ii.

Édition de 1655.

l'i) Paris, in-

(5) Directoire des associées du caiécli. de persévérance deS.Sulpice, 1830, p. 56, 1840, p. 65, 70.

(6) Huitième édition, in- 12.

Paris, 17 7 4, 2e part. Cantique xXXV, p. 273.

(7) Abelly, liv.

u, ch. m. - Idem Ms. liv. i, chap.

Xxxn.

prière: o jesu vivens in maria

NOTE 15, p. 160. — M. Olier rapporte ainsi, en latin, la prière que le Père de Condren lui avait donnée: Veni, Domine Jesu , et vive in hoc servo tuo, in plenitudine virtutis tuœ, in perfectione viarum tuarum, in sanctitate Spiritûs, et dominare omni adversæ potestati , in Spïritu tuo, ad gloriam Patris. Amen. M. Olier ajouta en outre les mots vivens in Maria, et ces deux autres demandes: in veritate virtutum tuarum, in communique mysteriorum tuorum. On peut en comprendre le sens par ce qu'il dit dans son Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes (1), et dans son Catéchisme chrétien pour la vie intérieure (2). Il inséra cette oraison dans un exercice pour la prière du soir, qu’il fît imprimer dans sa Journée Chrétienne (5); elle se trouve aussi dans le recueil publié en 1771, sous le nom de Prières et Vêpres à l’usage des catéchismes de la paroisse Saint-Sulpice (4). On la récitait alors dans les assemblées des associations du très-saint Sacrement, comme on fait encore aujourd’hui (5); et l’on en chantait même une paraphrase en vers français, dans tous les catéchismes, sous ce titre: Prière pour invoquer en soi la vie de Jésus, tirée de l’oraison: O Jesu vivens in Maria, etc. Elle est dans l’ouvrage intitulé : Opuscules sacrés et lyriques, ou Cantiques sur différents sujets de piété, à l’usage des catéchismes de la paroisse Saint-Sulpice (6).

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