PÈLERINAGE DE NOTRE-DAME DE SAINT-MAUR
NOTE 20, p. 217. — Il y avait toujours eu dans l’abbaye des Fossés, près Paris, un autel ou une chapelle sous le titre de la sainte Vierge ; ce qui a fait appeler primitivement ce monastère Y Abbaye de Notre-Dame. On croit même que saint Babolein, premier abbé de ce lieu, y avait été inhumé, dans la chapelle de Notre-Dame ou tout auprès, vers l’an 661 (1). Elle fut surnommée des Miracles , pour le même motif qui fit, autrefois, donner à une église de Constantinople le nom de Notre-Dame de l’Achiropée, c’est-à-dire, faite sans le secours de main humaine (2) ; car c’était une pieuse opinion, que celle de Saint-Maur avait été dédiée par le Sauveur. On donnait aussi la même origine à la statue de la sainte Vierge qu'on y voyait autrefois, et qui, d’après l’historien de Saint-Maur, a contribué aussi, non moins que les guérisons sans nombre qui s’y sont opérées, à faire appeler cette chapelle du nom de Notre-Dame-des- Miracles (3). La chapelle était en si grande vénération, que les Religieux de Saint-Maur n’y entraient jamais que nupieds. On y établit, en 1624, une confrérie à laquelle le pape Urbain VIII accorda des indulgences, et M. Olier témoigne qu’il reçut beaucoup de grâces dans ce saint lieu.