‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 160 sur 249 · Vie de M. Olier, par M · texte numérisé non relu

Vie de M. Olier, par M

de Bretonvillliers, t. iv, p. 466, 470, 471, et

suiv.

(2) Ibid., pag.

— Mém. de M.

Olier, t. T,p. 194,

(3) Ibid, pag, 195, 196. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t. iv p.

Dieu montre à M. Olier que sans son secours , il ne pourrait user de ses facultés spirituelles.

Olier, par le Père Giry, part, i, chap. xi. — Ràmarques historiques, t. m. p.

(2) Mémoires aut. de M. Olier, t. I. p. 175, 170, et p. 293. — Vie de M. Olier, par M. de Brctonvilliers, t. iv, p 470, 477, 478, 463, 464, 465.

» par ceux qui les ont éprouvés. Mon bon Maître » m’a fait cette grâce fort long-temps : mon esprit » était alors enveloppé d’une telle obscurité, que » je ne me ressouvenais de rien ; je ne pouvais rien » apprendre, et il y avait tant de confusion et de » ténèbres dans mon intelligence, que je ne voyais » absolument rien ; je ne savais même ce que je » disais ; j’entendais parler le monde, comme ferait » un sourd, sans rien retenir ni rien comprendre; » je ne pouvais exprimer aucune pensée, même des » choses que j’avais comprises autrefois ; je cherchais » dans mon esprit, et je ne trouvais rien: souvent » la pensée se présentait, et puis se retirait aussitôt, » en sorte que, commençant à l’exprimer, je ne » savais plus où j’en étais. Cet embarras et cette » impuissance n’avaient pas seulement pour objet » les sciences et l’étude, mais encore les choses les » plus indifférentes et les plus aisées, comme d’en- » tendre parler d’affaires, de converser avec mes » amis (1). J’étais tellement entrepris que je ne » pouvais dire un mot, je demeurais tout interdit » et l’esprit suspendu, à peu près comme l’on voit » des insensés en compagnie, qui, entendant parler, » ne conçoivent ni ne répondent rien, et demeurent » hébétés en regardant le monde. Ma mère, en me » voyant dans cet état, disait de moi : Vous diriez » qu’il est devenu idiot et insensé. Je ne pouvais » faire autrement; je croyais même être réduit pour » jamais à cet état, et souvent je m’offrais à Dieu de » bon cœur, pour perdre, s’il voulait, tout-à-fait » l’esprit, et devenir fou. Je me souviens encore que » j’étais réduit à une telle extrémité, que de ne pou- » voir écrire ; m’efforçant parfois de le faire, je » demeurais des heures entières à écrire deux ou » trois lignes, et encore était-ce tout de travers (2). » J’étais privé, pour ma conduite, de toute lumière » intérieure, et presque de tout conseil extérieur; » car je ne pouvais exposer les matières sur les- » quelles j’aurais voulu consulter, ne retenant rien,

EPREUVES DE M. OLIER

(1) ffém. (lut.

délit . Olier, t. iv ,

•2) Ibid.

» et ne comprenant pas davantage (1). Si je faisais » visite pour moi ou pour la compagnie que nous » formions avec mes amis, je manquais les personnes » que j’allais voir, ou bien je réussissais si mal, que » chacun avait sujet de croire que Notre-Seigneur » n’était pas avec moi, et que son divin Esprit m’a- » vait délaissé (2). J’étais surtout alors obligé de me » faire conduire par mon domestique dans les rues.

» ayant toujours le malheur d’oublier mon chemin.

» à cause de cet affaiblissement d’esprit qui accom- » pagnait mes peines (5).

» Notre bon Maître ne fit pas seulement ces sous- ■ tractions de son secours relativement aux facultés » naturelles de mon âme, il les fit encore par rapport »à ses dons surnaturels f. L’âme élevée dans la » grâce, et comme naturalisée avec la charité, con- » sidère ces secours comme s’ils étaient à elle ; elle » croit faussement et se laisse persuader secrète- » ment que c’est une chose sienne, et qui lui appar- » tient en propre, comme les ailes qui croissent » naturellement aux oiseaux et sont une partie » d'eux-mêmes. De là vient qu’elle s’estime et s’en- » orgueillit pour ces dons (4). Jusqu’alors je les avais » regardés comme attachés à ma personne (5); et la » soustraction que Dieu m’en fit me laissa dans les » ténèbres et dans des sécheresses étranges ; tou- m, t"IV-p' 481 ' » jours vide de Dieu, au moins selon le sentiment, M » tout rempli de mouvements de superbe et d’a- p. 267.

» mour-propre, toujours environné de respects hu- » mains, toujours saisi de craintes, je cherchais sans

(31 Ibid. t. i.

Dieu soustrait à M. Olier tous les dons surnaturels sensibles.

(•1) Ibid. l.i. p.

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