‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 166 sur 249 · Clotjsault, Vies Ms · texte numérisé non relu

Clotjsault, Vies Ms

(3) Oraison funèbre du P de Condren,

(1) Cloysaull, Vies Ms. t. i, p.

276 et.suiv. 281,

(2) Oraison funèbre du P. de Condren. — Recueil. ibid.

Honneurs rendus au P.

de Condren après sa mort.

Haute opinion de sa sainteté.

(3) Mémoires aut. de M. Olier, t. il, p 255, 256.

davantage. Dans cet état , se regardant comme le plus grand pécheur de la terre, et croyant que tout l’univers eût dû s’armer contre lui , pour venger l’honneur de Diçu, il aurait désiré qu’après sa mort, on attachât son cadavre aux fourches patibulaires, ou qu’on l’étendît sur la roue , afin qu’il servît au moins alors à inspirer de la terreur aux méchants. Il se sentit aussi comme brûlé d’un feu inconnu, qui le fit souffrir cruellement , et qui lui semblait être le feu de la justice divine (1) ; et néanmoins il donnait de la joie à tous ceux qui l’approchaient ; il parlait et traitait de toutes choses avec une liberté non pareille. On croyait voir en lui , comme en la personne du Rédempteur, une âme bienheureuse dans un corps souffrant, et, avec cette liberté, cette joie, cette paix , élevant les yeux au ciel , et prononçant d’une voix nette, avec un courage extraordinaire , ces paroles : Mon Dieu , je remets mon âme entre vos mains , il rendit l’esprit (2).

Sa mort ressembla encore à celle du Sauveur par la gloire qui la suivit. « Le séjour du Père de Con- » drensur la terre, dit M. Olier, a été inconnu comme » celui de Notre-Seigneur. Pendant sa vie, il n’a » jamais passé pour rien ; souvent M. Vincent en a » parlé en des termes incroyables, et toutefois, on » ne l’a pas ouï. Mais, à sa mort, il est devenu tout- » à-coup célèbre. Son nom était dans toutes les » bouches; et l’on disait de lui, comme de Notre- » Seigneur après qu’il eut expiré: Vraiment cet » homme était un homme de Dieu; jusque là que » M. Vincent, se jetant à genoux et se frappant la » poitrine, s’accusait, les larmes aux yeux, de ne » l’avoir pas autant honoré qu’il méritait de l’être(o).» Louis XIII, sans égard aux dernières intentions du défunt, ordonna qu’on lui rendît les honneurs dus à ses vertus éminentes ; et la Reine , pénétrée des mêmes sentiments, chargea M. de Virazel, évêque de Saint-Brieuc, de prononcer son oraison funèbre. A ses obsèques, le concours fut prodigieux ;

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