‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 178 sur 249 · DISCIPLES · texte numérisé non relu

DISCIPLES

NOTE 9, p. 298. — Une considération importante, au sujet des apparitions du Père -de Condren, et qui fait bien voir que l’amour pour le merveilleux et la prévention en faveur de ce saint homme n’eurent aucune part à ces récits, c’est que tous ses disciples étaient fort peu disposés à la crédulité en cette matière. Lui-même leur avait inspiré un grand éloignement des grâces extraordinaires, comme nous l’apprend M. du Ferrier (3). M. Olier fut aussi toujours dans les mêmes sentiments, et l’un de ses disciples lui en rendit, après sa mort, ce témoignage par écrit : « J’ai peu remarqué de choses ex- » traordinaires en feu M. Olier mon très cher Père , parce » qu’il avait un grand soin de les cacher, et parce qu’il ne » voulait pas qu’on suivît cette voie, ni même qu’on en fît » cas dans la conduite des âmes. C’est pourquoi je lui ai oui » dire souvent qu’il s’y glissait bien des tromperies, et qu’il » n’y avait rien de solide ni de sûr que ce qui se trouvait en- » tièrement conforme aux maximes de l’Evangile, et confirmé » par la règle extérieure de l’obéissance, c’est-à-dire, par » ceux qui doivent nous conduire de la part de Dieu (4) »;

De là M. Olier ne fit connaître qu’à ses directeurs, et tout au plus à quelques personnes d’une très-haute vertu, les faveurs extraordinaires qu’il recevait ; jamais il n’en prit ancune pour la règle de sa conduite. Il ne pouvait même souffrir qu’on assistât sans nécessité aux exorcismes. Et M. Tronson, digne héritier de son esprit, voulant prémunir un ecclésiastique contre cette dangereuse curiosité, lui rappelait les maximes et les exemples du serviteur de Dieu: « Fuyez ces occasions, disait-il, et souvenez-vous toujours du conseil » que feu notre très-honoré Père, M. Olier, donna à M. de » Bretonvilliers dans une pareille occasion : Qu’il ne fallait » avoir nul commerce avec le diable, ni en ce monde, ni en » l’autre (1) » Nous faisons ici ces réflexions, pour prévenir la fausse opinion que bien des personnes pourraient se former peut-être de M. Olier, et pour montrer en même temps que les témoignages des disciples du Père de Condren, en faveur de cette double apparition, ne pourraient, sans injustice, être taxés d’aveugle prévention pour leur maître, de précipitation ou de légèreté.

(1) Lettres de M.Tronson,l.x\.

Clermont, y. 124

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