DEUXIÈME VOYAGE DE M.OLIER A DA RÉGRIPPIERE
espérant qu'ils voudraient bien le suivre de là en Bretagne *}*.
Il leur avait souvent parlé du couvent de la Ré- IV. grippière ; et, comme leur chemin les obligeait d’y Grands fruits passer, il fut bien aise d’y conduire ses deux amis, que,M‘
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surtout M. du Ferner, le jugeant plus propre que RéoTiPpière lui à convertir celle de ces Religieuses qui entretenait le désordre dans le monastère. « C’était, dit—
» il, la personne du monde la plus altière et la plus » suffisante, et elle m’avait en très-grande aversion,
» depuis mon premier voyage, soit parce que le » chef du .parti opposé s’était donné à moi, soit » parce qu’elle me voyait trop pauvre esprit pour » elle (1). « Ils arrivèrent à la Règnppièreà l’entrée » de la nuit pendant le mois d’octobre (2). M. Olier » y fut fort bien reçu : les quatorze Religieuses » qu’il avait converties accoururent soutes au par- » loir, avec la supérieure et les anciennes;» il y avait deux grilles, M. Olier était à l’une. M. de Foix était à l’autre ; et comme M. du Femer s’était misa l’écart et ne disait mot, elles l’appelèrent l'abbé du m'. du renier, silence (3). p‘ 14~‘
« Pour me rendre moins indigne de servir d’ins- » trument à sa grâce, ajoute M. Olier, Dieu daigna,
» le jour même de mon arrivée, me faire expéri- » menter ma faiblesse et mon ignorance ; tellement » que je ne pouvais m’empêcher de dire à nos Mes- » sieurs que j’accompagnais dans ce voyage : Mon » Dieu, j étais bien hardi de prêcher, il y a trois ans,
(1) Mém. aut.
de M- Olier, 1. 1,
(2) Ibid. t. i, p. 144.
(3) Mém. de
•j- Ce fut vers ce temps que l’évêque du Puy , Juste de Serres , étant venu à mourir , le Chapitre de cette église supplia le Roi de nommer M. Olier à l’évêché vacant, et députa à la Cour plusieurs de ses membres pour solliciter cette grâce. Les gentilshommes qui 'avaient le plus persécuté M. Olier dans ses missions d’Auvergne, applaudirent eux-mêmes à cette démarche. Mais la Providence avait d’autres vues, et elle les manifesta à M. Olier, avant même qu’il eût connaissance de la mort de l’évêque (4). Le succès- ^ seur de Juste de Serres, fut Henry de Maupas du Tour, deïantayes, liv l’un des plus recommandables prélats de son siècle (ô). u, n. 3.
(4) Mém. aut.
de M. Olier, t. i, p. 146.
Tom. i.
(1) Mém. aut.
df M. Olier, t. i, p. *■»&, l'tO.
M. du Ferrier convertit Madame de la Troche.
» dans cette maison ; je vous proteste que maintenant je » n'oserais le faire. Le lendemain matin, m éveillant » une heure avant nos Messieurs, après m’être » levé, je me mis en oraison , où je méditai ces » belles paroles, dont la veille j’avais eu l’esprit » tout occupé en approchant du monastère, et » étant encore à cheval : Adorabunt Patrem inspiritu » etveritate. Elles étaient accompagnées de vives lut> mières , et me préparèrent comme d’avance à ce » que la bonté divine avait résolu. Ensuite , sans » penser à rien , je descends à l’église pour dire la .» sainte Messe, et j’y rencontre la Mère Prieure. » qui me prie de prêcher. Je n’y eusse du tout con- » senti la veille; mais sur l’heure j’y acquiesçai, ï> sentant force et lumière. Je prêchai donc, et cette » prédication fut accompagnée d’une si grande » abondance de grâces , que tous les cœurs furent » touchés. Celles des Religieuses qui ne se rendi- » rent pas ce jour-là, vinrent le lendemain , après » la seconde prédication, tremblantes , et fondant » en larmes, demandant qu’on voulût les entendre » en confession. Cequ’ily eut de plus considérable, » ce fut la conversion de celle qui dominait dans » cette maison, et qui m’avait en très-grande averv sion, depuis le premier voyage. Je savais bien » qu’il lui fallait un autre missionnaire que moi, en » qui elle prît confiance. Je lui amenai donc celui » de nos Messieurs que je croyais qu’elle goûterait, » ce qui arriva précisément : elle alla s’adresser à » lui d’elle-même, et son exemple attira toutes celles » de son parti (1). » En effet, le lendemain de leur arrivée à la Règrippière , lorsque M. du Ferrier était à genoux devant le maître-autel , où il faisait son oraison et se préparait à dire la sainte Messe, devant ensuite partir pour Clisson , cette Religieuse, nommée madame de la Troche, regarda plusieurs fois par la grille du chœur, et le voyant toujours en prière, elle lui envoya le sacristain pour le prier de vouloir bien offrir le saint Sacrifice à son