‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 218 sur 249 · LE SÉM. DE VAUG. PREMIER GR. SEM. EN FRANGE · texte numérisé non relu

LE SÉM. DE VAUG. PREMIER GR. SEM. EN FRANGE

écus pour en commencer trois du même genre, l’un à Toulouse, le second à Rouen, le troisième à Paris. Mais le premier n’alla pas au-delà d’un an f ; le second, où l’on enseigna aussi les humanités aux jeunes clercs, ne fut pas non plus de longue durée ; et le troisième , celui de Saint-Magloire , que l’on ouvrit enfin cette année 1642, n’eut, que de faibles commencements , -j* *f* le cardinal étant mort peu après, sans avoir assigné des fonds pour sa subsistance, (1) le Père Eudes, encouragé aussi par le cardinal de Richelieu, obtint de lui des lettres patentes du roi, ainsi qu’une somme de la duchesse d 'Aiguillon ; et étant sorti de l’Oratoire pour se livrer à l’oeuvre des séminaires , selon le premier dessein du Père de Bérulle , il en commença un à Caen l’année suivante 1643 (2). Enfin , la communauté ecclésiastique de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, fut constituée comme grand séminaire l’année 1644(3). Tous ces établissements, formés immédiatement après celui de Yaugirard, justifièrent pleinement l’assurance que le Père de Condren donna avant sa mort , de la facilité qu’on aurait à commencer enfin les séminaires en France, pourvu qu’on n’y reçût que des jeunes gens qui eussent terminé leurs études de latin. C’était ce que son successeur , le Père Bourgoing, peu porté d’abord à les entreprendre , avouait lui même en 1643, dans un écrit qu’il publia, disant : que cette

f Le Père de Saint-Pé fut aussi envoyé, en 1654, à Toulouse pour établir un séminaire : mais ce dessein n eut pas de suite (4).

ff L’état de gêne pécuniaire, où se trouvait alors cette maison, fut même cause, qu’en 1642, les Oratoriens ne purent y recevoir aucun des douze boursiers du diocèse, qu’ils s’étaient obligés à y nourrir et instruire, en vertu de l’union de l’abbaye Saint-Magloire à leur Congrégation. Ce séminaire resta ainsi fermé pour eux , tant que vécut M. Jean François de Gondi., archevêque de Paris ; et ne leur fut ouvert que dix-huit ans plus tard , en 1660, par sentence rendue au nom de son successeur, le cardinal de Retz (5j.

( 1) Annales de l'Oratoire, année

(2) Vie du P.

Eudes , par te P. de Montigny, Paris 1827, p.

(31 Gallia christiana, t vu, col.

1613. — Vie imprimée, p. 369, 370, 371.

(4) Çloysault, Vies Ms. t. I, p.

(5) Arcli. de l’Empire. Oratoir. M. 399, vol.

in-fol.

( ) Exe mpl ar.

seminirii Lûtetiœ Parisiorum I 6 i 3 . Archives de l’Empire M.

M. 628, loi. 41.

— Ms. iu-4", de l'Oratoire à Paris, 1643.

Selon la pré diction du P.

de Condren,le séminaire de

Vaugirard doit exciter le zèle pour l’éducation des clercs.

(21 Abrégé du 9’ cahier des Mémoires aut. de M. Olier.

(3) Exemplar., ibid.

(4) Histoire générale de l’Oratoire, t. i, 3e époque, 1043.

Ms. de l’Oratoire à Paris.

œuvre, que jusqu'alors on n’avait presqueosé tenter à cause de ses difficultés, était cependant devenue facile, dès qu’on l’eut entreprise, l’année précédente (1). f

Ainsi, contre toutes les apparences humaines, viton s’accomplir à la lettre la prédiction du Père de Condren, lorsqu’il assurait que le séminaire formé par ses disciples inspirerait une sainte émulation â l’Oratoire et même au clergé de France, pour former de semblables établissements : « Ce bon Père, » dit M. Olier, regardait la formation de notre nais- » santé société comme sa principale vocation , et » comme devant réveiller le zèle de la Congrégation » de l’Oratoire et du clergé. Le propre des diverses » sociétés, dans l’Eglise, est de s’exciter mutuelle- » ment au service de Dieu , comme les anges dont » parle Daniel, qui battaient des ailes les uns au- » dessus des autres. (2). »

Marie Rousseau, avant l’évènement, assurait de son côté, avoir appris de Dieu, que le futur sémi-

f Ce que nous disons ici paraîtra s’accorder peu, avec ce que le Père Bourgoing assurait , l’année suivante, 1643. dans son prospectus adressé aux évêques touchant les fruits, que ces trois établissements de l’Oratoire avaient déjà produits, depuis un an, pour le renouvellement du clergé. Qiio vero profectu, qua Celesti bénédictions . . . Parisiis et alibi perfungantur presbyteri Oratorii , qui viderunt testantur et lau- Jant opus adeo necessarium ; quod hactenus ferè intentatum; et si difficile videretur, facile tamen, jam ab anno, comprobavit usus (3). Peut-être, que le Père Bourgoing exprimait plus ici des espérances pour l’avenir , que les effets déjà produits par les prêtres de l’Oratoire , comme la suite permet de le penser ; et les Oratoriens eux mêmes semblent autoriser cette conjecture. « Pour exciter les prélats par un motif » pressant, dit son historien, il les assurait, que depuis un » an, nous avions fait un heureux essny de cette sorte d’in- » stitution ; et il en parlait, ce me semble, d’une façon moins » modeste qu’il ne convenait en parlant de soi . . . mais il » eut beau prôner son ouvrage, et étaler de bonnes raisons: » je ne vois pas qu’aucun prélat s’y soit laissé prendre, et » nous ait donné, de son temps, ses jeunes clercs à con- » du ire (4).»

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