‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 217 sur 249 · LE SEM. DE VAUG., PREM. GR. SÉM. EN FRANCE · texte numérisé non relu

LE SEM. DE VAUG., PREM. GR. SÉM. EN FRANCE

lettres et de philosophie , chacun regardait cette entreprise comme impossible (1). M. Bourdoise lui même, qui l’encourageait si hautement, partageait néanmoins l’opinion commune (2); et avec d’autant plus de raison qu’ayant essayé en vain, pendant plus de trente ans, d’établir un séminaire, il n’avait pu faire autre chose que former une communauté de prêtres de paroisse à Saint-Nicolas du Chardonnet. *

Aussi M. du Ferrier appelle-t-il l’établissement de Vaugirard le premier séminaire qui ait été formé en France (3). j

Les consuls de Langeac , dans leurs lettres au Souverain Pontife, attestaient pareillement queM. Olier fut le premier qui établit des séminaires dans ce royaume (4). ff Le Père Hilarion de Nolay dit encore que cette œuvre avait été réservée au serviteur de Dieu, et que les séminaires commencèrent en France sous ses auspices (5). Nous faisons cette observation pour montrer l’accomplissement de la prédiction de la mère Agnès, lorsque cette grande servante de Dieu dit à M. Olier, dans leurpremière entrevue à Langeac en 1634 : J’avais reçu de la sainte Vierge l’ordre de prier pour votre conversion: Dieu vous ayant destiné pour jeter les premiers

f Quelques écrivains ont trouvé inexacte cette assertion de M. du Ferrier, et ont cité plusieurs séminaires proprement dits fondés avant celui de Vaugirard. Après avoir examiné avec soin les preuves qu’ils apportent à l’appui de leur sentiment, nous demeurons convaincus qu'ils se sont trompés sur la nature de ces établissements estimés antérieurs à 1642, et nous maintenons, en la complétant, notre première rédaction.

Quant à la discussion des preuves alléguées par ces auteurs, nous la renvoyons aux notes*; ce qui permettra de lui donner le développement convenable.

ff Servus Dei D. Olier, dura viveret abbas Piperacensis, qui, instante hac venerabili matre , Primus instituit seminaria in hoc Galliarum regno (6).

(1 )Mém. de M.

du Ferrier, p.

(2) Ibid., 156.

* NOTE 4, p.

Le séminaire de Vaugirard est le premier grand - séminaire établi en France.

(■ i)Mém . deM.

du Ferrier, p.

171. — Remarques historiques sur la paroisse S.-Sulpice, t.. î, p. 202, in-18 , note.

(4) Beatificat.

et canonis. F.

Agnetis. Summarium super intr o duc. causas, in-folio, Romœ, p. 238.

(5) La gloire duliers-ordrede S. François , 2” part., ch. xxxi, p. 256, 258.

* NOTE 5, p.

(6) Bcatificat., ihid., p. 238.

i, p. 65, à un évêque , 20 juin

fondements des séminaires du royaume de France. Mais si M. Olier commença le premier cette œuvre, saint Vincent cle Paul le suivit de bien près. Voyant les succès si incertains du séminaire de jeunes enfants qu’il avait commencé en 1636 , et la nécessite (!) vie de s. d’établir d’autres séminaires pour les ecclésias- Vincent de Paul, tiques déjà promus aux saints Ordres , ou dans la par Abelly, p. disposition prochaine de les recevoir (1), il deman-

(2) Ibid. liv. dait à Dieu de pourvoir à cette nécessité pressante ch. xxxi, p. de l’Eglise (2). Il s’en ouvrit au cardinal de Richelieu, qui goûta ce dessein, l’exhorta à entreprendre

(2 bis) j Mdm.de lui-même un tel séminaire, et lui donna mille écus M- Baudrand p0ur commencer. Saint Vincent, qui avait encou- 18. rage M. Olier (2 bis), ne balança pas a entreprendre

(3) Recueil des lui-même la bonne œuvre, quoiqu’il ne la regardât

lettres de M. Un- . \ V , 1

cent de Paul, t. que comme accessoire au but de sa Compagnie (3).

Mais selon sa coutume , il se proposa de faire un simple essai, et seulement pour douze séminaristes, en les réunissant aux plus jeunes du collège des Bons-enfants. Avant l’exécution de ce projet , il rendit compte ainsi lui-même, le 9 février 1642, de la timidité apparente de sa conduite : « Nous allons » commencer à Paris, pour en faire un essai de » douze sujets. M. Thévenin voudrait que la chose » allât plus vite ; mais il me semble que les affaires » de Dieu se font peu à peu et quasi imperceptible-

(4) Ibid., t- 1, >y ment, et que son Esprit n’est pas violent, ni tem-

p. 22. » pestatif(4). » C’était le premier essai de grand sé¬

minaire que saint Vincent allait entreprendre, après avoir commencé, comme on l’a vu , par recevoir des jeunes enfants à Paris, à Anneci et à Aleth ; ce qui lui faisait écrire , cinq ans après, en 1647 : » nous avons essayé de plusieurs façons ; mais l’ex-

(5) Ibid., à » périence nous a fait voir, que la manière dont

un Supérieur , 9 , . , . .

avril 1647, 1. 1, » on s Y prend (maintenant) est celle qui réussit le p. 293. » mieux (5) » Le cardinal de Richelieu, pour favo¬

riser l’érection de ces sortes de séminaires, dont il sentait la nécessité, offrit aussi au Père Bourgoing, Général de l’Oratoire, une somme de mille

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