‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 221 sur 249 · LA MIS. L’ORAT., S. NICOLAS RIVALISENT DE ZELE · texte numérisé non relu

LA MIS. L’ORAT., S. NICOLAS RIVALISENT DE ZELE

justifièrent, de plus en plus, et d’une manière frappante, la prédiction du Père de Condren.

Cependant lorsqu’on vit le succès si inattendu de l’établissement de Vaugirard, il n’y eut qu’une voix pour confesser que c’était l’œuvre de Dieu (1). M. Bourdoise ne douta point que M. Olier ne fût destiné à jeter les fondements de quelque nouvel institut, et que la Providence ne l’y eût préparé par ces rudes et humiliantes épreuves, dont il avait été lui-même témoin f. « Il bénit le Père des miséri- » cordes, dit l’un de ses historiens, de ce qu’il sus- » citait , pour former des ouvriers évangéliques, des » hommes d’un mérite reconnu ; et conseilla à M. » Olier de bien choisir les sujets qui viendraient se » mettre sous sa conduite , et de ne prendre que » ceux qui seraient en état de profiter. Illuirecom- » manda d’éprouver leur vocation, et de les élever » d'une manière un peu dure, parce que la vie ecclé- » siastique est laborieuse ; et surtout de les former » solidement dans les exercices de l’oraison et de » la mortification (2) ; ne pensant pas que des su- » jets élevés commodément fussent disposés à vivre » à la manière pénitente des pauvres prêtres de la » campagne (3).»

La confiance de M. Olier fut surtout fortifiée par les Pères Tarrisse (4) et Bataille. Le premier ayant déclaré, de la manière la plus formelle, aux solitaires de Vaugirard, que cette œuvre était l’œuvre de Dieu, et qu’ils devaient tout souffrir plutôt que de l’abandonner ; à peine eurent-ils entendu sa ré-

M. Bourdoise et Dom Grégoire Tarrisse encouragent M. Olier à continuer l’œuvre de Dieu.

(1) Mém. deM.

du Ferrier, p.

Description historique de la ville de Paris, par Piganiolde la Force, t. vu, p. 352. — Dictionnaire historique de la ville de Paris , par Burtau et Magni, t. iv, p.621.

Bourdoise , in- 12, p. 249, édit, de 1784. — Vie du même, Ms. infol. liv. iv, ch. iv.

(3) Mém. deM.

du Ferrier, p.

(4) Mém. aut.

de M. Olier, t. u, p. 123.

f « L’érection d’une nouvelle communauté dans l’Église, » disait M. Bourdoise, n’étant pas une œuvre triviale et or- » dinaire, Dieu ne donne pas son esprit à toutes sortes de j> personnes indifféremment pour établir des instituts ; mais » ceux qu’il choisit pour ces entreprises, il les dispose par » des voies qui n’ont rien d’humain ; c’est-à-dire qu’il les » fait passer par les croix et les humiliations, les persécu- » tions, accompagnées de patience, de fidélité, de courage » et de persévérance, tenant sur eux une conduite de grâce » non commune (5).»

Bourdoise, Ms.

in-folio, p. 1093.

(1) Vie Ms. de M. Olier , par M. de Bretonvilliers, t. n, pas.

Le Père Bataille assure M.Olierque le séminaire est l’ouvrage de Dieu.

(2) Mémoires aut ■ de M. Olier, t. n, pag. 327, verso.

ponse, qu’ils se sentirent remplis d'une nouvelle ardeur pour la poursuivre. Ils ne se possédaient plus eux-mêmes, en retournant à Vaugirard ; ils tressaillaient de joie, et. dans les transports de leur allégresse, ils ne pouvaient s’empêcher de dire tout haut, dans le chemin : Nous faisons la volonté de Dieu, nous faisons la volonté de Dieu : tant leur cœur était comme pressé par la force et la vivacité de ce sentiment (1).

Le Père Bataille ne leur parlait pas avec moins d’assurance. « Il regarde notre petit institut, écri- » vait M. Olier, comme l’instrument d’un renou- » vellement de l’Église dans ces contrées (2). Il ne » peut, dit-il. ôter de son esprit la vue d’une maison * régulière dans laquelle grand nombre d’ecclésias- » tiques, fort assidus à la prière, recevront mille » bénédictions que Dieu versera sur eux, et d'ou » sortiront de très-pieux personnages , qui , par » leur zèle tout de feu, produiront dans l’Église des » effets aussi puissants qu’admirables ; il assure » avoir vu en Dieu tout ce qu’il nous prédit tou- » chant notre dessein. J’ai sujet de croire ce qu’il » me dit, et cela pour deux raisons : la première, » c’est que je vois déjà ce zèle ardent brûler dans le » cœur de ceux qui vivent parmi nous. Us ne parlent » que de faire ce qu’ils appellent des folies pour y Dieu, de se faire pendre pour son service, et d’al- « 1er souffrir le martyre en Canada ; ce sont des » commencements bien fervents et qui me donnent » de bons augures ; la seconde, c’est que Dieu » semble m’avoir préparé à ce que mon directeur » me promet de sa part, en m’assurant que Dieu » veut se servir de moi, pour former nombre de »> bons sujets, que notre compagnie doit fournir y pour le bien de l’Église. Jusqu’à présent Dieu a y> fait paraître son dessein sur moi, par l’abondance » des lumières qu’il m’a données pour les leur com- » muniquer ; ce qui a surpris étrangement tous ces s Messieurs, ceux surtout qui avaient été témoins

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