‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 226 sur 249 · VAUGIRARD. LE FRERE CLAUDE · texte numérisé non relu

VAUGIRARD. LE FRERE CLAUDE

» fût entièrement anéanti. Il demandait encore à » Dieu que je fusse le général de ces capitaines,

» lesquels pourraient former ensuite chacun un » grand nombre de soldats. Ces prières, qu’il fai- » sait avec un zèle ardent, étaient produites en lui » par le pur mouvement du Saint-Esprit ; car » il ne savait rien de ma vocation pour le clergé,

» et je ne sache point que personne lui en eût » jamais rien dit. Cela me montre clairement com- (0 Mm. aut. » bien Notre-Seigneur désire que je le serve en pag 221*’ 330, » lui formant des prêtres (1). Dieu lui imprima verso.

» même une si vive affection pour moi, pendant » que j’offrais le saint Sacrifice, qu’il n’en pou- » vait plus supporter la violence. Ayant eu occa- » sion de le voir l’après-midi, il me dit dans les » transports de l’amour divin qui le consume :

» Il y avait si longtemps que je cherchais un » frère sans pouvoir encore le trouver ! vous êtes » celui que je cherchais: je n’en ai point ren- » contré jusqu’à présent de semblable; je ne puis » plus vous quitter, tant Notre-Seigneur m’a lié » étroitement à vous. Les circonstances de cette » entrevue m’ont fait sentir, plus que jamais, que je » ne suis de mon fond que néant et péché, n’étant par » moi-même qu’abomination et malédictiondeDiEU.

» Je vois, plus clair que le jour, qu’il y a au dedans » de moi quelque chose qui n’est point moi-même :

» c’est celui qui oblige ces saintes âmes à s’appro- » cher de moi, et à dire ces paroles de bénédiction » qui ne tombent que sur Notre-Seigneur(2). »

Ainsi favorisé des dons de la grâce et rempli de la lumière d’en haut, M. Olier, durant son séjour à Yaugirard ne pouvait annoncer qu’avec de grands fruits la parole de Dieu , aux fidèles de cette pa- “u “peuple de roisse , quand c’était à lui à remplir cette fonction, vaugirard. pour suppléer le curé , toujours absent. Aussi accourait-on en foule pour l’entendre. « La veille du » jour de l’Incarnation, 24 mars, on m’envoya dire,

» écrit-il , d’aller exhorter le peuple pour qu’il se

(2)find.t.ii,p.

331 , verso. 332, 337, verso, etc.

M. Olier annonce la pareil rlf> Dtf.TI

» préparât à la fête, et communiât dignement. » Aussitôt je me rendis à l’église, quoique sans au- » cune lumière dans l’esprit ; et Dieu prit plaisir à » me faire expérimenter mon ignorance naturelle » et ma faiblesse. Car je ne pouvais rien trouver à » dire. Vous-même, ô mon Dieu! avez voulu me » faire oublier tout ce que j’avais appris autrefois, » par mon étude et mon propre travail, afin de me » tout donner par grâce une seconde fois, et de ne » me laisser rien qui ne fût de vous. Deux fois je » fus sur le point de dire à celui qui m’avait envoyé » chercher, que je n’avais aucune pensée dans l’es- » prit. Mais comme je suis accoutumé à sentir de la » sorte mon impuissance, je m’abandonnai tout de » nouveau à l’esprit qui éclaire les aveugles et fait » parler les muets. Aussitôt la lumière de Dieu » m’éclaira , et je remarquai encore davantage le » secours de l’Esprit divin, par l’efficace et la puis- » sance des paroles, qu’il me faisait proférer, et qui » touchaient vivement tous les auditeurs et me tou- » chaient aussi moi-même : tellement que, sans me » mettre en peine d’autre chose, je rendais ce qui » m’était donné ; et je continuai de la sorte pour » Jésus et Marie. Le succès fut tel, que tout le » peuple, ému et touché, vint le lendemain en foule » pour se confesser et communier ; et nous ne » pûmes achever de l’entendre qu’à une heure ou » deux après midi. Il parut si affectionné, que, de- » puis cinq ou six heures, ce bon peuple ne quitta » point l’église qui ne désemplit pas. Je dirai aussi, » en passant, ce qui m'arriva dimanche dernier. » Pendant la prédication, et lorsque j’étais dans la » ferveur de mon discours, il entra dans l’église un » Religieux de l’ordre de Saint-François, qui avait » quitté l’habit de son Ordre. Aussitôt, sans lecon- » naître, je commence à parler de la sainteté de ce » grand patriarche, et je le faisais ressortir avec tant » d’éclat, que ce pauvre apostat en était couvert de » confusion. Après le sermon , il vint me visiter,

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